‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 27 sur 79 · PTS · texte numérisé non relu

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coutumés depuis longtemps à se voir les maîtres

de tout le commerce des Indes, ne pouvaient voir

patiemment ces nouveanx hôtes, dont la concur-

rence étaient à craindre, Is avaient nécessairement

beaucoup d'appui à la cour du samorin , et la con-

naissance du pays les mettait en état de nuire aisé-

ment à des étrangers. Après avoir tenté inutilement

de les perdre dans l'esprit du samorin, ils prirent

le parti de les traverser ouvertement dans la vente de leurs marchandises, et dans l'achat des épices, dont le privilége exclusif avait été accordé aux Portugais, jusqu'à ce que leur flotte füt chargée, avec permission de saisir les vaisseaux maures où il s’en trouverait. Les Portugais usérent imprudemment de leur droit de saisie. 11 n’en fallait pas davantage pour soulever la multitude. C'était ce qu'attendaient les Maures : appuyés du catoual et de J'amiral de Calicut, ils firent croire aisément au samorin que les Portugais avaient excédé leurs priviléges, etque leur flotte étant chargée , 1ls voulaient encore empécher les autres marchands d'acheter. Le comptoir fut investi en un moment par une populace furieuse. Le nombre des assaillans montait à quatre mille, et plusieurs naïres étaient à leur tête. Il n’y avait dans le comptoir portugais que soixante et dix hommes qui cependant osèrent se défendre. Cinquante furent pris ou tués. Le reste , tout couvert de blessures » SE SAUVa par Une porte qui donnait du côté de la mer, et regagna l: flotte. Les marchandises furent pillées; la perte

montait à quatre mille ducats. À cette nouvelle, Cabral, ne respirant que la vengeance, attaqua deux gros vaisseaux indiens qui étaient dans le port, tua six cents hommes qui les défendaient, se saisit de leur charge, et les brüla à la vue des Maures qui couvraient le rivage, et d’une infinité d’almadies qui n'osèrent s'avancer, ou furent repoussées avec perte. Le lendemain, il donna ordre que tous ses vaisseaux se rangeassent vis-à-vis de Calicut, et fit tonner son artillerie sur la ville. Quantité de maïsons et de temples, une partie même du palais, furent réduits en cendres. Les Indiens s’assemblant avec un empressement aveugle pour repousser le péril, les boulets tombaient au milieu de la foule et n’en avaient qu'un effet pius terrible. Le samorin vit un naïre tué à côté de lui d’un coup de canon, et s'enfuit saisi d'épouvante. Cabral fit cesser le feu pour donner la chasse à deux vaisseaux qui se présentérent à la vue du port. Mais n'ayant pu les aueindre, il continua sa route vers Cochin, où il projetait d'établir un comptoir. Il y fut plus heureux que dans Calicut. Le roi de Cochin, vassal du samorin, ne fut pas fâché de se lier avec des étrangers puissans qui pouvaient lui assurer cette indépendance, le premier vœu de tout prince qui reconnaît v: suzerain. Cochin est à quatre-vingt-dix lieues de Calicut. La commodité de son port attire un grand nombre de marchands. Cabral eut une andience du roi, et en fut trés-bien traité, 1] offrit quelques présens qui furent d'autant mieux reçus, que ce prince était pauvre, quoique

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