‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 69 sur 79 · DA · texte numérisé non relu

DA

398 y CE:

donnent assez de fertilité pour rendre avec profusion ce qu'on lui confie avec tant de négligence.

Leurs liqueurs sont l’eau, le lait, et le vin de palmier ; ils urent la dernière d'un arbre qui se trouve en abondance dans le pays, et qui n’est pas celui qui produit la datte , quoiqu'il soit de la même espêce. Cette liqueur, qu'ils appellent mighol, en sorttoute l’année. Il n'est question que de faire deux ou trois ouvertures au tronc, et d'y suspendre des calebasses pour recevoir une eau brune qui coule fort lentement; car, depuis le matin jusqu’au soir, un arbre ne remplit pas plus de deux calebasses : elle est d’un fort bon goût, et si l’on n’y mêle rien, elle enivre comme le vin. Cadamosto assure que, les premiers jours, elle est aussi agréable que nos meilleurs vins ; mais elle perd cet agrément de jour en jour, jusqu'à devenir aigre : cependant elle est plus saine le troisième ou le quatrième jour que le premier, parce qu’en perdant un peu de sa douceur, elle devient purgative. Cadamosto en faisait usage et la trouvait préférable au vin d'Italie. Le mighol n’est pas en si grande abondance, que tout le monde en ait à discrétion ; mais comme les arbres qui le produisent sont répandus dans les campagnes et les forêts, chacun se procure une certaine quanuté de liqueur par son travail, et les mieux partagés sont toujours les seigneurs qui emploient plus de gens à la recueillir.

Les Négres ont diverses sortes de fruits, qui n'ont pas beaucoup de ressemblance avec ceux de l'E

ec profusion ence.

e vin de palqui se trouve est pas celui la même es- , mighol, en de faire deux uspendre des ne qui coule jusqu’au soir, x calebasses :

y mêle rien, Lo assure que, ‘éable que nos ‘ément de jour ndant elle est ne jour que le eu de sa dou- 1osto en faisait n d'Italie. Le mnce, que tout mue les arbres les campagnts certaine quan les mieux paremploient plus

ruits, qui n'ont e ceux de l'E

DES VOYAGES. 32 rope, mais qui sont excellens , sans le secours d'ancune culture, quoiqu'ils pussent être encore meilleurs, si l'on prenait soin deles cultiver. En général, le pays est rempli d’excellens pâturages et d’une infinité de beaux arbres qui «e sont pas connus en Europe. On y trouve aussi quantité d’étangs ou de petits lacs d'eau douce, remplis de poissons qui ne ressemblent point aux nôtres; surtout d’un grand nombre de serpens d’eau que les Nègres nomment kalkatrici,.

Ils ont une huile dont ils font usage dans leurs ahmens, sans que l'auteur ait pu découvrir d’où ils la urent, et de quoi elle est composée : elle à trois qualités remarquables ; son odeur, qui ressemble à celle de la violette; son goût, qui approche de celui de l’olive, et sa couleur, qui teint mieux les vivres que le safran.

On trouve dans le pays différentes sortes d’animaux , Mais Surtout une prodigieuse quantité de serpens, dont quelques-uns sont fort venimeux. Les plus grands, qui ont jusqu'à deux toises de longueur, n'ont pas d'ailes, comme on a pri:

plaisir à le publier ; mais ils sont si gros, qu'on en a vu plusieurs qui avalaient une chèvre d’un seul morceau.

Le pays de Sénégal n’a pas d'autres animaux privés que des bœufs , des vaches et des chévres. IL ne s’y trouve pas de moutons, parce qu'ils ne s’accommodent pas d’un climat si chaud. Ainsi la nature a pourvu, suivant la diflérence des pays, à toutes

