RUE
roteries et des clous, qui lui causérent une joie extréme.
« Aprés avoir quitté cet asile de l'hospitalité pa-
triarcale , nous continuâmes notre promenade dans ,* LAN , ,
l'intérieur du pays, malgré la répugnance de plusieurs Taïtiens : quand ils virent que nous persistons à le vouloir , la plus grande partie se dispersa
+ au milieu des différentes habitations ; il n’en resta , .
| qu'un petit nombre pour nousaccompagner et nous
servir de guides au pied des premières collines. : Laissant les huttes et les plantations des Taïtiens ! derrière nous, nous montâämes un sentier battu à
travers des arbrisseaux, mélés de plusieurs gros arbres. En examinant les coinsles plus touflus , je trouvai plusieurs plantes et des oiseaux inconnus jusqu'ici aux naturalistes. Avec ces richesses , nous nous remîmes en route du côté de la mer, et les naturels en témoignèrent leur satisfacuion. Un im.
mense concours d’insulaires remplissait le lieu où nous marchions sur la grève. La chaleur excessive du soleil nous engagea à nous baigner dans la rivicre voisine , et nous allâmes ensuite dîner à bord. La pluie nous y retint l'après-midi : j'arrangeai les plantes et les animaux que nous avions rassemblés, et je fis des dessins de ceux qui étaient nouveaux,
Nos trois jours d'excursions n'avaient fourni qu'un
peut nombre d'espèces différentes, ce qui prouve une excellente culture, dans une île aussi féconde
que Taïti: car, au milieu d’un pays abandonné à
lui-même, des milliers d'espèces différentes four. milleraient en désordre. Le peu d'étendue de l’île, et son immense éloignement des continens à l’est et à l’ouest, ne comportent pas une grande variélt d'animaux. Nous n’y avons vu en quadrupèdes, que des cochons, des chiens, et des quantités incroyables de rats, que les naturels laissent courir en hberté, sans jamais essayer de les détruire. Le nombre des oiseaux y est assez considérable ; quand les insulaires se donnaient la peine de pêcher, ils nous vendaient toute sorte de poissons, parce que cette classe d'animaux court plus aisément d’une partie de l’Océan à l’autre, et surtout dans la zone
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DES VOYAGES, 109 À |'torride, où certaines espèces sont communes tout | autour du globe.
« Si la rareté des plantes qui croissent sans cul- | ture était peu avantageuse pour le botaniste, elle À produisait les effets les plus salutaires pour les ‘ équipages, puisque le terrain était couvert de vé- | gétaux sains. De si bons alimens avaient opéré mer- | veilleusement sur notre santé : le brusque changement de diète produisit cependant quelques dysenteries. Nous n’avions pas pu obtenir autant de co-
: chons que nous le désirions. On n'eut pas honte .
. de proposer aux capitaines d'enlever de force un
à nombre suffisant de ces.animaux, et ensuite de * donner en échange aux Taïtiens de nos marchan- » dises pour en payer la valeur, Cette proposition * basse et cruelle fut accueillie avec l’indignation et le mépris qu’elle méritait.
« Tous les jours nous avions le temps de pénéter dans l'intérieur de l’île afin de remplir l’objet de notre destination , et recueillir diverses particularités propres à jeter du jour sur le caractère et les mœurs des Taïuens.
« Le 20, à midi, continue Forster, je fis avec , plusieurs officiers, une promenade à la pointe | orientale du havre. Arrivés à un petit ruisseau assez
1 | large et assez profond pour porter une pirogue, ; | nous passâmes de l’autre côté, et nous apercûmes parmi des arbrisseaux une maison assez vaste. Une
+ grande quantité des plus belles étoffes de Taïti, 1 | était étendue sur l'herbe, devant cette habitation ;
les insulaires nous dirent qu'on venait de les laver dans la rivière ; tout près de là, je vis suspendu à un bâton , un bouclier de forme semi-cir. culaire, fait de baguettes d’osier et de filasse de cocotier, couvert de plames éclatantes gris-bleuitre, d'une espèce de pigeon , et orné de dents de requin disposées en trois cercles concentriques. Je demandai si on voulait le vendre; on me répondit que non, et j'en conclus qu'on l'avait exposé l'air, ainsi que nous exposons de temps en temps les choses que nous tenons dans des boîtes fermées. Un homme d'un âge mur, couché fort à son aise au milicu de la hutte, nous invita à nous asseoir prés de lui, et il examina avec curiosité mon habil. lement. Les ongles de ses doigts étaient très-longs ; ilen paraissait fier : c’est une marque de distinction parmi eux, parce que pour les laisser croître de cette longueur , il ne faut pas être obligé de travailler. Les Chinois ont la même coutume. Il n’est peut-être pas possible aux Needham et aux de Guigne de déterminer si les Taïtiens l'ont tirée de l'extrémité de l'Asie, ou si le hasard les a conduits à la même idée. En différens coins de la hutte, des hommes et des femmes mangeaient séparément du fruit à pain et des bananes, et tous, à notre approche , nous invitérent à partager leur dîner. Les premiers voyageurs ont déjà rapporté cet usage des denx sexes de manger séparément, et ils n'ont pas mieux réussi que nous, à en découvrir la cause.
«C à tra où n el 5e “avait mais il ess . belle clous rable Iles " désir desce tait F d'un plus sa fai ant pren il n° tinag avoir l pl parti * sans était ‘a bo | jour : plai
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« En quittant cette maison, nous nous rendimes,
: L L D à travers des arbrisseanux odoriférans , à une autre
où nous trouvâimes O Tui, sa femme, ses enfans et ses sœurs, Maroya et Maroraï. L'officier qui
“avait perdu les draps de son lit était avec nous ;
mais ne jugeant pas à propos de les redemander ,
il essaya plutôt de gagner les bonnes grâces de la
belle, Elle accepta les grains de verroterie, les
clous, etc., qu'on lui offrit ; mais elle fut inexo-
rable aux sollicitations passionnées de son amant.
Il est probable qu'ayant obtenu les draps qu'elle
| désirait, et pour lesquels seuls elle aurait pu con-
| descendre à prodigner ses faveurs, rien ne l’exci-
Ltait plus à supporter les embrassemens passagers
d'un étranger. Cette idée nous semblait encore
plus vraisemblable, quand nous considérions que
sa famille jouissait d’un certain rang, et que du-
four pour une promenade du côté de l'est. La : plaine s’élargit à mesure que l'on s’avance au-delà
‘ant le long séjour du capitaine Cook lors de son premier voyage, il n ‘y avait pointeu, où du moins il n'y avait eu que très-peu d'exemples ce ce libertinage chez les femmes de la haute classe. Aprés avoir resté peu de temps avec eux , je retournai à la place de notre marché; tous nos canots étant parus, j'osai m'embarquer sur une simple pirogue
sans balancier ; et pour un grain de verroterie qui & tait tout ce qui me restait , j'arrivai sain et saul
à bord de Za Résolution.
« Le lendemain nous partimes dés la pointe du
de la pointe orientale du havre d’Aïtépeha ; il y à
par conséquent plus d'arbres à pain, de cocotiers et de bananiers, sur lesquels nous voyions déj des bourgeons: les habitations des Tuïtiens étaient aussi plus nombreuses, plus élégantes et plus neu: ves que celles des environs de notre mouillage. Dans une de ces habitations , qui était entièrement fermée de roseaux, nous aperçcûmes beaucoup de paquets d'étoffes et des cases pour des boucliers qui, ainsi que la maison, appartenaient à Oyahitoui, Nous fimes environ deux milles parmi des bocages d'arbres fruitiers les plus délicieux, au moment où les insulaires allaient à leurs travaux. Je reconnus bientôt les fabricans d’étoffe au bruit du maillet. Il ne faut pas supposer que les besoins de ces peuples les forcent à un travail constant , car ils se ras. semblaient en foule autour de nous, ils nous suivaient toute la journée , et quelquefois même ils négligeaient pour nous leurs repas; cependant ik ne nous accompagnaient point sans quelque mou d'intérêt. En général , leur conduite à notre égarl était douce, amicale et même officieuse; mais ils guettaient toutes les occasions d'enlever adroitement quelqués bagatelles, et lorsque nous leur rendions les regards affectueux qu'ils jetaient st
nous , ils profitaient du moment pour ncas dire d'un ton mendiant , tayopoë ; ami, quelque chose. Soit qu'on ieur accordât leur demande ou qu'on hi refusât, leur arnabiité ne diminuait pas. Si ces de: ardes devenaient trop fréquentes, nous avions
coutu roles des & péme Paien sur-le Saient sonnes l'amus ou fait dinair consen un ois.
rüssés « de dou point q cértain leur de voir l pour le beanco:
sternati füiren stinre:
calmé le tié, ou) cobrage detuer.
et quoi x X
veha; il y le cocotiers oyions déji tiens étaient et plus neu:
mouillage.
