‹ Abrégé de l'origine de tous les cultesChapitre 11 sur 68 · X.e MOIS · texte numérisé non relu

X.e MOIS

Xe TEAVAIt.

Le soleil quitlele bfllerdePryxiis, Hercule après le voyage et entre sous le taureau. Ce passage qu'il fit avec le» Arsoiiaiitei est marque par le coucher d'Orion, pour conquérir le bélier, requi fut amoureux des Atlantides ou vient en Hespf'rie a la coudes Pléiades , par celui du bouvier quête des bifuT» de Gcrjon : conducteur des bœufs d Icare , par il tue aussi ud prince cruel, celui du fleuve Eridan, par le lever qui poursuivait le» Allaolides des Allactidrs , et par celui de la et il arrive en Italie chez chèvre, lemmc de Faune. Faune, au lever des Pléiades.

Xla uois.

Passage du soleil aux gémeaux , Hercule triomphe d'uu indiqué par le coucher du chien chien affreux, dont la queue ProcyOD, par le lever cosmique du était un serpent, et dont la grand chien à la suite duquel s'al- tèie était hérissée de serpens. Jonge l'hydre, ctpar le lever du (oir II délait aussi Cygnu» ou le du cygne céleste, prince Cygne au raomeut où

la canicule vient brûler la terre de ses feui.

Xlle ucis.

Xlle TRAVAIL.

Le soleil entre au signe du cancer, auquel répondait le dernier mois, au coucher du lleuve du Verseau et du centaure, au lever du berger et de ses uio itons, au moment cù la con- «te'lation de Vllercule ini;eniculus descend vers les régions occidentales appelées Uespérides , suivi du dragon du pôle , gardif n des pomnieidu jaidin des Uespérides , dragon qu'il foule aux pieds dans la «phère et qui t3mbe près de lui ver»

le couchant.

Hercule voyage en Hespérie poury cueillir des pommes d'or que gardait le dragon qui, dans nos sphères , est prés du pùle : suivant d'autres , pour enlever des brebis a toison d'or. Il se dispose "a faire un sacrifice, et se rev^t d'une robe teinte du •angd'un centaure qu i! avait tué au passage d'un lleuve.

Celte robe le brû'e de f'-ui :

il meurt , et finit ainsi sa carrière niortelli; pour reprendre sa jeunesse auxcieus ety jouir ^de l'iouaoïtalilâi

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Voilà le tableau comparatif des chants du poème des douze travaux, et des aspects célestes durant les douze mois de la révolution annuelle qu'achève le sokil, sous le nom de l'infatipablej^lercule. C'est au lecteur à juger des rapports , et à A'oir jusqu'à quel point lepoèmeet le calendrier s'accordent. Il noussutîit de dire que nous n'avons point interverti la série des douze travaux , qu'elle est ici telle que la rapporte Diodore de Sicile. Quant anx tableaux célestes, chacun peut les vérifier avec une sphère, en faisant passer le colure des solstices par le lion et le Verseau, et celui des équinoxespar le taureau et le scorpion, position qu'avait la sphère à l'époque oùle lion ouvrait l'année solsticiale, environ deux mille quatre cents ans avant notre ère.

Quand raèmeles anciens ne nous auraient pas dit qu'ttercule était le soleil; quand mêmel' universalité de son culte ne nous avertirait pas qu'unpetit prince grec n'a jamais dû faire une aussi étonnante fortune dans le monde religieux, et qu'une aussi haute destinée n'appartient point h un mortel, mais au dieu dont tout l'universéprouve les bienfaits , il suffirait de bien saisir l'ensemble de toas les rapports de ce double tableau, pour conclure, avec la plusgrande •vraisemblance, que le héros du poème est le dieu qui mesure le temps, qui conduit l'année, qui règle les saisons et les mois, et qui distril)uela lumière, la chaleur et la vie à toute la nature. C'est une histoire monstrueuse qui ne s'accorde avec aucune chronologie, et qui offre partout des contradictions

