LA M O JN E
La Mone est la plus commune des guei nous ou singes à longue queue : nous payons s eue vivante pendant plusieurs années. C’est I avec le Magot , l’espèce qui s’accommode ! le mieux de la température de notre climat : i cela seul suffiroit pour prouver qu’elle n’est | pas originaire des pays les plus chauds d§ i l’Afrique et des Iodes méridionales } et ellg 5 se trouve en effet en Barbarie , en Arabie 9 ; ea Perre et dans les autres parties de ]’As sie , qui étaient connues des Anciens $ ils Pavèrent désignée parle nom de Kebos 7Çg- ’ bus , Çœphus , à cause de la variété de ses couleurs» Elle a es effet la face brune , ave$
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une espèce de barbe mêlée de blanc , de jaune , et d’un peu de noir \ le poil du dessus de la tête et du cou , mêlé de jaune et de noir ; celui du dos , mêlé de roux et de noir ; le ventre blanchâtre , aussi bien que l’intérieur des cuisses et des jambes } l’extérieur des jambes et des pieds noirs } la queue d’un gris foncé ; deux petites taches blanches , une de chaque côté de l’origine de la queue } un croissant de poil gris sur le front ; une bande noire , depuis les yeux jusqu’aux oreilles , et depuis les oreilles jusqu’à l’épaule et au bras ; quelques-uns l’ont appelée nonne par corruption de mone ; d’autres , il cause de sa barbe grise , l’ont appelée vieil} a? à *» mais la dénomination vulgaiie , sous laquelle la Mone est la plus connue j. est celle de Singe varie , et cette dénomination répond parfoitement au nom Kebos que lui avoient- donné les Grecs , et qui par la définition d’Aristote , désigne une Guenon ou Singe à longue queue , de couleur
variée .
En général , les guenons sont d’un naturel ' beaucoup plus deux que les babouins 3 et d’un caractère moins triste que les singes , elles sont vives jusqu’à l’extravagance , et sans férocité \ car elles deviennent dociles dès qu’on les fixe, par la crainte. La Moue
DES SINGES. n
en particulier est susceptible d’éducation , et même d’un certain attachement pour ceux qui la soignent. Celle que nous avons nourrie se laissoit toucher et enlever par les gens qu’elle connoissoit ; mais elle se refusoit aux autres , et même les mordoit ; elle cherchoît aussi à se mettre en liberté : on la tenoit attachée avec une longue chaîne ; quand elle pouvoit la rompre ou. s’en délivrer , elle s’enfuyoit üt la campagne ; et quoiqu’elle se revînt pas d elle-même , elle se laissoit assez aisément reprendra par son maître $ elle mangeoit de tout , de la viande cuite , du pain , et sur-tout de fruits ; elle cherchoit aussi les araignées , les fourmis , les insectes $ elle rempiissoit ses abajoues, lorsqu’on lui donnoit plusieurs morceaux de suite: cette habitude est commune à tous les babouins et guenons auxquels la nature a donné < ces espèces de poches au Las des joues, où ils peuvent garder une quantité d’aîimens assez grande pour se nourrir un jour ou deux.
Caractères distinctifs de cettè espèce .
La Monc a d?s abajoues et des callosités iur les fasses j elle a la queues d’ehviron deux pieds de longueur., plus longue d’un demipied que la tête et Je corps pris ensemble \ la
tête petite et ronde ; le museau gros et court \ la face couleur de chair basanée ; elle porte un bandeau de poils gris sur le front , une bande de poils noirs qui s’étend des yeux aux oreilles , et des oreilles jusqu’aux épaules et aux bras $ elle a une espèce de barbe grise formée par les poils de la gorge et du dessous du cou , qui sont plus longs que les autres , son poil est d’un noir roussâtre sur je corps , blanchâtre sous le. ventre j l’extérieur des jambes et des pieds sont noirs , la queue est d’un gris brun avec des taches blanches de chaque côté de son origine ; elle marche à quatre pieds j et la longueur de sa tête et de son corps pris ensemble 5 depuis l’extrémité du museau jusqu’à l’origine de la queue ? est d’environ un pied et demi. La femelle est sujette , comme les femmes 5 à un écoulement périodique.