entièrement beaucoup. de oucliers qui, \ Ogahitoui, 1 des bocages 1 moment où Je reconnus t du maillet s de ces peucar ils se rasils nous suiois même ils cependant 1ls uclque mot notre égard use; mais 1l5 ever adroitee nous leur s jetaient sl ur ous dire elque chose.
le ou qu'on la pas. Si ces de:
nous avions
outume de les contrefaire, et de répéter leurs pa-
Lo #4 le même ton , ce qui excitait parmi eux des éclats de rire universels. Ils parlaient c - Dément très-haut , et il est qu'ils tien daient de nous : chaque nouveau venu apprenait sur-le-champ des autres nos noms, qu'ils rédui- #aient à un petit nombre de voyelles et de conpre plus douces ; et on ne manquait pas de amuser en lui racontant ce que nous avions dit ou fait le matin. Les derniers arrivés voulaient ordinairement entendre un coup de fusil; nous consentions , à condition qu'ils nous re un oiseau pour but. Nous étions souvent embarrissés quand ils nous en indiquaient un éloigné de douze ou quinze cents pieds ; ils ne Soilané point que l'effet de nos armes à feu füt borné à un Cértain espace. Comme il n’était pas prudent de leur découvrir ce mystère, nous prétendions ne voir l'oiseau que lorsque nous étions assez près pour le tuer. La premitre explosion les effra à beancoup , et produisit sur quelques-uns une a sternation si forte, qu'ils tombèérent à terre, et s'enfuirent ensuite à environ soixante pieds de nous, Ils ainsi à l'écart jusqu’à ce que nous nes calmc leurs craintes par des démonstrations dimiti, ou jusqu’ à ce qu’ un de leurs compatriotes plu cobrageux , eût ramassé l'oiseau que nous M détuer. Bientôt ils se familiarisérent avec ce bruit RE hoïanils express ; 4 iqu'ils exprimassent toujours queïque émo-
tion soudaine , cependant peu à peu ils surmonté rent la frayeur. cÔ « Malgré la réception amicale qu’on nous faisait tur de toutes parts, les insulaires avaient grand soin d da cacher leurs cochons à nos yeux : si nous en par (c'ét lions, ils semblaient aflligés; ils disaient qui Æat, n'en avaient point, ou ils nous assuraient qu'ils ap san partenaient à Ouahitoua leur roi. Quoique nou gagi vissions des étables pleines presque autour de ch #ert que hutte, nous ne fîmes plus semblant de nou flan en apercevoir ; cette conduite augmenta leur con #ond fiance envers nous. ses € « Aprés une marche d’un ou deux milles, no: bord
nous assimes sur de grandes pierres qui forma diver. une espèce de cour pavée devant une maison, : de cri nous priâmes les habitans de nous donner du fr: D à pain et des cocos en échange de nos marchandisi € lie ils nous en apporterent à l'instant, et nous déjr Pieds nâmes. La foule qui nous suivait se unt à quel sites q distance , ainsi que nous l’avions désiré , pour { ämon personne ne nous pril nos armes , elC., que m tiques étions obligés de quitter en mangeant. Afin de n les bra mieux traiter, on nous offrit une écalle de coco re ondes plic de petits poissons frais, que les Taïuens ait I: coutume de manger crus, sans autre sauce que P' l'eau; j'en goûtai, et je ne les trouvai point t agréables : mais comme nous étions dans l'usage les manger cuits, nous les distribuâmes avec le re # du fruit à ceux de nos favoris qui sc trouvaient d la foule.
rent ac
$ surmontt-
nous faisait rand soin de nous en pürisaient qu'il ent qu'ils s ape Juoique roi utour de chi blant de noù nta leur cor:
x milles, not ; qui format ne maison; donner du fi marchandisi er nous déj Le unt à quel ésiré , pour À etc. , que nt. Afin de ni alle de coco rt les Tuitiens
tre sauce qui
rouvai point ti ps dans l'usage Ames avec le r@”
sctrouvalent d:
DES VOYAGES. r19
« Nous poursuivimes alors notre promenade du côté des collines, malgré les sollicitations importunes des naturels, qui nous pressèrent de rester dans la plaine : nous reconnüimes tout de suite que c'était uniquement parce qu'ils n'aimaient pas la fatigue : mais, sans changer de résolution, et lais- {sant derrière nous presque toute la troupe , nous gagnämes avec un peut nombre de guides une ouverture entre deux collines. J'y trouvai plusieurs plantes nouvelles pour nous; nous vimes des birondelles volant sur un petit ruisseau , qui roulait ses eaux avec impétuosité : nous côloyâmes ses bords j jusqu'à un rocher perpendiculaire revêtu de
divers arbrisseaux , et d’où il tombait en colonne
de cristal, en formant à son pied une nappe tran- Quille et limpide entourée de fleurs odoriférantes. ‘ lieu , d'où nous découvrions la plaine sous nos picds , et plus loin la mer, était un des plus beaux sites qui ait janais frappé mes regards ; 1l rappelait ä mon souvenir et surpassait les tone poëtiques les plus riches. A l'ombre des arbres, dont les branches se courbaient mollement au-dessus des ondes, ait la chaleur du | iones : le bruit uniforme et imposunt de la cascade n'était interrompu que par le Sizouillement des oiseaux : dans cette position , us nous assîines pour décrire nos nouvelles plan- , avant qu'elles se fussent flétries. Les T'aïtiens,
nous jouimes d'une brise agréable, qui cal-
nos camarades , nous voyant occupés, se reposèrent aussi parnu les arbrisseaux , et ils nous exami-
t16 HISTOIRE GÉNÉKHALÉ
nérent attentivement et dans un profond silence,
« Nous aurions été charmés de passer tout le °° jour au fond de cetic retraite; mais après avoir etai achevé nos notes et jeté un dernier coup d'œil et Le sur cette scène charmante, nous redescendimc heu dans la plaine. J’observai bientôt une foule d'insu à eJ hires qui s’avançuient vers nous , et nous disur. PUS » guâmes M. Hodges et M. Grindall, qu'ils entorr- Joua raient ; nous les joignimes , résolus de continua prrd ensemble notre course. Un jeune homme d'un LE physionomie trés-heureuse, qui s'était distingu L par des démonstrations particulières d’attachement "Je fut chargé du porte-feuille où M. Hodges conserva poire les esquisses ct dessins qu'il faisait en se pronx pu nant : il parut enchanté de cette confiance, cti Le | se regarda comme un personnage devenu plus inr À. ie
portant aux yeux de ses compatriotes. Cette cu:
ur 4 se Jeu t-6 constance, jointe au maintien paisible de mes cou P
hos ve Héter raient
pagnons, qui marchaient sans aucune arme, pro duisit un effet général sur tous ceux qui nous e: touraient, car leur familiarité et leur affecuon« semblérent fort augmentées. Nous entrâmes cr semble dans une hutte spacieuse, où nous vint unc grande famille assemblée. Un vieillard du
Mains n’étio pas de
. ss ; “os no visage calme était couché sur une natte propr à . éppris
il appuyait sa tête sur un petit tabouret qui luis« vait de coussin. Des cheveux blancs couvraient: tête vénérable ; une barbe épaisse aussi blanche qu : ne; la neige descendait sur sa poitrine : il avait les yeu plus h vifs, et ses joues arrondies annoncaient la sant de ch
Noms
ent
ond silence, asser tout le s après avoir.
