CHANT XLV
Trompée par ce faux avis , la malheureuse Autonoë court aussitôt dans les forêts, suivie d'Agave, mère de Penthc'e, qui déjà était remplie de toute la fureur des Bacchantes.
Tirésias fait un sacrifice pour Penthée, qu'il engage à ne pas tenter contre Bacchus uii combat dont le sort ne serait pas égal. Mais rien n'intimide Penthée; il fait chercher Bacchus dans les forêts, et veut le faire charger de fers. Les Bacchantes sont emprisonnées , et bientôt elles sortent de la prison en opérant des prodiges ; Bacchus met le feu au palais de Penthée, qui inutilement s'efforce de l'éteindre. On remarque parmi les différens miracles
DE TOUS LES CULTES. ISt
deBacclius et de ses Bacchantes, des prodiges assez semblables à ceux qu'on attribue à Moïse et à Christ : tel est celui des sources d'eau que le premier fait jaillir du sein des rochers , et celui des langues de feu qui , dit-on , remplirent l'appartement oii les disciples de Christ se trouvaient assemblés.
CHANT XLYI.
Le chant quarante-sixième commence par un discours de Penthée contre Bacchus , à qui il conteste son origine divine. Bacchus le réfute , et l'invite ensuite à se déguiser en femme pour être témoin par lui-même de ce qui se passe dans ses orgies. Penthée se laisse persuader, et sous ce déguisement il s'approche desBacchantes, dont il imite le délire et les mouvemens. Il paraît aux yeux de sa mère sous la forme d'un lion furieux qui voulait attaquer Bacchus. Elle s'unit aux Bacchantes pour le tuer, et, près d'expirer, il tâche de dissiper l'erreur de sa mère , en disant que celui qu'elle croit un lion est son fils. Mais rien ne peut déiromper Agave et ses compagnes : elles mettent en pièces le malheureux Penthée ou le prince Deuil. La mère infortunée fait couper la tète de son fils, et veut la faire attaau palais de Cadmus, toujours persuadée que c'est un lion qu'elles ont tué.
Cadmus la tire de son erreur et lui reproche les cruels effets de son délire. Alors elle reconnaît son crime , elle tombe évanouie, et, revenue à clle-
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même , elle se répand en imprécations contre Bacchus. Ce dieu assoupit sa douleur par un breuvage, et la console.