EL
qui les joignaient ensemble , sans autre lien que des cordes de bananier. Le fond était rempli d'une paillasse de cannes, sur laquelle on avait mis une grande NE quantité de feuilles sèches de bananier couvertes d: HA 17 d'une matt; et pour draps, deux pièces d'une (| ne étoffe blanche de coton. La courte-pointe était aussi | LÉAPEUIELUES de coton à raies bleues et blanches. | Roberts passa deux mois dans la maison du seigneur Antonio Gomcrés sans pouvoir se rétablir ; mais ayant commencé à reprendre ses forces , il se fil un amusement de la pêche. 11 employait souvent trois ou quatre jours entiers à cet exercice. Les Négres portaient le bois dont ils avaient besoin pour allumer du feu et faire cuire le poisson. Ils | | trouvaient du sel sur les rocs, où la chaleur du “LE soleil le formait naturellement de l’eau de la mer. ‘| Î
Ce et Ê
Dans la familiarité où Roberts vivait avec les Nègres , il s’informa quels vaisseaux ils avaient vus dans leur île depuis quelques années. 11 n’en était arrivé que deux dans l’espace de septans : l’un d’Angleterre, qui avait acheté des porcs ; l’autre, portugais, qui, transportant des esclaves de Saint-Nicolas au Brésil , avait relâché à Saint-Jean pour faire de l’eau, mais s'était vu enlever de dessus ses ancres par une violente tempête. L’intention de Roberts
était de passer dans l’île Saint-Philippe , où il savait
A que les vaisseaux abordaient plus souvent. Après de obli longues réflexions, il prit le parti de rassembler deu: tous les débris de sa felouque, et d'en composer gagr une barque avec le secours des Nègres. Il lui donna ose vingt-cinq pieds de lorg sur dix de largeur, ct par v
quatre pieds dix pouces de profondeur. I] la calfata Q de coton et de mousse, avec un enduit de suif mélé dat de fiente d'âne. Cette composition acquit tant de ble dureté en séchant au soleil, que non-seulement }: Il a di
chaleur n’était pas capable de la fondre, mais que térét @ l'eau de la mer ne pouvait l’'endommager. La fiente que ce ‘d’âne la défendait contre les poissons , qui auraient kbon: inangé le suif sans ce mélange. D'ailleurs Roberts horrib, aurait pu se procurer assez de suif pour fournir que l'E
à tout l’ouvrage ; car 1l observe que quarante che- D ile vres ne lui en donnaient pas plus de cinq livres, tertus et qu'une vache grasse n’en rendait pas davantage, Dh
Lorsqu'il crut avoir mis sa barque en état de sup. L,,: au porter la mer, il obtint des Nègres une ancre qu'ils mme avaient pêchéeaprés le départ du vaisseau portugais sain dont on a raconté l'accident. Il s’approcha ainsi de relle q Furno, d'où il se rendit à la ville pour y faire ses D adieux : mais il fut fort surpris qne Franklin, après à; él lui avoir promis constamment de s’'embarquer avec eux, À
ni, eût changé tout d’un coup de résolution. Il Æ,}, £,
affecta de paraître satisfait de ses raisons ; et, sans
les p ations ur Ja s iroces L,
autre compagnie que son matelot et six Nègres qui s'étaient offerts à le suivre, 1l partit deux heures avant le jour, avec la marée du man.
