INTRODUCTION
exception, étaient censés égaux en droits. Malgré les vices d'un tel gouvernement, malgré la rivalité des deux peuples qui composaient le corps de l'état, la Pologne, sous les Jagellons, était puissance dominante dans le Nord. Trois provinces feudataires, la Valaquie , la Moldavie et la Transilvanie , lui servaient de barrière contre les Turcs. Accrue de la Lithuanie et d'une partie de la Prusse, elle disputait à l'Autriche la Hongrie et la Bohême, et donnait des souverains à ces royaumes. Mais si elle était forte par elle-même, elle l'était surtout par la faiblesse de tout ce qui l'environnait. Les chevaliers teutoniques étaient détestés de leurs sujets; l'Autriche participait à l'anarchie de l'Allemagne ; la Russie était encore barbare. Mais qu*un jour , à la place de la domination teutonique, s'élève le royaume de Prusse; que l'Autriche, bien gouvernée et agrandie de plu^ sieurs provinces, que la Russie arrachée à la barbarie, deviennent de puissans empires : la Pologne, que sa constitution vicieuse condamne à un étatstationnaire, tandis que les nations environnantes se civilisent et se fortifient, perdra progressivement de sa puissance relative, jusqu'au jour où elle sera la proie de ses ambin tieux voisins.
Russie. — La conformité de doctrines et de cérémonies religieuses devait intéresser plus vivement la Russie aux malheurs de la nation grecque. Mais cet empire, aujourd'hui la terreur des Ottomans, alors en proie aux conquérans tartares, ne pouvait ressentir que ses propres misèreS , ni s'essayer à briser d'aij^tres
ihtaoduction. 9
fers que les siens. Avant de songer à des expéditions extérieures, les grands ducs de Moscou devaient chercher à assurer leur propre indépendance , et à rétablir l'unité de l'ancien empire de Russie, dont ils ne possédaient plus qu'un démembrement. Le reste était divisé entre les Tartaresde la grande Horde, de Kasan et d'Astracan, les républiques conimerçantes de Nowgorod et dePskof, et les principautés de Tver, de Véréia et de Rézan.
Danemarck , Suède et Norwège. — Depuis que le Septentrion ne versait plus sur le Midi d'effroyables essaims de Barbares, les peuples Scandinaves, renfermés dans les limites de la Baltique, tournaient contre euxmêmes cette activité belliqueuse qui avait si long-temps désolé l'Europe. Après plusieurs siècles de guerres intestines, ils avaient enfin goûté le repos sous le sceptre d'une femme, et l'union de Calmar ( 1897 ), ouvrage de la reine Marguerite, leur avait semblé le gage d'une paix perpétuelle. Mais un système fédératif de trois monarchies , divisées entre elles par des jalousies réciproques, conservant chacune sa constitution, son sénat et sa législation particulière, et gouvernées en commun par un roi électif, ne pouvait être solide ni durable. Quelques précautions que Marguerite eût prises pour assurer l'union, elle fut rompue en 144^9 et les prétentions qui lui survécurent produisirent un siècle de guerres. Toutefois , quand ces fatales discordes, nées d'une constitution destinée à les prévenir, n'eussent point agité les Suédois., les Norvégiens et le$ Danois, nuls peuples ne devaient rester speo
lO IlfTBODUCtlOlT. •
tateurs plus iiidîfférens des révolutions de l'Europe triérîdionale. Invité par Tempéreur Frédéric IH à prendre part à la guerre contre les Turcs, le roi Christian 1 s'excusa sur les difficultés et les dangers du voyage : d'ailleurs, entouré d'ennemis idolâtres, tant qu'il aurait à dompter et à convertir les Finlandais et les Lapons, il pouvait se dispenser, disait-il, d'allet chercher si loin les eilnémis de la Foi.