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quand ôn y cherche les aventures d'une homme ou d'un prince : c'est un poème vaste et ingénieux , quand on y voit le dieu qui féconde l'univers. Tout y est mouvement, tout y est vie. Le soleil du solstice y est représenté avec tous les attributs de la force qu'il a acquise h cette époque, et que contient en 1 ui ledépositaire de la force universelle du monde; il est revêtu de la peau du lion et armé de la massue. Il s'élance fièrement dans la carrière qu'il est obligé de parcourir par l'ordre éternel de la nature. Ce n'est pas le signe du lion qu'il parcourt , c'est un lion atïreux qui ravage les campagnes qu'il va combattre ; il l'attaque , il se mesure avec lui , il l'étoulïc dans ses bras, etsepare des dépouilles de l'animal vaincu ; puis il s'achemine à une seconde victoire. L'hydre céleste est le second monstre qui présente un obstacle à la course du héros. La poésie la représente comme un serpent à cent têtes , qui sans cesse renaissent de leurs blessures. Hercule les brûle de ses feux puissans. Les ravages que fait cet animal redoutable, l'eftVoi des habitansdes campagnes voisines des marais qu'habite le monstre, les horribles sifflemens des cent têtes ; d'un autre côté , l'air d'abord assuré du vainqueur du lion de Némée; ensuite son embarras lorsqu'il voit renaître les têtes qu'il a coupées, tout y est peint à peu près comme Yirgile nous a décrit la victoire de ce même héros sur le monstre Cacus. Tousles animaux célestes,mis en scène dans ce poème, y périssent avec un caractère qui sort des bornes ordinaires de la nature: les

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clievauï deDiomède dévorent les hommes; les femmes s'élèvent au-dessus de la timidité de leur sexe, et sont des héroïnes redoutahles dans les combats; les pommes y sont d'or; la biche a des pieds d'airain, le chien Cerbère est hérissé de serpens : tout, jusqu'à l'écrevisse, y est formidable; car tout est grand dans la nature comme dans les symboles sacrés qui en expriment les forces diverses.

On sent quel développement un poète a pu donner à toutes ces idées physiques et astronomiques, auxquelles durent s'en joindre d'autres , empruntées, soit de l'agriculture, soit de la géoi^raphie, soit de la politique et de la morale; car tous ces buts particuliers entraient dans le système yjncral des premiers poètes pîiiiosophes qui chaulèrent les dieux, et qui introduisirent les hommes dans le sanctuaire de la nature, qui semblait leur avoir révélé ses mystères. Que de morceaux épisodiques perdus pour nous, et qui devaient se lierau sujet principal de chaque chantdu poème, dans lequel le génie allégorique et poétique avait la liberté de tout user et de tout feindre ! Car rien n'est impossible à la puissance des dieux; c'est à eux seuls qu'il appartient d'étonner les hommes par l'apjjareil magique de leur pouvoir. Quelle carrière pour le génie que celle que lui ouvre la nature elle-mème,qui lui met sous les yeux ses brillans tableaux , pour être imité dans ses chants ! C'était bien là véritablement l'âge d'or de la poésie, fdle du ciel et des dieus. Depuis ces temps antiques, clic est bienres-

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tec au-dessous de celte )iau1.cur suhllmc (Jii'itn essor iiardi lui avait f.iitiiLteindrc lorsqu'elle ctait soutenue de toutes les forces que le giiuie puise dans la coutcmpKiiioado l'univers ou du yranùDieu, dont lespoè'les furent les premiers oracles et les premiers prêtres. Quel vasle cliamp à nos conjectures sur l'antiquito du monde et sur sa civilisation , quand on rt tlécliit que la position des cicux, donnée par ces poèmes, où les constellations jouent un si fjrand rôle, ne nous permet pas d'en rapprocher de notre ère les auteurs de plusde 2, 500 ans! Est-ce bien sur les débris du monde, sorti à peine des eaux d'un déluge , que les arts du génie planaient aussi haut ?