dan,
il savait Après de sembler onposer ni donna geur ; et la calfata suif mêle it tant de lement la mais que . La fiente ii auraient rs Roberts ur fournir arante chéinq livres, davantage. état de supancre qu'ils Au portugais cha ainsi de ry faire ses klin, aprés arquer avec
DES VOYAGES. 257 Après avoir erré quelque temps, il fut encore obligé de retourner à Saint-Jean , et de s’y arrêter deux mois pour réparer sa barque. Maïs enfin il gagna San-Tago, la principale des îles du cap Verd, où vint aborder un vaisseau de Bristol, commandé par un de ses amis, qui le ramena dans sa patrie. Quoique nousnous soyons peut-être un peu étendus sur les aventures de Roberts, nous croyons que le lecteur judicieux ne nous en fera pas de reproche. Il a dû y retrouver à tout moment des objets d’intérêt et d'instruction. Quel contraste plus frappant que celui de la férocité des corsaires anglais, et de k bonté des Nègres de Saint-Jean! D’un côté, quel horrible abus de tous les arts, de toutes les lumières, que l’homme policé acquiert dans la constitution sociale ! et de l’autre, quel exemple de toutes les vertus qui üennent au sentiment de la pitié dans l'homme sauvage, qu'ailleurs nous trouverons souvent aussi méchant dans sa grossiéreté que nous le sommesavecnos connaissances | Peut-être les Nègres de Saint-Jean n’avaientls conservé cette bonté naturelle que par une suite de l'extrême pauvreté de leur demeure. Jetés sur des rochers, au milieu desécueils ul éloignent les vaisseaux de ces parages dangeeux, ils n'avaient point été corrompus par l’avarice
&solution. Il lila fausseté qui naissent de l'esprit de commerce ;
ons ; et, safis Miles prêtres qui, pour régner mieux sur toutes ces
Nègres qui Baions grossières, obscurcissent leur intelligence
deux heures Br la superstition, qui les rend à la fois dociles et
, lroces, n'avaient pas eu d'intérêt à aveugler cette
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E£ GÉNÉRALE ouvait rien prendre.
rs rochers inabor-
heureux de voir par le sort pour t encore la suleur était
258 HISTOIR horde indigente à quil'onnep Ainsi relégués au milieu de leu dables, ces Nègres 5€ croyaient d’autres hommes as$ez malheureux avoir besoin d'eux. [ls reconnaissaien périorité de ces Européens ; qui pourtant devenue inutile; et les Européens» portés à la nage parles Nègres quiplon geaientau milieu des rochers,
nnaître à leur tour une autre espèce que l'homme porte partout avec lu.
aité d’ailleurs, quelle variété d'incrüon de Roberts, abandonné dans Ja fortune, et flottant sans cesse entre la mort et Ja vie ! Combien de fois l’espé rance vient remplacer le danger ! et combien de foi ledanger fait disparaitre l'espérance! On a remarqui que les marins ne pouvaient pas souffrir long-temps le séjour de Ja terre. N'est-ce pas parce que leu âme, accoutumée aux fortes secousses » ins ide et monotone un vie qui grands périls, ni grandes joies :
paraissent petits à des hommes qui ont si calculé de combien de minu
de la mort; et qu'est-ce que les craintes pusillanimes qui ui qui a éprouvé tant
pouvaient reco de supériorité Quelle mulupli dens dans la situa sa felouque aux mers Et à
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DES VOYAGES. 259 nèrent le nom de las ilhas de Cabo-Verde. Le cap ire le sien de la verdure nerpétuelle dont il est couvert; et les îles, du « :: vis-à-vis duquel elles sont situées. Cependant eiles sont nommées aussi par les Portugais las ilhas Verdes, soit par simple contraction , soit par allusion à l’herbe verte, qu'ils nomment sargosso, dont toutes ces îles sont environnées. Elle a beaucoup de ressemblance avec le cresson d’eau, et son fruit ressemble à la groseille. La mer en est couverte depuis le 20° degré jusqu'au 24°. Dans quantités d'endroits elle est si épaisse, qu'elle présente comme un grand nombre les flottantes, qui sont capables d'arrêter les vaisseaux lorsque le vent n’est point assez fort pour leur faire surmonter cet obstacle, sans qu’on puisse simaginer ce qui produit cette verdure dans une mrtie de l'Océan qui est à plus de cent cinquante lieues des côtes de l'Afrique, et qui n’a pas de find. Les Hollandais appellent les îles du cap Verd, îles de Sel, parce qu'il s’y en trouve beaucoup.
