‹ Abrégé de l'histoire générale des singesChapitre 9 sur 43 · LE SINGE NOIR · texte numérisé non relu

LE SINGE NOIR

Nous croyons devoir placer dans îa famille des singes cynocéphales 5 une espèce connue seulement depuis quelques années } on en a donné la figure sous le nom de Singe noir . Dans différentes courses que des voyageurs on* fait , ils avoient tué un gros singe d’une espèce particulière ? dont ils avoient parfaitement la dépouille. Cet animal ? haut deux pieds et demi , est couvert d’un poil brun noir , aussi roide que celui d’un cochon ; ses deux yeux placés très-haut et à fleur de tête , lui donnent un caractère de figure toutà-fait différent de celui des autres singes ; on nous dit que celui-ci avoit été tué dans une troupe très-cousidérahle d’autres animaux de

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la même espèce ; mais qu’il lui a voit paru qu’il y eu avoit dans le nombre de beaucoup plus grands et plus gros.

Le singe noir nous paroît être le même que celui qui a été figuré dans un journal anglais , et on lui a donné le nom de singe cochon ; 011 lui a assigné pour caractères , d’avoir la queue courte , une tête conforme à celle du cochon 3 le museau nu ; le corps d’un brun olivâtre 3 les fesses couvertes 9 et les ongles terminés en pointes.

Le singe cochon et le singe noir sont d’ailleurs originaires d’Afrique 5 et tout me porte à croire qu’ils appartiennent à la même espèce 5 et peut-être ne sont-ils qu’une variété du Papion ; le pelage du singe cochon est d’un brun foncé mêlé d’olive 3 sa face est noire 3 la peau est nue et couleur de chair au tour des organes de la génération 3 la queue est velue et un peu plus alongée qiie dans les Pépions. Nous ignorons quelles sont les mceurs et les habitudes de ces siu^es®

L’OUANDEUOU ET LE LOWANDO.

Quoique ces deux animaux nous paroissent £tre d’une seule et même espèce 9 nous n'avons pas laissé de leur conserver à chacun le nom qu'ils portent dans leur pays natal , à Ceylân , parce qu’ils forment au moins deux races distinctes et constantes j l’Ouanderou a le corps couvert de poils bruns et noirs avec une large chevelure et une grande barbe blanche J au contraire 9 le Lovvando a le corps couvert de poill; blanchâtres , avec la cheve- }um et la Barbe noires ; il y a encore dans le même pays , une troisième race ou variété qui pourroit bien être la tige commune jfôs deux autres , parce qu’elle est d’une

couleur uniforme et entièrement blanche , corps , chevelure et barbe. Ces trois ani~ maux ne sont pas des singes , mais des Babouins } ils en ont tous les caractères , tant pour la figure que pour le naturel ; ils sont farouches et même un peu féroces ; ils ont le museau alongé , la queue courte , et sont à-peu-près delà même grandeur et delà même force que les Papions , ils ont seulement le corps moins ramassé et paroissent plus foiblés des parties de l’arrière du corps. Celui dont nous donnons la figure , nous avait été présenté sous une fausse dénomination 9 tant pour le nom ?que pour le climat. Les

gens auxquels il appartenoit , nous dirent

qu’il venoit du continent de l’Amérique méridionale j et qu’on i’appeloit Cayouvassou* Je reconnus bientôt que ce mot Cayouvassoif est un terme brasilien qui se prononce Sa~ jououassou ? et qui signifie Sapajou } et que par conséquent ce nom a voit été mai appliqué 9 puisque tous les Sapajous^ont de très-longues queues ; au lieu que l’animal dont U est ici question , est un Babouin, à queue très* courte : d’ailleurs , non * seulement cette espèce , mais même aucune espèce de Ba* bouin ne se trouve en Amérique ^ par conséquent ou s’étoit aussi trompé sur rindicatiou du climat , et cela arrive assez prdiuâir

