‹ Abrégé de l'histoire générale des singesChapitre 15 sur 43 · LK P A T A S · texte numérisé non relu

LK P A T A S

Le Patas est encore du Congo , et à-peu» près de la même grosseur que le Macaque } mais il en diffè e ? en ce qu’il a le corps plus alongé , la face moins hideuse et le poil plus beau \ il est même remarquable par la cou* leur brillante de sa robe , qui est d’un roux si vif qu’elle paroît avoir été peinte. Nous avons vu deux de ces animaux qui font va'

riété dans l’espèce^ le premier porte un bandeau de poils noirs au-dessus des yeux , qui s’étend d’une oreille à l’autre -, le second ne diffère du premier que par la couleur de ce bandeau , qui est blanc : tous deux ont du poil long au-dessous du menton et autour des joues , ce qui leur faitunebelle barbe } mais le premier l’a jaune , et le second l’a blanche. Cette variété paroît en indiquer d’autres dans la couleur du poil , et je suis fort porté à croire que ces espèces , de Guenons couleur de chat sauvage qu’on fait venir du pays des Nègres ? sont des variétés de l’espèce du Patas. Ces Guenons sont moins adroites que les autres ? et en même temps elles sont extrêmement curieuses. On les a vues descendre du haut des arbres jusqu’à l’extrémité des branches pour admirer les barques à leur passage \ elles les considéroient quelque temps , et paroissant s’entretenir de ce qu’elles avoient vu , elles abandounoient la place à celles qui arrivoient après : quelques-unes devinrent familières jusqu’à jeter des branches d’arbres aux Français ? qui leur répondirent à coup de fusils ; il en tomba quelques-unes , d’autres demeurèrent blessées ? et tout le reste tomba dans une étrange consternation $ une partie se mit à pousser des cris affreux / une autre à ramasser des pierres pour les jeter à leurs en-

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nemis ; quelques-unes se vidèrent le ventre dans leur main et s’efforcèrent d’envoyer ce présent aux spectateurs ; mais s’apercevant à la fin que le combat étoit du moins inégal, elles prirent le parti de se retirer.

On ne sauroit exprimer, disent les voyageurs , le dégât que les Singes font dans les terres du Sénégal lorsque le mil et les grains dont ils se nourrissent sont en maturité y ils s’assemblent quarante ou cinquante 5 l'un d’eux demeure en sentinelle sur un arbre , écoute et reg rde de tous côtés pendant que les autres font la récolte j dès qu’il aperçoit quelqu’un , il crie comme un enragé pour avertir les autres , qui , au signal , s’enfuient avec leur proie , sautant d’un arbre à l’autre avec une prodigieuse agilité 3 les femelles qui portent leurs petits contre leur ventre , s’enfuient comme les autres 5 et sautent comme si elles n’avoient rien.

L E P A T A S, à bandeau blanc.

Au reste , quoiqu’il y ait dam toutes les terres de l’Afrique un très grand nombre d’espèces de Singes 5 de Babouins et de Guenons , dont quelques-unes paroissent assez semblables 5 les voyageurs ont cependant remarqué qu’elles ne se mêlent jamais , et que , pour l’ordinaire , chaque espèce habite un quartier différent.

LE PA T AS, à bandeau noir .

Caractères dis tin et ifs de cette espèce •

Le Patas a des abajoues et des callosités sur les fesses ; sa queue est moins longue que la tête et le corps pris ensemble ; il a le sommet de la tête plat ? le museau long ? le corps alongé ? les jambes longues , il a du poil noir sur le nez ? et un bandeau étroit de même couleur au-dessus des yeux qui s’étend d’une oreille à l’autre ; le poil de toutes les parties supérieures du corps est d’un roux presque rouge , et celui des parties de dessous , telles que la gorgée , la poitrine et le ventre 5 est d’un gris jaunâtre. Il y a

variété

variété

dans cette espèce pour la couleur du bandeau qui est au-dessus des yeux; les un* l’ont uoir et les autres blanc. Ils n’agitent pas leur mâchoire, comme le font les autres Guenons lorsqu’elles sont en colère ; ils marchent a quatre pieds plus souvent qu’à deux , et ils ont environ deux pieds, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue. Il paraît , parle témoignage des voyageurs , qu’il y en a de plus grands. Les femelles* so«t sujettes , comme les femmes ? à un écoulement périodique*