Cet animal mâle apporté de la côte de Guinée , doit être regardé comme une variété dans l'espèce de 1 Monc , à laquelle il resemble assez par la grosseur et la couleur du poil ; il a seulement plus de légèreté dansles mouvemens et dans la forme de ses membres; la tête a aussi plus de finesse , ce qui lui rend la physionomie agréable. Les oreilles n’onî point, comme celles de la Mone , une échancrure sur le bord supérieur, et ce sont-là les caractères par lesquels il diffère de la Moue ; mais au reste il a , comme elle , des abajoues et des callosités sur les fesses. La face est d’ua
gris ardoisé , le nez plat et large ; les yeux sont enfoncés , et l’iris en est orangé \ la Louche et les mâchoires sont d’un rouge pâle ; les joues sont garnies de grands poils grisâtres et jaune- verdâtres , qui lui forment comme une barbe épaisse qui s’étend jusque sous le mentorfi On voit au-dessus des yeux une bande noire qui se termine aux oreilles y lesquelles sont assez plates et noires ? excepté à l’orifice du canal auditif qui est recouvert de grands poils grisâtres. On voit sur le front un bandeau blanc grisâtre , plus large au milieu et en forme de croissant. Le sommet de la tête et le derrière du cou , sont couverts de poils verdâtres , mélangés de poils noirs; le corps est couvert de poils bruns et jaunâtres , ce qui lui donne un reflet olivâtre \ les faces externes des bras et des jambes sont noires , et cette couleur tranche $vec celle des faces internes qui sont blanches 9 ainsi que tout le dessous du corps et du cou j la queue est très- longue , de plus de vingt pouces de longueur , et garnie de poils courts et noirâtres* On remarque de chaque côté de l’origine de la queue ? une tache blanche de figure oblorsgue. Les pieds et les mains sont tout noirs ainsi que le poignet.
Çet animal n'étoit âgé que de deux ans.?
II avoit seize pouces quatre lignes de Iongitetir 5 depuis ie museau jusqu’à Fanus. Les dents étaient au nombre de trente-deux 9 seize eu haut comme en bas , quatre incisives 9 deux canines et deux roâchelîères de chaque côté ; les deux canines supérieures étaient : beaucoup plus longues que les inférieures*
Au reste , le naturel de cette Guenon paroît être fort doux,* elle est même craintive et semble pçu reuse. Elle mange volontiers du pain , des fruits et des racines.
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LE ROLGWAY ou LA PALATINE.
La Guenon que nous représentons n’a point éîé décrite , elle est vivante à Amsterdam. Cette Guenon a été envoyée des côtes de Guinée , sous le nom de Roloway que nous avons cru lui conserver. C’est un fort joli animal , doux et caressant pour ses maîtres ; mais il se défie de ceux qu’il ne connoît pas 5 et il se met en posture de défiance quand ils yeulent s’en approcher ou le toucher.
Sa longueur, depuis l’origine de la queue jusqu’au- dessus de la tête , est d environ un pied et demi. Le poil qui couvre son dos est
d'un brun très-foncé , et presque noir j celui qui est sur les flancs , les cuisses , les jambes et la tête est terminé par une pointe blanchâtre 5 ce qui le fait paroître d’un gris obscur. Les poils qui couvrent la poitrine, le ventre , le contour des fesses , et la partie intérieure des bras et des cuisses , sont blancs ^ mais on assure que cette couleur ne leur est pas naturelle , et qu’en Guinée ils sont d’une belle couleur orangée 5 qui se perd en Europe et se change en blanc , soit par l’influence du climat , soit par la qualité de la nourriture. Quand cette Guenon est arrivée à Amsterdam ? elle ccnsêrvoit encore quelques restes de cette couleur: orangée , qui se sont dissipés peu-â-pëu.
