‹ Abrégé de l'histoire générale des temps modernes, depuis la prise de Constantinople par les Tures (1453), jusqu'à la mort de Louis XIV (1715);Chapitre 2 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

£ut général de l*Surope vers Tan 1 455^ époque de la ^rise Je

Constantinople par Mahomet II. ' i^^^^^

Empilée otiomçm. — r Sous des princes actifs et * belliqueux, les Ottomahs s'avancen* dt cbnquête en -*' conquête. Vers le milieu du quinzièm/^^fficle ^ ils sont maîtres de la Bithynie et des dsicienne^ 4)royinces */ / grecques de TAsie mineur, excepté dij royaume de

-t Trébîïondê. Ils possèdent en Europe fa Chersonnèse, Ir f'^race^ la Macédoine, la Bulgarie, ki Thessalie, la Grèce proprement dite, une partie du Péloponnèse ) et ils vont s'emparer de Constanliuople* En Asie cl en . Afrique, la république militaire des Mameliicks, et quelque^ princes arabes, occupent encore la Sjrîe^

•^ TEgypte et les pays Barba resques- mais tous ces étal^ ♦passeront successivement sous la doimnation des Turcs. J^a fortune de ce peuple conquérant^ un moment arrêtée par les victoires de Timour et par les discordes , des fils de ïîajazeth I, a repris son rapide essor sous' • Amurath II et Mahomet IL Les sultans avaient sur les princes chrétiens l'avantage de posséder un corps nombreux de troupes réglées; et pour la valeur, et surtout pour la discipline, aucune milice ne pouvait alors

* entrer en parallèle avec les redoutables janissaires, ' • L'Europe , menacée par le croissant , n'avait pour

• défense que la vaillauce des princes de Hongrie et •• d'Albanie, la marine vénitienne, rhéroisme des che- . • valiers de Rhodes et le zcle des papes. Une eroî- ^

% ^ ». ^ IlTTItODUCTIOX.

-satlè semblait ifécëssaire; les pQptifes la soUiqÎJtaient;

^ mais leur voix , jadis toute p^ibsante', rie fut point alors entendue. Les étifli|;s «eqropéenflp suivaient le cours accoutumé de leurs vieilles dissensions ;r*ft leurs inimitiés mutuelles , plus fortes que la crainte cjjun commun dan- ♦ ger, fevorîsaîent l'établissement d'un empire dont la

I ^vaille de \e\irs intérêts politiques a maintenu jusqu'à «

• nos jours le ^tî^hcelaat édifice et. retardé la chute inévitable. V ' . ,î

" . Hongre. — Le royaume de Hopgrie, mi^^s j)lus puissant de FEurope au douzième siècle^ était bien dédbu depuis qu'une constilutiob aparchique avait avili

r. . Tautorité loyale et agrandi Jes prérogatives des magnats et des barons. |ja couronne était élective; Albert II d'Autriche l'avait obtenuq en 14^7? ^^ ^^^^ ^tait passée en 1^4^ h son fils Ladislâs lo posthume.

I^s rois de Hongrie comptaient encore au nombre

• de leurs provinces tributaires la Bosnie, la Servie , la Valaquie, la Moldavie , gouvernées par des vvaiwodcs ou despotes particuliers. Mais ces coriirées étaient destinées h subir le joug des Ottomans. Cette révolution, . dès-lors imminente j fut retardée par les exploits de*

• Jean Huïiîade^ régent du royaume pendant la minorité ' de Ladislas; et, après lui , par son vaillant fils Mathîas

. Corvîn^qui, pressé tour a tour par les Autrichiens et . par les Turcs, triompha de tous leurs efforts^ et laissa

g en mourant la Hongrie ilurissante et victorieuse : splendeur attachée a la persunue d'ujci héros, et qui devait périr avec luL