Il est encore une conséquence que nous devons tirer de ce taldcau comparatif, qui nous a prouvé qu'Hercule n'était point un mortel élevé au rang des dieux par son courage et ses bienfaits envers les hommes, ni les événemens de sa prétendue vie des faits historiques , mais bien des faits astronomiques. Cette conséquence est que le témoignage de plusieurs siècles et de plusieurs peuples en faveur de l'existence , comme hommes, des héros des différentes religions , dont la mémoire est consacrée par un culte , par des poèmes ou des légendes , n'est pas toujoui-sun sûr garant de leur réalité historique .L'exemple d'Hercule met cette consi quence dans toute son évidence. Les Grecs croyaient assez pcnéralemcut à l'existence d'Hercule, comme à celle d'un prince qui était né, qui avait vécu, et quiétait mort chez eux après avoirparcouru l'univers,

Ônlui donnait plusieurs femmes, des enfans, et on le faisait chef d'une famille d'Héraclides, ou de princes qui se disaient descendre d'Hercule, comme les Incas du Pérou se disaient descendans du soleil. Partout l'on montrait des preuves de l'existence d'Hercule, jusque dans les traces de ses pas, qui décelaient sa taille colossale. On avait conservé son signalement, comjne les clirétiens ont la sainte face de leur dieuSoleil, Christ. Il était maigre, nerveux, basané ; il avait le nez aquilin, les cheveux crépusj il était d'une santé robuste.

On montrait en Italie, en Grèce et dans divers lieux de la terre, les villes qu'il avait fondées, les canaux qu'il avait creusés , les rochers qu'il avait séparés, les colonnes qu'il avait posées, les pierres que Jupiter avait fait tombcrdu ciel pour remplacer lestraitsquiluimanquaientdans son combatcontre les Liguriens. Des temples, des statues, des autels, des fêtes, des jeux solennels, des Iiymnes, des traditions sacrées, répandus en différcns pays, rappelaientà tous les Grecs les hauts faits du héros de Tyrinthe, du fameux fils de Jupiter et d'Alcmènc, ainsi que les bienfaits dont il avait comblé l'univers en général, et en particulier les Grecs; et néanmoins nous venons de voir que le grand Hercule , le héros des douze travaux, celui-là même à qui les Grecs attribuaient tant d'actions merveilleuses, qu'ils honoraient sous les formes d'un liéros, vêtu de la peau du lion et armé de la massue, est le grand dieu de tous le§ peuples; ce soleil fort et fécond qui engeu-

drc les saisons, et qui mesure le temps dans le cercle annuel du zodiaque, partagé en douze divisions que marquent et auxquelles se lient les divers animaux fïg urés dans les constellations, les seuls monstres que le héros du poème ait combattus.

Quelle matière à réflexions pour ceux qui tirent un grand argument de la croyance d'un ou de plusieurs peuples, et de plusieurs siècles, pour établir la vérité d'un fait historique, surtout en matière de religion, oii le premier devoir est de croire sans examen. La philosophie d'un seul homme, en ce cas, vaut mieux que l'opinion de plusieurs milliers d'hommes et de plusieurs siècles de crédulité. Ces réflexions trouveront leur application dans la fable solaire, faite sur le chef des douze apôtres ou sur le héros de la légende des chrétiens, et dix-huit siècles d'imposture et d'ignorance ne détruiront pas les rapports frappans qu'a cette fable avec les autres romans sacrés faits sur le soleil, que Platon appelle le fils unique de Dieu. Le bienfaiteur universel du monde, en quittant la peau du lion solsticial pour prendre celle de l'agneau équinoxial du printemps, n'échappera pas à nos recherches sous ce nouveau déguisement, et le lion de la tribu de Juda sera encore le soleil, qui a son domicile au signe du lion céleste, et son exaltation dans celui de l'agneau ou du bélier printanier. Mais ne devançons pas l'instant oii les chrétiens seront forcés de reconnaître leur dieu dans l'astre qui régénère la nature tous les ans, au moment de la célébration de leur Pàque, Passons aux fictions sacrées faites sur la lune.

»K TOITS tES CULTES. lOt

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