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DES VOYAGES. 405 mieux armés, parce qu'ils faisaientusage des métaux; mais on voit par les écrits d'Homère qu'ils combattaient sans ordre, et que leurs armes étaient aussi simples que celles de Taïu. Les efforts réunis de la Grèce contre Troie ne furent guëre plus considérables que l'armement d'O-tou contre l'île d'Eiméo, ctil y a apparence que Îles mille carinæ si célébrées n'étaient guère plus formidables qu'une flotte de grandes pirogues, qui exigentchacune de cinquante à cent vingt hommes pour les manœuvrer. La navigauon des Grecs ne surpassait pas celle des Taïtiens d'aujourd'hui par son étendue, car elle se bornait à de courtes traversées d’une île à l’autre; et comme les étoiles, pendant la nuit, dirigeaient les navigateurs dans l'archipel, elles guident aussi les insulaires du grand Océan. Les Grecs avaient de la bravoure , les blessures nombreuses des chefs de Taïti sont des preuves de leur courage et de leur intré-
pidité. Il paraît que , dans les batailles , leur ima-
gination s’exalte jusqu'à la frénésie, et que leur bravoure est toujours en accès. D'après les combats d'Homère , il est évident que l'héroïsme qui produisait les exploits que chante le poète grec était exactement de la mêmenature. Qu'ilnoussoit permis de prolonger encore un peu cette comparaison. On nous peint les héros d'Homére comme des hommes d’une taille et d’une force plus que naturelles; les chefs de Taïti, comparés au bas peuple, sont si supérieurs par leur stature et l'élégance de leurs formes, qu'ils paraissent être d’une race différente. Leurs
estomacs, d’une dimension prodigieuse , exigent une quantité extraordinaire d’alimens. Les héros du siège de Troie sont , comme les chefs de Taïti, fameux par la quantité d’alimens qu'ils consommailent, et il paraît que les Grecs n'aimaient pas moins le porc que.les Taïtiens d'aujourd'hui. On observe la même simplicité de mœurs dans les deux nations, et leur caractère est également hospitalier, affectueux et humain. Il existe même de la ressemblance dans leur constitution politique. Les chefs des districts de Taïti sont des princes puissans, qui n'ont pas plus de respect pour O-t64 que les Grecs n’en avaient pour Agamemnon; et on parle si peu du bas peuple dans l’Iliade, qu'on a lieu de supposer qu'il avait aussi peu d'importance que les teouteous du grand Océan. Enfin je pense que la ressemblance pourrait être poussée plus loin ; mais je n'ai voulu que l'indiquer, sans abuser de la patience des lecteurs. Ce que j'ai dit prouve assez que les hommes parvenus au même degré de civilisation se ressemblent les uns les autres plus que nous ne lecroyons, même aux deux extrémités du monde. Je serais fâché d’avoir fait ces courtes observatiuns si elles engageaient un écrivain systématique à trouver une origine commune aux Grecs et aux insulaires du grand Océan. La manie de rapprocher les Égyptiens et les Chinois, par exemple, a excité tant de disputes, que les vrais savansdésirent qu’elle ne devienne pas une maladie contagieuse. « O-tou proposa à mou père et à M. Hodges de
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