‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 36 · PA ET PE MP TN · texte numérisé non relu

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et bouche si bien les narines, qu'ils sont obligés de tenir la bouche fort ouverte pour respirer ; aussi nasillent:ils tellement lorsqu'ils veulent parler,qu'ils se font à peine entendre les uns des autres. Nos matelots appelaient cet os, en plaisantant, la vergue de civadière, et véritablement il formait un coup d'œil si bizarre, qu'avant d'y être accoutumés, il nous fut très-difficile de ne pas en rire. Outre ce bijou, ils ont des colliers faits de coquillages, taillés et attachés ensemble trés-proprement ; des bracelets de petites cordes qui forment deux ou trois tours sur la partie supérieure du bras, et autour des reins un cordon de cheveux tressés. Quelques-uns portaient en outre des espèces de hausse-cols faits de coquillages, et tombantsu: la poitrine. Quoique ces peuples n'aient pas d’habillemens, leurs corps, outre l'ordure et la boue, ont encore un autre enduit; car ils le peignent de blanc et de rouge. Ils mettent ordinairement le rouge en larges taches sur les épaules etsur la poitrine; etle blancenraies, les unes étroites, les autres larges ; les étroites sont placées sur les bras , les cuisses et les jambes , et les larges sur le reste du corps; ce dessin ne manque pas absolument de goût. Ils appliquent anssi de petites taches de blanc sur le visage, et en forment un cercle autour de chaque œil. Le rouge semblait être de l’ocre; mais nous n'avons pas pu découvrir quelle substance composait leur blanc; il était en petits grains fermes, savonneux au toucher, ct presque aussi pesant que du blanc de plomb : c'était

peut-être une espèce de stéatite; mais, à notre grand regret, nous n'avons pas pu nous en procurer un seul morceau pour l'examiner. Quoiqu'ils aient les oreilles percées, nous n'y vîmes point de pendans. Ils attachaient un si grand prix à tous leurs ornemens, qu'ils ne voulurent nous en céder aucun, malgré tout ce que nous leur en offrîimes , ce qui était d'autant plus extraordinaire, que nos verroteries et nos rubans pouvaient également leur servir de parure, qu'ils étaient d'une forme plus régulière, et que la matière en était plus brillante. Is n'ont point d'idée de trafic ni de commerce, et il nous a été impossible de leur en inspirer aucune. Ils recevaient ce que nous leur donnions ; mais ils n'ont jamais paru entendre nos signes quand nous leur demandions quelque chose en retour. La même indifférence qui les empéchait d'acheter ce que nous avions, les empéchait aussi de nous voler; s'ilsavaient désiré davantage, ils auraient été mc'ns honnêtes ; car lorsque nous refusimes de leur céder une tortue, ils devinrent furieux et ils entreprirent de s’en emparer par force. Ce fut le seul objet auquel ils mirent de la valeur ; le resic de nos meubles, effets ou marchandises, n’en avait point pour eux. Nons leur avions fait des présens qui furent laissés dans ure de leurs cabanes ; nous les avons retrouvés , abandonnés néglisemment dans les bois, comme les joujous des enfans qui ne leur plaisent que pendant qu'ils sont nouveaux, Nous n'avons apercu sur leur corps aucune trace de iua-

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