CHAPITRE I
De la Découverte du Pays.
LA découverte de FAmérique par Christophe Colombe, vers la fin du quatorzième siècle, excita l'ambition de toutes les puissances maritimesdel'Europe, et chacune d'elles chercha à s'emparer de quelque partie de ce vaste continent, sans trop s'occuper si elles avaient ou non, quelque droit sur un pays posséd: par de nombreux habitans, dont quelques uns étaient déjà parvenus à un assez haut degré de civilization. Quoiqu'il en fut, le Roi de France, François 1er. animé du même d-'sir, envoya en 1523, Verazani avec quatre Vaisseaux pour découvrir l'Amérique Septentrionale ; il y fit trois voyages, sans autre succès que de reconnaître l'Isle de Terre-Neuve, ouïe» Bretons faisaient la pêche de la morue depuis longtemps.
En Avril 1534, Jacques Cartier, un marin de St. Malo, fut chargé de la conduite de deux bâtimens de 60 tonneaux, et de 123 hommes d'équipage pour continuer la découverte de Verazani.
Il eut une navigation si favorable qu'il aborda à Terre-Neuve, le dix de mai suivant, il cingla vers le sud, «'approcha du continent, entra dan3 une Baie profonde
qu'il nomma la Baie des Chaleurs, à cause de la chaleur qu'il y souffrit, et elle porte encore le même nom.
Au sortir de cette Baie il visita une partie des côtes qui : nvironnent le Golfe, partit le quinze d'Août, pour France, où il arriva le cinq de Septembre.
Sur le rapport qu'il fit au Roi, de ses espérances de gagner les Sauvages à Jésus-Christ et de faire avec eux un commerce avantageux, il obtint une commission plus ample que la première, avec trois Navires et de bons équipages.
Dans cette seconde expédition, il entra dans le Fleuve St. Laurent, monta jusqu'à la Rivière Jacques Cartier, et y entra le 14 Septembre 1535, il en partit cinq jours après et arriva à la Bourgade d'Hochelaga, dans l'Isle de Montréal.
La figure de cette Bourgade était ronde ; avait trois enceintes de palissades, et contenait une cinquantaine de Cabanes de plus de cinquante pas chacune de longueur, sur quatorze à quinze de largeur, faites en tonnelles, on y entrait par une porte.
Il y avait au dessus de la première enceinte une espèce de galerie, chargé de pierres et de cailloux pour la défense de la place et on y montait au moyen d'échelles : tel était le plus haut degré d'industrie des indigènes alors.
Les Sauvages qui habitaient cette Bourgade parlaient Huron, ils accueillirent très-bien ces Français et leur donnèrent des fêtes à leur manière.
Jacques Cartier visita le même jour la Montagne, a laquelle il donna le nom de Montréal, qu'elle porte encore de nos jours 5 il jugea cet endroit très propre à faire un établissement solide, il en partit le cinq d'Octobre, et arriva le onze à. son Camp de Jacques Cartier.
Pendant son absence ses gens avaient tait une manière jde retranchement autour de leurs barraques, il y passa
l'hiver ; on prétend même qu'il y perdit un de ses IVavires et vingt-cinq hommes du scorbut: il en eut perdu bien d'avantage, s'il n'eut pas fait usage d'une décoction d'épinette blanche que les Sauvages d'une bourgnde voisine lui enseignèrent. ,
Il lit à son retour en France un rapport favorable du commerce de Pelleteries, que l'on pourrait faire dans ce pays ; de la bonté des terres et de la facilita qu'il y aurait de gagner les naturels du pays à la connaissance du christianisme.
Cependant ce ne fut qu'en 1540, que François I. fit émaner des lettres patentes, nommant Mr. Fr. de la Roque de Roberval, son Vice-Roi et Lieutenant Général, en Canada.
Ce Monsieur partit l'année suivante avee cinq vaisseaux, ayant sous lui Jacques Cartier, en qualité de premier pilote.
Il bâtit un fort sur le continent, on ne sait plus où, y installa Jacques Cartier, commandant, lui donna une bonne garnison, des provisions, un de ses vaisseaux et retourna en France pour y chercher de plus grands secours.
De retour l'année suivante, il laissa la meilleure partie de son monde dans ce même fort, remonta le Fleuve et entra dans la Rivière Saguenay»
On ignore s'il rit d'autres établissements ; la seule chose dont on soit certain, est qu'il repartit de France en 1549, pour le Canada et qu'on n'en a pas entendu parler après.
La France parut abandonner son projet d'établissement dans cette partie de l'Amérique Septentrionale et jetta ses vues sur la Floride, qu'elle fut obligée d'évacuer après s'en être emparée et y avoir fait beaucoup de dépenses en hommes et en argent.
Q. Quand l'Amérique a-t-elle été découverte, et par qui ?
R. Elle a été découverte par Christophe Colombe, dans le quatorzième siècle.
Q. Quand le Canada a-t-il été découvert, et par qui?
R. D'Abord par Verazani en Ï5JX3, qui prit connaissance de Terre-Neuve qui en est encore une dépendance, et ensuite par Jacques Cartier en 1534, qui entra dans la Baie des Chaleurs et visita les cotes du Golfe, cette année ; l'année suivante il monta jusqu'à Montréal, et hiverna dans la Rivière Jacques Cartier.
Q. Quel monument a-t-on trouvé qui puisse donner une idée de l'industrie des Aborigènes ?
R. C'est la Bourgade d'Hochelaga dans l'Isle de Montréal, qui avoit trois enceintes et contenait une cinquantaine de Cabanes, de cinquante pas de lonj sur quinze de L.rge.
Q. Quel à été le premier Gouverneur du Canada ?
R. C'est Monsr. François de la Roche de Roberval, sous le tître de Vice-Roi et Lieutenant Général, par lettres patentes de François I. du 15 Janvier 1540.
Q. Quel établissement a-t-il fait dans le Pays ?
Il bâtit un Fort, dont on ne trouve aucune trace de nos jours, et périt en 1549, en revenant de France en Canada.