* coup d'œil :descendinic , foule d'insu nous disur qu'ils entotrde continut homme d'un tait disungu l'attachement lges conserva en se pront onfiance, eti
evenu plus in tes. Cette ct le de mes co ne arme , pit \x qui nous Cr ur affecuont s enträmes ci où nous vin h vieillard di
natte prop. ii
uret qui lu ser cs couvralenti ussi blanche qi . il avait les veu icaient Ja sant
k DES VOYAGES, 117 Ses rides , symptômes de la vicillesse parmi nous, étaient en petit nombre, car l'inquiétude, la peine et le chagrin, qui sillonnent nos fronts de si bonne heure, sont peu connus de cette nation fortunée. De jeunes enfans, que nous primes pour ses petitsfils, absolument nus, suivant la coutume du pays, jouaient avec le vicillard ; ses actions et ses re- :gards nous apprirent que sa manière simple de vivre n'avait pas encore émoussé ses sens. Des hommes bien faits et des nymphes sans art, en qui Ja jeunesse suppléait à la beauté, entouraient le patriarche ; nous jugeñmes, en arrivant, qu'ils Conversaient ensemble après un repas frugal. Ils hous priérent de nous asseoir sur leurs nattes au Milieu d'eux; nous ne leur donnâmes pas la peine de réitérer leur invitation. Comme ils n'avaient peut-être jamais vu d'étrangers , ils examinaient hos vêtemens et nos armes, sans cependant s’arter plus d’un moment sur chaque objet. Ils admiraient la couleur de notre teint : ils serraient nos Mains ; ils paraissaient étonnés de ce que nous n'étions pas tatoués, et de ce que nous n'avions pes de grands ongles à nos doigts : ils demandaient dos noms d'un air empressé, et quand ils les avaient pris, ils les répétaient avec un grand plaisir. Ces Roms prononcés à leur manière , différaient telle ent des criginaux , qu'un étymologiste aurait cu péine à les reconnaître; mais en revanche, ils étaient plus harmonieux et plus faciles à retenir : Forster fat changé en Matara ; Hodges, en Oreo; Grin-
dal}, en Z'érino ; Sparman, en Pamani, et George, en Z'eori. Nous retrouvâmes ici, comme partout ailleurs, l'hospitalité des anciens patriarches : on nous offrit des cocos pour étancher notre soif. Un des jeunes hommes avait une flüte de bambou à trois trous ; 11 en joua en soufllant avec le nez, tandis qu'un autre l'accompagna de sa voix. Toute la musique vocale et instrumentale consistait en trois ou quatre notes entre les demi-notes et les quarts de note; car ce n'étaient ni des tons entier ni des demitons. Ces notes, sans variété où sans ordre, produisaient seulement une espèce de bour. donnement léthargique, qui ne blessait pas loreille par des sons discordans , mais qui ne faisai aucune impression agréable sur notre esprit. Iles surprenant que Je goût de la musique soit si général sur toute la terre, tandis que les idées de l'harmonie sont si diflérentes parmi les nations d: verses. Charmé de ces tableaux de bonheur Gun soffraient à nos yeux, M. Hodges remplit son porte-feuille de dessins, qui transmettront à la pos
térité les beantés d'une scène que les paroles seules
ne peuvent pas faire connaître. Quand il dessinait, tous les naturels le regardaient attentivement, « ils semblaient charmés de trouver de la ressenr blance entre ses portraits et quelques-uns d’entre eux. Notre connaissance de leur langue, malgre nos eflorts pour l’apprendre, était encore trs imparfaite ; ce qui nous priva du plaisir que no aurait procuré une conversation avec ces bonne
* gen nou
| fisa:
doc au et pou
« tou) plus:
-Capil bien avior Taissa rait l satisf mieu à sa f ‘tres b Cest Rires n'éud fait a La pl
‘cun
‘senti À parfa “out
‘aucu hnen
et George,
ime partout Harches : on tre soif. Un bambou à ivec le nez, voix. Toute sonsistait en notes et les s tons entiers riété OÙ Sans pèce de bour.
ssait pas l'oqui ne faisant esprit. Il est 1e soit Si gt : les idées de les nations dr , bonheur qu s remplit son Ltront à la pos
paroles seules
ad il dessinait ntüivement, {| de la ressenr 1es-uns d’entr ngue ; mälgr t encore trés laisir que not vec ces bonne
. sons. Quelques mots et une pantomime muette
nous ünrent lieu d’un discours suivi. Cela suf-
| fisait cependant pour amuser les naturels ; notre : docilité et nos efforts pour leur plaire leur étaient au moins aussi agréables que leur caractère social
et leur empressement à nous instruire l'étaient pour nous.
« Le vieillard, sans changer d’attitude, la tête toujours appuyée sur le tabouret, nous adressa plusieurs questions ; il nous demanda le nom Ga “capitaine , celui du pays d’où nous venions , combien de temps nous resterions dans l’île, si nous
"avions nos femmes à bord , etc. La renommée pa-
raissait lui avoir déjà appris tout cela ; mais il désitrait l'entendre de nonveau de notre bouche. Nous satisfimes sa curiosité sur ces différens points, le mieux qu'il nous fut possible; et après avoir offert à sa famille de petits présens de verroteries et d'autres bagatelles, nous continuâmes notre excursion. Ces pauses dans les cabanes hospitalières des insulaires, nous rafraichissaient tellement, que nous
n'éuions point du tout fatigués, et nous aurions
fait aisément le tour de l’île de la même manière.
La plaine au pied des montagnes ne présentait au- ‘un obstacle à notre marché : au contraire, les sentiers y étaient bien battus, et toute la surface ‘parfaitement de niveau et couverte presque par-
fout d'une belle pelonse. Nos pas ne rencontraient aucun animal malfaisant : ni consins, ni mousquites nc nous faisaient craindre leur piqüre en bourdon-
naut autour de nous..Les bocages d'arbres à pain
interceptaient, par leurs épais feuillages, les rayons du soleil à midi, dont une brise de mer calmait d'ailleurs la chaleur. Les insulaires cependant, accoutumés à consacrer au repos le milieu du jour, s'échappaient un à un au milieu des arbrisseaux, de facon qu'ilen resta peu avec nous. Environ deux nulles plus loin à l'est, nous attcignîmes le rivage de la mer à un endroit où elle forme un petit golfe, Là, entourés de plantations de toutes parts, nous parvinmes à une clairiére ou plaine, au milieu de laquelle nous aperçcümes un moraï ou cimeuiére composé de trois rangées de picrres en forme d’es. caliers, chacune d'environ trois pieds et demi de hauteur, et couvertes d'herbes, de fougéres et de petits arbrisseaux. Du côté de l'intérieur de l'ile, l'édifice était entouré à quelque distance d’un enclos oblong de pierres, d'environ trois pieds d'élévation, en dedans duquel deux ou trois cocotiers solitaires, et quelques jeunes casuarinas avec leurs rameaux penchés, répandaient une mélancolie touchante sur cette scène : à quelque distance du moraï, et parmi un groupe épais d’arbrisseaux, je vis une hutte onu hangar peu considérable, où, sur une espèce de théâtre de la hauteur de la poitrine, était placé un cadavre couvert d’une picce d’étoffe blanche qui pendait en différens plis. De jeunes cocotiers , des bananiers et des dragonniers s'élevaient et fleurissaient tout autour : près de cette cabane il y en avait une autre où étaient des al
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s, les rayons ner calmait cependant, ieu du Jour, arbrisseaux, nviron deux nes le rivage petit golfe, parts, nous au milieu de u cimetière
à forme d’es:
s et demi de ugéres et de ‘eur de lil, nce d'un ens pieds d'élerois COCOLICIS nas avec leurs e mélancolie e distance du rbrisseaux, je dérable, ou, eur de la poirt d’une picce érens plis. De :s dragonniers : prés de cette taient des al-
| mens pour la divinité (£'atoua), et un pieu planté : en terre, sur lequel nous vimes un oiseau mort enveloppé dans un morceau de natte. Au milien * de cette hutte adossée à une petite éminence, nous
trouvâmes une femme assise dans l'attitude de la réflexion ; elle se leva à notre approche, et ne voulut pas nous permettre d'avancer vers elle. Nous lui offrimes un petit présent, mais elle refusa
: de le toucher: les naturels qui nous accompagnaient
nous dirent qu'elle dépendait du moraï, et que le
| eorps mort était celui d'une femme dont elle ache- : vait peut-être les obsèques.
« Nous quittâmes ce lieu qui avait réellement
quelque chose d’imposant, et qui semblait favorable : aux méditations religieuses. Nous suivimes le rivage Jusqu'à une maison spacieuse, trés-agréablement placée parmi des bocages de petits palmicrs chargés de fruits. Deux ou trois poissons grillés qu'un des Taïtiens nous avait vendus, calmèrent un peu notre : appétit devenu trés-vif depuis notre déjeuné. Plu-
sieurs d’entre nous se baignèrent aussi dans la mer pour se rafraichir davantage , et ayant acheté quelques pièces d’étoffe de la fabrique du pays, ils s’en
A ,° 4 ,° . » nl) revéurent à la mode de Taïti; ce qui fit un plaisir infini aux insulaires.
« Notre promenade se prolongea au - delà d'un
autre morai assez semblable au premier , jusqu’à une maison propre où un homme trés-gras, qui
semblait chef du canton, se berçait voluptucusement sur son coussin de bois. Deux domestiques
préparaient son dessert devant lui, en mélant de l'eau, du fruit à pain et des bananes, dans un grand vase de bois où ils mirent de la pâte aigrelette de fruit à pain fermenté (appelé mahié) : ils se servaient pour cela d'un pilon de pierre noire polie, qui me parut être une espèce de basalte. Sur ces entrefaites , une femme assise près de Jui remplissait par poignées la bouche de ce glonton, des restes d'un grand poisson bouilli, et de plusieurs fruits à pain qu'il avalait avec un appétit vorace. Une insensibilité parfaite était peinte sur son visage, ct je jugeai que toutes ses pensées se bornaient au soin de son ventre. Il daigna à peine nous regarder, et si] prononçait quelques monosyllabes quand nous jetions les yeux sur lui, c'était seulement pour exciter sa nourrice et ses valets à faire leur devoir avec empressement. La vue de ce chef et les réflexions qu’elle fournit, diminuérent le plaisir dont nous avions joui dans nos différentes promenades sur l’île, et surtout ce jour-là : nous nous flattions d’avoir enfin trouvé un petit coin de la terre où les membres d'une natioz qui n’est plos dans le premier état de barbarie, partageraient la même égalité jusque dans les repas, et dont les heures de jouissance seraient proportionnées à celles du travail et du repos. Mais nous vimes un individu sensuel passer sa vie dans l’inaction la: plus stupide, ct ravir à la multitude qui travaille les productions de la terre, pour s’engraisser comme les parasites privilégiés des peuples polices,
senta
! ble ;
“ sans
: dole
+ men
tait John voya,
« ] parä:
dal],
, avuil
Y ar
} cabar | granc | pierr | d'exc : grillé : hom ter i
coup prièr prép ver notra
rade le p çoit üt. I non
mélant de , dans un pâte aigre- 1ahie ) : ils lerre noire de basalte.
se près de de ce glouuill, et de
un appétit L peinte sur pensées se gna à peine ques monor lui, c'était ses valets à ;a vue de ce liminuérent s différentes ur-là : nous etit coin de ui n'est plus ageraient la et dont les rtionnées à us vimes un ’inaction lJ:
qui travaille s'engraisser ples policés,
| y arrivämes à cinq heures du soir :
# sans rendre le moindre service à la société. Son in- : dolence ressemblait à celle qu'on observe fréquem- : ment dans l'Inde et les états de l'Orient, et méri-
tit toutes les marques de l'indignation que sir
John Mandeville exprime dans la relation de ses
voyages d’Asie.