On en compte dix : Sal, Bona-Vista, Mayo, Sanhgo, Fuego ou Saint-Philippe, Brava ou Saint- Jean, Saint-Nicolas, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, et Saint-Antoine. D’autres en comptent douze, et quelques-uns quatorze; maisils donnent mal à proos le nom d'îles à quatre rocs, dont les deux pre-
uiers, qu'on a nommés Ghuny et Carnera, sont
au nord de Brava; et les deux autres, nommés haor et Bracna, à l’ouest de Saint-Nicolas.
Les îles du cap Verd prennent un peu pius de
trois degrés du sud au nord, avec la même étendue de l'est à l’ouest ; c'est-à-dire qu'elles sont entre 14 degrés 55 minutes, et 17 degrés 45 minutes de latitude. De même Jeur longitude de Ferro ester 47 degrés. Sal, Bona-Vista et Mayo sont le plus à l'est dans la direction du nord au sud; San-[ago, Fuego et Brava» le plus au sud dans la direction de
l'est à l'ouest. Saint-Nicolas; Sainte-Lucie, Saint-
Vincent et Saint-Antoine, le plus au nord-ouest, et
ur une même ligne du sud-est au nord-ouest.
Owington dit qu'elles s'étendent dans la forme d’un croissant dont le né vers le continent d'Afrique: Beckman observe qu’elles présentent une perspective fort agréable à ceux qui les traversent à la voile. Mayo, qui est la plus proche du cap Verd, en est éloignée d'environ quatre:
vingt-treize lieues ouest quart nord. La situation ble pour le rafraîchisse-
de ces îles est très-favora ment des vaisseaux qui font le voya6e de Guinte ou des Indes orientales.
Tout le monde convient que l'air des îles du cp
Verd est d'une chaleur extrême et fort malsain. Sir Richard Hawkins prétend que Je climat est un dé plus pernicieux x la santé des hommes qui soit connu dans l'univers. Il y avait abordé deux fois, avec le chagrin d'y perdre Ja moitié de ses gens pi des fièvres malignes et Par la dyssenterie. Comme
côté convexe est our
ement, la terre y €$
\ pleut rar poser le pied dans le
n'y saurait fait tomber ses rayons.
t si brùlante, quo s lieux où le solell Le vent du nord-est; qui
s'y élér apport effets s ils la p qui leu d'une 1 observe côtes c lune a etqu'il ser La 2 Beck du cap surtout Mayo.
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de ché qu'on mille x ferules nes, d grenad \l trou:
chèvre ‘hevre Rue a 0IS.
Lar le che
rt de
DES VOYAGES. 261 sy élève un peu avant quatre heures après midi,
e étendue ; apporte ensuile une fraîcheur soudaine dont les
sont entre
inutes de effets sont souvent mortels. Aussi les habitans ont-
o estentre ls la précaution de se couvrir la tête d’un bonnet LA ont le plus D 1" leur descend jusqu'aux épaules, et le corps fi San-lago, d'une robe fourrée, ou doublée de coton. Hawkins
lirection de observe encore que dans ce climat, comme aux
côtes de Guinée et dans tous les pays chauds, Ja lune a beaucoup d'influence sur le corps humain, «qu'il est par conséquent fort dangereux d'y passeb la nuit à l'air.
Beckman remarque que dans la plupart des îles du cap Verd le terroir est pierreux et stérile, et surtout dans celles de Sal, de Bona-Vista et de Mayo. Sal et Mayo ont un grand nombre de cheaux sauvages. Outre les chevaux, Mayo a quantité de chèvres, et du sel en si grande abondance, quon en pourrait charger, dit-on, plus de deux mille vaisseaux. Les autres îles sont beaucoup plus krules, et produisent du riz, du maïs, des banans, des limons, des citrons, des oranges, des genades , des cocos , des figues et des melons. On y trouve aussi du coton et des cannes à sucre. Les chèvres y donnent généralement trois ou quatre hevreaux d’une portée, et souvent trois fois dans ie année. Les vignes y rapportent aussi deux os.
cie, Saintd-ouest, et 1ord - ouest.
