‹ Abrégé de l'histoire générale des singesChapitre 18 sur 43 · LE MOUS T AC · texte numérisé non relu

LE MOUS T AC

Le Mousîac nous paroît être du même pays que le Macaque , parce qu’il a comme lui ? le corps plus court et plus ramassé que les autres Guenons ; c’est très- vraisemblablement le même animal que les voyageurs de Guinée ont appelé Blanc ne£, parce qu’en effet , il a les lèvres au dessous du nez d’une blancheur éclatante ? tandis que le reste dé sa

face est d’an bleu noirâtre ; il a aussi deux toupets de poils jaunes au-dessous des oreilles , ce qui lui donne l’air très-singulier $ et comme il est en même temps d’assez petite taille , c’est de tous les Singes à longue queue? celui qui nous a par:: le plus joli.

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Caractères distinctifs de cette espèce*

Le Moustac a des abajoues et des callosités sur les fesses j la queue beaucoup plus longue que la tête et le corps pris ensemble , a vingt pouces de longueur : il a la face d un noir bleuâtre avec une grande et large marque blanche en forme de chevron , au-dessus du nez et sur toute l’étendue de la lèvre supérieure , qui est nue dans toute cette partie } elle est seulement bordée de polis noirs , aussi bien que la lèvre inférieure, tout autour de la bouche } ti a le corps court et ramassé ; il porte deux gros toupets de poil jaune , vif au-dessous des oreilles ; il a aussi un toupet de poil hérissé au-dessus de la tête ; le poil du corps est d’un cendré blanchâtre. Il marche à quatre pieds , et il n’a qu’environ un pied de longueur , la tête et le corps compris. La femelle est sujette à l'écoulement périodique.

le T A LA P O 1 IX.

Cette Guenon est de petite taille , et d’nre assez jolie figure ; son nom paroît indiquer qu’elle se trouve à Siam , et d . s les autres provinces de l’Asie orientale; mais nous ne pouvons l’assurer } seulement il est certain qu’elle est originaire de l’ancien continent , et qu’elle ne se trouve point dans le nouveau , parce qu’elle a des abajoues et des callosités sur les fesses , et que ces deux caractères n’appartiennent ni aux >agouins ni aux Sapajous , qui sont les seuls animaux du nouveau monde , qu’on puisse comparer aux Guenons.

Ce qui me porte à croire , indépendamment du nom , que cette Guenon se trouve plus communément aux Indes - Orientales qu’en Afrique , c’est que les voyageurs rapportent que la plupart des Singes de cette partie de l’Asie ont le poil d’un vert brun. Les Singes du Guzarate , disent-ils , sont d’un vert brun; ils ont la barbe et les sourcils longs et blancs. Ces animaux , que les Banianes laissent multiplier à l’infini , par un principe de religion , sont si familiers 9 qu’ils entrent dans les maisons à toute heure et en si grand nombre , que les marchands de fruits et de confitures ont beaucoup âfè peine à conserver leurs marchandises.

LE DO UC, vu de face.

Le Doue est le dernier de la classe des animaux, que nous avons appelés Singes B.ibouins et Guenons : sans être précisément d’aucun des trois genres } il participe de tous; il tient des Guenons par sa queue longue , des Babouins par sa grande taille , et des Singes par sa face plate; il a de plus un caractère particulier , et par lequel il paroît faire la nuance entre les Guenons et les Sapajous ; ces deux familles d’animaux diffèrent entre elles , en ce que les Guenons ont les fesses pelées , et que tous les Sapajous les ont couvertes de poil. Le Doue est la

seule des Guenons qui ait du poil sur les fesses comme les Sapajous ; il leur ressemble aussi par l’apiatissement du museau : mais en tout , il approche infiniment plus des Guenons que des Sapajous , desquels il didere , en ce qu’il n’a pas la queue prenante , et aussi par plusieurs autres caractères essentiels : d’ailleurs l’intervalle qui sépare ces deux familles est immense , puisque le Doue et toutes les Guenons sont de l’ancien continent , tandis que tous les Sapajous ne se trouvent que dans le nouveau : on pourroit dire aussi , avec quelque raison , que le Doue ayant une longue queue comme les les Guenons , et n’ayant pas comme elles des callosités sur les fesses, il fait la nuance entre les Orangs-outangs et les Guenons, comme le Gibbon la fait aussi à un autre égard , n’ayant point de queue comme les Orangs-outangs , mais ayant des callosités sur les fesses coin me les Guenons. Indépendamment de ces rapports généraux, le Doue a des caractères particuliers, par lesquels il est très - remarquable et fort aisé â distinguer de tous les Singes , Babouins 5 Guenons ou Sapajous , même au premier coup - d’œil $ sa robe variée de toutes couleurs , semble indiquer l’ambiguité de sa nature , et en même temps différencier son espèce d’une manière évidente» 11 porte au-