« En quittant ce Taïtien hébété, nous nous séparâmes : j'accompagnai M. Hodges et M. Grindall, que le bon insulaire chargé du porte-feuille
| avait invité avec empressement à sa maison. Nous
c'était une cabane petite, mais propre, devant laquelle un
| grand tapis de feuilles vertes était étendu sur des | pierres, et par - dessus une quantité prodigieuse
d'excellens cocos et de fruits à pain parfaitement
: grillés. Notre hôte courut sur-le-champ vers un : homme et une femme âgés qui travaillaient à écarter les rats du milieu du fesun, et il nous pré-
senta son pére el sa mére qui témoignérent beaucoup de joie de voir les amis de leur fils, et nous priérent d'accepter le repas qu'ils nons avaient préparé. Nous fûmes d’abord trés-étonnés de trouver ces fruits tout prêts ; mais je me souvins que notre ami avait envoyé en avant un de ses cama-
« rades, 11 y avait quelques heures : comme c'était
le premier repas en règle de Ja journée, on conçoit aisément que nous mangeâmes de bon appé-
üt. I est impossible d'exprimer la satisfaction que
nous ténoignérent le pére et la mère de cet aima-
» ble jeune homme : ils se croyaient trés-heureux de
124 UISTOIRE GÉNÉRALE
ce que nous goûtions leurs excellens mets. Servis par des hôtes si respectables ( qu'on me permette cette idée poétique ), nous fûmes en danger d’oublier notre condition d'hommes , et nous aurions eru habiter la cabane de Baucis et de Philémon, si notre impuissance à les récompenser ne nous eût fait souvenir que nous étions mortels. Nous rasscmblämes tous nos grains de verroterie et tous nos clous, et je les leur donnai plutôt comme une marque de notre reconnaissance aflectuense , que comme un salaire. Le jeune Taïtien nous reconduisit jusqu’à la grève, vis-à-vis de nos vaisseaux, en nous apportant beaucoup de provisions que nous n'avions pas consommées à notre dîné.
M. Hodges et M. Grindall li offrirent une hache, une chemise et d'autres présens ; et le soir il retourna dans sa famille , extrêmement content de ses richesses.
« Nous eùmes plusieurs entrevues avec Ouahitoo, roi de Taïti-Eti (la petite Taïti ou Tierrébou ) ; il était âgé de dix-sept ou dix-huit ans, et bien fait: il avait environ cinq pieds six pouces, et tout annonçait qu'il grandirait encore. Sa physionomie douce manquait d'expression, et exprima
de la crainte et de la défiance à notre première
entrevue, ce qui est peu d'accord avec les idées de majesté. Il avait le teint plus blanc que ses sujets, et les cheveux lisses, d’un brun léger, rougeâtres à la pointe. Tout son vêtement consistait en une ceinture blanche ( maro } de la plus belle
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| tête, ainsi que le reste de son corps, étaient découverts. À ses côtés marchaient plusieurs chefs ! et nobles, remarquables par leur haute stature; | effet naturel de la quantité prodigieuse d'alimens
qu'ils consomment. L'un d'eux était tatoué d'une manière très - surprenante et trés - nouvelle pour nous : de grandes taches noires et de formes variées couvraient ses bras, ses jambes et ses côtés.
| Cet insulaire, qui s'appelait E-ti, était d'ailleurs
d'une corpulence énorme. Le roi montrait pour | Jai beaucoup de déférence, et le consultait dans
presque toutes les occasions. Pendant que le prince fut assis sur le tabouret qui lui servait de trône,
son maintien fut plus grave et plus roide qu'on ne » devait l’attendre de son âge. Il semblait cependant étudié et factice , et on voyait qu'il le prenait pour
rendre l’entrevue plus auguste. Cet air de grandeur plaira peut-être à quelques lecteurs; malheureuse-
- ment c'est une marque d'hypocrisie, et je ne comp-
tais pas trouver ce vice à Taïti,
« Les spectateurs, au nombre de cinq cents au moins, faisaient tant de bruit, qu'il nous fut quelquefois impossibie d'entendre un seul mot de Ja conversation; alors quelques ofliciers du roi criaient d’une voix de Stentor, mamo! (silence),
. el accompagnaient leurs commandemens de quel-
ques coups de bâton.
« Le prince nous reconduisit jnsqu'au rivage. En marchant, 11 quitta sa gravité, qui ne lui était
- Es Æ — - - = = ‘= »
v =. rs ne me » : + —
pas naturelle, et il parla avec beaucoup d'affal:. lité, même à nos matelots. Il vint me demande: les noms de tous les Anglais présens, et si nous avions nos femmes à bord : je lui répondis que non ; sa majesté, dans un accès de bonne humeur, nous permit à tous de choisir des compagnes parmi les Taïtiennes. Nous ne jugeâmes pas à propos de profiter de sa politesse. 11 s’assit ensuite sous une cabane de roseaux qui appartenait à Eu ; la cha. leur nous contraignit à nous retirer près de Jui. Il fit venir des cocos, et se mit à nous raconter l'histoire du Pahei no peppe, ou du vaisstau espagnol dont Touahaou nous avait parlé le premier. Suivant le récit du prince, un vaisseau étranger, quelques mois avant notre arrivée, mouilla dix jours à Ouhaïouréa : le capitaine fit pendre quatre hommes de son équipage, et un cinquième échappa à la corde par la fuite. Nous demandämes plusieurs fois, mais inutilement, à parler à cet Européen, qu'ils nommaient O-péhoutou. Les ofliciers de si inajesté nous voyant si empressés sur cet article, nous assurérent qu'il était mort. Nous avons appris depuis, qu'à peu prés à l’époque dont les insulaires parlaient, don Juan de Langara y Huarte, envoyé du port de Callao , avait visité Taïti : mais les parucularités de son voyage n’ont pas transpiré. Tandis que nous étions dans la maison d'E-ui, ce chef si gras, qui paraissait être le principal conseiller du roi, 1l nous demanda trés-sérieusement si nous avions un dieu, £atoua, dans notre pays, et si
nou dim sible adre fit d pers nou:
resp
« le ra tn le m mar qu'e autre rend fime
sura solei
hau
pris sole
teni
visi
up d'affabi.
» demande:
et si nous pondis que be humeur, agnes parmi propos de Le sous une ui; la cha.
es de Jui. Il conter l'hisau espagnol emier. Suis u étranger, mouilla dix ndre quatre
ème échappa 1es plusieurs L Européen, liciers de sa * cet article, avons appris les insulaires arte, envoyé mais les parinspiré. Tan- E-u, ce chel al conseiller ment si NOUS > pays, CLS
nous avions coutume de le prier. Quand nous lui dimes que nous reconnaissions une Divinité invisible, qui a créé toutes choses, et que nous lui adressions nos prières, il parut fort content; et il {it des réflexions sur nos réponses à plusieurs des personnes assises antour de lui. 11 semblait ensuite nous avouer que les idécs de ses compatriotes correspondaient aux nôtres en ce point.
«Tandis qu'E-ti parlait de matières religieuses, le roi Ouahitoua s’amusait avec la montre du capitaine Cook. Après avoir examiné d'un œil curieux le mouvement de tant de rouages qui semblaient marcher seuls, et montré son étonnement du bruit qu'elle faisait (ce qu'il ne pouvait pas exprimer autrement qu’en disant : elle parle, parou), il la rendit ,en demandant à quoi elle servait : nous lui fimes concevoir avec beancoup de peine qu'elle mesurait le jour; et qu'en cela elle était semblable an soleil, dont lui et ses compatriotes employaient la hauteur pour diviser le temps. Dés qu'il eut compris cette explication, il lui donna le nom de petit soleil, afin de nous montrer qu'il entendait parfaitement tout ce que nous Jui avions dit.