18 la forme tourné vers erve qu'elles le à ceux qui tla plus proviron quatre-
La situation | rafraîchissege de Guince
des îles du cp rt malsain. Sir mat est un dé mmes qui soil ‘rdé deux fois, de ses gens pik terie. Comme! brülante, quo eux où le soleil u nord-est, dl
La richesse des habitans consiste dans leurs peaux le chèvres, et dans le sel de Bona-Vista, de Mayo t de San-Iago. Barbot rapporte qu'ils préparent
parfaitementleurs peaux à la manière du Levant; et étc Beckman assure qu’il n’y en a pas de meilleures au de: monde dans la même espéce. des
On y prend un si grand nombre de irtues, que les plusieurs vaisseaux viennent s’en charge: tous les 1 ans, et les salent pour les transporter aux colonies bité de l'Amérique. Ces animaux prennent les temps de tug pluie pour faire leurs œufs dans le sable, et les soul laissent éclore au soleil. C’est alors que les habitans min leur donnent la chasse , sans autre embarras quede à 4055 les tourner sur le dos avec des pieux ; car elles sont dans si grosses, qu'on n’en aurait pas la force avec les liér mains. La chair des tortues n’est pas moins en D SX C usage dans les colonies, que la morue dans tous MR dans les pays de l'Europe. les n:
Atkins observe que les Portugais établis aux îles RE pesar du cap Verd reçoivent indifféremment tous les des 1 vaisseaux qui s’y arrêtent, et leur vendent à fort Bona bon marché des rafraîchissemens et des provisions tent dont San-lago est la principale source. Barbot now leme apprend que les Français du Sénégal et de Gorte qu'on envoyaient prendre leurs provisions dans cette ile, trois lorsqu'ils ressentaient la disette dans cette parti Sa de la Nigritie, et qu'ils en tiraient des vivres pour 5ran des esclaves et d’autres richesses. Vers l'an 1595, td dans le temps que Hawkins était en voyage, ik Nèg faisaient un commerce considérable à San-Iago, : Fuego, à Mayo, à Bona-Vista, à Sal et à Brava, où ils venaient continuellement de Guinée et de Bénin 5"es Ils en tiraient des esclaves , du sucre, du riz, del °°
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evant; ct lleures au
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x colonies es temps de ble, et les les habitans arras que de ar elles sont rce avec les s moins en | 1e dans tous |
ablis aux îles ‘ent tous les endent à fort es provisions . Barbot nous Let de Gortt dans cette île, ns celte parle es vivres pour rs l'an 159, n voyage; ik à San-lago, i Let à Brava, 0 ée et de Bénin.
re, du riz, dé
étoffes de coton, de l'ambre gris, de la civette, des dents d’éléphans, du salpêtre , des pierres-ponces, des éponges, et quelque petite quantité d'or que les insulaires tiraient eux-mêmes du continent.
Toutes les îles du cap Verd étaient presque inhabitées, lorsqu'elles furent découvertes par les Portugais. Les établissemens particuliers s'étaient mal soutenus , parce qu'ayant manqué de vivres, la famine en avait ruiné plusieurs. La pluie leur avait aussi manqué long-temps. À peine se souvenait-on, dans les îles de Bona-Vista, de Mayo, et particuhérement dans l’île de Sal, d’en avoir vu depuis six ou sept ans. Il n’en était tombé du moins que dans les montagnes où les habitans racontent que les nuées se rassemblent, et qu'étant beaucoup plus pesantes, elles se fondent pour arroser inutilement des lieux stériles et déserts. Les îles de Sal, de Bona-Vista et de Mayo, qui sont fort plates, arrétent d'autant moins les nuées qui sont continuellement chassées par le vent; et c’est à cette‘raison qu'on attribue la sécheresse qui règne dans ces trois îles.