np t ner em ER

les nécessités du genre humain. Elle a fourni de la Jaine aux Européens , qui ne pourraient s’en passer dans un pays aussi froid que celui qu'ils habitent ; au licu que les Nègres, qui n’ont pas besoin d’habits épais dans leurs chaudes contrées, ne peuvent élever des moutons; mais le ciel y supplée en leur donnant du coton , qui convient mieux à leur pays. Leurs bœufs et leurs vaches sont moins gros que ceux d'Italie, ce qu'il faut encore attribuer à la chaleur. C’est une rareté parmi eux qu'une vache rousse; elles sont toutes noires ou bianches , ou tachetées de ces deux couleurs. Les animaux de proie, tels que les lions, les panthéres , les léopards et les loups, sont en grand nombre. Des éléphans sauvages y marchent en troupes, comme les sangliers dans l'état de Venise; mais ils ne peuvent ;jamai’ être apprivoisés comme dans les autres pays. Cet animal étant fort connu, l’auteur observe seuiement qu'il est d’une grosseurextraordinaire. On en peut juger par les dents ou défenses qu'on en apporte en Europe; mais il n'en a que deux de cette espèce à la mâchoire inférieure , comme le sanglier, avec la seule différence que celles du sanglier tournent la pointe en haut , et que celles de l'éléphant la tournent en bas. Cadamosto avait cru, sur les récits communs, avant son voyage, que les éléphans ne pouvaient plier les genoux, et qu'ils dormaient debout ; il déclare que c'est une étrange fausscté, et qu'il les a vus, non-seulement plier les genoux en marchant, mais se coucher et se lever comme

fourni de la | s’en passer Is habitent ; >esoin d'hane peuvent plée en leur à leur pays.

ns gros que uer à la chaache rousse; tachetées de oie , tels que et les loups, s sanvages y ngliers dans | jamai’ être s. Cet animal lement quil en peut juger porte en Eue espèce à la lier, avec la tournent la hant la tourur les récits éléphans ne s dormaient ge fausseté, er les genoux lever comme

DES VOYACES. 351

Jesautresanimaux, On n'apercoit jamais leurs grandes dents avant leur mort. Quelque sauvages qu'ils soient naturellement , ils ne font aucun mal lors- tp qu'ils ne sont point attaqués ; mais si quelqu'un les HE] irrite , ils se Géfendent avec leur trompe, que la | TEA nature leur a donnée à la place du nez, et qui est LEE d’une excessive longueur : ils l’étendent et la res- RME serrent à leur gré ; s'ils saisissent un homme avec ; cet instrument redoutable , ils le jettent presque aussi Join qu'on jette ure pierre avec la fronde. C’est en vain qu'on croit pouvoir échapper par la fuite. Ils sont d’une vitesse surprenante ; les plus jeunes sont ordinairement ..: plus dangereux. La portée des femelles n’est que d’un peut à la fois; ils se nourrissent de fenilies d'arbres et de fruits, qu'ils atürent jusqu’à leur bouche avec le secours de Jeur trompe. L'auteur , pendant tout le séjour qu'il per fl fit chez les Nègres , ne découvrit pas d’autres qua- F1. qi US drupédes que ceux qu'on vient de nommer ; mais il vit un grand nombre d'oiseaux , et suriout quantité | LUI de perroquets, que les Nègre: haïssent beaucoup, RL parce qu'ils détruisent leur nllet et leurs légumes. Let Ces oiseaux ont beaucoup d'adresse à construire LL NT leurs nids ;11s ramassent quantité de joncset de petits DU rameaux d'arbres dont ils f:rment un tissu qu'ils | + 4 TUE

9 9 \ ?’ . , n i| s Ft ont l’art d’attacher à l'extrémité desplus faibles bran- qu i ul, { [4 a ir} if ches ; de sorte qu'y étant suspendu, il est agréable- FE DIEl ment balancé par le vent. Sa forme est celle d’un hip

ballon de la longueur d’un pied. Ils n’y laissent l'E HU qu'un seul trou pour y servir de passage, lorsqu'ils

592 HISTOIRE GENÉRALE

De

veulent se garantir des serpens, à qui la pesanteur ne permet pas de les attaquer dans cette retraite. Les femmes des Nègres ont l'humeur fort gaie, surtout dans leur jeunesse , et prennent beaucoup de plaisir à la danse et au chant. Le temps de ce divertissement est la nuit, à la lueur de la lune. Rien ne causait tant d’admiration à ces barbares que les arquebuses et l'artillerie de la caravelle portugaise. Cadamosto ayant fait tirerun coup de canon devant quelques Nègres qui étaient montés à bord, leur effroi se fit connaître malgré eux par de violentes agitations, et parut croître encore lorsqu'il leur eut déclaré que, d’un seul coup de cette furieuse machine, il pouvait ôter la vie tout d’un coup à cent Maures. Après être un peu revenus de leur frayeur, ils déclarèrent à leur tour qu’une chose si pernicieuse ne pouvait être que l'ouvrage du diable. Leur étonnement fut plus doux lorsqu'ils entendirent le son d’une cornemuse. Les différentes parties de cet instrument leur firent croire d’abord que c'était un animal qui chantait sur différens tons. Cadamosto, riant de leur simplicité, les assura que c'était une simple machine , et la mit entre leurs mains sans être enflée. Ils reconnurentque c'était effectivement l'ouvrage de l’art ; mais ils demeurèrent persuadés que des sons si doux et si variés ne pouvaient venir quedu pouvoir ‘ivii, en donnant pour raison qu'ils n'avaient rien entendu de sexiblable. Tout leur paraissait également admirable , jusqu'aux moindres iwstrumens du vaisseau. [ls répétaient sans cesse