« Avant notre départ, nous fimes une dernière visite au roi ; un de nos soldats de marine, monta gnard écossais, joua de la cornemuse devant je prince, ct sa musique grossière, insupportable pour nous, charma les oreilles du monarque et de ses sujets. La défiance qu'annoncaient les regards d'Ouahitoua à notre première entrevue s'était dis-
sipce. Sa jeunesse et son bon caractère le portaient à une confiance sans bornes, et 1l commençait déjà à nous en donner des preuves. On ne retrouvait plus en lui la gravité et la morgue qu’il avait affectées. Quelques-unes de ses actions étaient même remarquables par leur puérilité : par exemple, il s'amusait à couper des bâtons en mille morceaux, et à abattre des plantations de bananiers avec une de nos haches.
« Le 24 août, dès le grand maun, nous mîmes en mer. Dès que nous fûmes au large, plusieurs pirogues nous suivirent chargées de cocos et d’autres fruits, et les Taïtiens qui les montaient ne nous quittèrent qu'après avoir vendu leurs cargaisons. Plutôt que de manquer la dernière occasion d'acquérir des marchandises d'Europe, ils nous donnèrent leurs fruits à très-bon marché. Le goût de la frivolité , si universel sur toute la terre, était alors si extravagant dans cette île, qu’un seul grain de verroterie suflisait pour payer une douzaine des plus beaux cocos, et on le préférait même à un clou. Les échanges se faisaient aussi avec plus de bonne foi. Les insulaires craignaient sans doute de rompre un commerce auquel ils mettaient un s grand intérêt.
« Les fruits que nous nous procurâmes dans cette baie, contribuërent beaucoup à rétablir les malades de Aventure. Plusieurs de ceux qui auparavant ne pouvaient pas se remuer sans l'aide de quelqu'un, inarchaient déjà tout sculs, Au moment où nous
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« Tantde nouveaux objets, dit Forster, et le peu
DES VOYACES, 12)
mouillämes, la Résolution n'avait qu'un scorbatique
: de temps qu'on nous donna pour les examiner,
‘avaient produit en nous un étourdissement et une | agitation continuels : enfin nous respirions un. peu. :Ce moment de repos était d'autant plus doux, que nous pümes suivre, avec moins de désordre, es réflexions qui s'étaient offertes en foule à notre
esprit durant la relâche. Un résultat qui ve variait
jamais, c'est que cette île est nn des pays les plus Heureux de la terre. Les rochers de la Nouvelle- ‘Zélande charmèrent d’abord nos yeux long- temps
fuigués du spectacle de la mer, de la glace et du
ciel; mais nous fûmes bientôt détrompés, et nous nous formämes une idée Juste de cette contrée qui ‘semble encore plongée dans le chaos. Taïu , au contraire , qui offre de loin une perspective agréable,
1 La , 4 et dont la beauté se développe à son approche,
devint plus enchanteresse à mesure que nous faiions des excursions dans ses plaines. Le temps passé dans une longue traversée produisit sans gloute de l'illusion les premiers jours; mais tout Scrvait à terre à confirmer les émotions délicieuses
ue nous communiqua Île premier coup d'œil, uoique nous n'eussions pas encore trouvé autant de rafratchissemens qu'a la Nouvelle-Zélande, et « ue nous mangeassions encore des provisions salées. L à saison, qui répondait à notre mois de février , rendait naturellement les fruits rares ; l'hiver, il | xx. 9
(l 150 HISTOIRE GÉNÉRALE 4
est vrai, ne refroidit pas l'air comme dans les cli-
mats éloignés du tropique ; mais c’estle temps où la { Mi végétation, pour remplacer les sucs qui ont formé ee Ja dernière récolte , en prépare de nouveaux ; plu. sus sieurs plantes se dépouillent alors de leurs feuilles, * 1° quelques-unes meurent jusqu’à la racine: les autres a se dessèchent, parce qu’elles sont privées de pluie ! se dont l'absence est causée par le séjour du soleil us dans un hémisphère opposé : un brun pâle on * fn sombre revêt toutes les plaines ; les montagnes éle- . À
vées conservent seulement des teintes un peu plus bic é ; ; dit ét brillantes dans leurs forêts, humectées par le 2
| . | : “pect « brouillards qui pendent chaque joursur leurs cimes. * [ F ! « \permi Les naturels rent de ces forêts, entre autres cho- (l Inèt :salpét
ses, une grande quantité de bananes sauvage:
( vehi), et ce bois parfumé ( é-ahaï ), avec lequel ils donnent à leur huile de coco une odeur très
La vu nous « ‘ductio DPlaien « Le sommet de ces montagnes offre un aspect ou de dévastation qui semble avoir eu pour cause mn # à tremblement de terre; les laves qui composent } ho plupart des rochers, et dont les insulaires font pli le las Le sieurs outils, nous convainquaient que jadis il vi ! Ét) Al eu un volcan sur cette île. Le sol fertile des plaines qui est un terreau végétal mêlé de débris volcan pus ques et de sable noir ferrugineux , qu'on trouv EE souvent au pied des collines, confirme cette asser
suave.
tion. Les rangées extérieures des collines, qui son
quelquefois entièrement stériles, contiennent heat ! coup de gluise jaunâtre, mélée avec de la ter
ET pi 2 ÉD
Éd pue ee mdr
ans les cliemps où la ont forme peaux ; pluars feuilles, e: les autres ées de pluie ar du soleil un pâle on ntagnes éleun peu plus tées par les rleurscimes.
€ autres chones sauvagr , avec lequé | e odeur très
ffre un aspet our cause nl composent l laires font pli ue jadis il y le des plaines débris volcan , qu ’on trouit me cette asser Mines, qui so!
uüennent bout
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É bis À À
{ ferrnginense : mais les autres sont couvertes de | terreau, et boisées comme les montagnes plus | hautes. On y rencontre des morceaux de quartz : | je n'ai cependant jamais rien vu qui indiquät des | minéraux précieux ou des métaux d’ancune espèce, : excepté le fer, qui même est en petite quantité | dans les laves que je ramassai. L'intérieur des mon- | tagnes s cache peut-être des mines de fer assez riches ‘pour être exploitées. Quant au morceau de sal- ‘pêtre g gros comme un œuf, que le capitaine Wallis | dit être une production de Taïti; avee tont le res- \ pect dû aux talens de ce navigateur, qu'il me soit «permis de révoquer en doute ce fait, puisque le lsalpètre natif n'a jamais été trouvé en masse solide. (La vue de Taïti, que nous côtoyâmes au nord, nous suggéra ces observations rapides sur ses productions fossiles, tandis que nos yeux contemlplaient avec avidité ce fortuné coin de terre qui fous procurait tant d'instruction et de plaisir. { « Lesoir nous fümes pris par des calmes. Le len- Homain un petit vent du sud-est nous porta en vue de la partie la plus septentrionale de Taïti; nous ap- Je peu à peu de la côte : le soleil couchant fépandait sur le paysage une charmante couleur de ourpre. Nous distinguions cette longue pointe Avancée, qui, d'aprés les observations qu'on y fit ên 1769, fut nommée Pointe Pinus, et tout le Monde convint que c'est sans aucune comparaison a plus belle partie de l’île. Le district de Matavai, qui se montrait à nos veux, présentait une plaine
nn manie mnnnan nmmmreanenmaqu mange
152 NISTOIRE GÉNÉRALE
plus étendue que nous ne pensions; et la vallée, ( qui remonte entre les montagnes, formait un bo- # “6? cage trés-spacienx, comparé aux petites clairiéres lier étroites de Ticrthou. En doublant cette pointe à + "01 . ; Ù } \ trois heures, nous la vimes couverte d’une foule ? 11 4 . s. . . . fl 3r | prodigieuse d'insulaires qui nous regardaient avec , ! } . . t A 4 ls 1 attention ; mais dès que nous fûmes à l'ancre dans +" | . . h ppt la belle baie que cette pointe protège, la plus grande: PEQE . …. ‘ » + . ( partie des Taïtiens fil précipitamment le tour le | el à Isans long du rivage, et franchit une colline pour aller : x : . . \ surf:
à Oparri, canton voisin à l’ouest. Nous n'aper- : rai k | i ‘le loir cüimes dans toute la troupe qu'un seul homme *,, , ‘ele cr dont les épaules fussent couveres, O-ouahaon 4, Me . ns trCgna nous dit que c'était le roi O-tou. IT était grand a € ? , 1 : À ae .valles d'une taille bien prise : il s'enfuit lestement ave #7 ji . . : ”cstes “HR ses sujets, auxquels vraisemblablement nous fimes ©, nuit peur. ,
« Quoiqu'il fit presque nuit quand nous jetämc
l'ancre, nos ponts furent en un moment remplis de
Taitiens. La reconnaissance qui se fit entre eux c
plusieurs de nos ofliciers et de nos matelots fut tré
touchante. Le vieux et respectable O-ouahaou,
l ji. dont on aite le caractère paisible et la bienveillance
le dans la relation du premier voyage de Cook, « CRUE { Le
A ressouvint tout de suite d’avoir vu M. Pickersgill
ie et, l'appelant par son nom taïtien Pétrodoro
{) CIRAl compta sur ses doigts que c'était le troisième voyag 1 LU qu'il faisait à cette île : en effet, M. Pickersgill! à
ii avait déjà accompagné le capitaine Wallis en 170 :
et le capitaine Cook en 1769.
la vallée,
ait un bos clairières Le pointe à d'une foule rdaient avec l'ancre dans plus grande at le tour le 1e pour alle:
Nous n’aperseul hotumt O-ouahaot ail grand el stement ave nt nous fimt
1 nous jetamt ent reinplis de it entre eux € atelots fut tri O-ouahaot, a HE ne e de Cook, :
M. Lo en Pétrodor
roisième voyif !
