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i°. Le médecin cantonnai ayant des relations avec le maire du chef-lieu de canton et ceux des autres communes. Ses principales fonctions seront de traiter gratuitement les journaliers nécessiteux et tous les indigens, plus quelques devoirs d'hygiène et de médecine publique,
2°. Le médecin provéditeur, ayant des relations avec les médecins cantonnaux et des fonctions de surveillance. Il y en aura plusieurs composant le conseil médical d'arrondissement, Celui-ci sera en relations avec le sous -préfet, le tribunal et le conseil médical supérieur du ressort. Son organisation et ses attributions ne peuvent trouver place ici.
5°. Le médecin consultant ayant des attributions spéciales peu nombreuses et devant se déplacer dans les cas majeurs seulement. Plusieurs médecins consultais réunis en nombre proportionné à celui de la population des villes et du nombre d'arrondissemens formeront le conseil médical supérieur du département. Celui-ci sera en rapport avec les conseils d'arrondissement, le préfet et le conseil-général de médecine. Son organisation et ses attributions proposées par l'Académie de médecine ou par le corps médical même seront en rapport de conformité et de liaison avec celles du conseil médical d'arrondissement.
4°. Le conseil-général de médecine, en résidence
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à Paris , composé de dix médecins ou chirurgiens et quatre pharmaciens inspecteurs , en relation avec les conseils médicaux supérieurs des départemens et l'un de MM. les ministres. Son organisation et ses attributions seront réglées conformément aux vœux exprimés par les conseils supérieurs de médecine de toute la France , représentant le corps médical.
Les honoraires des médecins cantonnaux seront de mille à douze cents francs , payés au moyen d'un abonnement ou de Centimes additionnels aux contributions des communes. Les principaux propriétaires, les habitans les plus riches s'imposeront d'autant plus volontiers cette dépense pour un chirurgien-médecin digne de leur confiance et à leur portée, qu'ils y trouveront eux-mêmes un très-grand avantage , en cas de maladie et sous le rapport pécuniaire. Dans les cas exceptionnels où la commune ne pourra payer l'abonnement , le canton, l'arrondissement, le département ou l'état y suppléeront. Les fonctions des membres des conseils médicaux d'arrondissement et de département seront gratuites. Les médecins provéditeurs ou consultans qui se déplaceront par ordre de l'autorité compétente ou avec son autorisation , recevront une indemnité allouée pour frais de déplacement. Enfin chaque membre du conseil général de médecine aura un traitement
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annuel d> quinze mille francs prélevé sur les fonds payés par les médecins pour droit d'exercice.
Je publie librement et sans défiance des idées puisées dans une conviction intime. Qu'elles passent sans être aperçues ou qu'elles soient repoussées publiquement, je n'aurai point à m'en plaindre. Mais qu'on les tiraille ou les critique isolément , en petit comité ou sous le voile de l'anonyme, parce que leur apparition gêne ou offusque , voilà ce ce qui n'est pas équitable et contre quoi je me récrie. Il est aussi injuste d'envelopper dans la même proscription l'usage et l'abus de la presse que de condamner à l'exil ou de réduire à l'impuissance celui qu'on veut faire oublier pour la noblesse de son caractère et l'indépendance de ses opinions. La liberté de penser et d'écrire est un droit ; et j'en use. Je n'en voudrais point à titre de grâce. Mes opinions d'ailleurs sont conformes à celles d'un grand nombre de médecins en tête desquels je puis citer l'ancien président d'honneur de l'Académie royale de médecine (i).
J'ai vu payer une saignée cinquante centimes !
(1) Sur t enseignement de la médecine et de la chirurgie dans les nouvelles écoles du royaume , et sur les avantages qu on peut retirer des réunions médicales et chirurgicales académiques à Paris rt dans les départemens, par M. Portai. Journal universel des sciences médicales, mars 1820, page 358.