renient 9 sur-tout à ces montreurs d’Qurs et de Singes, qui , lorsqu’ils ignorent le climat et le nom d’un animal , ne manquent pas de lui appliquer une dénomination étrangère 9 laquelle vraie ou fausse est également bonne pour l’usage qu’ils en font. Au reste , ces Babouins-Ouanderous , lorsqu’ils lie sont pas domptés , sont si médians qu’on est obligé de les tenir dans une cage de fer , ou souvent ils s’agitent avec fureur ; mais , lorsqu’on les prend jeunes , on les apprivoise aisément, et ils paroissent même être plus susceptibles d’éducation que les autres Babouins. Les Italiens se plaisent à les instruire , et ils prétendent que les autres singes , c’est-à-dire , les guenefos , respectent -beaucoup ces Babouins , qui ont plus de gravité et plus d’intelligence qu’elles. Dans leur état de liberté ils sont extrêmement sauvages , et se tiennent dans les bois. Si Ton en croit les voyageurs , ceux qui sont tout blancs sont les plus forts et les plus ■inéchans de tous $ ils sont très-ardens pour les femmes , et assez forts pour les violer lorsqu’ils les trouvent seules , et souvent ils les outragent jusqu’à les faire mourir.

Nous avons aussi été inf >rmés que l’Ouanderou , ainsi que le Lovvando , sont très- ^droitsy qu’ils s’apprivoisent avec peine j et

qu’ordinairemeut ils vivent peu de temps en c ptivité. Dans leur pays natal , la taille des plus forts, lorsqu’ils sont debout , est à-peuprès de trois pieds et demi.

Caractères distinctifs de cette espèce.

L’Ouanderou a des abajoues et des callosités sur les fesses ; la queue de sept ou huit pouces de long ^ les dents canines plus longues et plus grosses que celles de l’homme \ le museau gros et alongé } la tête environnée d’une large crinière et d’une grande barba de poil rude ; le corps assez long et assez mince par le bas : il y a dans cette espèce des races qui varient par la couleur du poil } les uns ont celui du corps noir et la barbe blanche ^ les autres ont le poil du corps blanchâtre et la barbe noire. Ils marchent à quatre pieds plus souvent qu’à deux, et ils ont trois pieds et demi de hauteur lorsqu’iJt sont debout. Les femelles sont sujettes à l’écoulement périodique.

Nou > dormons ici la figure d'un singe qui rons u etc envoyée d'Angleterre , sons le rom de s mge de Moco, parce qtfil étoit Ter u de Moco viens le golfe Persique. Ce s. tige m.Fc, qre fai dessiné vivant, étoit aussi ardent en amour qu’il étoit spirituel.

Fendu rt que e ta» sois su figure, un jeune Serre e: u re ' eare femme vinrent le voir ; is parut e es: ver très fort de s'approcher île le temme , u la r.roit fortement par ses jupons , tschaat vie la faire tomber sur lui ; mus le eu ne homme Fuyant écarté et chassé, il ht très-mauvaise mine , et , pour se venger, ù lui jet* de toutes ses forces un gros pot

d'étain , qu’il trouva sous sa main. Il n’étoit néanmoins que de la taille d’un enfant de dix ans.

L’espèce à laquelle ce singe de Moco nous paroît appartenir , est celle du Lovvando. J’ai dit que , quoique l’Ouanderou et le Lovvando nous parussent être d’une seule et même espèce , nous ne laissions pas que de leur conserver à chacun le nom qu’ils portent dans leur pays natal , parce qu’ils forment air moins deux races distinctes ét constantes. L’Ouanderou a le corps couvert de poil$ bruns et noirs 7 avec une large chevelure et une grande barbe blanche ; au contraire , le Lovvando a le corps couvert de poils blanchâtres avec la chevelure et la barbe noires. Par ces derniers caractères , on voit que c’est en effet au Lovvando plutôt qu’à l’Ouanderou qu’on peut rapporter l’animal dont nous donnons ici la figure *, car les autres caractères , tels que longueur de la queue ? la forme du corps et celle des membres , sont communs à ces deux espèces , c’est-à-dire , les mêmes dans l’Ouanderou et le Lovvando.

Au reste , ce Lovvando a les fesses pelées , la face sans poil et de couleur de chair , jusqu’au bas où elle est noire aussi bien que le nez ^ il a des poils an - dessus des yeux ea forme de sourcils. La tête- est coif»,

fée de grands poils grisâtres , touffus et serrés , qui lui forment comme une large per» ruque dont les bords sont blancs 9 et accompagnent la face. Les pieds et les mains sont noirs } les ongles un peu longs et en gouttières } la queue est d’une médiocre longueur et bien couverte de poils ; les cuisses et les jambes sont garnies de poils d’un brun rcussâtre. Le corps et les bras jusqu’au poignet sont revêtus de longs poils d’un blanc sale ? et le dessus du dos est d’un poil brun } ce qui lui forme comme une pelisse qui lui tombe jusqu’aux reins.

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