pesanteur etraite.

fort gaie, beaucoup mps de ce la lune.

s barbares avelle porp de canon és à bord, ar de viore lorsqu'il tte furieuse coup à cent ur frayeur, se si perniliable. Leur endirent le arties de cet e c'était un adamosto, » c'était une

MAINS Sans ectivement at persuades vaient venir raison qu ils out leur pa- 1x moindres t sans cesse

DES VOYAGES. 333 que les Européens devaient être des sorciers beaucoup plus habiles que ceux de leur pays, et peu inférieurs au diable même ; que les voyageurs de terre trouvaient de la difliculté à tracer le chemin d'une place à l'autre; au lieu qu'avec leurs vaisseaux, ceux-là ne manquaient pas leur route sur mer, à quelque distance qu'ils fussent de la terre.

Les Nègres sucent le miel dans la gaufre, et laissent la cire comme une chose inutile. L'auteur ayant acheté d'eux quelques ruches, leur apprit la manière d'en urer du miel, et leur demanda ensuite ce qu'ils croyaient qu’on püt faire du reste. Ils répondirent qu'ils ne le croyaient bon à rien. Mais ils furent fort surpris de lui en voir faire de la bougie, qu'il alluma en leur présence. Les blancs, s'écriérentils, n’ignorent rien.

Un si long séjour ayant donné l’occasion à l’auteur de connaître la plus grande partie du pays, il résolut, après avoir acheté quelques esclaves, de doubler le cap Verd pour faire de nouvelles découvertes et tenter la fortune. Il se souvenait d’avoir entendu dire au prince Henri qu’au-delà du Sénégal il y avait une autre rivière nommée Gambra (Gambe), d’où l’on avait déjà rapporté quantité d’or, et qu'on ne pouvait faire ce voyage sans acquérir d'immenses richesses. Une si belle espérance lui fit regagner sa caravelle, et mettre aussitôt à la voile.

Un jour, au man, il découvrit deux bitimens dont 11 s'approcha : lun appartenait à Antonio Uso

Dimarco, gentilhomme génois, et l’autre à quelques Portugais qui étaient au service du p:'nce Henri. Ils s'avançaient de concert vers les côtes d'Afrique, dans le dessein de passer le cap Verd, et de chercher fortune en faisant de nouvelles di. couvertes. Ils firent voile ensemble vers le sud , sans cesser de voir la terre; et, dès le jour suivant, ils découvrirent le cap.

Après avoir doublé le cap Verd, ils continuërent leur course, en conservant toujours la vue de la terre. Ce côté du cap forme un golfe. La côte en est basse et couverte de beaux arbres, dont la verdure s'entretient sans cesse, c'est-à-dire, que les feuilles nouvelles succédant sans intervalles à celles qui tombent, on ne s'aperçoit jamais, comme en Europe, que les arbres se flétrissent. Ils sont si près de la mer, qu'on s’imaginerait qu'ils en sont arrosés. La perspective est si belle, qu'après avoir navigué à l'est et à l’ouest, l’auteur déclare qu'il n'a jamais rien vu de comparable. Le pays est arrosé de plusieurs petites rivières dont on ne peut tirer aucun avantage, parce qu'il est impossible aux vaisseaux d'y entrer.

Enfin, ils arrivèrent à l'embouchure d’une fort grande riviére. Dans sa moindre largeur, elle n’avait pas moins de ‘rois ou quatre milles, et rien ne paraissait s'y opposer à la navigation. Ils y entrérent avec confiance ; et, le jour suivant, ils apprirent que c'était la rivière de Gambie.