Ecosse y Angleterre et Irlande. — Les Écossais et les Anglais alléguaient aussi la distance des lieux. Les catastrophes de l'Orient ne troublaient point les insulaires du Nord. Des soins pressans et domestiques détournaient leur pensée de la crainte d'un péril éloigné. En Ecosse, après une minorité orageuse, le roi Jacques II ne songeait qu'à rétablir l'ordre et. le calme dans ses états. Marchant sur les traces de son père Jacques I, qui avait porté les premiers coups au système féodal et au pouvoir des grands, il essayait d'affermir son autorité par de sages lois qu'il faisait adopter à son Parlement. ^
En Angleterre, Henri VI, triste héritier tlu vainqueur d'Azincourt, chargé, en naissant, de deux couroBneS , venait de perdre l'une ^ et déjà laissait échapper l'autre. L'ambition des Yorck allait arborer les couleurs de la guerre: civile , et donner le signal de trente ans de combats. Le Parlement, abaissé sous les règnes vigoureux de Henri IV et de Henri V, paraissait avoir repris, .sous la minorité de Henri VI, tkne influence qu'il devait bientôt perdre pour plus d'un siècle, après
^tf^ ^epTt d'instrument mq^. feetiots petiilàtil la ^qû^ rette des deux Rose^. ,
IjMbx^ ékaàt soumise aux rois d'Angleterre; mais leur autorité y était incertailie et précaire. La barbarie arec ljâH|uelle ils goureruaieut cette ile y entretenait contre les^ co^quérans une haine qui s'est perpétuée juscpl'à nos jours.
Pranèe. *-* La France^ ce beau royaume, dont les chevaliers, amt les dénstres du règne de Charles VI^ sous la bannière de Bourboà , de Jean-sans-Peur ou de Boucicaut, s'étaient signalés contre les Infidèles en Afrique, en Europe et en Asie, ne pouvait apprendre sans douleur les trion^)hes de llslamisme. Mais, sortie mi^culeusement de ses ruines^ elle ne demandait qu'à jouir dans un plein repos de la sagesse d^ sùn toi. Après ravoir délivrée dés Anglais , Charles VU voulait la délivrer de l'anarchie. U établissait une milice pei^ lâaQiAite, et enseignait à Ses successeurs à se pass^ de U milice féodale. Une taille perpétuelle fut instituée ^ de l'âvea des états «^ généraux, pour l'entretien de ces taupes réglées (i). La haute noblesse ne voyait pÀs d'un oeil tranquil^ces accroissemens de la prérogative
(l) Les états du royaume assemblés à Orléans, en i439, firent au roi des repr^^utioasftu su}et des brigandages des gens de guerre; et en conscience « le s norembl^e de la même année, ce j^rince readil rordonuTOCdikélèbrc par la^u^is il établit les nouvelles oom{)ag&ies» « Reinaix|UQns ^ue eeUe ordonnance de 1439 ne fut faite que du coih- » aeotemem^ei sur les repi^sentations des trois étots ; iq[u'ii y; est dit » qm œs mêmes élKKi avaient acpordé la taille pour k gueire ^ «t » qu'ils o6k»seàUient que cette taille fût essefttiellemeat affectée à Ten- » tretien deà trdupcs. On ne peut donc ^supposer que cet établissement
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zedbyGcfbgle
la IKTRODUCTiO^*
royale. Dans le Midi^ se trouvaient encore de puissaç^ vassaux , les seigneurs de Foix ^ d'Albret et d'Ârma^ gnac^ qui^ placés loin du siège de l'edipii;^^ aT^i^nt toujours afTecté l'indépendance. Les ducs d# Bretagne et de Bourgogne étaient encore fJus formidables, et pouvaient être considérés plutôt co^pie ^uissi^^oes étrangères que comme sujets du premier ordre; Tous ces grands feudataires ne prétendaient point céder sans combat les restés de leurs vieux privilèges ^ et allaient engager contre la royauté une lutte dont elle devait sortir victorieuse.
