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avait point de passage au nord par où le bâtiment pût débouquer. |
« On parvint cependant à en sortir le4 août, eton donna le nom de rivière Endéavour au havre qu'on venait de quitter. Un petit ruisseau d’eau douce coule au fond ; sa situation est extrêmement commode pour y mettre un bâtiment à la bande.
« Les tortues furent le principal rafraîchissement que nous nous y procurâmes; mais comme on ne peut pas en prendre sans aller à cinq lieues en mer, et que le temps était souvent orageux, nous n’en emes pas une grande abondance ; celles que nous # ss ainsi que les poissons, furent partagés égaie: cat parmi tout l'équipage, et le dernier mousse en cul autant que moi. Je pense que tous les commandans qui entreprendront un voyage semblable à celui-ci, reconnaîtront qu'ils est de leur intérêt de snivre la même régle; nous trouvâmes sur les grèves sablonneuses et les collines de grès du pourpier en plusieurs endroits, et une espèce de féve qui croît sur une tige rampante; le pourpier était très - bon bouilli, les fêves fureni très-salutaires à nos malades. Cependant le meilleur herbage qu'on puisse s'y procurer, est le chou caraïbe, qui m'est pas fort inférieur à l'épinard dont il a un peu le goût; il est vrai que la racine n’en est pas bonne, mais il est probable qu'on pourrait la rendre meilleure en la cultivant; on le trouve principalement dans les terrains où il y a des fondnières. Le peu de choux palmistes que nous y cueillimes
334 HISTOIRE GÉNÉRALE étaient en général petits, et la partie mangeable était si peu de chose, qu'elle ne valait pas la peine qu'on se donnait à les chercher. Le 15 août, dès que nous eûmes gagné le dehors des brisans, nous n'eùmes point de fond à cent cinquante brasses , et nous trouvâmes une grosse mer qui venait du sudesl, signe certain qu'il n’y avait près de nous ni banc mi terre dans cette direction.
« Le changement de notre situation se manifesta sur tous les visages, parce qu'il était vivement senti par tout le monde : nous avions été environ trois mois embarrassés dans des bancs et des rochers qui nous menaçaient à chaque instant du naufrage ; passant souvent la nuit à l'ancre, et entendant la houle briser sur nous ; chassant quelquefois sur nos ancres , et sachant que si le câble rompait par quelques-uns des accidens auxquels une tempête continuelle nous exposait, nous péririons inévitablement en quelques minutes. Enfin, aprés avoir navigué trois cent soixante lieues, obligés d’avoir dans tous les instans un homme qui eût partout la sonde à la main , ce qui n’est peut-être jamais arrivé à aucun autre vaisseau; nous nous voyions dans une mer ouverte et dans une eau profonde. Le souvenir du danger passé et la sécurité dont nous jouissions alors , nous rendit notre gaîté. Cependant les longues lames, en nous faisant voir que nous n'avions plus de rochers ni de bancs à craindre, nous apprirent aussi que nous ne pouvions plus avoir dans notre vaisseau autant de confiance
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