Les caravelles s’y engagèrent l’une à la suite de

av tél av

re à queldu p:'vce les côtes cap Verd, avelles dce sud , sans uivant , ils

ntinuérent , vue de la \ cÔte en est t la verdure > les feuilles , celles qui ime en Eunt si près de tarrosés. La r navigué à ln'a jamais osé de plutirer aucun x VAISSEAUX e d’une fort r, elle n'avait et rien ne Ils y entriu, ils appri-

à la suite de

Qt

l'autre. Mais à peine eurent-elles remonté l'espace de trois ou quatre milles, qu'elles se virent suivies d'un grand nombre d’almadies, sans pouvoir juger d'où elles venaient. Elles revirérent de bord, et s'avancèrent vers les Nègres, après avoir pris soin de se couvrir de tout ce qui pouvait servir à les défendre contre les flèches empoisonnées. Le combat paraissait inévitable. Les amaldies se trouvaient déjà sous la proue du vaisseau de Cadamosto, qui était le plus avancé ; et, se divisant en deux lignes, elles le tinrent dans leur centre. Elles étaient au nombre de quinze, qui portaient environ cent cinquante Nègres, tous bien faits et de belle taille. Ils avaient des chemises blanches de coton, et sur la têle une sorte de chapeau blanc, relevé d’un côté avec une plume qui leur donnait l'air guerrier. A la proue de chaque almadie, un Nègre, couvert d'un bouclier rond qui semblait être de cuir, observait les objets et les événemens. Dans la situation où ces barbares étaient aux deux côtés du vaisseau, ils cessèrent de ramer ; et, tenant leurs rames levées, ils regardaient la caravelle avec admiration. Ils demeurérent ainsi tranquilles jusqu’à l'arrivée des deux autres bâtimens , qui s'étaient hâtés de retourner à la vue du péril. Lorsqu'ils les virent fort proches, ils abandonnérent leurs rames; et, sans autre préparation , ils se mirent à lancer leurs flèches. Les trois caravelles ne firent aucun mouvement; mais elles tirérent quatre coups de canon qui rendirent les Nègres comme immobiles. Ils

536 HISTOIRE GÉNÉRALE mirent leurs arcs à leurs picds ; et jetant les yeux de tous les côtés avec les dernières marques de frayeur, ils paraissaient chercher la cause d’un bruit si terrible. Cependant, s'étant rassurés lorsqu'ils eurent cessé de l'entendre, ils reprirent courage, et recommencérent à tirer avec beaucoup iic furie, Ils n'étaient plus qu’à la distance d’un jet de pierre, Les Portugais leur envoyérent quelques coups d’arquebuse, dont le premier perça un Nègre au milieu de la poitrine, et le fit tomber mort. Sa chute cffraya les autres, mais elle ne les empécha point de continuer leur attaque. On leur tua beaucoup de monde, sans perdre un seul homme sur les trois vaisseaux. Ils se retirérent enfin.

Cadamosto chercha l'occasion , pendant les jours suivans, de faire connaître aux habitans du pays qu'on ne pensait point à leur nuire. Les interpretes s'approchérent d’une amaldie, saluérent les Négres dans leur langue, et leur demanderent pourquoi ils avaient attaqué des étrangers qui ne désiraient que leur amitié, comme ils s'étaient procuré celle des Nègres du Sénégal. Les Nègres répondirent qu'ils avaient entendu parler des blancs et de leur arrivée au Sénégal ; qu'il fallait être bien méchant pour former avec eux quelque amitié, puisqu'on n'ignorait pas que leur nourriture était la chair humaine, etqu'ils n'achetaient des Négres que pour les dévorer; que, pour eux, ils ne voulaient avoir aucune liaison avec des gens si cruels; qu'ils s’efforccraicnt de les tuer, et’ qu'ils feraient présent de

leu ati ma pet n'a!

lure cen| mie dans tour n'ira se clé le le:

Ce Voya, solu c Géno dans rent €

Deux hnga de C prise toutes pas n

les ét

On quelq nent I,

les yeux rques de l'un bruit lorsqu'ils courage, » de furie, de pierre, coups d'arre au mi- , Sa chute écha point a beaucoup sur les trois

ant les jours ans du pays interprètes it les Négres nt pourquoi Le désiraient rocuré celle répondirent ics et de leur ien méchant :, puisqu'on était la chair gres Que pour ulaient avoir qu'ils s’eflornt présent de

DES VOYAGES. 557 leurs dépouilles à leur prince, qui faisait son séjour {trois journées de la mer; que leur pays se nommat Gambra. Si nous avons soupçonné plusieurs peuples nègres d’être anthropophages, on voit qu'ils n'avaient pas meilleure opinion de nous.