LE P A T A S à cjueue courte •

Nous avons donné les figures de deux Patas9 l’un à bandeau noir et l’autre à ban» deau blanc ; nous donnons ici la figure d’un autre Patas à bandeau blanc 9 mais dont ia queue est beaucoup plus courte que celle des autres. Cependant , comme il ne semble différer du Patas à bandeau blanc que par ce «eul caractère , nous ne pouvons pas décider si c’est une espèce différente , ou une simple variété dans l’espèce ; voici la description que nous en avons faite sur un individu dont la dépouille bien préparée se trouve au cabinet du roi. La queue n’a que neuf pouces de longueur , au lieu que celle des deux an-

très Patas en a quatorze. Le diamètre de la queue étoit de dix ou onze lignes à son ori-

gme , et de deux lignes seulement à sou extrémité \ en sorte que nous sommes assurés que ranimai n’en a rien retranché en la rongeant, La longueur de l’animal entier , depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue, étoit d’un pied six pouces , ce qui approche autant qu’il est possible des mêmes dimensions du corps des autres Patas , qui ont un pied quatre pouces. Celui-ci a la tête toute semblable à celle des autres , et il porte un bandeau de poils blancs au-dessus des yeux, mais d’un blanc plus sale que celui du Patas représenté. Le corps est couvert sur le dos i d’un poil gris-cendré , dont l’extrémité est un peu teinte de fauve. Sur la tête et vert les reins , le fauve domine, et il est mêlé d’un peu d’olivâtre. Le ventre , le dessous de l’estomac et la poitrine, les côtés du cou , le dédain i des cuisses et des jambes sont d’un fauve mêlé de quelques teintes grises ; les pieds et les mains sont couverts de poils d’un griscendré, mêlé de brunâtre. Le poil du dos a un pouce s dix lignes de longueur ; les jambes de de- » vant sont couvertes de poils d’un gris cendré , mêlé d’une - teinte brune qui augmenta i et devient plus foncée en approchant de«

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mains. Dans tout le reste , ce Singe nous a paru semblable au Patas à bandeau et au Patas à bandeau blanc.

LE RHESUS.

Le Rhésus est couleur de fer , la ligne du dos, comme rousse; la gorge plus blanche; une ligne plus longitudinale blanche entre les yeux , la face velue ; les oreilles formant comme un petit vase divisé intérieurement en deux feuillets la paume des mains et des pieds nue 5 les ongles arrondis , mais celui de l’index de la plante des pieds en alêne j la queue n’est pas trop longue.; deux mamelles pectorales sont placées sur la poitrine.

Cet animal est agile, doué d’une ouïe excellente^ il est monagame , n’ayant qu’un femelle.

Le FÜiesus n’a guère qu’un pied de longueur , et qui ressemble fort au Makis ? il a le corps plus alongé à proportion de sa grosseur : aussi a-t-il neuf vertèbres lombaires , tandis que les quadrupèdes qui en ont le plus , n’en ont que sept. H a le poil, les mains et les pieds , les dents et îe museau des Makis ; mais sa tête est plus ronde que la leur, et ses yeux sont plus gros et plus voisins*, sa femelle ofîie une singularité dont elle est ie seul exemple } elle urine par une fente qui est à l’extrémité de sou clitoris , percé dans sa longueur par un canal comme un pénis , dont il a d’ailleurs les dimensions. Cet animal habite les montagnes , les rochers et les bois , à Ceylan et aux Indes.

Ce quadrumane marche ordinairement à quatre pattes, d’un air contraint et méfiant } on diroit qu’il tâtonne ; iï va avec une telle lenteur, qu’il parcourt à peine quatre toises par minutes. Debout il a l’air plus aisé et plus k$*3. Il est mélancolique , silencieux, patient et carnassier^ il chasse de nuit les petits animaux dont il se nourrit .* il vit isolé , et dort de jour , accroupi et la tête appuyée sur ses deux mains réunies entre seo u,u..

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