Bohême. — ^ La Bohème, élevée au rang de royaume

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iKTaox>Qcrioir. î

ver^ Ut fîcwdu dQUziè||ie siècle ^ était S0tus9la dépendance féodale de l'^mperen*, doat ses roî$ receirment Tiave^* titmt^. Ikf jociisaaient ^n ret^ut d'um 'des^ sepc totes éléiQtoi*a w y et d'un^ de3 baul;e8. cl^vges^ de la cour ira* p^iate^ Leur aUJ^oHtjé sm leurs sujets était restreiute . pair le serme^olt du couvodnemeot^ par uo sénat per- . manet^t, et' pat Us fréquentes assetoblées de. la diéto nafiitMKale^ oà une noblesse nwnbfeq^a et armée venait sputenir ses prérc^tives jpar fes lois pu par h force» Dkns tes temps wdtnaîres^le sceptre passait au phisprachè bérilÀer du sang rojral; mats le droit primitif d'électicH» te'était €(iie'suspei»du > et reprenait son coui;s à la> preflaière occasion. Ij> 145^^. le jeunb Ladislds . d'AulricIie régnait eit Bohême sous la tutelle de George Foilâebradii^ qui^ cinq ans pins tard, fut él^vé au trône par les: ^^sstteë (i). Ces sieictaire&^excîtaîent: presque autant ^le Les? Oftoman^. Ifi^quiét^e de la cour 4^ .Ro^nei ^^1 redoutait leur fai^tisme renaissant, les pontife» détournèrenl contre evas, une partie des forces cpm la Hon^iie poin vaît evdfplo jeit à sa défense et à ceUe dô la ckarétîeinrté^

Empire gémmnùjfU0. ^^ hfk maiaan d'Autriche^ aptes UBe hH)gui9 iiMtetouption ^ ve^it de ftita^cKiteir em^^ le teAne i«péràl ( i:437) pfmjt w pliES en desh eendve. La bulle dPor de €bai4e9. IV> fiubliée en 1 35&, a^lôifixé à s^t! l^e^ nombfîe des âe^ctejm^ : les arcbor^ Tèfues. de. May^ce^ de Gologn^^ et de Trêves,. le roi '

^ Sectateurs dtJeân^Hus y docteur de Ttuifrersité de Prague J^r^ pour Gaû«ed'^ér4#iç;*,ea. i4i5 > p9ic jiécr^t du coftcile deCoDStanèe.

4 IKtEODUCTIOTf.

de Bohême, le comte Palalio du Rhin, le d«c de Saxe et le marquis de Brandebourg. * L'élection devait.se faire à Francfort, et le /couronnement à Aix-la<-Chapelle. Les électeurs» formaient un collège particulier dans les diètes où se réglaient les affaires général^. Ces diètes, composées des états, des princes , des prélats et des députés des villes, décidaient de la paix, de la guerre et des alliances, faisaient des lois, établissaient des tribunaux , jugement les causes piviles ou crimmelies des princes, concouraient à la collation des grands fiefs, exerçaient la haute police de Téglise germanique, voilaient à empêcher toute aliénation des domaines de l'empire. D'ailleurs , les états possédaient jphez eux tous les droits de I9 souveraineté. Il ne restait donc guère aux empereurs que des droits *hon#rîfiques : ils conféraient les titres et les dignités, excepté celle d'état de l'empire, parce qu'elle entraînait un pouvoir réel; ils accordaient les dispenses d'âge, le droit de battre monnaie; ils convoquaient les diètes et y présidaient; ils disposaient des petits fiefs vacans, et en donnaient des expectatives; enfin, pour enfler lia liste des droits de leur éminente et fsâble couronne, on est obligé de compter pour quelque chose le xiroit de pnsmières prières doçtils jouîssaîent dans les chafjpîtres. Cette impuiisi»2i^ce de l'empereur éternisait l'al^chie dé l'Allemagne. Électeurs, princes, geirifchomnïes , villes municipales y payons , tous les ordres dé* l'état, jaloux et ennemis les uns des autres, se faisai^t une guerre perpétuelle. Les. ordonnances pour Idipaix pnjd^liqiie se multipliaient sans- fruit. Le clergé

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INTROPUCTION. 5

puhliah vainement la trêve du Seigneur. L*6abrtude du brigandage l'emportail; si^r toutes les lois divines et humaines. En i387, Fempereur Wenceslas avait distribué les états en quatre cercles, dont chacun devait avoH' un chef ou directeur chargé de veiller au maintien de la paix dans son département. Cette ^isr trîbution , renouvelée par Sigismond et par Albert II, avait produit quelques heureux efTets ; mais sous Fin^dolent Frédéric III,. 4oï>t le règne de cinquante^trois ans^ ( 1 44^-1 493) ) ne fut guère qu'un long interrègne , l'Allemagne vit rénaître toute la licence ^ps époque^ les plus désastreuses.

