‹ Abrégé de l'origine de tous les cultesChapitre 13 sur 68 · J)E TOUS LES CULTES/ TABLEAUX COMPARATIFS · texte numérisé non relu

J)E TOUS LES CULTES/ TABLEAUX COMPARATIFS

1er lAïiBir cptfSTr.

Ifr TABT.IÎir DE ta 1.ÉCÏSD8.

L': scorpion, signe qu'occupe 'e Osiris est mis à mort par Tj-

Soleil au momenl de la mort d"0- plion son rival , guiiie ennemi de

siris , u pour patanati lions ou la luniiùrc. Cet tiénemi-nt arrive

astics qui se luTint et s- couchent sous le scorpion. Tjphon associe

sprct avec lui , les scrpens , à sa conspiration une reine d'E-

qui fournissent à Typhon ses attributs. A cette division céleste répond, par «on couther, Cassiopée, reine d'Ethiopie, qui annonce eu autoDiue It s vents impétueux.

Ile TiBLEAC CZLESTR.

Le soleil s'unit alors au serpentaire qui, suivant tous les auteurs, «st le même qu'Esculape, et qui prête ses formes à cet astre, dan»

ton passage au\ signes inférieurs, OIJ il devient Sérapis et Plulou.

Ille TJtLBAtl CÏLÏSTt

An moment oiJ le soleil descend aux signes infei leurs, et où il répond au dix-sepiiime degré du scorpion, époque à laquelle on liie la mort d'Oslris, la lune se trouve pleine au taureau céleste. C'est dans ce signe qu'elle s'uuit au soleil du prin.enips, lorsque la terre reçoit du ciel sa fécondité, et lorsque le jour reprend son empire sur les longues nuits. Le taureau, opposé au lieu du soleil, entre dons le cône d'ombre que projeté la terre, et qui forme la nuit, avec laquelle monte et descend le taureau , qu'elle couvre de son Toile durant tout son séjour sur l'horison.

IVe

thiopie, laquelle, nous dii flutarque, désigne les Tenu violeus.

Ile TiBLElC DE 1.1 LÉSESDB.

Osiris descend au tombeau on aui enfers. C'est alors, suivant Plutarque, qu'il devient Sérapis, le même dieu que Plu ton et qu'Esculape.

TllLIitI CELISH.

IIIeTABI.ElD DB LA LÉCEICDS.

Ce jour-là même Isîs pleure la mort de son époux, et, dans la cérémonie lugubre qui tous les ans retraçait cet événement tragique p on promenait en pompe un bœuf dore , couvert d'un rrêpe noir, et l'on disait que ce bœuf et ait l'image d'Osiris, c'est-à-dire Apis, symbole du taureau céleste, suivant Lucien. On y exprimait le deuil de la nature , que l'élolgnement du soleil privait de sa parure , ainsi que de la beauté du jour , qui allait céder sa place au dieu des ténèbres ou des longues nuit». On y pleurait, ajoute Plutarque, la retraite des eaui du Nil et la perte de tous les bienfaits du printemps et de Pété,

IVeTktLIAC DI LA LkCHXDE.

La lune va régler désormai» Le^V.gyptien», le premier jour

«eule l'ordre de la nature. Tout qui suivait celte mort, allaient à les mois , loQ disque pleiu et ar- U mer pfudaut U unit. Là ils for-

ABRÉGÉ SE l'origine

rouili nous présente dans chacun des signes supérieursune image du soli^H, qu'elle ne trouve plus it dont elle tient la place poudant la nuit, sans avoir ni sa lumière ni sa clialeur féconde. Elle est pleine dans le premier mois d'automne, au signe dans lequel, à l'équinoxe du printemps, Osiris avait placé le siège de satecondité, s'gne consacré àla terre, tandis que le soleil occupe 1? scorpion , signe consacré à l'élément de l'eau.

Ve TAliLEiU CBLESTE.

Le taureau, où répond le cône d'ombré de la terre , désigné sous l'emblème d'un coIVre ténébreux, et occupé par la lune pleine, avait sous lui le Utuve d'Oiion, arpelé le îîil , et au-dessus l'ersee , dieu de Cbemmis, ainsi que la constcllatiou du cocber, qui porte la chè- ■yre et ses chevreaux. Cette chèvre s'appelle lal'emme de Pan, et elle t'ouriiiisait à ce dieu ses attributs.

