‹ Abrégé de l'histoire générale des singesChapitre 8 sur 43 · LE C H O R A S · texte numérisé non relu

LE C H O R A S

Ce grand eî gros Babouin , qu’on trouve dans les parties méridionales des grandes Indes ? et particulièrement dans l’ile de Ceylan, suivant quelques voyageurs , peut se distinguer des autres Babouins par une touffe de poils qui se relève en forme de houppe au-dessus de la tête , et par la couleur de sa peau sur le nez , qui forme une bande d’un rouge très- vif 5 et sur le milieu de la face dont les joues sont violettes.

Des voyageurs en avaient vu , en 1779 , un individu vivant qui avoiî cinq pieds de haut. Les oreilles de ce Babouin sont petites et nues ; son museau est très - alongé 9 et son nez paroît tronqué par le bout } ce

qui lui donne de la ressemblance avec le boutoir d’un sanglier. Ce boutoir, ainsi que toute la partie supérieure qui forme le nez , est d’un rouge très-éclatant ; les joues, comme dans le Mandrill , sont d’un violet clair et très - ridées ; l’ouverture de la bouche est très-petite.

Sa houppe est composée de poils noirâtres et très- longs ; la tête , les bras et les jambes sent revêtus de poil court, dont la couleur est mêlée de jaune et de noirâtre ; des poils bruns très-longs couvrent les épaules ; ceux qui garnissent la poitrine sont aussi très longs; les mains et les pieds sont noirs , et les ongles plats ; la queue , dont le poil est fort touffu et assez court , n’a que quatre pouces de longueur ; les fesses sont pelées , et d’un pourpre très-vif qui s’étend sur le derrière des cuisses. .

Nous donnons ici la figure d’un Babouin de cette espèce , âgé de trois ans , que nous avons vu et fait dessiner vivant ; il avoit quatre pieds un pouce de hauteur ; son maître l’avait acheté à Marseille deux ans auparavant , il n’étoit alors pas plus gros qu’un petit sapajou. 11 étoit très-remarquable par les couleur» de la face et les parties de îa génération; il avdifi le nez les naseaux, et ja lèvre supérieure d’un rouge vif écarlate j

il avoit aussi une petite tache de ce même rouge au-dessous des paupières. Les yeux étoient environnés de noir et surmontés de poils touffus de même couleur; les oreilles étoient pointues et de couleur brune \ il portoit , sous le menton , une barbe à flocons d’un blanc jaune 7 à- peu près semblable à celle du Mandrill, Les poils ^ à côté des joues , étoient d’un blanc sale et jaunâtre 9 mais longs et bien fournis; ces poils hérissés se cou choient et ditninuoient de longueur en gagnant le sommet de la tête , et les taches blanches audessus des oreilles étoient^ d’un poil trèscourt. Le milieu du frohî étoit couvert de poils noirs qui , s’élevant en pointe vers le sommet de la tête , y formoient une houppe 9 et Yéteudoieut eu forme de crinière , qui venoit s’unir sur l'épine du dos à une raie noire 9 laquelle se prolongeoit jusqu’à la queue. Le poil du corps étoit d’un brun verdâtre mêlé de noir ; celui des flancs ua peu ardoisé ; et sur le ventre ? il étoit d’un blanc sale un peu jaunâtre. Le poil étoit plus long sous le ventre que sur le dos. Le fourreau de la verge ainsi que les callosités sur les fesses , étoient d’un rouge écarlate aussi vif que celui des naseaux , ainsi que la peau de l’intérieur des cuisses. Ge Choras avoit ? en marchant à quatre pattes ? la même al-

lure que le Papion j le train de devant était sensiblement plus élevé que le train de der» rière , les jambes de devant étant pins longues.

On a observé que cet animal se nourrissait de fruits , de citrons , d’avoine , de noix qu’il écrasoit entre ses dents , et qu’il avaloit avec la coque $ il les serroit dans ses abajoues qui pouvoient en contenir jusqu’à huit , sans paroître très - remplies. 11 mangeoit la viande cuite et refusoit la crue ; il aimoit les boissons fermentées ? telles que le vin et l’eaude-vie. On a observé aussi que ces Babouins sont moins agiles * plus graves et moins malpropres que la plupart des autres singes.

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