‹ Abrégé de l'histoire du Canada [microforme]Chapitre 91 sur 156 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Louisbourg : insurrection et capitulation.—Désastre de la flotte du duo dl Anville—Défuite du colonel Noble au Grand-Pré.—Ravage des colonies onglaises.—Paix d’Aix-la-Chapelle.—1744-1748,

4.(L'abaissement de la maison d'Autriche est un des grands actes de la politique de Richelieu. Quoiu'il eût bien diminué sa puissance, il y avait des rançais qui désiraient la faire tomber encore plus t le maréchal de Belle-Isle, qui entraîna {a France dans la coalition contre Marie-Thérèse pour

Soutenir les prétentions de l'électeur de Bavière, qui

aurait été beaucoup plus formidable que cette princesse s'il eût pu réussir à la dépouiller de ses possessions,

\L’Angleterre embrassa le parti de l’Autriche. C'était commencer les hostilités contre la France et allumer la guerre en Amérique.

2. Le premier ministre, le cardinal de Fleury, détestait la guerre et laissa la Nouvelle-France à sès progra forces. Il n’y avait pas mille soldats pour la

sfendre depuis le golfe Saint-Laurent jasqu’au lac Erié. Louisbourg, forteresse qui devait la protéger du côté de l'Océan, n’avait qu’une garnison de 7 à 800 hommes. . Cette forteresse, cependant, recélait une foule de corsaires qui ruinaient le commerce américain et rendaient de grands services dans les temps

d'hostilité. A la première nouvelle de la prise des

armes, les corsaires se jetèrent sur les bâtiments anglais répandus sur les mers, et firent de précieuses conquêtes.

1. Quelle fut la cause de la guerre de 1744 ? Fou ne Lies que fit lo gouvernement pour déferdre la Nouvellerance :

3. Le gouverneur du Cap-Breton, M. Duquesnel, envoya en même temps M. Duvivier avec 8 à 900 hommes pour ravager l’Acadie. Duvivier prit et brûla Canseau, menuça Annapolis et porta partout la terreur, tandis que les corsaires infestaient les côtes de Terreneuve et effrayaient Flaisance. Le Massachusetts pour se mettre à l’abri des attaques des Français, fit élever une chaîne de forts depuis la rivière Connecticut jusqu’à la Nouvelle-York.

&k. Tout paraissait favorable aux armes el à la situation des Français dans le Nouveau-Monde, lorsqu'un événement inattendu, l'insurrection de la garnison de. Louisbourg, tranquillisa les colonies anglaises et amena la perte de cette forteresse. |

A la nouvelle de l'insurrection causée par la négligence du gouvernement à payer la soldeïdes troupes, le Massachusett®résolut d’en profiter pour s'emparer de ce boulevard des Français en Amérique. 4000 hommes commandés par un de ses négociants, nommé Pepperrell, furent ralliés à Canseau par le commodore Warren envoyé d'Angleterre avec quatre vaisseaux, et parurent tout-à-coup devant Louisbourg. La garnison, haranguée par son chef, le général Duchambon, : revint à de meilleurs principes, sans conquérir cependant la confiance des officiers, qui s’obstinèrent à croire que les soldats ne demandaient à faire des sorties que pour déserter; on les tint comme prisonniers jusqu’à ce qu'une si mauvaise défense eût réduit la ville à capituler, le 16 juin, après avoir perdu 200 hommes. L'ile entière suivit le sort de Louisbourg, son unique boulevard, et la garnison et les habitants, au nombre de 2,000, furent transportés à Brest. |

5. La perte de Louisbourg fit une sensation profonde -en Canada, où l’on croyait que l'attaque de cette ville était le prélude à celle de Québec, M. de Besuharnais fit ses préparatifs pour toutes les éven-

Page 1