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tour de son collier d*un brun pourpre , autour des joues une barbe blanche ; il a les lèvres et le tour des yeux noirs , la face et les oreilles rouges ^ le dessus de la tête et le corps gris , la poitrine et le ventre jaune j les jambes blanches en bas 9 noires en haut 5 la queue blanche avec une large tache de même couleur sur les lombes } les pieds noirs avec plusieurs autres nuances de couleur.

Il me paroît que cet animal , qu’on nous a assuré venir de la Cochinchine , se trouve aussi à Madagascar. A Madagascar ? il y a une autre epèce de Guenuche blanche qui a un chaperon tanné , et qui se tient sou-* vent sur les pieds de derrière , elle a la queue blanche et deux taches tannées sur les flancs ; elle est plus grande que le Vari 1 Mococo 5 mais plus petite que le Varicos<i Vari . Cette espèce s’appelle Sifac $ elle vit de fèves } il y en a beaucoup vers Andrivoure j Dambourlomb et Ranafoulchy. Le chaperon ou collier tanné ? la queue blanche , les taches sur les flancs sont des caractères qui indiquent assez clairement que ce Sifac de Madagascar est de la même espèce que le Doue de la Cochinchine.

Les voyageurs assurent que les grands Sin- é ges des parties méridionales de l’Asie ? pro- jjj duisent de bézoards qu’on trouve dans leur; ^

DES SINGES. in estomac , et dont la qualité est supérieure à celle des bézoards , des chèvres et des gazelles ; ces grands Singes des parties méridionales de l’Inde , sont l’Ouanderou et le &

Doue j nous croyons donc que c’est à ces espèces qu’il faut rapporter la production des bézoards : on prétend que ces bézoards de Singe sont toujours d’une forme ronde , au lieu que les autres bézoards sont de différentes figures.

LE DOÜC , vu de côté .

* Caractères distinctifs de cette espèce.

Le Doue n’a point de callosités sur les fesses ; il les a garn es de poil par - tout ; sa queue, quoique longue, ne l’est pas autant que la tête et le corps pris ensemble • il a la face rouge et couverte d’un duvet roux } les oreilles nues et de même couleur que la face , les lèvres brunes , aussi bien que les orbites des yeux *, le poil de couleurs très-vives et très-variées \ il porte un bandeau et un collier d’un brun pourpre • il a du blanc sur le front , sur la tête ,

DES SINGES. nj

sur le corps , les bras , les jambes , etc. une espèce de barbe d’un blanc jaunâtre il a du noir au-dessus du front et à la partie supérieure des bras ; les parties du dessous du corps sont d’un gris cendré et d’un jaune blanchâtre ; la queue est blanche 9 aussi bien que le bas des lombes $ il marche aussi souvent sur deux pieds que sur quatre ? il a quatre pieds de hauteur lorsqu’il est debout. J’ignore si les femelles dans cette espèce sont sujettes à l'écoulement périodique*

histoire

LS BLANC i\EZ.

Nous croyons devoir placer ici un article tiré d’un voyageur qu'il contient la description d’une Guenon appelée par les Hollandais Bianc- y que je çroyois être de la même espèce que le Mou s tac. ? mais qui est çn effet d’une espèce différente* On voit à la Cote - d’Or , des Singes qu’on nomme hlancnc% , parce que c’est la seule partie de leur corps qui soit de çette couleur ; il ajoute qu’ils sont pua us et farouches. 11 se peut que ces singes soient les mêmes que les Moustacs ; mais il y en a une autre espèce en Guinée qui mérite aussi juste titre le même

DES SINGES. ï 1 5

nom que nous lui donnons. Son nez est effectivement couvert d’un poil court , d’un blanc très-éclatant , tandis que le reste de sa f ice est d’un beau noir , ce qui rend saillante cette partie , et fait qu’elle frappe d’a* bord plus que toute autre.

