TRES
obtenu des Indiens par la douceur et la bonne foi. | 1
Les Portugais aimèrent mieux pousser à l’excés l'abus de la force et de la victoire. Le rapt, le viol, les empoisonnemens, les assassinats, tout leur paraissait permis pour satisfaire la soif de l’or et des voluptés. Mais ces mêmes excés ne pouvaient manquer de leur devenir funestes. L’habitude des délices et de la molesse énerve les forces et le courage, et les crimes avilissent l'âme. Bientôt la gloire et la patrie furent oubliées. On avait toujours de la valeur; mais dans des établissemens lointains et entourés d’ennemis, l'attention à préparer les. ressources et à ménager les naturels du pays est encore plus importante que la valeur ; et c'est ce qui manqua aux Portugais. On ne songeait qu’à acquérir des richesses : un trafic infâme , confondant les officiers et les soldats, détruisit toute discipline.
Le second siége de Diu, qui arriva sept ans après le premier, en 1545, fut beaucoup plus long, plus meurtrier, plus terrible, et non moins ferule en belles actions. C'était l’intrépide Khoïa-Djaffar qui commandait à ce siége, à la tête des troupes de Cambaye. Après avoir éloigné les Turcs, il se flattait de chasser les Portugais. Il pressait le siége avec furie, et le dirigeait avec habileté, Mascarenhas, gouverneur de la place assiégée, avait sans cesse devant les yeux l'exemple de Sylvéira, et acquit une gloire égale à la sienne. Djaffar, donnant ses ordres au milieu d’une attaque, fut tué d’un coup de canon, qui lui enleva la tête et la main drone