Vie TIBLEAD CtLESTB.

La pleine lune suivante arrive dans le signe des gémeaux, où sont peints deux enfans qui président aux oracles de Didyme , et dont l'un s'appelle Apollon , dieu de la divinité.

Tlle TABLSID CÉLIITB.

La pleine lune qui vient après , a lieu au cancer, domicile de cette planète. Les constellaiions en aspect avec ce signe , et qui se couchent à son lever, sont la couronne d'Ariadne, princesse avec laquelle coucha Bacchus, l'Osiris égyptiens ; le chien l'rocjon et le grand chien , dont une étoile se nomme étoile d'Isis. Le grand cliien lui-même fut révéré sou» le uom d'Ànuljis eu ÉgjpU'.

niaient, avec de là terre et de

l'eau, une image de la lune qu'il»

paraient , et ils criaient qu'ils avaient retrouvé Osiris. Ils disaient que la terre et l'eau , dont ils composaient cette injage , représentaient ces deux divinités Osiris tt Isis, ou le soleil et la lune; allusion faite, sans doute , à la nature des élémcns qui présidaient aux signes où ces deux astres se trouvaient alors.

Ve TABLEAD DE LA LÈGBKDE.

Le coffre qui renferme Osiris est jeté dans le Nil. Les Pans et les Satyres, qui habilaitnt aux envi, rons de Chemmis, s'aperçurent les premiers de cette mori ; ils rannoncèrent par leurs cris , et ils répandirent partout le deuil «t l'ell'roi.

Vie TABLEAU DE LA LÉeiIIOI.

Isis, avertie de la mort de son époux, voyage pour chercher le coll're qui renferme soifcorps. EUa rencontre d'abord des enfans qui avaieut vu le coll're ; elle les interroge *, elle en reçoit des renseignemens, et elle leur accorde le don de la divination.

Vile TABLEAD CI LA LÉCENDB..

Isis apprend qu'Osiris a, par ep.

reur, couché avec sa sœur. Elle eu trouve la preuve dans une couronne qu'il a laissé chez elle. H en était né un enfant qu'elle cherche à l'aide de ses chiens : elle le trouve , l'élève et se rattache $ c'est Auubii, sot lidélc gardien.

D£ TOUS lES CULTES.

US

Ville TABIEAD CELESTE.

La lune du mois suivant se trouve pleine dans le signe du 1 on, doxniciic du soleil, ou d'Adoni^,dieu adoré à Uyl^los. I-.es .islrcs en aspect avec ce sit;tie sonlleiieuve du Verseau el le Ccphéc , roi d'Ethiopie, appelé Régulas, ou simplementle roi. A sa suitesu lève Cassopiée sa femme, tt reine d'Eihiopie, Aodronii-dc sa fille, et l'ersée son gendre.

IXeTiBLEin CÉLESEK.

L» lune qui suiscsl pleine an sij;ne de la vierge, appelle ausii lus pnr Frathostcne. Oa y peignait une feuinie a liai la nt un enfant. En aspect avec ce signe se trouvent le mât du vaisseau cclesie et le ooisson a tclc d^Liroudelle.

Xe TABLEAU CELESTE.

Sur les divisions qui sépare et le signe de la vierge, qui quille la lune,decelui de la balance, oii elle va devenir pleine , se trouvent placés Icvaiiseau, et le Bootés qu'on dit avoir nourri Orus. Au toueliantes.t l« lils ou le gendre du roi d'Ethiopie, Pcrsée , ainsi que le lleuve d Orion. Les antres astres en ss[}ccl avec la balance, et oui moulent a sa suite, sont le porc d Erynianthe oa l'ourse ccleslc, nommé le chien de Typhon; le dragon du pôle, le fameux tyihan , qui lo;irnit à Typhon ses atlribuU. Voila la conrge dont se trouve enl'jurcc la pleine lune, de la balance ou du dernier des signessupérieurs :

elle va précéder la néoméoie du printemps, qui aura lieu au taureau , daus lequel le soleil ou Osiris doit se réunir à la lune , ou à Isisson époux.

Xle TABLEAU CELESTE.

La lune, au bout de quatoric jour*, arrive au laureju et s'unit

Ville TABLEAU DELA LEGENDE.

