‹ Abrégé de l'histoire du Canada [microforme]Chapitre 94 sur 156 · CHAPITRE Île · texte numérisé non relu

CHAPITRE Île

Commission des frontières. — Mort de Jumonville — Défaite de Washington au fort de la Nécessité.—Préparatifs de guerre.—1748-175b.

8. L’Angleterre et ses colonies avaient vu détruire avec joie les derniers débris de la marine française dans le combat de Belle-Isle, où ils brillèrent d’un dernier éclat. Qu'’allaient devenir les colonies de la France, séparées d’elle par les flottes de sa rivale ? Les Anglais voulurent aussitôt porter leurs frontières jusqu’au Saint-Laurent et occuper la vallée de l'Ohio, traité d'Utrecht donne l’Acadie à l'Angleterre. FAaetarne annonce que cette province s'étend depuis la baie de Fondy jusqu’au Saint-Laurent, et depuis la rivière Kénébes jusqu’à la mer. Le pays réclamé en dehors de la péninsule acadienne avait plus de trois fois l’étendue de la Nouvelle<Ecosse ellemême, et commandait le golfe et l'embouchure du Saint-Laurent. Le pays réclamé au delà des Apalaches était encore plus précieux ; il entrainait la ossession des immenses contrées situées entre les acs Ontario, Erié, Huron, Michigan, le Haut-Mississipi et les Alléghanys. Le Canada se serait trouvé séparé de la Louisiane par de longues distances et complètement mutilé. Des murs de Québec et de Montréal on aurait pu voir floiter le drapeau anglais sur la rive droité du Saint-Laurent. De pareils sacrifices tnaIten à un abandon total de la Nouvellerance.

9. Il devenait évident qu’avec de pareilles prétensions, l'Angleterre obligerait bientôt la France à reprendre les armes. Lord Albemarle, ambassadeur anglais à Paris, se plaignait, dès 1750, des empiétements des Français en Acadie ; il les accusait d’avoir brûlé Beaubassin et d’en avoir armé .les habitants. L’année suivante, la France se plaignait à son tour

8. Que firent les Anglais après le traité d’Aix-la-Chapelle ? 9. Quel devait être l’effet des prétentions de l’ Angleterre ?

que les vaisseaux de guerre anglais avaient Pris des “navires de commerce français jusque dans le fond du .golfe Saint-Laurent. Les deux cours nommèrent la commission dont il était parlé dans le traité d’Aix-la Chapelle, pour régler entre autres questions, celle des limites.

10. Après cinq ans de discussions, dans lesquelles on ne put s'entendre, la guerre éclata.

11. M. de la Galissonnière, qui avait été remplacé dans le gouvernement de la Nouvelle-France par M, dé ia Jonquière, en 1749, avait en vain recommandé aux ministres de fortifier Québec et Montréal, et d’envoyer 10,000 paysans pour pape les bords des lacs et le haut du Saint-Laurent et du Mississipi. M: Duquesne de Menneville, qui remplaça M. de Ja Jonquière, en 1752, arriva sans troupes et sans colons, mais avec l'ordre d'empêcher les Anglais de passer les Apalaches et de sortir de la péninsule acadienne, où ils avaient déjà quinze à seize cents hommes de troupes. La guerre dévenait de plus en plus imminente. La milice canadienne fut exercée. On aug. menta les fortifications de Beauséjour, on dirigea des troupes vers la vallée du Mississipi en 1753, et les forts de la Presqu’ile, de Machaux et le fort Duquesne s’élevèrent successivement du lac Erié à l’Ohio.

12. C'est a milieu de ces préparatifs, en 1754, que M. de Contrecœur, qui commandait dans ces contrees lointaines, reçut ia nouvelle qu’un corps de troupes anglaises venait à lui, commandé par le colonel Wash-

ington. Il envoya M. de Jumonville à sa rencontre pour lui déclarer qu’il était sur le territoire français et le sommer de se retirer. Cet officier partit aves 30 hommes et avec l’ordre de se tenir sur ses gardes de peur de surprise ; mais attaqué à l’improviste par Washington, ii fut tué avec neuf hommes de ‘sa suite, triste événement qui précipita la guerre.

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