Ces Guenons ont la face noire et de forme presque triangulaire $ leurs yeux sont assez grands et bien fendus \ leurs^ oreilles sont sans poils et peu éminentes. Un cercle de poils blanchâtres leur environne le sommet de la tête $ leur cou , ou plutôt le contour de la face , est aussi recouvert d’une raie de longs poils blancs , qui s’étend jusqu’aux oreilles. Elles ont au menton une barbe de la même couleur , longue de trois ou quatre pouces , qui se termine en deux pointes , et qui contraste singulièrement avec le poil de la face. Quand elles sont dans
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une situation où cette barbe repose sur la poitrine ? et se confond avec ses poils , on la prendroit pour la continuation de ceux qui forment le collier ; et alors ces animaux 9 vus à une certaine distance y paroissent avoir autour du cou une Falatine , semblable à celles que les dames portent en hiver , et même je
leur en ai d’abord donné le nom qui se
trouve encore sur la planche qui a été gravée. Leur queue égale , pour la longueur , celle de leur corps , et les poils qui la recouvrent m’ont paru plus longs et plus touffus que dans la plupart des autres espèces. Leurs Cesses sont nues et calleuses. J’ignore si elles sçnt sujettes aux écoulemess périodiques.
Callitrix est un terme employé par Homère , pour exprimer en général la belle couleur du poil des animaux : ce n’est que plusieurs- siècles après celui d’Homère que les Grecs ont en particulier appliqué ce nom a quelques espèces de Guenons ou Singes a longue queue , remarquables par la beautés des couleurs de leur poil , mais il dok appartenir de préférence à celui dont il ici question. Il est d’un beau vert sur le corps ? d un beau blane sur la gorge et le ,ventre , il a la face cTim beau noir. D’ailfaims ? il se trouve en Mauritanie et dans 1 :ï - i 3
les terres de l'ancienne Carthage : ainsi il y a toute apparence qu’il étcit connu des
Grecs et des Romains , et que c’étoit l’une des Guenons ou Singes a longue queue , auxquels ils donnoient le nom de Callitrix , il y a d’autres Guenons de couleur blonde , dans les terres voisines de l’Egypte , soit du côté de l’Ethiopie , soit de celui de l’Arabie , que les Anciens ont aussi désignées par le nom générique de Callitrix .
Au reste , il paroît que le Caîlîtriche ou singe vert , se trouve au Sénégal, aussi bien qu’en Mauritanie et aux îles du Cap- Vert. Un voyageur rapporte que les environs des bois de Podar,îe long du fleuve Niger , sont remplis de Singes verts. Je n’aperçus ces Singes , dit ce voyageur , que par les branches qu'ils cassoient du haut des arbres , d’où, elles tomboient sur moi ; car ils étoient d’ailleurs fort silencieux , et si légers dans leurs gambades , qu’il eût été difficile de les entendre ; je n’allai pas plus loin , et j’en tuai d’abord un , deux et même trois , sans que les autres parussent effrayés ; cependant lorsque la plupart se sentirent blessés, ils commencèrent à se mettre à l’abri , les uns en se cachant derrière les grosses branches , les autres en descendant à terre ; d’autres enfin , et c’étoit le plus grand nombre , s’éiançoient de la pointe
d’un arbre sur la cime d’un autre. Pendant ce petit manège, je continuois à tirer; dessus , et j’eh tuai jusqu’au nombre de vingt en moins d’un heure , et dans une espace de vingt toises , sans qu’aucun d’eux eût jeté un seul cri , quoiqu’ils se fussent plusieurs fois rassemblés par compagnie en sourcillant , grinçant des dents et faisant mine de vouloir manaquer.
Caractères distinctifs de cette espèce •
Le Caliirriche a des abajoues et des callosités sur les fesses } la queue beaucoup p^us longue que la tête et le corps pris ensemble ; il a la tête petite, le museau aîougé , la face noire , aussi bien que les oreilles î il porte une bande étroite au lieu de sourcils au bas du front , et cette bande est de longs poils noirs. Il est d’un vert vif , mêlé d’un peu de jaune sur le corps, et d’un blanc jaunâtre sur la poitrine et le ventre ; il marche à quatre pieds ; et la longueur de son corps , y compris celle de la tête , est d’environ quinze pouces. La femelle est sujette à Fé- CQulement périodique-