. Pickersgill Wallis en 170
Ces Taïtiens échangérent de noms avec nous en signes d'amitié, et chacun choisit un ami pantiou--
| lier, à qui il était spéc alement attaché. Nous n’a- | vions pas remarqué cette coutume aux environs de
notre premier mouillage, où les insulaires, infini- | ment plus réservés ,témoignaient quelque défiance. Hs quittèrent le vaisseau à sept heures, mais ils | promirent de revenir le lendemain.
« La lune brilla toute la nuit au milieu d'un ciel isans nuages, et couvril de ses rayons argentés la \surface polie de la mer, tandis qu'elle éclairait dans “le lointain un paysage charmant, qui semblait avoir
lété créé par la main d'une fée. Un silence parfait lrégnait dans l'air : on entendait seulement par interv: alles les voix de quelques Taitiens qui étaient 1 estés à bord, et qui jouissaient de la beauté de la nuit avec les amis qu'ils avaient connus en 1769. Assis sur le vaisseau , ils conversaient par paroles et
Dur signes. Nous les écoutions ; ils s’informaient L urtout de ce qui était arrivé aux étrangers depuis eur séparation , et ils racontaient à tour la fin Lragique de Toutahah et de ses partisans. Gibson, le $oldat de marine qui fut si enchanté de cette île, ors du premier voyage, qu'il déserta pour y rester, jouait un grand rôle dans cette conversation , parce w'entendant le mieux la langue
, les naturels l’uiaient davantage. La confiance de ce peuple, et sa Æonduite cordiale et fan:ihière, nous causaient un and plaisir. Son caractère se montrait à nous dans bn jour plus favorable que jamais, et nous fmes
convaincus que le ressentiment des injures et l’esprit de vengeance tourmentent peu les bons et simples Taïtiens. Il est doux de penser que la philanthropie semble naturelle aux hommes, et que les idées sauvages de défiance et de haine ne sont que la suite de la dépravation des mœurs. Les dé: couvertes de Colomb, de Cortez, de Pizarre en Amérique, celles de Mendaña, de Quiros, de Schouten , de Tasman (r)etde Wallis dans le grand Océan, ne démentent point cette assertion. L'attaque faite par les Taïtiens sur Ze Dolphin naquit probablement de quelque outrage commis par les Européens sans le vouloir ; et quand même cette supposition ne serait pas fondée , si la conservation de soi-même est une des premières lois de la nature, cette nation avait sûrement droit de regarder les Anglais comme des usurpateurs, et même de trenbler pour sa liberté. Mais après que les Européen eurent déployé la supériorité de leurs forces, les insulaires ayant reconnu que le capitaine Wallis s proposaitseulement de passer quelques jours parni eux , afin d'acheter des rafraîchissemens, et que cti étrangers n'étaient pas absolument destitués d'hmanité et de justice, leur ouvrirent les bras, oue| bliérent le massacre, et offrirent avec empressement} ? leurs richesses. Ils leur prodiguèrent de concertda! À témoignages de bienveillance et d'amitié, depui | le dernier des sujets jusqu’à la reine ; de facon qu
{1) J'en excepte les sauvages de la Nouvelle-Zélande.
| en avi : Cook «
TN TRES Prices
| qu'on sont
chac côLe «, pour garde pitai Mara Fo dans sans & leures foule plissai pouva chasse dehors
| paru U | qui ét ! Joli te L°
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| Nom ! pela p } Ussant | pelait
s et l’esbons et ue la phis, et que je ne sont s. Les dé:
bizarre en uiros, de ns le grand on. L'athin naquit mis par les méme celle onservalion le la nature, regarder Jes me de trenr s Européen ; forces, les ine Wallis st s jours parmi!
s, et que cé
sutués d'hur les bras, ot:| mpressemet de concertde mité, depui de facon qu
elle-Zélande.
ere me Lo US
DFS VOYAGES. 159 chacun de leurs hôtes eut lieu de regreuer cette côte hospitalicre.
« Après avoir donné ordre de dresser des tentes pour les malades, les tonneliers, les voiliers et la varde, Cook partit le 26 pour Oppart avec le capitaine Furneaux, Forster ct d'autres, ainsi que Maratata et sa femme. »
Forster continue ainsi : « Dés que nous fümes dans la pinasse , Maratata et sa femme y entrérent
sans aucune cérémonie, et se placérent aux Meil-
lenres places de l'arrière. Ils furent suivis d'une foule de leurs compatriotes; mais comme ils remplissaient tellement le bateau , que nos matelots ne pouvaient pas manier leurs avirors, il fallut en chasser la plus grande partie : ceux qu'on mit ainsi
: dehors n'étaient pas trop contens, car ils avaient | paru trés-fiers de s'asseoir sur notre petit bâtiment, | qui était nouvellement peint, et qui avait un très | joli tendelet vert pour nous préserver du soleil. } Nous traversâmes la baie, et nous approchâmes de
la côte, prés d'une pointe où de petits arbrisseaux environnaient un morai de pierres, tel que nous
en avions déjà observé à Aaitépéha. Le capitaine . Cook connaissait ce cimetière et ce temple sous le
nom de Moraï de Toutahah; mais quand il Pappela par ce nom , Maratata l'interrompit , en l’averussant que , depuis la mort de Toutahak , on l'appelait Horaï d'O-tou. Belle leçon pour les princes, | qu'on fait souvenir ainsi, pendant leur vie, qu'ils sont mortels, etqu'apres leur mort le terrain qu'oc-
150 WISTOIRE GÉNÉRALE cupera leur cadavre ne sera pas même à eux! Le chef et sa femme ôtérent en passant leurs vétemens de dessus leurs épaules, marque de respect que donnent les insulaires de tous les rangs devant un morai, el qui semble attacher à ces lieux une idée
particuliére de sainteté, Peut-être suppose-t-on
qu'ils sont honorés de la présence immédiate de |
la Divinité, suivant l'opinion qu'on a eue des tem- |
ples dans tous les temps et chez toutes les nations. 4 D A A \ « Au-delà du morai, nous côtoyämes de près un
des plus beaux cantons de Taïti, où les plaines pa. |
ralssalent trés-spacieuses, et où les montagnes se
prolongeaient par une douce pente er une longue |
pointe. Un nombre prodigieux d'habitans bordait |
les rivages couverts de gazon et ombragés de palinicrs jusqu'aux bords de l'eau. La multitude nous reçut avec des acclamations de joie, et on nous conduisit à un groupe de maisons cachées sous des arbres.
« On nous mena ensuite à O-tou : 1l était assis à terre, les jambes croisées , à l'ombre d'un arbre, et une immense troupe de ses sujets formait un cercle autour de lui. Après les premiers compli-
mens, Cook Jui offrit tout ce qui lui parut avoir
plus de prix à ses yeux : il fit d’autres présens à plusieurs personnes de sa suite, et en retour, on
lui présenta une étoffe qu'il refusa d'accepter, en |
disant que nos dons provenaient de Zayo, de pure anutuié, Le roi s'informa de Topia et de tous les olliciers, naturalistes, ete. qui étaient sur l'£ndea-
vou non Jui à borc à-du annc Il av.
il Cta sujet son | ePi.
ies é] péce «[ mond semer plus 1 Ouah ro1 ét
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ÉLait ASSIS à l'un arbre, formait un rs compliparut avoir s présens À
retour , ONE ccepter, en |
yo, de pure de tous les sur L'Ende-
DES VOYAGES. 137 vour lors du premier voyage : il les appela par leur nom ; inais On eut toutes les peives du monde de jui arracher la promesse qu'il viendrait nous voir à bord. I dit qu'il était mataou no to pouponé, c'està-dire, qu'il craignait les canons. Toutes ses actions annoncaient en eflet la unudité de son caractere. {l avait environ trente ans, une tulle de six pieds ; il était beau, trés-bien fait er de bonne mine. Ses sujets paraissaient devant Jui sans être couverts ; son père n'était pas excepté de cette formalité, On eniad 11 par découverts, qu'ils avaient la tête et ies épaules nues, et qu'ils ne portaient aucune espèce de vêtement au-dessus de la poitrine.