Sal , Sainte-Lucie et Saint-Vincent, trois des plus grandes îles du cap Verd, n’ont aucun habitant, tandis que les autres sont assez bien peuplé:s de Nègres et de Mulätres. On en donne une raison qui mérite d'être rapportée. Les premiers Portugais, surtout ceux de San-Iago, se procuraient des Negres de Guinée pour le travail de leur colonie ; mais, comme la plupart ne menaient pas une vie fort
régulière , ils se croyaient obligés, en mourant, de donner la liberté à quelques-uns de ces misérables esclaves pour expier une partie de leurs déréglemens. Aprés avoir reçu la liberté, la plupart ne pensaient qu’à s'éloigner de leurs tyrans, et passaient dans les îles voisines , où , l'air différant peu de leur climat naturel, ils trouvaient le moyen de s'établir heureusement. Les Portugais, voyant leur prospérité, y passèrent aprés eux. Mais le commerce du Portugal déclina bientôt dans cette partie de l'Afrique, lorsque les autres nations de l'Europe eurent pénétré dans la Guinée et jusqu'aux Indes orientales. Alors, le nombre des Négres, qui n'avaient pas cessé de se muliplier, devint si supcrieur à celui des blancs, que ceux-ci, pour éviter Ja honte de la soumission, se retirérent à San-lago ou en Portugal. Ceux qui restèrent dispersés parmi les Nègres n’eurent plus d'autre ressource que de se joindre à eux par des mariages, qui produisirent cette race couleur de cuivre dont toutes ces îles se trouvent peuplées. Le roi de Portugal, observant ce qui était arrivé dans l’espace de plusieurs années, donna la plupart des îles du cap Verd aux seigneurs de sa cour, et ne se réserva que celle de San-Tago, à laquelle il a joint dans ces derniers temps Saint- Philippe. Cependant le gouverneur de San-lago prend le titre de gouverneur-général de toutes les îles du cap Verd, et de la côte de Guinée depuis la rivière du Sénégal jusqu’à Sierra-Leonc. Les seigneurs particuliers peuplerent leurs îles de
vac ver:
étai voil cor!
Tagc tou!
revé tion reste mil Le tuga com!
dant ronn déral gard tons ouvr de la par ]
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elles
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dérégleupart ne » Cet passrant peu noyen de byant leur ommerce partie de l'Europe aux Indes ) qui n'aat si supéour éviter à San-Jago »rsés parmi Ce que de roduisirent s ces îles se , observant urs annécs, 1x Se1gnEUrs le San-Tago, emps Saintde San-lago 1 de toutes de Guinée jerra-Lconc.
leurs îles de
vaches, de chi,res et d’autres bestiaux. Ils les gouvernaient d’abord par un lieutenant, dont l'autorité était fort médiocre, puisque non-seulement le pouvoir de vie et de mort, mais les autres punitions corporelles appartenaient au gouverneur de San- Jago. Dans ces derniers temps, on a établi pour toutes les îles un officier, nommé ovidor, qui est revêtu de la juridiction civile et même de l'inspection des revenus de la couronne; de sorte qu'il ne reste au gouverneur général que l'administration militaire.
Le port de San-Tago est comme la douane portugaise pour tous les vaisseaux de cette nation qui commercent dans les parties de la Guinée dépendantes du Portugal ; mais les revenus que la couronne tire des îles du cap Verd ne sont pas considérables. A la vérité, il lui en coûte peu pour la garde de ces îles, car il n’y a pas d’autres fortificaüons qu'à San-lago et à Saint-Philippe ; encore les ouvrages sont-ils d’une faible défense , excepté ceux de la ville même de San-lago, qui ont été construits par les Espagnols , tandis que le Portugal était sous leur domination. Aussi les îles du cap Verd ne sontelles défendues que par leur propre milice, sans le secours d’aucunes troupes du roi. Il faut observer que les habitans de San-[ago et de Saint-Phihippe, étant vassaux immédiats de la couronne, sont sur un meilleur pied que ceux des auires îles qui changent souvent de propriétaires et de maîtres.