Il f|it heureux pour l'Europe que la force du corps germanique, paralysée par ses dissensions intérieyçÊ^s et par les vices de sa constitution , n'ait pu s'exercer ^ii dehors, et faire triompher les vastes prétentions que les maximes desjucisconsultes impérialistes suggéraient aux successeurs dc^ Césars. D'après cette jurisprudence , tous les étais que l'Empire avait^ une fais possédés et qu'il ne possédait plus, tous ceux qui avaient relevé de lui et qui n'en relevaient plus, s'gj^tiiîbuaient à tort l'indépendance. En canséquence,4es empereui;s prétendaient, à dîfférens; titres, droit de souveraineté sur la Pologne et la Hongrie, sur l'Italie presqtie eatière, sur toutes les provinces qui avaient autrefois formé les royaumes» d'Arles et de Bourgogne, sur le Danemarck et mê<ne sur la Suède. Mais la î:ïmltitu<ie et^a désunion de3 membres du corps gefîpaniqijie;, 4a feiWesse de son chef, lu rivalité de se^ qolléges leren- ■■ daient peu redoïitabliB à 3Q3 v#isin$^ 01 ses pttéteptiûos

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6 ifnfKOveùnoTi.

* ofguieilleuses reposaient dans les archives de ki cbM>*

cellerie srHetnande. Bien loin de pouvxw réaliser ce £sint6me de monarchie unîterseMe, Frédéric IH cou* Toitait Yainement les couronned de Bohême et de Hongrie que son prédécesseur Albert avait portées avec quelqur gloire. Après la mort du jeune Ladislas', elles allaient passer sur la tête de deux guerriers, heureux rivaux de Frédéric; niais le temps devait les rendre un jour à la persévérante ambition de sa âimille.

Prusse. — Au commencement du treizième isièrfe, Tordre Teutonique, renonçant auxjointaines croisades de la Palestine, qui ne donnaient plus quNine gloire stérile, avait cherché dans le nord de l'Eurdpe des dangers plus utiles & sa puissance^ Après une |^rre longue et meurtrière, ils avaient soumis & leur domination et au christianisme les peuples idolâtres de la Prusse. Incessamment recrutés par de nouvelles colonies de croisés, et par une J)cftve noblesse qui accourait en foule sous leurs ensiiignes, secondés par Fordrte des porte-glaives de Livonie, qui^ trop faible pour ^ soutenir par luî-méme, s'étfeiît rangé sous leur autorité, et recevait d*eux ses généraux, ils avaient étendu leurs conquêtes; et, au commencement du quinzième siècle, ils formaient dans le nord un état redoutable qui, avec la Prusse, comprenait la Poméranife d^ I>antzik, la Nouvelle-Marche^ la Samogitie, la Courlande, la Livonie et TEstonie. Au bruit des viotoirei^ de l'islami$me, la chrétienté en péril semblait devoir compter sur leur appui» IVfois, dans le temps que MfiM^n^t n s'èmptrait de €onstanttno)[^ , la ty-

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IRTROOlICflOlf. 7

rannie des cheTaliers teutoniques soulevait la Prusse et la PoméFanîe; et la Pologne , invo^piée par les opprimés ^ leur accordait upe protection intéressée , source d'une sanglante guerre.

Pologne. — Depuis que les Jagellons^ grands-ducs de Lithuanie, étaient montés sur le trône de Pologne, les Polonais et les Lithuaniens avaient abjuré leur aacienne animosité pour fair^ un seul corps d'état soua Tautorité d'un même roi : union fatale à l'ordre Teu*tonique, qui devait enfin succomber sous les efforts de ces deux peuples également jaloux de sa grandeur, mais contre lesquels leurs divisions l'avaient jusque-là protégé. La nouvelle puissance des Jagellons eût été. plus fcMrmidable au dehors, si elle n'eut été entravée au dedans par la jalousie des deux peuples de langue différente, et par les vices de la constitution polonaise. Quoique la succession ne fût point encore purement élective, et que les princes de la maison de Jagellon se regardassent comme régnant de plein droit, il fallait néanmoins qu'à chaque vacance du trône la couronne leur fût déférée par le choix et le consentement de la * noblesse. Outre cet important privilège, Içs nobles possédaient seuls le droit de cité; il? étaient seuls teprésentés dans les diètes par des nonces qu^ils choisissaient dans les dîétines. Les honneurs, les dignités, tant ecclésiastiques que séculières, et, en général, Iputes les prérogatives leur étaient réservées, tandis que lejs bourgeois et les paysans supportaient seuls toutes les charges. Cette constitution tenait en même temps de la démocratie, en ce que tous les nobles, sans

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