Les c& amandans des trois caravelles n’en résolurent pas moins de remonter la rivière l’espace de cent milles , dans l'espérance de trouver des peuples mieux disposés. Mais ils trouvèrent de la résistance dans leurs matelots, qui, dans l’impatienc = tourner en Europe, déclarèrent ouvertem Wiraient pas plus loin. Cadamosto et les au se défiant de leur autorité, prirent le parti de mettre le lendemain à la voile pour retourner au cap Verd.

Cadamosto fut plus heureux dans un second voyage qu'il fit au pays de Gambra, qu'il avait résolu de mieux reconnaître. Accompagné de ce même Génois qui l'avait suivi, il remonta la rivière et mit dans sa Cualoupe quelques interprètes, qui parvinrent enfin à inspirer quelque confiance aux Nègres. Deux d'entre eux, qui entendaient parfaitement le hngage des interprètes, montérent sur le vaisseau de Cadamosto. Ils marquérent beaucoup de surprise en voyant l'intérieur de la caravelle, avec butes ses voiles et tous ses agrès. Ils ne parurent pas moins étonnés de la couleur et de l'habillement les étrangers.

On leur fit beaucoup de civilités, et l’on y joignit quelques petits présens dont ils parurent extrêmenent satisfaits. Cadamosto leur demanda le nom de

Ÿ C2 O Se Æ Z € Ée à À 5 Ÿ 4 2, N «* € L K N ÿ \O € , < 2 7 L << Vo ne < ÿ 2 = PÈER 4R . SÈFE =] au ÉÉ EF ÉEFER — E HT! PE cJe 1ÈE 2 un = = — e»

25 RE + QG N NN à? VA A 7 AN\ (AS NY A? D? n° 3% a Fe qu À

leur prince ; ils répondirent qu’il s'appelait Foro. sangoli ; que sa résidence était vers le sud-est à neuf qu dix journées de distance; qu'il était tributaire du roi de Melli, le plus grand prince des Nègres: mais que, des deux côtés de la rivière, il y avait quantité d’autres seigneurs dont la demeure était moins éloignée ; que, si Cadamosto souhaitait d'en être connu, ils lui en feraient voir un qu? se nommait Batti- Mansa. Cette offre fut si bien reçue, que, redoublant les caresses, on garda les deux Nègres dans la caravelle, en continuant de remonter suivant leur direction. Enfin, l’on arriva près du lieu où Batti-Mansa faisait sa résidence ; et, suivant le calcul de l’auteur, on ne pouvait être à moins de quarante milles de l'embouchure.

Cadamosto députa au prince, avec les deux Nègres, un de ses interprètes qu'il chargea de quel ques présens. Aussitôt que les messagers eurent ex pliqué leur commission à Batti-Mansa, il envoya quelques Nègres à la caravelle. On fit avec eux un traité d'amitié, et divers échanges pour de l'or « des esclaves ; mais la quantité d’or n’approchait pa des espérances qu’on avait conçues sur le récit des peuples du Sénégal , qui, étant fort pauvres, avaient une haute idée des richesses de leurs voisins. D'ailleurs, les Nègres de la Gambie n’estimaient pai moins leur or que les Portugais. Cependant ils mar quèrent tant de goût. pour les bagatelles de l'Europe, que les échanges furent assez avantageux. Pendant onze jours que les car2velles demeu

elait Forod-est à neuf

t tributaire des Negres; >, 1l y avait meure était uhaitait d'en qu! ce nom n reçue que, deux Nègres ‘emonter Suia près du lieu et, suivant le re à moins de

avec les deu hargea de quel gers eurent exansa;, il envoyà t avec eux un pour de or et ’ approchait ps sur le récit des Dauvres » avaient $ voisins. D'ail- ’estimaient pa endant ils mar telles de l'Eu- Lsez avantageut

ravelles demeli

rerent à l'ancre, il y vint, des deux côtés de la rivière, un grand nombre de css barbares, les uns attirés par la curiosité, d’autres pour vendre leurs marchandises, entre lesquelles il se trouvait toujours quelques anneaux d'or. Ils apportérent du coton cru et travaillé. La plupart des pièces étaient blanches, quelques-unes rayées de bleu, de rouge et de blanc. Ils avaient aussi de la civette, des peaux de l'animal du même nom ; de gros singes et de petits, qu'ils donnaient à fort bon marché, c’està-dire pour la valeur de neuf ou dix hards. L’once de civette ne revenait pas à plus de neuf ou dix sous. Ils ne la vendaient point au poids, mais à la quantité.