« Le respect pour le souverain n'empêcha pas le monde de s’amasser autour de nous avec lemprressement d’une extrème curiosité. La foule était bien plus nombreuse que lors de notre entrevue avec Ouahitoua ; et les ofliciers mêmes de la suite du roi étaient contraints de faire tous leurs efforts pour écarter la multitude. L'un en particulier déploya son activité d’une manière un peu brutale : il battit impitoyablement les curieux, et il brisa plusieurs bâtons sur leur tête. Malgré ce dur traitement , les curieux revinrent aussi opiniâtrément à la charge que la populace d'Angleterre, mais ils supportèrent l'insolence des ministres du prince avec plus de patience.
«Le roi de O-Taïli n'avait jamais vu nos comp” triotes durant le premier voyage de Cook : son oncle Toutahah avoitaceuce époque l'administration
de toutes les aflaires, et il craignait probablement de perdre son crédit parmi les Européens , s'ils
venaient à découvrir qu'il n'était pas le plus grand personnage de l’île : on ne sait pas si Toutahah avait usurpé son autorité.
« Les longues moustaches d'O-tou , ainsi que sa barbe et ses cheveux touffus et bouclés , étaient parfaitement noirs. La même physionomie, et une quantité aussi étonnante de cheveux formant une touffe épaisse autour de la tête, caractérisaient ses frères, l'un âgé d'environ seize ans, et l’autre de dix; et ses sœurs, dont l’aînée semblait en avoir vingt-six. Les Taïtiennes portent en général leurs cheveux courts : 1l était donc extraordinaire de voir tant de cheveux sur les têtes de celles-ci; et sans doute c'est un privilége réservé aux princesses du
sang royal. Leur rang cependant ne les dispense |
pas de l'éuquette générale de découvrir leurs épaules
en présence du roi; cérémonie qui procurait aux |
femmes des occasions sans nombre de montrer toute l'élégance de leurs formes. Pour leur commodité, elles arrangent de cent manières différentes, suivant leurs talens et leur bon goût, la simple draperie d'une longue étoffe blanche qui compose leur vêtement : il n’y a point parmi elles de modes qui les forcent à se défigurer comme en Europe , mais une grâce naturelle accompagne leur
simplicité, Le seul qui ne se découvrit pas devant | P q P
le monarque était l’hoa ou ami du roi, l’un de ses oflicicrs, qu'on peut comparer à nos gentilshommes
de la qui « les c parm à l’e dress té,
des c nr n Jours grou} ynaie des a:
ce n’e riger alors
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ne pc âgées lant citati nos ils,
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si que sa aient par- , et unc mant une saient sCs l'autre de | en avoir éral leurs re de voir t; et sans
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dispense |
irsépaules curail aux » montrer leur comres diflé- 1 goût, la lanche qui parmi elles comme en 1pagne leur
pas devant
l’un de ses ulshomines
DES VOYAGES. 13) de la chambre : on nous dit qu'il y en à douze qui servent tour à tour. Les oncles, les tantes, les cousins et les autres parens de sa majesté, parmi lesquels nous étions assis, s'empressaient à l'envi de jeter sur nous des regards de tendresse, de nous faire des démonstrations d'amitié, et de nous demander de la verroterie cet des clous : ils prenaient divers moyens pour obtenir nos richesses, et ils ne réussissaient pas toujours : quand nous distribuions des présens à un groupe de personnes, des jeunes gens ne craignaient pas de glisser les mains au milieu de celles des autres, et ils demandaient leur part comme si ce n’eût pas été une pure libéralité : afin de les corriger de ces tentatives, nous ne manquions jamais alors de leur jaire un refus net. Il était difficile cependant de ne rien donner à des vieillards vénérables qui, d’une main que l'âge allait bientôt paralyser, pressaient les nôtres avec ardeur, et nous adressaient leurs prières d’un ton de confiance qui ne pouvait manquer de nous intéresser. Les femmes âgées étaient sûres d'obtenir quelque chose en mélant adroitement un peu de flatterie à leurs sollicitations : elles s'informaient communément de nos noms, et nous adoptant ensuite comme leurs lils, +lles nous présentaient plusieurs des parens que nous donnait cette adoption. Aprés beaucoup de petites caresses, Ja vieille disait, aina poëti no te tayo metloua? (n'avez-vous quelque petite chose pour votre bonne mère?) Une pareille
épreuve de notre attachement filial produisait tou- Jours son eflet , et nous en tirions les conséquences les plus favorables au caractère général du peuple ; car c’est un raflinement des mœurs des nations polics d'attendre d'autrui de bonnes qualités que nous n'avons pas nous-mêmes, Les jeunes femmes gagnaient notre affection en nous appelant du ten. dre nom de frères : la plupart étaient assez bien, et elles faisaient toutes des eflorts continuels pour nous plaire : on conviendra qu'il n'était pas possible de résister à cette séduction.
« Nous fümes bientôt récompensés de nos présens, surtout de la part des femmes, qui envoycrent à l'instant leurs domestiques (teouteous ) chercher de grandes piéces de leurs plus belles étofles teintes en écarlate, en couleur de rose ou de paille, et parfumées de leur huile la plus odorante. Elles les mirent sur nos premiers habits, et elles nous en chargérent si bien, qu'il nous était diflicile de remuer. Après ces présens mutuels, elles nous firent toute sorte de questions sur Tabano (M. Banks), et sur Tolano (M. Solander), et tres - peu sur Topia.
« Durant cette conversation, notre Écossais réjouit infiniment les Taïtiens en jouant de la corne. muse ; il les jeta dans l'admiration et le ravissement : le roi en particulier fut si charmé de scs talens, qu étaient bien médiocres, qu'il lui fit donner une grande piéce de l’étofle la plus grossière, « Comme cette visite n’était qu'une visite de cé-
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DES VOYAGES. 141 rémonie , nous retournâmes bientôt à notre chaloupe; mais nous fümes retenus un peu plus longtemps sur la côte par l'arrivée d'Happai, pére du roi. Cet homme était grand et maigre : il avait la barbe et les cheveux gris; 1l paraissait âgé, mais il montrait encore de la force. Les relations des premiers voyageurs nous avaient déja informé de cette étrange constitution, en vertu de laquelle un enfant exerce la souveraineté pendant la vie de son père ; mais nous ne pouvions pas voir sans surprise le vieux et vénérable Happai nu jusqu'à la ceinture en présence de son fils. Les sentimens de respect attachés universellement à la paternité ont donc été abolis pour donner plus de poids à la dignité royale ; un si grand sacrifice à l'autorité politique suppose plus de civilisation que les premiers navigateurs n'en ont attribué aux Taïtiens. Quoique Happaï ne jouit pas du suprême commandement, sa naïssance et son rang lui attiraient les égards du peuple, et une protection spéciale du roi. La province ou le district d'Oparri était sous ses ordres immédiats, et fournissait à ses besoins et à ceux des personnes de sa suite. Nous primes congé du vieux chef et du roi, et nous retournäâmes à bord de Ja pinasse, dont Maratata n’était pas sorti pendant toute l’entrevue : il était trés-fier de ce qu'il semblait avoir des liaisons intimes avec nous.
« En arrivant aux vaisseaux, nous vimes tout antour un grand nombre de Taïtiens : plusieurs étaient d’un rang distingné; comme on permettait
à ceux-ci d'entrer dans toutes les parties du bâtiment, ils nous suivaient partout en nous importunant de leurs demandes : les capitaines, pour se soustraire à leurs sollicitations, allérent à terre; nous les y accompagnämes, afin d'examiner les productions naturelles du pays. Nous fimes l’aprèsmidi une seconde excursion dans la campagne; mais comme nous n’allâmes pas loin , nous ne découvrîmes que quelques planteset quelques oiseaux, que nous n'avions pas à Oaïtépéha.
« Le 27, dès le grand matin, O-tou, avec une suite nombreuse, vint voir le capitaine Cook. Il envoya d’abord dans le vaisseau une grande quanuté d’étoffes, des fruits, un cochon et deux gros poissons tout apprêtés. L'un était un cavalha (scomber hippos ), l’autre une bonite d'environ quatre pieds de long. Le capitaine, s’avançant au côté du vaisseau, pria sa majesté d'entrer; mais le prince ne se remua de dessus son siége qu'après que Cook eut été enveloppé d'une quantité prodigieuse des plus belles étoffes du pays, qui lui donnérent une grosseur monstrueuse. Enfin il monta à bord , ainsi qne sa sœur , un frère plus jeunc que lni etun cortége de plusieurs Taïtiens. On leur fit à tous des présens.
