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Colombo, dont le roi leur payait un riche tribut. Ils disputaient les Moluques aux Espagnols, qui étaient venus par le sud-ouest (1). Ils tiraient le girofle de Ternate et de Tidor. On conçoit facilement quelles richesses le roi de Portugal puisait dans ces nombreuses possessions, et quels gains immenses procuralent aux commandans des vaisseaux les prises continuelles que l’on faisait dans
ioute l'étendue de ces mers, où régnait leur pa-! ÿ
villon. Mais cette vaste puissance fut détruite presque aussi promptement qu’elle avait été formée. La domination tyrannique des Portugais, et la hainc
qu’elle inspirait, fournirent aux nations rivales, à! . qui la route d'Europe aux Indes dévint bientôt fa-| » milière, les moyens de s'élever sur les ruines des}
premiers conquérans.
Cependant, pour ne rien omettre de ce qui peuth, intéresser la gloire des Portugais, 1l faut dire ui mot des deux siéges de Diu, qui appartiennent iEs peu près à l'époque où nous nous sommes arrêtés, Pa et de la confédération des puissances de l'Inde, Ra dissipée par le courage et les talens d’Ataïde. Cefu
furent là les derniers triomphes des Portugais.
Bandour, roi de Cambaye, ayant eu besoin desEu secours des Portugais contre les mogols de Délhy, leur avait enfin accordé la permission de bäur unpn
(1) Nous rendrons compte ailleurs de cette nouvelle routtB# Li faire à
ouverte aux Espagnols par un Portugais aussi célèbre que Gama, Ferdinand Magallanès ou Magellan.
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e tribut. Æ fort à Diu. Dès qu’ils furent en possession du fort, ols, qui | ils devinrent bientôt maîtres de la ville, qu'ils raient le | À trouvèrent si bien fortifiée, qu'ils n’eurent que
pit facile- k trés-peu de chose à y faire pour la rendre un des al puisait A plus fermes remparts de leur puissance. Bandour, els gains | 1 faugué de leur joug, appela les Turcs, qui, se des vais-} { rendant de plus en plus redoutables, venaient de isait dans 1 conquérir l'Égypte , et de mettre fin à la domina-
, leur pa-} 4 tion des Mamelouks. Maîtres de l'Égypte , 1s avaient G . F0 Q » A Q 4 à è s 2 ruite pres! { unintérêt direct à combattre les Portugais, qui rui-
ormée. Li = À naient le commerce que le Caire entretenait avec t la hainc
{ les Indes par l’isthme de Suez et le golfe Arabique. rivales , à! 4 En 1558, Solyman, pacha, partit de Suez avec bientôt ft- | À une flotte de soixante-seize bâtimens, et parcourut
ruines des} 1 dans toute sa longueur ce golte dangereux et res-
| ; 1 serré, qui s'étend entre l'Égypte et Arabie, depuis ce qui PEU Suez jusqu’au détroitnommé en arabe Babelmandel, ut dire . È ou Porte des pleurs ; nom qui prouve l'idée terriruennent ‘D ble que l’on avait de cette mer remplie d'écueils, nes arrêtés, à 4 de bas-fonds et de bancs de sable. Solyman s’emde l'Inde, ; para de la ville d’Aden, située à la pointe de l’Ara- J’Ataide. Ccpn bie, et que l’on peut appeler la clef de la mer rtugals. | | Rouge. La navigation est si difficile dans cette mer, 1 besoin dep qui n'a pas plus de cent lieues dans sa plus grande s de Déliy,p4 largeur, qu'on ne peut faire voile la nuit qu’au
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de bäur ut h} milieu du golfe. Il faut une attention continuelle
| pour suivre le canal propre à la marche, et le pilote
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nouvelle route Lavertit, par des cris, du changement qu'il faut 4 DEL \ : .
si célèbre qui faire à la manœuvre. Il y a deux sortes de pilotes LA pour cette mer : Les uns accoutumés à la navigation à
84 HISTOIRE GÉNÉRALE du milieu, qui est la route pour sortir du golfe:
les autres accoutumés à conduire les aloaut ai reviennent de l'Océan, et qui prennent entre les bancs de sable. On les nomme Robans, du mot arabe roban, qui signifie pilote. Ils sont excellens
nageurs. Dans plusieurs endroits où la mauvaise
qualité du fond ne permet pas de jeter l'ancre, ils plongent hardiment pour fixer une galère entre les bancs.