Les caravelles étaient continuellement remplies d'une multitude de Nègres, qui ne se ressemblaient ni par la figure ni par le langage. Ils arrivaient et sen retournaient librement dans leurs almadies, hommes et femmes, avec autant de confiance que si l'on s'était connu depuis long-temps. Ils n’ont pas d'autres instrumens que leurs rames pour la navigation. Leur usage est de ramer debout, sans tenir les rames appuyées sur le bord de la barque. Elles sont de la forme d’une demi-lance, longue de sept ou huit pieds, avec une planche ronde, de la grandeur d'une assiette, qui est attachée à l'extrémité. Ils s’en

servent fort adroitement au long des côtes et dans

leurs rivières ; mais la crainte d’être pris par leurs voisins et vendus pour l'esclavage, ne leur permet guère de se hasarder trop loin dans la mer.

Cadamosto s'étant apercu que la fièvre commen. çcait à se mettre parmi ses gens, fit consentir les autres chefs à regagner l'embouchure du fleuve. Les soins qu'il avait donnés au commerce ne l'avaient pointempéché de faire ses observations sur les usages du pays. Il avait remarqué que la religion des N égres de la Gambie consiste en diverses sortes d’idolätrie, Ils reconnaissent un Dieu, maisils sont livrés à toutes les supersutions de la sorcellerie. On voit parmi eux quelques Mahométans qui n'ont pas néanmoins d'habitauions fixes, et qui portent leur commerce dans d’autres contrées, sans que les gens du pays connaissent leurs marches et leurs diverses relations. 11 y a peu de différence , pour les alimens, entre les Nègres de la Gambie et ceux du Sénégal ; mais ils mangent de la chair de chien , usage que l’auteur n'a vu dans aucun lieu, et que pourtant on retrouve ailleurs. Leur habillement est de toile de coton, qu’ils ont en abondance; ce qui est cause qu'ils ne vont pas nus comme au Sénégal, où le coton est plus rare. Les femmes sont vêtues comme les hommes; mais elles prennent plaisir dans leur jeu. nesse à se faire sur lest sur le cou et sur la poitrine, différentes figures avec la pointe d’une aiguille chaude. La chaleur du climat est extrême, et ne fait qu'augmenter à mesure qu'on avance vers le sud. Cadamosto le trouva beaucoup plus chaud sur h rivière qu’au rivage de la mer, parce que la grande quantité d'arbres qui couvrent ses bords y tient l'air renfermé, Il en vit un d’une grosseur prodigieuse,

> commennsentir les fleuve. Les ne l'avaient ur lesusages 1 des Nègres d'idolâtrie.

yrés à toutes | voit parmi s néanmoins ir commerce sens du pays rses relations.

ens, entreles égal ; mais ils ue l’auteur n'a t on relrouve ile de coton, Lt cause qu'ils j, où le coton Les comme les dans leur jeu- Lu et sur la pore d’une aiguille rême, et ne fait ce vers le sud.

s chaud sur hi e que la grande ords y uent l'air ur prodigieusc,

| DES VOYAGES. 341 près d'une source d’eau très-fraiche où les matelots faisaient leurs provisions. Ayant pris la peine de le mesurer , il lui trouva dix-sept coudées de tour L'arbre était creux; mais son feuillage n’en était pas moins vert, et ses branches répandaient une ombre immense. Il s’en trouve néanmoins de plus grands encore ; d'où l’on peut conclure que le pays est fertile ; aussi est-il arrosé par un grand NEA de ruisseaux.