Isis se transporte a Bjblos, et te place prés d'une fontaine, oii elle est rencontrée par des femmes de la cour du roi . La reine et le roi veulent la voir : elle est aoienéc a la cour, et on lui propose l'emploi de nourrice du fils du roi. Isis accepte la place.

jX TABLEAU DE LA LECKXDE.

Isis devenue nourrice allaite l'cnlaut pendant la nuit : elle briîlc toutes les parties mortelles de son corps, puis elle est métamorphosée en hirondelle. On la voit s'envoler et se placer près d'une grande colonne qui s'était formée toul-a coup d'une très petite tige, 'à laquelle tenait le col' ire qui rcnferiuaitson époux.

Xe TABLEAU DE LA LEGENDE.

Isis ayant trouvé le coffre qiii contient le corps de son époux, quitte Bybloi : elle oionle un vaisseau avec le fils aine du roi, cl dirige s» roule vers Butoi , où était le nourrisson d'Orus. Elle dc:scche le mat n un fleuve d où s'é'erait uu vent trop fort. Elle dépose a l'écart ce coffre précieux, mais ce coffre est découvert par Typhon, qui chassait an clair de la pleine lune, et qui poursuivait un porc ou un sanglier. I! (eeonnaîl le cadavre de son rival, et il le coupe en autant de paitits qu'il y avait dcjours depuis celle pleine lune jusqu'à la no ivelle : celle ci constance , dit Plutarque , l'ait allusion a la diminution successive de la lumière lunaire, pendant les qiiatorze jours qui suivent la plciae lune.

Xle TABLEAU DE LA LEGENDE.

Isis rassemble les quatorze morceaux du corpt d« sou époux; elle

kiifiiat DE l'oricïnb

au soleil , dont elle ta rassembler lesfcuxsur son disque, pendant les autres quatorze joiirsqui vontsui- Tre, Elleselrouve alors en conjonction tons les mois avec lui dans la partie supérieure d» s signes , c'està-dire dans riiémisphère où le soleil , vainqueur des ténèbres et de l'hiver, rapporte la lumière, l'ordre et riiarmonie. Elle emprunte de lui la force qui va détruire les germes du mal que Typhon , pendant rabscnce d'Osirîs ou durant l'hiver, a mis dans la partie boréale de la terre. Ce passage du soleil au taureau, lorsqu'il revient des enfer»

ou de l'hémisphère inférieur , est iiiarquépar leleverdu soir, du clieval, du centaure et du loup, et par le coucher d'Orion, appelé csstre d'Orus, Ce dernier se trouve, tous les jours suivons, uni au soleil printanier, dans son triomphe sur les ténèbres et sur Xjpbou qui les produit.

Xlle TiBLEàO CÉLESTE.

L'année équinoiiale finit au moment où le soleil et la lune se trouvent réunis avec Orion ou avec l'astre d'Orus, constellation placée sous le taureau , et qui s'unit à la Néoménie du printemps, La nouvelle lune se rajeunit dans le taureau , et peu de jours après elle se montre sous la forme de croissant, dans le signe suivant , ou aui gèmeaui , domicile de Mercure. Alors Orion , uni au soleil , précipite le scorpion son ri* al dans les ombres de la nuit; car il se couche toutes les fois qu'Orion monte sur l'horizon. Le jour prolonge sa durée, et les germes du mal sont peu à peu détruits. C'est ainsi que le poète Nonnus nous peint Tjphon vainru à la fin de l'hiver, lorsque le soleil arrive au taureau , et qu'Orion monte aux cieux avec lui ; car Ce sont ses «ipressinns,

leur donne la sépulture, et eon« sacre le Phallus, que Ton promenait en pompe aux ietes du printemps, connues sous le nom de Paamjhes, C'était à oetle époque que l'on célébrait l'entrée d'Osiris dans la lune. Osiris alors était revetm des enfers au secours d'Orus son lils, et d'Isls son épouse, à qui il unit ses forces contre Tj^hon ou contre le chef des ténèbres; la forme sous laquelle il apparaît est le loup , suivant les uns , et le cheval, suivant d'autres.

XlIe TiELBiD Dï LA LÉCÏNDB."

