DESCRIPTION
Du Zodiaque de Dendra , qui se trouve maintenant au Musée à Paris.
On dissertait cloquemmenl,inaisvaguement,sur ràfje du monde; les tbéolof;iens nous montraient tout près de nous le berceau du genre humain, parce que cette origine récente convenait à leurs spéculations , lorsque la découvcrteduzodiaquequi nous occupe vint changer bien des idées, démentir bien des textes sacrés, et reporter bien au-delà du point originel, imposé par l'Eglise, les recherches des savans et des philosophes.
Le général Desaix, de glorieuse mémoire, était maître de la Haute-Egypte, dont il visitait avec une profonde vénération les antiques monumens. Il parcourait avec M. Denon le grand temple d'Isis, à Dendra , situé à douze lieues environ des ruines de Thèbes, quand il aperçut le zodiaque circulaire que nous possédons maintenant, au plafond d'une petite chambre bâtie sur la plate forme de ce temple. En homme instruit, le général sentit que ce monument pourrait répandre quelque lumière sur l'histoire des temps reculés auquel il appartient, mais particulièrement sur les connaissances astronomiques des Egyptiens. M. Denon devina sur-le champ le zodiaque de Dendra; MM. Jolloiset Dcvilliers, savans attachés également à l'expédition d'Egypte, donnèrent depuis un dessin parfait de ce monument , c'est d'après ce dernier que nous le décrivons.
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Le zodiaque paraissait avoir été sculpté surplace pour former le pendant d'un autre sujet astronomique , séparé du premier par une grande figure de femme , sculptée en ronde bosse ; le tout atteste un art encore dans l'enfance , et l'absence de toute école académique. L'appartement où le tableau zodiacal fut découvert se composait de trois pièces : par l'enlèvement de ce monument, la pièce du milieu,au plafond de laquelle il était attaché, se trouve entièrement à découvert, ce qui laisse exposés aux intempéries des saisons et la figure dont j'ai parlé et le second sujet astronomique, ainsi que plusieurs bas-reliefs dignes d'être conservés.
Le zodiaque de Dendra , auquel nous revenons , se divise en deux parties principales pour former '• i" un plateau circulaire se projetant en saillie sur le fond ; 2° un espace qui sépare ce plateau des côtés du carré que présente l'ensemble du monument. Au sud et au nord ( voyez la planche), il régnait, sur les lieux , un large bande couverte d'impressions en forme de zig-zags, qui n'a pas semblé mériter d'intérêt, et qu'on a laissée au plafond de l'appartement égyptien. L'espace dont il s'agit est rempli par douze grandes figures , en forme de cariatides, c'est-à-dire, paraissant soutenir de leurs mains le plateau circulaire, et dirigées vers le centre. Quatre de ces figures, sculptées aux angles, sont des femmes debout ; les huit autres représentent des hommes agenouillés : leur tête est celle de l'épervier ; c'est ainsi que se présentent tous les masques des personnages sculplésdans les temples consacrés à Osiris.
Le côté du carré renfermant le zodiaque proprement dit, offre une longueur de 7 p. 5 p. 3 1. ; le plateau a 4 p. 8 p. 2 1. de diamètre. Ce n'est qu'avec une scrupuleuse attention que l'on parvient à dis-
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linguer les figures zodiacales disposées ainsi qu'il suit :1c lion, placé à droileet dans la partie qui regardait le fond du lempk', esi suivi de la représentation qu'en termes d'astronomie moderne nous sommes convenus d'appeler la vi' rg- ; ici cette figure porte lui épi. Viennent ensuilela bnlance , le scorpion, le stigittairt", le capricorne. Surl'auîre moitié du cercle sont sculpiés leversenu \espoissons, le bélier , le taureau , les gémeaux , le cancer. Tous ces signes , le dernier e\cepté , sont tournés du mèmetôié; leur réunion forme une ligne à peu-prés circidaire qui présente ces mêmes signes dans une position excentrique. Il est cependant à remarquer que le cancer, au lieu d'être placé devant le lion, se trouve au-dessus de sa tète; de telle sorte que le premier de ces signes semblerait destinr à marquer un point initial sur la cirtonierence. Par cette disposition , le cancer occupe une position beaucoup plus centrale que le capricorne. Il en est de même des g meaux qui remontent également un peu vers le centre. De là cette ressemblance de la courbe formée par les douze signes avec une spirale d'une seule révolution.
Reniarquons maintenant que toutes ces constellïïlions zodiacales nous rappelleut, soi! pour la forme, soit pour l'atlilude , les signes astronomiques consacrés au même usage par les Grecs et les Romains. Ainsi le .sagittaire esi un centaure ; le capricorne un monstre a queue de poisson. Tel est sans dou'e le motif sur lequel plusieurs savans se sont appuyés pourdonnerinieoriginepurement grecque au zodiaque que nous décrivons; mais des calculsastronomiques ont démenti ces présomptions fondées sur de simplesanalogics, l'opinion générale, éclairée par ces calculs, assigneà ceiiionumentuneantiquité de beaucoup antérieure à i'étabiissemeni de»
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colonies égyptiennes dans le pays qui devint la Grèce.