Il est rempli d’éléphans, mais les Nègres n’ont encore pu trouver l’art de les apprivoiser. Pendant que les caravelles étaient à l’ancre dans le fleuve trois éléphans sortis des bois voisins vinrent se "4 me sur le bord de l’eau. On y envoya ee la chaloupe C i ne de a dette nd

rent dans l'épaisseur a bois. Ce sont les seuls que l’auteur ait vus vivans. “ia setgneue nègre, Jui en fit voir un jeune, mais mort. Il l'avait tué dans les bois, aprés une chasse de deux jours. Les Nègres do pour armes dans les chasses que leurs ares et des zagaies ee La méthode est de se placer derrière:

. ee ; a quelquefois au sommet. Ils passent nd di de D ane avant de pouvoir se ne et a dbreeut Il n'y a pas d'homme quiosât l’attaquer en pleine campagne, ni qui pût espérer de lui échapper par la fuite ; mais cet animal est naturellement si doux, qu’il n afait jamais de mal, s'il n’est offensé.

Les dents de celui que l’auteur avait vu mort n'a. vaient pas plus de trois paumes de long, ce qui marquait assez qu’il était fort jeune en comparaison de ceux qui ont les dents longues de dix ou douze paumes. Jeune comme il était, il avait autant de chair que cinq ou six bœufs ensemble. Le seigneur nègre fit présent à Cadamosto de la meilleure par. ue, et donna le reste à ses chasseurs. Cadamosto apprenant qu'il pouvait se manger, en fit rôur ct bouillir quelques morceaux, pour se meitre en droit de raconter dans son pays qu'il avait fait son diner de la chair d’un animal qu'on n’y avait jamais vu; mais il la trouva fort dure et d’un goût dés- ‘agréable ; ce qui ne l’empécha point d'en faire saler une parte, dont il fit présent au prince Henri à son retour. Il observe que l'éléphant a le pied rond comme les chevaux, mais sans sabot, et qu'à la place il a reçu de la nature une peau noire, dure et fort épaisse ; avec cinq gros durillons sur le devant, qui ont la forme d’autant de têtes de clous. | Le. pied du jeune éléphant avait une paume de diamètre. Gnoumi-Mansa fit présent à Cadamosto d’un autre pied d’éléphant qui avait trois paumes et un pouce de largeur, et d’une dent longue de douze paumes. L'auteur porta l’un et l’autre au prince Henri, qui les envoya peu de temps après à la duchesse de Bourgogne, comme une curiosité des plus rares.

La rivière de Gambie et toutes les eaux de même côte, oht un grand nombre de ces serpens

| mort n’a ing, CE qui )mparaison x ou douze L autant de Le seigneur Alleure par- Cadamosto à fit rôur et e mettre en avait fait son avait jamais an goût désen faire saler ince Henri à le pied rond t, et qu'à Ra noire, dure ons sur le deêtes de clous.

ne paume de à Cadamosto trois paumes ent longue de \ et l’autre au de temps aprés : une curiosité

les eaux de h de ces serpens

DES VOYAGES. 343 qui se nomment kalkatrici, et d'autres animaux qui ne sont pas moins redoutables. On y voit quantité de chevaux marins ou hippopotames, animaux amphibies, qui ressemblent beaucoup à la vache marine. Ils ont le corps aussi gros qu'une vache de terre, mais les jambes fort courtes, et le pied fourchu, la tête large comme celle du cheval, et deux dents monstrueuses qui s'avancent comme celles du sanglier. L'auteur en a vu de deux paumes et demie de longueur. Cet animal sort de l’eau pour se promener sur la rive, et marche à la manière des quadrupèdes. Cadamosto se vante qu'aucun chréüien n’en avait vu avant lui, excepté peut-être dans le Nil. 11 vit aussi des chauves-souris, longues de

trois paumes, et quantité d’autres oiseaux fort

diférens des nôtres, mais presque tous fort bons à manger.

En quittant le pays du prince Batti-Mansa , les trois caravelles mirent peu de jours à descendre la rivière. Elles emportaient assez de richesses pour inspire le désir de s’avancer plus loin au long des côtes, et personne ne marqua d’éloignement pour cette entreprise.

Ils remontèrent jusqu’à l'embouchure de la rivière nommée par les Portugais Rio-Grandé : mais les Nègres du pays n’entendirent pas le langage de leurs interprètes. On acheta d'eux quelques anneaux d'or en convenant du prix par signes. Rio- Grandé fut le terme de ce second voyage de Cadamosto, qui retourna en Portugal.

VLALLLLUVELLALLLLLLELIR LR : LOL LVL LLD LR UAR VRLLLYLLR D Latina te TT

Page 1