Isis, pendant l'absence de son époux, avait rejoint le terrible Typhon , lorsqu'elle déposa le collre dans le lieu où se trouvait son ennemi. Ayant enfin retrouvé Osiris dans le moment où celui-ci se disposait à combattre Typhon, elle est privée de son ancien diadème >par son fils; mais elle reçoit de iilereure un casque en forme de tête de taureau. Alors Orus .sous les traits et dans l'altitude d'un guerrier redoutable , tel qu'on peint Orion ou l'astre dOrus , combat et délait son ennemi, qui avait attaque son père sous la forme du dragon du pûle ou du fameux Python.

Ainsi , dans Ovide , Apollon défait le même Pyllion au moment où lo , devenue ensuite Isis , reçoit les faveurs de Jupiter, qui la place ensuite au signe céleste du taureau. Toutes ces fables setiaiinenl et ont le même objet.

Une correspondance aussi complète,qui porte sur tant de point de ressemblance entre les tableaux de cette allégorie et ceux du ciel, et qui se soutient d'un bout à l'autre, quelquemutil.'eqiesoit cette légende ou cette histoire sacrée, ne permet pas de douter que le prêtre astronome qui l'a composée n'ait fait autre chose que d'écrire les courses de la lune dans les cieux, sous le titre de courses d'Isis, surtout quand on sait qu'Isis est le nom qu'on donnait à la lune en Egypte. En effet il faudrait soutenir qu'Isis n'est pas la lune, ce qu'on ne peutpasdire; ou prétendre qu'Isis étant lalune, les coursesd'Isis ne sont pas celles de la lune, ce qui impliquerait contradiction, ou eniin suivre ailleurs qu'au ciel les courses de cet astre, ^'ous n'avons fait, dans notre explication, que mettre en usage la méthode que nous indique Chérémon pour décomposer les fables sacrées et nommément celle d'Osiris et d'Isis, qu'il dit être relative aux accroissemenset aux diminutions delà lumière de la lune à l'hémisphère supérieur etinférieur, etaux astres en aspect avec les signes autrementappelés paranatellons. Ce sontles savansd'Égyptequi nous ont eux-mêmes tracélaroutequenous avons suivie dans notre explication. Voilà donc une ancienne reine d'Egypte et un ancien roi, dont les aventures feintes ont été décrites sous laformc d'histoire et qui pourtant, comme l'Hercule des Grecs, ne sontque des êtres physiques et les deux principaux agens de la nature. On doit juger par ces exemples,du caractère «dlégorique de î'uutiquité, et combicuoa

doit être en garde contre les traditions qui mettent les êtres physiques au nombre des èhes historiques. Il est important de ne pas perdre de vue qu'on écrivait autrefois l'histoireduciel, du soleil principalement, sous la forme d'une hisloire d'hommes, et que Icpeuple, presque partout, l'a prise pour de l'histoire et le héros pour un homme. L'erreur fut d'autant plus facile à accréditer, qu'en général les prêtres firent tout ce qui était en eux potir persuader au peuple que les dieux qu'il adorait avaient vécu, et avaient été des princes, des législateurs ou des hommes vertueux qui avaient bien mérité de l'humanité, soit qu'on voulût par là donner des leçons aux chefs des peuples, en leur enseignant qu'ils ne pouvaient aspirer à la même gloire qu'en imitant les anciens chefs des sociétés ; soit qu'on cherchât à donner un encouragement à la vertu du peuple, en lui persuadant que le sceptre autrefois avait été le prix des services rendus à la patrie , et non pas le patrimoine de quelques familles. On montrait les tombeaux des dieux comme s'ils eussent existé réellement ; on céli'brait des fêtes, dont le but semblait être de renouveler tous les ans le deuil qu'avait occasioné leur perte. Tel était le tombeiui d'Osiris , couvert sous ces masses énormes, connues sous le nom de pyramides, que les Egyptiens élevèrent à l'astre nui nous dispense la lumière. Une d'elles a ses quatre faces qui regardent les quatre points cardinaux du monde. Chacune des faces a cent dix toises à labase,et les quatre forment autant de trian-