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Mais si la saignée est suivie d'un accident, la paierat-on? oh non! Le tribunal d'Evreux et la Cour royale de Rouen vous condamneront à payer six cents francs de dommages et intérêts et trois cents francs par an de rente viagère ; faites donc des saignées à un demi-franc ! soyez plutôt magistrat. Si vous avez le malheur de condamner un innocent , vous n'en répondrez point devant les hommes , vous n'aurez à payer ni dommages et intérêts , ni rente viagère. Honneur et reconnaissance aux généreux confrères de Paris réunis en association de prévoyance pour défendre par d'éloquentes paroles et des secours pécuniaires , le docteur Thouret-Nauroy contre les faits d'un officier de santé auquel la loi interdit la pratique d'opérations majeures qui, dans le cas en question, peuvent avoir été faites sans nécessité. J'ai vu un médecin recevoir des honoraires de vingt-cinq centimes par visite et un autre se faire donner vingt-cinq francs pour une visite dans un canton , à deux myriamètres de sa résidence , non compris les frais de poste pour aller et retour. J'ai vu un officier de santé demander et recevoir douze cents francs pour traitement d'une fracture de jambe, et un docteur ne pouvoir obtenir cent vingt-huit francs d'honoraires , pour traitement jusqu'à guérison parfaite d'une semblable blessure. J'ai vu tel ac-
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coucheur se faire donner douze cents francs pour un accouchement qu'il a fait à six lieues de sa résidence, et telle sage-femme affirmer qu'elle en fait à six francs, mais davantage pour trente sous et quelques-uns pour douze ! J'ai vu celui-ci exiger six cents francs pour une opération de cancer promptement suivie de décès, et cet autre ne pouvoir pas recevoir cinquante francs d'honoraires pour traitement jusqu'à guérison d'une encéphalite. J'ai entendu les plaintes de beaucoup de familles indigentes , celles de plusieurs confrères n'osant pas avouer que l'exercice de notre profession ne leur donne pas de quoi vivre; et c'est le résumé de tout ce que j'ai vu et entendu que j'expose ici.
L'exercice de la médecine est également discrédité par une évaluation outrée et par un rabais humiliant dans la quotité des honoraires. A côté de ce développement prodigieux de l'industrie, d'un admirable progrès des sciences, marchent effrontément la fraude et la cupidité. C'est à qui trompera : le marchand, dans saboutique;le fonctionnaire, dans ses promesses; l'apothicaire, dans ses drogues; le médicastre, dans ses cures. Si vous n'avez pas un bon microscope et des yeux bien exercés, vous courez risque de manger de la craie, du plâtre, de la sciure d'albâtre, pour de la fécule de pommes de (erre, etc.
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Cet exposé et ces vues sur l'état actuel de la médecine et la connaissance que vous allez avoir de son histoire vous feront juger si mes réflexions sur cette profession sont fondées sur la raison, l'équité, et conformes aux vœux de l'immense majorité des médecins. Le clergé, institué pour faire honorer et pratiquer la vertu, pour faire éviter le crime et le vice, doit être de tous les ordres le plus respecté. La magistrature, chargée de la recherche et de la punition des crimes et des délits, a droit aussi aux égards, à la protection de la société. Ce que le clergé et la magistrature font pour l'homme moral, la médecine seule l'enseigne et le pratique pour l'homme physique. Elle prévient et guérit ses maladies. Donc la médecine, comme l'ordre ecclésiastique et la magistrature, a droit à la protection du gouvernement, à la considération individuelle.
Quant au plan de l'ouvrage, voici celui que j'ai adopté. Je le divise en six sections dont chacune renferme autant de chapitres et de suhdivisions qu'il m'a paru nécessaire à l'exposition bien ordonnée des objets qui doivent y figurer.
La première section comprend les recherches historiques sur la médecine des plus anciens peuples et les premières doctrines médicales connues. Les principes et la doctrine d'Hippocrate y sont exposés avec
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quelques détails ainsi que les principales théories dogmatiques qui lui succédèrent.
La deuxième section embrasse l'histoire de la médecine depuis Asclépiade de Bithynie jusqu'à l'école de Salerne. C'est la trop longue époque de la décadence des sciences, des écoles arabes, de l'exercice de la médecine par les moines et du règne des préjugés les plus funestes aux progrès delà science.
La troisième section contient l'histoire de la médecine du seizième siècle. On y fait remarquer la tendance au rétablissement des écoles hippocratiques, l'influence de la philosophie de Ramus, la réforme de Paracelse, les découvertes anatomiques si importantes qui précédèrent et suivirent celle de la circulation, au dix-septième ôiècle.
