‹ Abrégé de l'origine de tous les cultesChapitre 28 sur 68 · CHANT XV · texte numérisé non relu

CHANT XV

Le chant quinzième nous offre d'abord le spectacle de la troupe des Indiens, qui se précipitent vers les bords du fleuve , et s'enivrent de ses eaux. Le poète nous décrit assez au long tous les effets de cette ivresse, du délire et du sommeil qui en sont la suite, ainsi de l'avantage qu'en tire Bacchus, qui surprend un grand nombre d'cntr'cux et les charge de fcrs.Tousles chants suivans jusqu'au quarantième, dans lequelle prince Rixe ou Dériade est tué, renferment les détails des diil'érens combats livrés dans cette guerre, qui seule occupe vingt-cinq chants du

DE TOUS LES CtXTËS. 161

poème dont elle est le principal nœud : cai' Dériade est le principe de résistance qui s'oppose à l'action bienfaisante de Bacchus : c'est le chef du peuple noir qui exerce une lutte terrible contre le dieu , source de bien et de lumière.

Bacchus, après avoir battu les Indiens sur les bords de l'Aslacus et traversé ce fleuve, ou, sans figure, ce signe, s'approche de la forêt voisine qu'habitait une jeune nymphe appelée lYiccon P^ictoire. C'était une jeune chasseresse, qui, comme Diane, voulait conserver sa virginité. Elle demeurait sur un rocher fort escarpé , ayant à ses pieds un lion redoutable,qui baissait respectueusement devant elle son horrible crinière. Près delà demeurait aussi un jeune bouvier nommé Hymnus, ({m était devenu amoureux d'elle. Nice, toujours rebelle à ses vœux, repousse ses prières, et lui décochant un trait, elle tue ce malheureux amant. Lesnymphes le pleurent, et l'Amour jure de le venger en soumettant à Racchus cette beauté farouche : toute la nature s'attriste sur la mort de l'infortuné Hymnus. On reconnaît encore ici un personnage allégorique : le nom d'Iîymnus ou de Chant, amant de la Victoire, indique assez les chants qui accompagnaient autrefois le triomphe du soleil et son arrivée au point du solstice d'été.

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