‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 19 sur 79 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Premières tentatives des Portugais. Expédition de

Gama °

Jrax 1, qui chassa Îles Maures de cette partie de l'Espagne , nommée autrefois Lusitanie , et par les modernes, Portugal , poursuivit jusqu’au-delà de la mer ces ennemis si long-temps formidables à l’'Europe, et se rendit maître, en 1415, de la ville de

r | | \ (A LÉ Lt à U AN Qi:

je (Al ÿ [|

RE CHRT RE -—

RES Le

RE TRES ER OIESS ETS ETES

RE UE “1 7 Le

Rs A ONE

Ceuta , sur la côte d'Afrique. Henri, son troisième €

fils, qui l’accompagna dans cette expédition, en c

rapporta un goût si vif pour les voyages et les dé- 1 couvertes, que le reste de sa vie fut entièrement P

1! consacré à cette espéce d'ambition. Il avait étudié ci

| 4 ce qu'on savait alors de géographie et de mathéma- €

jil tiques, et tiré quelques lumières des Maures (1) el nl | de Fez et de Maroc, qu'il avait consultés sur les A | 1 Arabes qui bordent les déserts, et sur les peuples ju he qui habitent les côtes. De la ville de Terçanabal, 7 #”

À | sur la pointe de Sagres, au sud du cap Saint-Vincent, fa

| où il avait établi sa résidence, ses regards se por- cc

à taient continuellement sur la mer. Deux vaisseaux, bi

el épuipés par ses ordres , s'avancérent soixante lieues fit

| au-delà du cap Non, alors le terme de la navigation. av

LE C'était au moins un pas ; mais ils n’osèrent passer cel

le cap Boyador, effrayés par le bruit et la rapidité

(1) Ce nom revient souvent dans nos histoires modernes. Il mérite quelque explication. Les Maures, proprement dits,

sont les peuples de la Mauritanie Tingitane , ancienne pro-

vince des Romains en Afrique, aujourd’hui lempire de

ll Maroc, Tunis, Alger, Tripoli, jusqu’au mont Atlas, Ce

pays fut soumis par les Arabes mahométans, et c’est de là

qu'ils se répandirent en Europe par le détroit de Gibraltar, *

Les Européens les appelèrent Maures. D'autres Arabes com- \

mercèrent dans l'Inde par la mer Rouge, et les Indiens les

appelèrent Maures de la Mecque ou des détroits. Enfin, ils

nommaient indistinctement Maures, les conquérans arabe

et turcs qui avaient pénétré dans l'Inde par la Perse, et qui

avaient formé des établissemens.

| troisième dion, en s et les déhtiérement vait étudié mathéma- Maures (1) ltés sur les les peuples 'ercanabal , nt-Vincent, rds se por- | ValsSEAUX sante lieues navigation.

rent passer | la rapidité

ee manne

res modernes.

>prement dits, ancienne pro- Li l'empire de ont Atlas, Ce et c’est de là de Gibraltar. °

4 Arabes con-

les Indiens lei oits. Enfin, ils quérans arabe;

a Perse , et qui

CA

des courans. Un autre vaisseau envoyé pour doubler ce cap, et commandé par Juan Gonsalez Zarco et Tristan Vaz Texeira, fat jeté par la tempêtesur une peute île qu'ils nommerent Puerto Santo , et découvrit dans un autre voyage l'île de Madère. Enfin Gilianez, en 1435, doubla ce terrible cap Boyador, et vogua quarante lieues au-delà, le long des côtes. Antoine GonsalezetNugno Tristan allèrent, en 1440, jusqu'au cap Blanc; et, y retournant encore deux ans aprés avec quelques prisonniers qu'ils avaient faits dans leur premier voyage, ils les changèrent contre de la poudre d’or que leur offrirent les habitans du pays. C’est la première fois que l'Afrique fit luire ce précieux et funeste métal aux yeux des avides Européens. Aussi les Portugais nommérent cet endroit Rio do Oro (Rivière de l'Or ), d'un ruisseau qui coule environ six lieues dans les terres. Cintra, peu de temps aprés , pénétra encore plus loin, et aborda aux îles d’Arguin. L’ardeur pour les découvertes commençait à s'emparer de tous les esprits. L’espérance rapprochait les espaces et éloignait les dangers. On avait vu de l'or; et l’on était prêt à tout entreprendre. Il se forma une com pagnie d'Afrique qui arma dix caravelles, ct s’empara des îles au sud d’Arguin. On fit un grand nombre de prisonniers, on perdit quelques hommes, et le sang des Européens coula pour la première fois dans cette terre qu'ils devaient désoler. Denis Fernandez, en 1446, passa l'embouchure de la rivière de Sanaga , que nous nommons Sénégal,

