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DES VOYAGES. 07 d'environ trente ans, et mariée à Tarc-Deré, fils d'O-ammo; 2°. Tedoua Toouraï, âgée de vingt-sept ans, qui n'était pas encore mariée, et qui semblait avoir une aussi grande autorité parmi les femmes, que le roi son frère en avait sur toute l'île; 3°. O-tou, éri-rahai, ou roi de Taïti, qui. a environ vingt-six ans : Ouahitoua est obligé de découvrir ses épaules en sa présence, comme devant son légitime seigneur; 4°. Tedoua-Tehamaï, morte jeune; 5°. Taré-Ouatou, qui semblait âgé d’environ seize ans; il nous dit qu'il portait un autre nom , que j'ai oublié ; d’où je conclus que celui que je viens d’énoncer était son titre ; 6°. Toubouaïteraï , appeléaussi Mayorro, âgé de dix ou onze ans; 7°. Eaérétoua, petite fille de sept ans, et 8°. Tepaou, petit garçon de quatre ou cinq ans. Une chevelure touffue et un air de bonne santé , sans trop d’embonpoint, paraissaient caractériscr toute la famille; en général, leurs traits étaient agréables, mais ils avaient le teint un peu brun, si on en excepte celui de Néchourraï et d'Otou : ils étaient chéris de la nation, qui aime passionnément ses chefs : leur conduite est en effet si affable et si affectueuse, qu’elle inspire une bienveillance universelle. Tedoua-Toourai accompagnait ordinairement le roi son frère quand il venait nous voir à bord; elle ne croyait pas s’abaisser en vendant aux matelots des fruits et différentes curiosités pour des plumes rouges. Se trouvant un jour dans la grand’chambre avec O-tou le capitaine et mon père, elle regardait des tas d'outils de fer
et d’autres marchandises : le capitaine ayant été appelé sur le pont, elle chuchota quelque chose à son frére , qui, à l'instant, s’eflorçca de détourner l'attention de mon père, en lui proposant diverses questions. Mon père, qui s'aperçut de ses desseins, fit semblant de ne pas regarder autour de lui , et la princesse croyant ne pas être vue, cacha deux grands clous dans les plis de son vêtement. Quand le capitaine rentra, mon pére l'avertit de ce petit stratagéme; mais ils jugérent qu'il valait mieux n'en rien dire que l'ébruiter. On remarquera que toutes les fois qu’elle avait témoigné du goût pour quelques-unes de nos richesses, on ne les lui avait jamais refusées; au contraire, nous lui en donnions plus qu’elle n’en demandait. Il est donc extraordinaire qu'elle ait eu la tentation de voler une chose qu'elle pouvait acquérir honnêtement. Plusicurs des femmes qui étaient à bord l’accusaient de conduire dans son lit des teouteous, ou des hommes d’un rang inférieur, sans que son frère en sût rien. Dans un pays où l’on suit librement les mouvemens de la nature, on ne peut pas attendre de la réserve de ceux à qui le rang permet encore plus qu'aux autres de faire toutes leurs volontés. Les passions sont les mêmes partout : le même instinct domine l’esclave et le prince, et produit toujours le même effet dans tous les pays.
« Le 14 mai, Oedidi se rendit à bord, et nous apprit qu'il se décidait à rester dans l'île; mais on le détermina à nous accompagner à Oulhiétéa, I
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