La quatrième section est consacrée à l'exposition des doctrines chimiques et iatromathématique du dix-septième siècle, à celle des écoles dynamiques du siècle suivant. Le système d'Hoffmann , celui de l'irritabilité hallérienne, sont reproduits avec des détails proportionnés à la vogue qu'ils ont eue. Enfin les écoles empiriques, l'histoire de l'inoculation et de la médecine thaumaturge y occupent une place distinguée.
La cinquième section est toute remplie par la dernière période décennale du dix-huitième siècle. Cette
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époque si célèbre pour l'histoire politique de l'Europe, pour celle de la France en particulier, ne l'est pas moins dans les fastes de l'art de guérir. Vous verrez avec admiration le résumé historique des découvertes et des principaux ouvrages enanatomie, en physiologie, en pathologie, en thérapeutique et en matière méàicale, ainsi que les travaux sur la médecine publique , sur son exercice dans les hôpitaux et enfin la découverte de la vaccine qui termine si dignement, le siècle le plus fécond en événemens extraordinaires, en créations du génie.
La sixième et dernière section est consacrée à l'exposition du résumé historique des découvertes et des phases principales de la médecine opératoire, depuis son origine jusqu'au dix-neuvième siècle. Il fallait en parler et la placer séparément pour ceux qui veulent encore une distinction entre la médecine et la chirurgie, ces deux filles jumelles de l'art de guérir. On y trace l'exposé des opérations que l'on pratique sur la tête, la poitrine, le bas-ventre et sur les autres parlies du corps, ainsi que celui de plusieurs des maladies dites chirurgicales qui s'y rapportent
Cette indication des matières suffit pour montrer leur enchaînement , pour en faire connaître l'objet. Autant j'ai pris soin d'éviter toute digression étran-
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gère à cette histoire et d'être sobre de réflexions , autant je me suis appliqué à présenter les faits au lecteur sous un jour favorable à celles qu'il y puisera.
La composition en était achevée en i83i. Des circonstances très défavorables en ont empêché la publication ainsi que les recherches nécessaires pour produire avec toute l'exactitude désirable, l'orthographe des noms propres si diversement écrits dans l'ouvrage de K. Sprengel et ailleurs. Pendant ce retard forcé, j'ai soumis des fragmens de cet abrégé au jugement de plusieurs sociétés de médecine qui les ont accueillis avec une bienveillance et des éloges trop flatteurs sans doute. Je crois devoir ajouter encore , comme titre à l'indulgence publique , qu'ayant servi pendant vingt ans dans les régimens, dans les armées ou dans les petits hôpitaux des chefslieux de canton de Calvi, Neufbrisach et Calais, je me suis trouvé par-là dans l'impossibilité de faire les recherches d'érudition nécessaires pour donner à ce travail la perfection que j'aurais voulu.
Pendant le désœuvrement auquel je fus réduit, surtout dans le dernier de ces hôpitaux, où j'ai toujours eu fort peu de malades (i) j'ai recueilli des actes rela-
(1) Voyez le dernier compte rendu publié dans les Annales de la médecine physiologique , des mois de mai et juin 1 834 •
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tifsàla médecine dont quelques-uns nesontpasencourageans pour nous , officiers de santé militaires. Je les ai reproduits à l'appui de mes assertions, dans l'espoir d'un avenir plus heureux pourles chirurgiens etmédecins, parce que j'ai foi dans les sentimens de justice, de prévoyance et de haute probité de M. le ministre de la guerre actuel. Les louanges données à l'un de ses prédécesseurs , dans un recueil publié par ordre, de son excellence, m'autorisent à rappeler quelquesuns de ses actes, dans la persuasion qu'il ne voudrait pas que l'on ne vît que des sujets d'éloges dans ce qu'il a fait aux chirurgiens-médecins militaires. Puisse l'impartiale histoire des fastes de la gloire n'allier jamais à la qualification d'illustre, celles de despote et rapace !
Mon isolement m'a privé du secours des bons livres et des hommes instruits. J'en sens tout l'inconvénient et je le donne pour excuse de n'avoir pas fait plus et mieux. Tout homme est sujet à erreur; et si j'en ai commis, je suis prêt à les réparer. A cet égard, les conseils que Ton voudra bien me donner seront accueillis avec reconnaissance. La gratitude est une dette de cœur et j'en paye l'intérêt avec exactitude, quand je ne puis l'acquitter.
Enfin ces témoignages d'estime et d'encouragement dont les sociétés de médecine honorent leurs