Roberts dit qu'il pourrait s'étendre fort an long
266 HISTOIRE GÉNÉRALE sur les manufactures de coton des îles du cap Verd, et prouver que les vaisseaux anglais pourraient s’y fournir, à beaucoup meilleur compte qu'en Angle. terre, des étofles qui servent au commerce des esclaves en Guinée, mais qu'il n’oscrait décider en général si ce serait à l'avantage de l'Angleterre, 1] pourrait, dit-il, s'étendre sur le nitre que plusieurs de ces îles produisent, mais il croit s'être assez expliqué sur un point qui était presque inconnu en Europe avant ce qu'il en a publié. A la vérité, continue-t-il, on avait transporté en Portugal, quel. ques années auparavant , une quantité considérable de nitre, tirée de l’île de Saint-Vincent; et ce commerce avait été abandonné, sur ce qu'on croyait avoir découvert que la plus grande partie était de la nature du sel marin. 11 avoue même qu’en ayant fait l'expérience, 1l avait trouvé qu'il s’allumait dif. ficilement, qu'il ne s’en dissipait pas un huitième, et que le reste demeurait fixe comme le sel de mer. Mais il assure que, dans la même île, il en avai trouvé d’autres dont il ne restait pas la moitié apres l'inflammation, et quelquefois même pas un quart, Dans l'ile de Saint-Jean , il est si volatile et si inflammable, qu'il s'évapore entiérement, à l'exception de celui qu’on ramasse près de la mer. Roberts laisse aux curieux à trouver la raison de cette différence. |
Sal était autrefois bien fournie de chévres, de
vaches et d’ânes ; mais vers l’an 1705, peu d'années avant que Roberts y abordât, le défaut de pluie li
ap Verd, aient sv n Anglee des esicider en eterre, Il plusieurs
assez exconnu en érité, COngal, quelinsidérable et ce comon croyail üe était de qu’en ayant lumait dif n huitième, sel de mer.
il en avai moitié aprés as un quart.
le et si int, à l’excepner. Roberts de cette dif-
chèvres, de |
peu d'années
t de pluie la
DES VOYAGES. 267 fit abandonner par tous les habitans, à l'exception d’un vieillard qui résolut d'y mourir ; ce qui arriva effectivement la même année. La sécheresse avait été si excessive, que la plus grande partie des bestiaux périrent de soifet de faim. Cependant il tomba un peu de pluie, qui rétablit insensiblement ce qui était resté, mais ce ne fut pas pour long-temps. Un bâtiment français, arrivé à Sal pour la pêche des tortues, fut contraint, par le mauvais temps, d'y laisser une trentaine de Nègres qu’il avait apportés de Saint-Antoine pour ce travail. Ces malheureux ne trouvant aucun autre aliment, vécurent de chévres sauvages. Ils n’en laissérent qu'une, qu'ils ne purent prendre dans les montagnes. Ils tuérent aussi presque toutes les vaches , de sorte qu'à la fin ils furent réduits à manger des ânes.
Environ six mois après, un vaisseau anglais faisant voile à l’île de Mayo pour y charger du sel, apercut de la fumée qui s'élevait de l’île de Sal. Comme il n’ignorait pas qu'elle était déserte, il se figura que c'était l'équipage de quelque vaisseau qui s'était brisé contre cette île. Il y envoya sa chaloupe, et la compassion lui fit recevoir à bord les trente Nègres, qu’il remit à terre dans l’île de Saint-Antoine. Roberts apprit cet accident d’un des Nègres qui avait eu part à l'aventure.
Le coton qui croît aux îles du cap Vert n'y a jamais été d’un grand usage. Cependant les habitans de quelques îles s’en servent pour garnir leurs lits, ou, sils en font des robes, c'est pour s’en servir fort
L 1 LEA MA] 'ro Fi!