pe. ve rpg

>; res,

SEE = RÉEL TIRE Re

Euh

4 MISTOIRE GÉNÉRALE Il découvrit ensuite le fameux cap Verd. D'autres capitaines portugais abordérent aux Canaries, et le prince Henri envoya une flotte pour en faire la conquête, Mais comme elles avaient été découvertes cinquante ans auparavant par Bétancourt, gentilhomme français au service du roi d’Espagne, 1l fallut les abandonner à cette couronne, et la possession Jui en a été assurée depuis par des traités. Cependant l’ardeur des Portugais parut un peu ralentie par des disgrâces et des pertes mulupliées , qui donnérent de ces expéditions maritimes une idée redoutable. Nugno Tristan, qui, encouragé pas ses premiers succés, avait suivi les côtes l’espace de soixante lieues au-delà du cap Verd, jeta l'ancre à l'embouchure d'une rivière qu'il nomma Rio Grande ; mais ayant voulu la remonter dans sa cha loupe, il se vit tout à coup environné d'une mulutude de Nègres qui, de leurs barques, que les Maures nomment almadies , lui lancérent une nue de fléches empoisonnées. La plus grande partie de ses gens fut tuée. Lui-même reçut une blessure dontilexpira le même jour. Alvaro Fernandez, qui alla quarante lieues plus loin que Tristan, jusqu'à la riviére de Tabite, fut aussi repoussé par les Nègres et blessé, Gilianez fut battu par ceux du cap Verd. Mais l'acuvité du prince Henri, devenu régent pendant la minorité d'Alphonse v son neveu, soutenait et réparait tout. Il peupla les iles Acores, découvertes par Gonsailez Velho. On trouva dans Corvo , l'une de ces îles, une statue équestre cou-

sur étai cin« side enc En arri end

. D'autres es, et le re la concouvertes És gentil pagne, il et la poss trailés.

ut un peu aluüpliées , mes une encouragé es l’espace eta l'ancre jmma Rio ans sa cha l'une muls, que les tune nuce e partie de e blessure andez, qui n, jusqu'à sé par les nx du cap levenu réson neveu , es Acores , rouva dans eslre çou-

DES VOYAGES. 5 verte d’un manteau , la tête nue, qui tenait de la main gauche la bride du cheval, et qui, de la droite, montrait l'occident. On a prétendu que ce signe de la main indiquait l'Amérique. Le commerce d’or et de Nègres qui commençait à s'établir aux îles d'Arguin, fit naître l’idée d'y bâur un fort, qui fut achevé en 1461. C’est en 1462 qu'un Génois, nommé Antonio de Noli, célèbre navigateur , envoyé par sa république au roi Alphonse, découvrit les îles du cap Verd , ainsi nommées parce qu'elles sont situées à cent lieues du cap à l'occident. Enfin la même année on alla jusqu'à Sierra Léone, qui fut le terme de la navigation portugaise du vivant du prince Henri, comme l'année suivante fut celui de sa vie. Les voyages entrepris sous Îles auspices de ce prince, qu'on regarde comme l’auteur et le mobile de toutes ces découvertes qu'on a faites depuis à l’est et au sud, s’étendirent depuis le cap Non jusqu'à Sierra Léone, du 22° degré de latitude nord, au 8°, l’espace d'environ Goo lieues de côtes.