Nous avons une Guenon de cette espèce qu’on me l’a envoyée de Surinam où elle avoit été apportée des côtes de Guinée , ce n’est point celle dont nous parlons plus haut , car elle n’est ni puante ni farouche ; c’est au contraire le plus aimable animal que j’aie jamais vu. Il est extrêmement fa* milier avec tout le monde ? et on ne se lasse point de jouer avec lui , parce que jamais Singe n’a joué de meilleure grâce. Il ne déchire ni ne gâte jamais rien } s’il mord , c’est en badinant , et de façon que la main la plus délicate n’en remporte aucune marque* Cependant il n’aime pas qu’on l’interrompe quand il mange , ou qu’on se moque de lui quand il a manqué ce qu’il médite de faire £ alors il se met en colère , mais sa colère dure peu , et il ne garde point de rancune. Il marche sur quatre pieds , excepté quand il veut examiner quelque chose qu’il ne connoît pas ; alors il s’en approche en marchant sur ses deux pieds seulement. Je soupçonne que c’est le même dont parle ua

voyageur , quand il dit qu’il y a en Guinée des Singes qui ont la poitrine blanche , la barbe pointue , de la même couleur , une tache blanche sur le bout du nez , et une raie noire autour du front. Il en apporta un de Bontri , qui fut estimé vingt louis-d’or ? et je n’en suis pas surpris.

La race de ces Guenons doit être nombreuse aux côtes de Guinée ; au tnoius en voit - on beaucoup aux étabiissemens que les Hollandais y ont : mais quoique souvent ceux-ci aient tenté d‘en rapporter en Europe , ils n’ont pas pu y réussir.

Cet animal est d’une légèreté étonnante, et tous ses mouvemens sont si prestes qu’il semble voler plutôt que sauter. Quand il est tranquille , son attitude favorite est de reposer et soutenir sa tête sur un de ses pieds de derrière , et alors on le diroit occupé de quelque profonde méditation. Quand on lui offre quelque chose de bon à manger , avant que de le goûter , il le roule avec ses mains comme un pâtissier roule sa pâte.

Caractères distinctifs de cette espèce .

Le Bîanc-nez a des abajoues et des callosités sur les fesse s ; la longueur de son

corps et de sa tête pris ensemble , est d’environ treize pouces , et celle de sa queue de vingt* La couleur de la partie supérieure de son corps et de sa queue , est un agréable mélange d’un vert couleur d’olive et de noir , mais où cependant le vert domine. Cette même couleur s’étend sur la partie extérieur des cuisses et des jambes , où plus elle approche des pieds , plus elle devient uoire ; les pieds sont sans poil et toutà-fait noirs 9 de même que les ongles qui sont plats.

Le menton , la gorge , la poitrine et le ventre sont d’un beau blanc , qui s’étend en pointe presqu’au-dessous des oreilles. Le dessous de la queue et la partie interne des jambes et des bras sont d’un gris-noirâtre. Le front , le tour des yeux et des lèvres ? des joues , en un mot toute la face est noire 5 à l’exception de la moitié inférieure du nez , remarquable par une tache blanche presque triangulaire qui en occupe toute la largeur , et qui se termine au-dessus de la lèvre en une espèce de pointe , aux deux côtés de laquelle sont posées les narines un peu obliquement. Les oreilles sont sans poils et noirâtres ; il en part une raie aussi noire qui entoure circulairement toute la partie supérieure de la tête 9 dont le poil est tant

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soit peu plus long que celui qui. couvre le dos et forme une sorte d’aigrette. Une ligne de poils blancs, qui a son origine près de l’angle postérieur de l’œil , s’étend de chaque côté au dessous des oreilles et un peu plus loin , au milieu des poils noirs qui cou* vrent cette partie. La racine du nez et les yeux sont un peu enfoncés , ce qui fait paroître le musean alongé , quoiqu’il soit aplati. Le nez est aussi plat dans toute sa longueur, sur- tout dans cette partie qui est blanche. Il n’y a point de poil autour des yeux , ni sur une partie des joues ; ceux qui couvrent le reste de la face sont fort courts. Les yeux sont bien fendus , la prunelle en est fort grande, et elle est entourée d’un cercle jaune assez large pour que le blanc reste caché sous les paupières. Les poils du menton sont plus longs que ceux des autres parties et forment une barbe qui est sur- tout visible , quand l’animal a ses abajoues remplies de manger- 11 n’aime pas à lavoir

mouillée , et il a soin de l’essuyer, dès qu’il

a bu , quelque corps sec.

frit

des singes.

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