Indépendamment de la série des figures zodiacales, le centre du plateau est occup par un chacal, an !o tir duquel segroiipent plusieurs fit; ures emblénialiques qui semblent correspondre à diverses cotislellations circompolaires. Sous la patte antérieure de droite du chacal, est situé le point exactement centrai du plateau.
Une circonstance digne d'attention, c'est que les douze figures, comme les douze signes , occupent dans le zodiaque un espace conforme à celui que les constellalionsoccupentdans le ciel. Ainsi lecancer, les gémeaux et le verseau , qui remplissent peu de placedansla voûte céleste, sont également restreints dans le zodiaque à un espace rétréci ; tandis que la vierge, et les deux figures voisines, le lion et les poissons, y compris l'espace qui les sépare, remplissent une partie considérable dans le ciel et dans le zodiaque de Dendra.
L'intenlion des auteurs de ce tableau astronomique parait avoir été de désignerplusieurs des constellations extra-zodiacales ; on y reconnaîtra, en s'aidani un peu des conjectures, sons le lion , la figure de l'hydre ; près de là le cnrheou; puis, entre la vierge et la balance, le hnuvin\ rendu très-reconnaissablepar sa lèlede bœuf"; dans l'espace qui sépare le taureau et les gémeaux, on voit le géant Orion ; à sa gauche se trouve la vache avec l'étoile d'isis ou Siriut, couchée dans une barciue ; vient ensuite le cygne placé entre le capricorne et le sagitlai e ; enfin la petite ourse, placée près du centre, completle celle série de constellations, correspoudatit aux douze signes principaux, soit dans leur position boréale, soit dans leur position australe.
La circonférence du plateau est remplie par une
multitude de figures emblématiques, groupées diversement, mais toujours dirigées vers le centre; les hiéroglyphes qui les environnent, les étoiles disposées symétriquement près d'elles ; les distances inégales qui les séparent , pourront peut-être servir un jour à expliquer l'emblème que ces figures expriment.
Indépendamment des douze figures , soit debout, soit agenouillées, qui occupent le vide existant entre le plateau et les côtés du carré, on y remarque une zone ornée d'hiéroglyphes, et divisée en huit bandes égales. Il s'y trouve encore quatre autres inscriptions hiéroglyphiques formées de trois, quatre ou cinq colonnes chacune.
Deux inscriptions plus petites , placées entre la zone et \e plateau circulaire, occupent les deux bouts d'un diamètre passant par le cancer. Deux groupes hiéroglyphiques sontégalement situés aux deux extrémités d'un diamètre qui traverse le taureau et le scorpion. Ces deux groupes , absolument identiques , sont accompagnés , de part et d'autre de l'axe, par deux cercles hémisphériques; ils ne diffèrent entre eux que par l'emblème qui les couronne. Ajoutons qu'un petit distique semble sortir de la bouche de l'une des grandes figures debout, et se dirige dans le prolongement du rayon qui passe par le cancer.
Sans doute on pourrait expliquer avec plus ou moins de probabilité la forme et la situation des figures emblématiques sculptées dans l'intérieur du plateau, depuis le centre jusqu'à la courbe zodiacale, particulièrement celles,au nombre de six, qui sont accompagnées d'une étoile. Mais pour ne rien accorder aux vagues conjectures, bornons-nous à dire ici : l» Que le point initial de la séi'ie des douze signes est entre le lion et le cancer ; 2° Qu'une ana-
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logie frappante existe entre les douze signes principaux de ce plateau et ceux du zodiaque grec ; 3" Que le tableauque nous venons de décrire retrace, sinon avec une exactitude mathématique, du moins avec une sorte de justesse , la situation des principales constellations dans le système céleste. Ou peut ajouter, avec une certitude résultant de l'évidence, que les grandes figures qui supportent le plateau représentent les douze mois, mis eu rapport avec les douze signes ; et plus bypothétiquement , que le premier mois de chaque saison pourrait bien s'offrir sous la forme d'une figure debout, tandis fj^ue les huit autres mois seraient représentés par des figures à genoux. Cette hypothèse pourrait s'appu) cr de la présence des inscriptions hiéroglyphiques et des signes complexes placés devant les figures debout; deux de cesinscriptions et signes pouvant être présumés se rapporter à l'équinoxe du printemps.
Nous ne hasarderons aucune opinion quant à l'époque chronologique à laquelle remonte co monument ; il a été émis bien des conjectures à cet égard; toutes donnent au zodiaque de Dendra une origine de plusieurs milliers d'années anlérioiires au commencement de la pi'riode adamite , telle que les prêtres l'ont établie, tout porte à croire que la uîoins probable de ces conjectures est plus rapprochée de la vérité que les calculs théologiques... Espérons que la connaissance des symboles égyi)lieiis cl les progrcsaslronomiques écarteront un jour, au moins en partie , le voile que l'on a jusqu'ici vainement essayé de soulever , en consultant le zodiaque de Dendra. MM.Saulnicr et Le Lorrain, inves!igalt;urs aussi zélés que courageux , après avoir obicnu du pacha d'Egypte la permission de détacher ce nionunient du temple d'Isis , sont parvenus à le faire transporter en France ; le guuvcincraeut en a fait
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l'acquisition pour le prix de cent cinquante Taille
francs, cl ce sera dt'sormais sans d placement que les savanspoiirronl étudier ce grand débris des premiers à^es du monde. T.-L.
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