On commençait à fonder de grandes espérances sur le commerce de Guinée, puisqu'en 1449 il était affermé cinq cents ducats pour l’espace de cinq ans , somme légère en elle-même , mais considérable pour des entreprises dont on n'avait encore recueilli que des travaux et des dangers. En 1471, Jean de Santaren et Pedro de Escovar arrivèrent sous le 5° degré de latitude nord, à un endroit qu'ils nommèrent /a Mina, à cause de ses

nombreuses mines d'or ; ils passèrent méme la c

Mir Ligne, et allérent jusqu'au cap qui fut nomme n

Ê if! Sainte-Catherine, trente-sept lieues au-delà du cap a

| | deLosez Consalvo, à 2° 30’ de latitude méridionale. P

(ri Fernande Po donna son nom à l’île qu'il avait ce

| | ÿ d'abord appelée Æermosa ou la Belle. On décou- EL [El vrit les îles de Sar-Thomé, Anno Bon et do Prin- g pli L cipe. Mais une époque plus importante fut l’éta- L ï 18 blissement à la Mina sur la Côte d'Or, qui signala di j qu le nouveau règne de Jean. Il y fitélever ,en 148r, Sa nil un fort quidevint le principal boulevard de la puis- rc sance portugaise en Afrique, et le canal des r'i= n.

chesses de cette nation. On fit un traité avec le roi .

du pays, qui se nommait Cara Manza. Le roi de Portugal prit le titre de seigneur de Guinée. Diégo Cam remonta la rivière de Congo , que les habitans nomment Zaïre, et engagea le roi à se faire bapu-

ser. Le roi de Bénin, qui entendit parler du com-

merce de ses voisins avec le Portugal, cruty trouver

aussi des avantages, el envoya demander des mis-

sionnaires. Barthélemy Dias pénétra jusqu’au 26°

degré de latitude méridionale, et relâächa dans une

île qu'il nomma Santa Cruz, d'une croix quil

éleva sur un roc (1). H passa méme de plus de cent

lieues le cap de Bonne-Espérance, mais sans l'aper-

(1) C'était l'usage d'en élever une dans toutes les terres

ni que l’on déec :vrait. Jean 11 changea cette méthode, et vou-

lut qu'on portât de grosses pierres où étaien: écrits son nom,

cclui du capitaine, et l'année de l'expédition.

it méme la fut nomme -delà du cap néridionale.

qu'il avait

On décou-

et do Printe fut l’éta- , qui signala er,en 1481; 4 de la puisanal des ri- LE avec le roi a. Le roi de

uinée. Diégo e les habitans e faire hapuler du comcrul y trouver der des misjusqu’au 20° cha dans une e croix quil > plus de cent is saus l'aper-

outes les terres éthode, et vouécrits son nom,

cevoir. Il ne le découvrit qu'à son retour, et le nomma le cap des Tempétes (1), parce qu'il y en avait essuyé une trés-violente. Le roi Jean ne trouva pas ce nom de bon augure , et y substitua celui de cap de Bonne-Espérance , qui est demeuré , et qui semblait déjà annoncer les Indes. C'était alors le grand objet des courses des navigateurs portagais. Le chemin qu'on avait fait autour de l'Afrique, dans l'océan Atlantique , faisait soupconner le passage qu'on trouva bientôt après, et indiquait la route qui menait aux Indes par la mer en naviguant au sud , puis remontant vers l’orient. Jean 11 essaya d'en trouver un par terre. On pouvait, en eflet, aller par la Méditerranée dans la Syrie et dans la: Perse qui touche aux Indes. Mais cette route pénible , même pour un voyageur, était impratcable pour le commerce. On pouvait encore , si l'on eñt été maître de l’isthme de Suez, descendre par la mer Rouge dans la mer des Indes. Cette route, infiniment plus courte, aurait convenu d'autant mieux à Jean 11, qu’il désirait vivement de pénétrer dans l'Abyssinie , et la mer Rouge pouvait l'y conduire. Ce pays excitait alors une grande curio- | suté. Son roi, nommé le Négus ou le rête-Jean , était chrétien , c’est-à-dire, d’un rit grec mélé de judaïsme, et passait pour le plus puissant roi de l'Afrique. Un Franciscain , qu'on chargea de faire

(1) Cabo Tormentoso.

Son EDR LMP R ES EM TE D ie am um

EST LU ag he

fe ja pi

Page 1