« Le monarque ne se hasarda qu'avec défiance sur le gaillard d’arrière , et embrassa le capitaine, qui prit, ainsi que ses officiers, tous les moyens possibles de calmer son inquiétude. Le gaillard était si plein des parens du prince, qu'on l'invita
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à venir dans Ja salle; mais la descente entre les ponts était une entreprise si périlleuse , suivant ses idées, qu'il n’y eut pas moyen de l'y déterminer avant que son frère, jeune homme d'environ seize ans, qui mettait en nous une grande confiance , en eût fait l'essai : aprés avoir reconnu la salle, qu’il trouva de son goût, il vint faire son rapport au roi, qui alors ne craignit plus de descendre. Le capitaine Cook était toujours chargé de ses étoffes uiuennes, eLi] commencait à avoir bien chaud. Sa majesté fut accompagnée, dans la grande chambre, de tous les insulaires de sa suite, qui avaient à peine assez de place pour se remuer. Chacun d’enx, comme je l'ai déjà dit, choisit parminousun ami parüculier, et des présens réciproques furent le sceau de cette nouvelle liaison. Quand il fallut s'asseoir pour déjeuner, ils furent frappés de la nouveauté et de la commodité de nos chaises. Le roi fit ber:-coup d'attention à notre déjeuner; il était fort étonné de nous voir boire de l'eau chaude (1), et manger du fruit à pain avec de l'huile (2); il ne voulut goûter d'aucun de nos mets. Ses sujets ne furent pas si réservés.
« O-tou ayant vu, dit Forster, l'épagneul de mon père, qui était un très-beau chien, malgré la malpropreté qu'il avait prise à bord du vaisseau, par le contact du goudron et du brai, témoigna un
(1) Du thé.
(2) Du beurre,
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grand désir de l'avoir, et on le lui donna sur-lechamp. Icommanda à un de ses gentilshommes ou hoas , d'en avoir soin , et, conformément à ses ordres, cet homme porta toujours le chien derrière sa majeslé.
« Dés qu'on eut déjeuné, le capitaine Cook prit dans sa chaloupe le roi, sa sœur, et autant de personnes qu'ilputyenentrer, etilles ramena à Oparri. Le capitaine Furneaux offrit au roi deux chèvres, un mâle et une femelle, Nous avions trés-bien fait comprendre à O-tou le prix des chévres. Pendant le passage, 11 nous adressa beaucoup de questions sur ces animaux, qui absorbaient toute son attention. Nous lui répétâmes souvent de quoi ils se nourrissaient et comme il fallait les soigner. Dés que nous fümes à terre, je lui montrai un coin de terre couvert d'herbe, à l'ombre de quelques arbres à pain, et je l'avertis de les laisser toujours dans de pareils endroits. Le rivage était couvert, à notre débarquement, d’une foule d'insulaires, qui témoignérent par des acclamations leur joie de revoir
leur souverain. Une vieille femme respectable, |
mére de Toutahah, vint à la rencontre du capitaine. Elle le prit par les deux mains, et versa un torrent de larmes en lui disant Z'outahah Tayo no Touti maté Toutahah (Toutahah, votre ami, ou l'ami de Cook, est mort ). Il fut si touché de son maintien et de sa tendresse, qu'il Jui aurait été impossible de ne pas mêler ses larmes aux siennes, si O-tou , qui survint, ne l'avait pas éloigné d’elle.
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DES VOYAGES. 145 I obtint de lui avec peine la permission de la revoir, et alors il lui donna une hache et quelques autres choses. Nous nous rendimes ensuite à nos tentes sur Ja Pointe Vénus, où les insulaires vendaient à très-bas prix des végétaux de toute espèce ; car ils donnaient un panier de fruits à pain ou de cocos pour un grain de verroterie. Mon père retrouva son ami O-ouahaou, qui lui offrit beaucoup de fruits, des poissons, des étofles et des hamecons de nacre de perle. Ce présent méritait une
récompense ; maïs le généreux Taïtien ne voulut
absolument rien recevoir : 1l dit qu'il faisait ce don comme ami et sans motif d'intérêt. Tout conspirait à nous dnner une idée favorable de cette aimable natio
« Nous rewurnämes diner à bord, et je passai l'apres-midi à décrire et à dessiner des objets d’histire naturelle. Sur ces entrefaites, les ponts furent remplis de Taïtiens des deux sexes, qui furetaient partout, et qui commettaient des vols dés qu'ils en trouvaient l’occasion. Le soir mes yeux furent frap-
..pés d’une scène nouvelle pour moi, mais familière pour ceux qui avaient déja été à Taïti. Un grand nombre de fenimes du peuple, retenues d'avance bipar nos matelots, restérent à bord au coucher dit soleil, aprés le départ de leurs compatriotes; nous | avions vu des exemples de prostitution parmi ies
femmes d'Oaïtépéha ; mais quelles que fussent leurs fublesses pendant le jour, elies ne s'avisaient point de passer la nuit sur le vaisseau. Celles de Matavaï XX, 10
connaissaient mieux le caractère des matelots an-
glais ; elles savaient bien qu’en se fiant à eux , elles
emporteraient les grains de verroterie , les clous,
les haches, et même !es chemises de leurs amans. ?
La soirée fut consacrée à la joie et au plaisir, aussi , e . » » \ .
complétement que si on avait été à Spithead, Avant qu'il fût parfaitement nuit, les femmes s'as.
q t , semblérent sur le gaillard d'avant, et lune d'elles jonant de la flûte avec son nez, les autres exécuitrent toutes sortes de danses du pays, la plupart fort indécentes. Comme la simplicité de leur édu cation et de leur vêtement donne un caractcre
d’innocence à des actions qui sont blâmables cn À
Europe, on ne peut pas les accuser de cette licence effrénée qu'on reproche aux femmes publiques
des nations policées. Enfin elles se retirérent sous k
les ponts, et celles dont les amans purent les ré-
galer de porc frais soupérent sans se gêner , quoi-Æ qu'elles eussent refusé auparavant de manger en È
présence de leurs compatriotes. La quantité de
porc qu’elles consommaient est étonnante, et leur voracité prouvait bien qu'elles mangent rarement |
dans leur famille de cette viande délicieuse. Les marques de sensibilité qu'avaient wontrées Ja mère de Toutahah et O-ouahaou, et les idées avanta-
s geuses que nous avions conçues de linnocence ec} que des
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du bonheur des Taïtiens, étaient si récentes à no5sÈ.
esprits, que nous fümes révoltés à l'aspect de ces malhicureuses qui s’'abandonnaient à toute la brutulité de leurs passions.
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« Le lendemain, le prince avec sa sœur et ses officiers, vinrent le long du bord, et nous envoyèrent un cochon et une grande bonite; la sçcur du roi monta seule à bord. Ils allèérent ensuite sur ?{venture, Offrir un pareil présent au capitaine Furneaux, qui futobligé de se laisser charger d’étofles, comme on l’a dit plus haut du capitaine Cook. M. Furneaux amena bientôt le monarque sur la Résolution, où Cook lui rendit en dons plus qu'il n'avait donné : il babilla sa sœur le plus élégamment qu'il lui fat possible ; elle se tenait couverte devant O-tou ce jour-là, ainsi que son frère, et un ou deux de ses sujets. Toutss les femmes eurent grand soin de se découvrir les épaules devant Z'edoua Toreouraï : en rendait les mêmes honneurs au jeune 7'iéri Ouaté, qui était vec le roi son frére, et 1l nous parut que le utre d'£ri, commun à tous les chefs de cantons et à la noblesse en général, se donne encore par excellence aux personnes de la famille royale. Lorsque le roi jugea à propos de s'en aller, Cook le reconduisit dans une chaloupe à Oparri ; les cornemuses ( dont 1l aimait passionnément la
musique ) et les danses des matclots l'amnserent pendant la route; il ordonna, de son côté, à quelques uns de ses gens de danser : ils ne firent guëere que des contorsions; plusieurs imitaient assez bien les matelots, qui sautaient au son des cornemmses. En quittant le roi, il promit de revenir le lendemain ; mais il ajouta que le capitaine Cook devait lui faire une visite auparavant.
« Le lendemain au matin, on alla voir Otou à Opurri, commet l'avait désiré : Cook était accompagné du capitaine lurneaux et de plusieurs oficiers. On fit présent au roi de différentes choses qu'il ne connaissait pas encore, et entre autres, d'un large sabre : la seule vue de cette arme lefe fraya tellement, qu'on ne put lui persuader de l'accepter ni de la ceindre : ilne la porta que peu de temps à son côté; 11 pris tout de suite le capitaine Cook de la détacher, et de permettre qu'on lotir de devant ses yeux.
« On nous mena ensuite au théâtre, où on joua pour nous un Aéva, où piéce dramatique mélée de danses et de paroles. Cinq hommes etune femme, sœur du rot , étaient les acteurs. [ny avait d'autre musique que trois tambours : Ja comédie dura environ une heure et demie où deux heures: elle fut assez bien jouée. Il ne nous fut pas possible d'en deviner le sujet : quelques parties semblaient adaptes à la circonstance présente, car le rom de Cook y revenait souvent. D'autres n'avaient ecrlainement aucun rapport à nous : elle ne nous parut diflérer
que par la manière de jouer de celles que nous È
avions vues à Ouliétéa, dans notre premier voyage. Tedoua Tocourai montra un talent extraordinaire: son habit de danse était le plus joli de tous : de longs glands de plumes pendaent de la ceinture en bas, et relevaient sa parure. Dés que tout füt
fini, le roi lui-même nous pria de partir, etilenk
voya sur la chaloupe différentes espèces de fruits et
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