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eces sous quelque branche pendante, ne peuvent pas avoir, à cause de la nature etdu peu d'épaisseur de l'enduit qui les couvre.
La mer fournit aux habitans de ce pays plus d'alimens que la terre; et quoique le poisson n’y soit pas en si grande abondance qu’il l’est ordinairement dans les latitudes plus hautes, cependant nous jetions rarement la seine sans en prendre de cinquante à deux cents livres, 11 y en a de différentes sortes ; mais excepté le mulet et des espèces de morue, les autres ne sont pas connus en Europe ; la plupart sont bons à manger, et plusieurs sont excellens. On trouve sur les bancs de sable et sur les récifs, une quantité incroyable des plus belles tortues vertes du monde, des huîtres de différente espèce, et en particulier des huîtres de rocher et des huîtres perlières. Les pétoncles sont d’une grosseur énorme ; il y a en outre des homards et des cancres; nous n'avons pourtant vu que les coquilles de ceux-ci. Les caïmans infestent les rivières et les lacs salés.
« Dampier est le seul auteur qui, jusqu’à présent, ait donné quelques détails de la Nouvelle- Hollande et de ses habitans, et quoiqu’en général ce soit un écrivain généralement exact, cependant il s’est trompé ici en plusieurs points. Les peuples qu'il a vus habitaient, il est vrai, une partie de la côte très-éloignée de celle que nous avons visitée ; mais nous avons aperçu aussi des insulaires en différens endroits de la côte très-distans les uns des
554 HISTOIRE GÉNÉRALE autres; et comme nous avons trouvé partont une uniformité parfaite dans Ja figure , les mœurs et les usages, il est raisonnable de supposer qu'il en est à peu près de même dans le reste du nays, «Le nombre des habitans de la Nouvcile-Holinde paraît être trés-petit, en proportion de son étendue. Nous n’en avons vu trente ensemble qu'une seule fois ; ce fut à la baie de Botanique, quand les hommes, les femmes et les enfans s’attroupèrent sur un rocher pour regarder le vaisseau qui passait. Lorsqu'ils formérent le projet de nous attaquer, ils ne purent pas rassembler plus de quatorze ou quinze combattans, et nous n'avons jamais découvert assez de hangars ou de maisons réunies en village pour en former des troupes plus grandes. Il est vrai que nous n'avons parcouru que la côte orientale de ce continent , et qu'entre cette côte et la côte occidentale s'étend un pays immense, entiérement inconnu ; cependant on a de fortes raisons de croire que ce vaste espace est entièrement désert, on au moins que la population y est plus faible que dans les cantons que nous avons examinés. Il est impossible que l’intérieur du pays donne dans toutes les saisons de la subsistance à ses habitans, à moins qu'il ne soit cultivé, et il est de même impossible que les insulaires de Ja côte ignorent entiérement l’art de la culture , st elle est pratiquée plus avant dans les terres. Il n’est pas non plus vraisemblable que s'ils connaissaient cet art on n’en retrouyät aucune trace parmi eux.
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Or, comme nous n'avons pas vu dans tout le pays un pied de terrain qui fût crnltivé, l'on peut en conclure que cette partie de la contrée n’est habitée que dans les endroits où la mer fournit des «limens aux hommes.
« La seule tribu avec laquelle nous ayons eu quelque commerce, habitait le canton où le vaisseau fut radoubé ; elle était composée de vingt et une personnes, douze hommes, sept femmes , un peut garçon et une fille. Nous n'avons jamais vu les femmes que de loin ; car lorsque les hommes venaient sur les bords de la rivière, ils les laissaient toujours derrière. Les hommes sont d’une taille moyenne, et en général bien faits, sveltes, et d’une vigueur, d'une activité et d’une agilité remarquables; leur visage n'est pas sans expression; ils ont la voix extrêmement douce et efféminée.
« Leur peau était tellement couverte de boue et d'ordure, qu'il était trés-difficile d’en connaître la véritable couleur, Nous avons essayé plusieurs fois de la frotter avec les doigts mouillés pour en ôter la croûte, mais toujours inutilement. Ces ordures les font paraître presque aussi noirs que des nègres, et suivant que nous pouvons en juger, leur peau est couleur de suie, ou couleur de chocolai. Leurs traits sont bien loin d'être désagréables, ils n’ont ni le nez plat, ni les lèvres grosses; leurs dents sont blanches et égales; leurs cheveux naturellement longs et noirs; ils les portent très-courts ; en général, ils sont lisses, quelquefois ils bouclent
légèrement : nous n'en avons point apcren qui ne fussent fort mélés et sales, quoiqu'ils n'y mettent ni huile, ni graisse; à notre grande surprise, ils étaient exempts de vermine. Leur barbe est de la même couleur que leurs cheveux, touffue et épaisse; ils ne la laissent cependant pas croître trés-longue. Nous rencontrimes un jour un homme qui avait la barbe plus grande que ses compatriotes ; nous observâmes le lendemain qu'elle était un peu plus courte , et en l'examinant, nous reconnümes que l'extrémité des poils avait été brûlée. Ge fait , joint à ce que nous n'avons jamais découvert parmi eux aucun instrument à couper, nous fit conclure qu'ils tiennent leur barbe et leurs cheveux courts en les brülant.
« Les deux sexes, comme je l'ai déjà remarqué, vont entiérement nus; ils ne semblent pas plus regarder comme une indécence de découvrir tout leur corps, que nous d'exposer à la vue d'autrui nos mains et notre visage. Leur principale parure consiste dans l’os qu'ils enfoncent à travers la cloison du nez.
« Toute la sagacité humaine ne peut pas exphiquer par quel renversement de goût ils ont pensé que c'était un ornement, et ce qui a pu les porter à souffrir la douleur et lesincommodités qu'entraine nécessairement cet usage , en supposant qu'ils ne l’aient pas adopté de quelque autre nation. Cet os est aussi gros que le doigt; et comme il a cinq ou six pouces de long, il croise entièrement le visage,
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