‹ Abrégé de l'Histoire romaineChapitre 7 sur 30 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Depuis la mort d^u^nciis-'Martius jusqu^à ceUe de Tarquin j cinquième roi de- Rome.

Lucius Tarquinius , ou Tarquin rancien^ dont le véritable nom était Lucumon , désigné gouverneur des enfans du dernier roi, prit le nom de Tarquin, de la ville de Tarquinia aa patrie. Son père , marchand de Corinthe, avait acquis, par le commerce^ des richesses considérables, et s'était établi en Italie, au récit de quelques troubles qui avaient agité sa patrie. Son fils Lucumon, héritier de sa fortune , épousa une femme d'une famille distinguée à Tarquinia. Sa naissance , sa profession et son pays , étant un objet de mépris pour les nobles de la ville,^ sa femme lui persuada de venir s'établir à Rome , où le mérite personnel était le seul titre de distinction. Etant sur la route de cette ville, et près d'une des portes , un aigle , selon les historiens , planant sur sa tête^

lai enleva £foii chapeau^ et volant pendant quelques instans autour de son'^char , le replaça sur Tarquin. Tanaquil , sa femme , versée dans la science des augures, présagea qu'il porterait nn jour la couronne* Ce fut peut-être la cause de son ambition pour' lâcher de l'obtenir.

Ancus étant mort , et le sénat gouvernant selon la coutume, Tarquin mit tout en usage pour éloigner du trône les enfans du dernier roi , et se faire élire à leur place. Pour y parvenir, le jour de l'élection , il réussit à les envoyer hors de la ville, et dans un discours préparé dans lequel il pro-. testait de son amour pour le peuple , faisant valoir les dépenses qu'il avait faites pour lui , et parlant de ses connaissances dans l'art de gouverner , il finit par se proposer luimême pour roi. Comme rien dans ce discours ne pouvait être contesté , il eut le succès qu'il en attendait , et , d'un commun accord, le peuple le choisit pour son souve- Ali i58. rain.

Quoiqu'il eût obtenu le trône par intrigue, il gouverna cependant avec équité. Dans le commencement de son règne,, afin de récompenser ses amis, il ajouta cent membres

de plus au sénat j ce qui £t en tout trois cents.

Mais ces dispositions pacifiques furent bientôt interrompues par les incursions de ses voisins inquiets , particulièrement les Latins ^^ont il avait triomphé y et qu'il avait forcés de demander la paix.ll tourna ses armes contre lesBabins, qui s'étant encoro soulevés, avaient passé le Tibre, les atta^ qua avec vigueur, et mit leur armée en déroute. Plusieujrs deceux quiavaient échappé à l'épéo, se noyèrent en voulant traverser le fleuve. Leurs armures et leurs cadavres flottans sur l'eau , dontlecooraut les entrai* nait à Rome, y annoncèrent la victoire avant Parri véedes oouriers qui étaient cliar* gés d'^n porter la nouvelle. Ces conquêteo furent suivies de plusieurs avantages remportés sur les Latins , à qui il enleva plu-* sieurs villes , sans r^mpolrter oepeâdant de yietoires décisives.

Tarquin , ayant ainsi forcé les ennemis de se soumettre , résolut de ne pas lais^r ses sujets se corrompre dans indolence. Il entreprit donc plusieurs ouvrages publics ^ qu'il perfectionna , en les rendant également

.Digiti;

DE LA REFUB. ROMAINE. 229 j>ropres à l'agrémput et à l'embellissement. de la ville.

Ce fut à cette époque que la réputation des augures a'açcrut. considérablement U crut ^d'il était de son intérêt d'augmenter la superstition du peuple. C'était en effet augmenter en mêinetempsson obéissance. Tanaquil^ son épouse^ avait de grandes prétentions dans l'art^des aiigures, mais personne n'approchait dans ce genre d!^ccius Kfœpius, célèbre à B.pme. deppis long-temps* Vou-* lapt mettre » dans une cextaineoccasion, son savoir à l'^reu ve y Tarquin lui demanda si ce qii'il ajmit dans l'esprit, pouvait s'exécu* ter. Nasvim 9 après avoir conaulté.ses augu* res^ affirma hardiment que la cho^ était SQsaible. «Gomment, s'écrit le roi aveoun » sourire, insultant , je pensais à couper ce D caillou avec un rasoir. — *• Çot^ipez-le , ré^ » pliquai'augure » ; et 1q rpi le coupa en efn fet Depuis ce temps, on n'entreprit rien à Rome^ sfuaia avoir consulté les augi^res, et sans avoir .pbtenu leur apiorobation.

Tarquintn'était pas content de l'autorité roysde ; il lui fallait encore les marques de la royauté. A l'exemple des rois de Lydie , il prit une couronne d'or, un trône d'ivoire ^

5o HÎSTOritB

un sceptre couronné d'an aigle et des i^obed de pourpre. Ce fut peut-être l'éclat de ces omemens royaux qui excita l'envie des enfans du dernier roi, qui, pendant 57 ans^ avaient été paisiblement soumis au gouvernement de Tarquin. Leur ressentiment fat encore augmenté par l'adoption qu'il avait faite de Serçius-Tidlius y son gendre, qu'il avait désigné pour son successeur. Quelle que fût la cause de leur tardive vengeance , ils résolurent de se défaire du roi , et y parvinrent , en payant deux assassins, qui , demandant à parler au roi, sous le prétexte d'en obtenir justice, le frappèrent et le tuèrent d'un coup de hache au milieu de son palais. Les licteurs, qui veillaient sur la personne du roi , se saisirent des meurtriers au moment où ils cherchaient à s'échapper. On les mit à mort; mais les fils d'Ancus, qui avaient fait commettre le crime , trouvèrent leur salut dans la fuite.

Ainsi finit Tarquin , surnommé Priscus , pour le distinguer d'un de ses successeurs qui porta le même nom. Il était âgé de 80 ans, et en avait régné 38.

BS LA rI^pvb. komainb. 5i

Page 1