Suisse. — Après de longues hostilités contre les ducs d'Autriche , les Suisses avaient établi leur indé-« pendance par des victoires comparables peut -être aux exploits des anciens Grecs ; et vers le milieu du quinzième siècle, ils formaient un état libre, bien que soumis encore nominativement à la souveraineté de l'Empire. D'abord , composée des trois cantons d'Uri^ de Schwitz et d'Unterwald , la ligue helvétique s'était accrue par l'accession des villes de Lucerne en iSSa, de Zurich en 1 35 1, de Claris et de Zug en i353, et de Berne en i353. Chacun de ces cantons avait sa consti* tution particulière , née des circonstances et des loca^
» doDDa lieu à Charles VII de mettre sur ses sujets tf^e taille sans » le consentement des états , comme plusieurs écrivains PôatayaBcé. » Il est vrai que les tailles, n'étant d'abord iinposées*xfuo pour un » temps , avaient Besoin du consentement des états pour être rehou-^ » velées; mais les états consentent à une taille destinée à la solde )h des nouvelles compagnies créées pour touj^rs, consentaient dè^ 9 lors que cette taille f4t désormais ordinaire et perpétuelle. » ( Pré-v face du treizième volume des Ordonnances des ro^iie Fmnce^ }
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mTRODI^TIOlf. li
lités, et leur étant singulièrement appropriée. Cette divffl^sité de gouvernemens n'ôtaitirien à la force d'une coYifédération fondée sur U ressemblance des moeurs et Pidentité des intérêts. Enfin, les Suisses étaient alors les meilleurs, soldats de TEurope; leur infanterie passait pour invincible : Heureux si l'ambition et l'avarice ne les eussent point entraînés hor^ de leurs montagnes^ et si les descendans mercenaires des héros <]e Morgarten et de Sempach n'eussent point versé dans des querelles étrangères un sang qui, pédant {51 us d'un siècle y n'avait coulé que pour Ja liberté de THelvétie!
Italie. — Il eût été à souhaiter , pour le bonheur de Ultalie, qu'il s -y fût formé une puissance capable <l'ar^éter les puiissairceé voisines qui Brent souvent d^ ce pays l'objet de leurs 'entreprises ambitieuses ou le théâtre de leurs sanglans démêlés. Mais elle était pâr-^ tagée en plusieuM états (répuUiques, royaumes ou principautés)^ dont aucun , pris séparéinent , n'était assez considérable pour jouer ce beau rôle, etqut n'étaitÉt pas assex sages pour qu'un dsmger commun leur fit ajourner leurs divisions. /■
Venise ttpak le prërhier rang entre les villes italiennes., Depuis la dévolution aristocratique dai» 1^99 , ^e était gouvernée avec autant de^igoeur. que cte prudence. Mettant de i'ensemble et de la «uite dans ses opérations^^ etj dirigeant toutes ' ses jfiôrces vers un but détermina ^ elle avait acquis réoemmen t ( 1 388 — 1 45*)-) . pardj^^hatsou par des conquétea, Trétdse/lKceiïce, Vért>ne , Bassano^ Fèltre-, BelHmo, Padoue, Brescia,
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34 wpnkAxofvnoÊt*
BergacAa et Gr^mobbe. ^ea arsenaux étaient biea fowr aîS) 36» flotte» Honteuses ^ son commerce impoMose» Ses établissemens, dans pl^iews îles de FOneot et sur les cdtes du Péloponnèse^ ajoutaient un intérêt pôlntique au grand intérêt religimix qui devait Farm^ co»^ treles Ottomans. Cependafit. elle, hésitait à s'eagager dans une guerre dangereuse ^ et diiTérait y par des né^ gociations^ une lutte tât chji tard inéritable.
L'autorité dea empereurs d'411emagne en Italie^ mi»née s^urdeopteQt dans les siédea préoédens , .était à peu près bornée au cçuronneoient et, au sknple e«er* cice de quelques di^its honorifiques et féodaiix, tels . que l'investiture des feudataâres de Lombardkv Après la mort de Philippe Alarte, dernier duc de la maison Visconti., Fempereur Frédéri«ipn'ayaitpu même exercer cette £aible pirérogsKtiye^ et un heureux aventurier^ Fi%mçoîs Sforze j était monté sur le tr^e dé Mila» ^ sans diemander et sans attendre i'iniKstîturei impérial Panne et Plaîsaace étaient alors réunies au Milaptes.
Lamaispn d'Esté^ que l'Airiostë et le "ftase ontim»raortaliaée , et quit a produit tapt de prineea éolaifés, régnait à Ferrare et à Modèn«v
La maiâon de Savoie s'élevait lentement #tpar degrés au rang depMÎssanoerespeelahle^ De sinipltes comtes de Maurienne , ^e^ prfh^s étaient devenus sooversâasde la SoffisAe , dm Piémont et de Nice.