gles ëquilatéraux .La hauteur perpendiculaire est de soixante-dix-sept toises suivant les mesures données par Cliazelles, de l'Académie des sciences. Il résulte de ces dimensions et de la latitude sous laquelle cette pyramide est élevée, que quatorze jours avant l'équinoxe du printemps, époque précise à laquelle les Perses célébraient le renouvellement de la nature, elle devait cesser de rendre des ombres à midi, et qu'elle n'en projetait plus que quatorze jours après celui d'automne. Donc le jour où le soleil se trouvait dans le parallèle oudaus le cercle de déclinaison australe qui répond à cinq degré quinze minutes, ce qui arrivait deux fois l'an, une fois avant l'équinoxe du printemps, et l'autre après ceux d'automne , cet astre paraissait exactement à midi sur le sommet de la pyramide. Alors son disque majestueux semblait quelques inslans placé sur cet immense piédestal et s'y reposer, tandis que ses admirateurs, agenouillés au pied, prolongeant leur vue lelong du plan incliné de la face boréale de la pyramide , contempLiient le grand Osiris , soit qu'il descendît dans l'ombre du tombeau, soit qu'il en sortît triomphant. J'en dirai autant de la pleine lune des cquinoxes, lorsqu'elle avait lieu dans ce parallèle.

Il semblerait que les Egyptiens, toujours grands dans leurs conceptions, eussent exécuté le projet le plus hardi quifut jamais imagine, celui de donner un piédestal au soleil cl à la lune, eu à Osiris et Isis, à midi pour l'un c! à minuit pour l'autre, lors-

qu'ils arrivaient dans laparliedu ciel auprès de laquelle passe la ligne qui sépare l'hémisphère boréal de l'hémisphère austral, l'empire du bien de celui du mal , celui de la lumière de celui des ténèbres. Ils voulurent que l'ombre disparût de dessus toutes les faces de la pyramide à midi, durant tout le temps que le soleil séjournerait dans l'hémisphère lumineux , et que la face boréale se recouvrît d'ombre, lorsque la nuit commencerait à neprendre son empire dans notre hémisphère, c'est-à-dire au moment où Osiris descendrait au tombeau et aux enfers. Le tombeau d'Osiris était couvert d'ombre à peu près six mois , après quoi la lumière l'investissait tout entier à midi, dès qu'Osiris revenu des enfers reprenait son empire en passant dans l'hémisphère lumineux. Alors il était rendu à Isis et au dieu du printemps, Orus, qui avait enfin vaincu le génie des ténèbres et des hivers. Quelle idée sublime ! Au centre de la pyramide est un caveau qu'on dit être le tombeau d'un ancien roi. Ce roi , c'est l'époux d'Isis, le fameux Osiris, ce roi bienfaisant que le peuple croyait avoir régné autrefois sur l'Egypte, tandis que les prêtres et les sa vans voyaient en lui l'astre puissant qui gouverne le monde et l'enrichit de ses bienfaits. Et en effet , eùt-on jamais fait une aussi grande dépense, si ce tombeau n'eut pas été censé conserver les restes précieux d'Osiris, que son épouse avait recueillis, et qu'elle confia, dit-on, aux prêtres, pour être enterrés eu même temps qu'ils lui décerjièrent les

honneurs divins ? Peut-on lui supposer un autre objet chez un peuple qui n'épargnait rien pour donner de la pompe et delà magnificence au culte, et dont le plus grand luxe était le lu.\e religieux? C'est ainsi que les Babyloniens, qui adoraient le soleil sous le nom de Bélus , lui élevèrent aussi un tombeau q le cachait une immense pyramide; car dès qu'on eut personnifié l'asti'e puissant qui anime la nature, et que dans les fictions sacrées on l'eût fait naître, mourir et ressusciter, le culte imitatif, qui cherchait à retracer ses aventures , plaça des tombeaux à côté de ses temples. Ainsi, l'on montrait celui de Jupiter en Crète; du soleil Christ en Palestine; de Mithraen Perse; d'Hercule à Cadix; du Cocher, de l'Ourse céleste, de Méduse, dts Pléiades, etc., eu Grèce. Ces dift'ér' ns tombeaux ne prouvent rien pour l'existence historique des personnages feints auxquels l'esprit mystique dts anciens les a consacrés. Ou montrait aussi le lieu oîi Hercule s'était brûlé , et nous avons fait voir qu'Hercule n'était que le soleil personnifié dans les allégories sacrées ; de même que nous avons montré que les aventures de la reine Isis, chantées par ses adorateurs, appartenaient à la lune. Nousallons encore voir d'autres exemples du génie allégorique des anciens, dans lesquels le soleil est personnifié et chanté sous le nom d'un héros bient'uisant. Tel est le fanieiu Cacchus des Grecs ou l'Osiris égyptien.

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