Bientôt Diu se vit assiégé d’un côté par la flotte
turque, et de l’autre par l’armée du roi de Cam-
baye, que commandait Khoïa-Djaflar, maure de beaucoup de courage et d’ esprit, qui, ayant servi chez les Portugais, tournait contre eux les lecons
qu'il en avait reçues. Le siége fut poussé avec | dernière vigueur. Les Portugais, craignant quelque} trahison de la part des habitans de la ville, l'avaient} abandonnée, et s'étaient bornés à la défense du} château et du fort. Ils étaient en petit nombre,|
mais déterminés à mourir plutôt que de se rendre; et Diégo Sylvéira, leur gouverneur, valait lui seul
une armée. Il joignait à la bravoure, qui était con:|
mune alors à tous les Portugais, des vertus qu
semblaient leur être étrangères, le désintéressement} et l'humanité. Les historiens conviennent qu'il ft}
tout ce qu'il était possible de faire dans un temps où l'attaque et la défense des places n'étaient pas,
à beaucoup près, aussi perfectionnées qu'aujour-} 4
d'hui. La valeur et l'impétuosité servaient beaucoup} :
plus que l'adresse. Sorties continuelles qui uou-|
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À DES VOYAGES. 85 lu golfe; # blaient les assiégeans et leur coûtaient beaucoup
Eaux qui de monde, diverses inventions pour brûler les
entre les Æ machines, que l'on joignait encore à l'artillerie, , du mot 4 promptitude à réparer les bréches et à former de excellens ( nouveaux remparts , tout fut employé par les assiémauvaise | | gés pendant deux mois que dura le siége. Les Porancre , ik! 4 tugais se signalérent par quantité de ces 2 ctions éton-
eentreles À nantes que l’on admire et qu’on oublie, mais que {les historiens conservent queiquefois comme des ar la floue | témoignages de ce que peut l’homme, quand le \ de Cam- { danger et le désespoir lui donnent des forces que maure de lui-même ne soupconnait pas. Un Portugais, nommé ayant servi Pentendo , était sorti du combat avec une blessure. les leçons! # On y mettait le premier appareil. Il entend le bruit ssé avec a} { d'une nouvelle attaque; 1l s’arrache des mains des nt quelque} # chirurgiens, revole à l'ennemi, est encore blessé, e, l'avaientf : revient se faire panser ; mais entendant que l'atiaque défense du} . recommence , il s'échappe de nouveau, et reçoit it nombre,} 4 une troisième blessure. Les femmes même se dis- » se rendre; : unguërent par leur intrépidité et leur constance. lait lui seul} 4 Elles se chargeaient de tous les travaux que la fai- 1 était COM ; vertus qu téressement| ent qu'il fi] 1s un temps} 'étoient pas,
{ aux hommes plus de liberté pour combattre. Soly- | man, furieux d’une si longue et si opiniâtre résis- | tance, et alarmé d’ailleurs de l’arrivée prochaine : d'une flotte portugaise commandée par Norongna, 1 résolu de tenter un assaut général. On se battit sur les remparts pendant quatre heures. Sylvéira était À partont ; 11 commandait, il combattait , il animait { les soldats par sa voix et par son exemple. Mais le
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! blesse de leur sexe leur permettait, afin de laïsser ,
8G HISTOIRE GÉNÉRALE gendre de Djaffar , qui dirigeait l'assaut, ayant été tué, les Tures se reurèrent, et le lendemain Solyman mit à la voile. Il y a toute apparence que, s’il avait su l’état où étaient les Portugais, il n'aurait pas levé le siége. Il n’y avait plus ni poudre, ni
balles, ni munitions. Les lances et les épées étaient |!
brisées, et hors d'état de servir. 11 ne restait que quarante soldats qui pussent combattre. Les murs
étaient ouverts en mille endroits; et, dans cette |:
déplorable extrémité , la contenance du brave Syl-
véira ne changea pas un moment.
Il paraît que le départ précipité de Solyman fut |
surtout l’eflet de la politique de Djaffar. Ce ministre
de Cambaye était las de la tyrannie et des violences !
des Turcs, qui avaient pillé la ville de Diu, et
affectaient de parler en maîtres. 11 crut que le joug
des Portugais serait plus doux ou moins durable, et plus facile à secouer. Il fit rendre au pacha une
lettre qui l’averuissait que la flotte portugaise serait }
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