L^Géidoîs n'élatMt plu» ce peuple j«di# vainqueur
^ d«sr Pisans , ^% loogHtemp» rvval des: Vénjâens/ |Jne
guilTentmlk^breuse cottlre Venôse à la fin diMmator-
zième riède^ et ^ plus fhrd^ la prise Ab CenetanlÎDbpla
par les Tqrc$ , leur ayateot; porU uo coup «aè^UI.. P'uh autie câté , à0s foroiesVop démQi€raitique$*aYaieût toi^ joars été pour <iÊne$ ua priip^p de lill|îii&jq|l;a(tioii el; de Uoub||& Eië, paraiseautite p#^yoir support||r ni la It*berté ni ^ servitude. D^uîs Fan 1^96 y elle avait acheté qùâl^M^ intervalle de repo^ aii pfk de^ Tiadépei^ , dip»c , et a;?âit reçon^ tour à tam* râutorit^é dm rop d^ Fraoce^ de^ifaai^ui» de Montfep^ §| des duc3 ^0 aiOan. \ • : ' • •
La viHe d^ Flweace^ . à Fexenif le 4|^^tdft cfii|ii!s de la Toscane y s'4|tait foMi^ée^ei^ république vers» la ^n du^ dQuSnde aiéal^l' EUfe s'était rapidemM^ol^'^nl^ichia pftu* son ccmsméN^ et «e» manu&€ture&.. AiV^W) Pi/stoîa^, Siewe y et Pisé mémiç , là pliipart des jUji^.Ubrea àé^h * To^ip^Dtei t^ceptéLucq:^e^, iW^pent ét$ foitf;ée$î|Bt tm «snÉh^itr^ à Sa d^M^tnnation. Bu reite^, ette-^airait ps^ ), *cpoâafl Glanes, pgjr t^tesl^, agitations^ de la déinoç<^
• ii^y ^ es^4^ toutes I|e$(.combï]Aifii(MKs*politi<|uei9ii, ^41^ po^vaif ;4|i^<>Hyei»un^ qui conctt^t 1^ forni^pQr
piUÂr^ a^ uA^:glïyu;v;6rQéiQ^€^< (eytne at d^\Ae*J^ ^<^ ^(dJjThiMÎiile ^ ^%iif>2ii^ céièttrt devait Iqi procyrerle bonheur et la paix. Depurs 14^4 1 C<^e 4^, Mé^içis ^«^t*|ejs*ç^s, de l'é^t^ qt jouîpsait d'ua^e^ «4JNi$^té fwPWiWfl lINHftf «• ^'^ *^^ '^* déciwaliws et ];q6 • Utrç^. Il ne 4«vaj^ a|i|||él|S%ation cpVsw vert^s^^ et if - '
* j^e s^en^sapv^t qu^ pour F^ijir^npiage et la gloire de s^ jdKril. * $M3. ce grand h^njA^j^-et^ apr^s )wi ^ ^u# «w P^^if|^fN^ ^'^FWrence ^' devenue le centre de )% po1tt4s8#^, . . 4NR 4Jig<(ft^i[i^Queillî^ d||P»% »Qi s^in leSr^vaiisi4Uusr. '^
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l6 *■ ^ * IHTRQDUCTIOIf.
/jes papes a'âvaient en long-temps à Rome.qu'un^ autorité limitée et précaire, .tandis qu'ils dominaient ^* toute TEor^ie eyt qu'il» déposaient les ft)i^. Mais les Romaios ayHit senti tout ce qu'ils avaient perdu *par la ^translation du siège pontifical à Avigfton , et par le long schisme d'Occident , les papes nqmmés itprès le schisme avaient trouvé les esprits plus disposés à l'o- ' . Ijéissance ; A Nicolas T •( 1 44? — ** 4^.^ ) ^ aussf habile et ferme diftisles-àffaires qu'aimable «lans le commerce de la vie privée, av^it assufé la souimsSidnxles Romains '^en fortifiant le château Saint-Ange. Mais , tranquilles au dedans ,,tes papes , avaient au dehors deux grands sujets d'inquiétude. D'une part^ ils voyaient avpc douleur les prérogatives de la tiare ponlificale restreintes par les décrets du conclte de Çâle , et ces déèrets adoptés par^ les royaumes de France et d'Allemiagne. De . l'autre, en qualité de pères commune de lachréti^té,
ils envisageaient arec effroi les progrès rapides dos Mu- • , sulmans. La chute de Constantinpple avait retenti for-*; teiBent d^iv» Rome^ pi les pontifes fsâsaient de louables, Tï^xs vains ,effôrts , pour en communiquer le contre^ ^ -coup à toute l'Europe. , ^
Naples obéissait à Alphonse V , roi d'Aragon et de
* Sicile , que la reine Jeanne II àvltt inslitfté son héritier^
^ 'te pf ince était sans contredit te monarque le plus acr
coniplî de son siècle. Modèle des vertus chevaleres^
\%<\ ^^^ ^ '' ^^^^'' '^"^** '^ protecteur des lettres, et tes ai*
'• i^ mait jusqu'à reiithousîasmc. De pompeux tnonunaiens
^•♦^ ' d'arcbiteclure et le luxe d'une cour opulente doinnâîent ^
* 5 1 nu royaume des Deux-Sicil* un éclat incpnnu depuis "
INTEODUGTION. I7
Frédéric IL Mai^ cette prospérité albit s'éclipser sous le successeur d'Alphonse , et les droits rivaux de la maison d'Anjou, transmis aux rois de France, devaient, avant la fin du siècle, livrer Naples et l'Italie ten proie aux étrangers.
Telle était la situation de l'Italie au temps de la prise de Constantinople; Morcelée en petits états, la plupart divisés de vues et d'intérêts, défendus par des milices vénales et aventurières -^ elle.étaitpeu propre à résister avec succès à un^ennemi puissant. Mais les lettres et les arts- jetaient un voile i>rillant sur sa décadence, et s'ils ne pouvaient venger les doctes bannis de la Grèce , ses princes savaient au moins les accueillir.
Espagne. •^^li'Espaignej partagée en plusieurs souverainetés, était encore, pour ainsi dire , isolée du reste de l'Europe.
En Castille , la faiblesse de Henri IV et le mépris général qu'inspirait sa conduite suscitaient des révoltes perpétuelles, d'où naissait une affreuse anarchie.
En Navarre , Jean d'Aragon persécutait don Carlos , son propre fils, légitime possesseur de ce royaume, et le réduisait a prendre les armes pour soutenir ses droits contre un père ambitieux.
Alphonse V , roi d'Aragon , plus célèbre dans l'histoire d'Italie qoe dans celle d'Espagne, préférait le séjour du royaume de Naples , acquis par sa vaillance , à celui de ses autres états , dont il laissait le gouvernement à son frère Jean II , qui devait être aussi son héritier. Les provinces de Catalogne et de Valence dépendaient du royaume d'Aragon.
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l8 INTRODUCTION.
Dana toutes les monarchies espagnoles , le poQvoir royal était terapéré par celui des assemblées nationales qui votaient les impôts, et concouraient à la législation. Les cortez de Castille se composaient, en grande partie , des députés des villes. La noblesse y était peu nombreuse, sans doute parce qu'une aristocratie belliqueuse plaçait plus de confiance dans ses ligues armées que dans les voies légales que lui ouvrait la constitution pour résister au pouvoir absolu. Les cortez d'Aragon se composaient de quatre ordres : les prélat§ , les barons ou ricas ombres , l'ordre équestre ^u les infanzones ^ et les députés des villes royales. La Catalogne et Valence avaient leurs états particuliers.
Le gouvernement de tous ces royaumes était loin d'être en rapport avec la théorie de leurs lois. Les précautions prises contre la royauté n'étaient peut-être', dans ces temps encore barbares , qu'une source de plus d'agitations et de désordres. Aussi l'Espagne , déchirée et faible, laissait debout , dans la fertile Bétique , le dernier trône des Musulmans. Mais le temps de sa grandeur approchait , et la chute de Grenade devait suivre de près l'union de l' Aragon et de la Castille.
Portugal. — Le Portugal , long-temps obscur , commençait à étonner l'Europe par la hardiesse de ses entreprises. Sous les auspices de l'infant don Henri, la marine portugaise explorait les rivages de l'Afrique , et s'illustrait par ces premières découvertes qui ouvrirent une nouvelle route à la navigation. Des rochers de l'Atlas aux rives de l'Indusetdu Gange, ce petit peuple devait faire trembler les Musulmans.
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