‹ Abrégé de l'origine de tous les cultesChapitre 67 sur 68 · zoniAQVB · texte numérisé non relu

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vers le thème ou IVfal du ciel à la naissance d'un homme ou au moment de la fondation d'une ville, Cicéron , de Div. r,. 2 , c. 98 , dit: « L. Torriilius « Firmanw: .fnmilinri'i no<:tet\ imprimi<; chnldnï- « cis rationibu^ eruflitii'' urhit rtiamiwiirœ nnla- « leindifin r' petebnlah iis pnriUbw; , quibw^ciim « à Roniidn conditam nccepimus, Romamqne, cum « es'irt in jugo (1). T.unn, natam essedtclbat nec « ejiîs fafa cnnevedubifnbat.» C'est-à-dire que Tarrutius concluait que Rome sujufjuerait l'uuivers, ou pl'ifôf que, sacliantqu'clleavaitsubjugîiépresque tout l'univers, il concluait de là que l'horoscope de sa fondation supposait la \uneinjitgo. Car c'était la conclusion qu'en tiraient les astrolof^ues, comme on peut le voir dans ces vers de Manilius où il fait allusion à Auguste, né sous la balance, ou le 8 ant. kal. octobris.

T. H8. Sed cum autumnales ecrperunt lurger* Chein, VfXiX flpquato gt'nittJS 8ub pondère lihi'», Judex rxamen «ittet ti'œque, nfciique fmponi'lqiie iugum terris , If-gefque rogabît. T. S5o. Illum urbes et rrgoa trftn'ut, iiutuque regentur Udïus , et cœli pott terras jura manebanL

MiNiL. L. 4.

On voit que le poète flattait Auguste en faisant entendre que sa justice et sa puissance avaient été annoncées par le signe même sous lequel il (fait né; donc la balance y était déjà. Et il en concluait aussi son apothéose. Ainsi Tarrutius n'eût pas non plus tiré des pronostics de la puissance romaine, d'après

fi) Soltin, ch. I, dit : In uaai, parce que ioocb^ ligbffîe le Qéa* «l'uue balaaoe.

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l'horoscope de sa fondation, s'il eût supposé que rimagedelabalancen'eùlétédéjà parmi les signes, lorsque Rome fut fondée. Car les pronostics se tiraient de la nature même de l'image ; et s il n'y eût eu que les serres d'un scorpion , il u'eiit pas dit in jugo , et il n'en eût pas tiré les conséquences qu'on tirait exjiujo, et cet emblème eût été récent.

Les trois splières , persiènne, indienne, barbare , tirées d'Aben Erza.elqnenousavons tait imprimer dans notre grand ouvrage(l), nomment toutes la balance; savoir : les splières persiènne et indienne, au premier décan de ce signe; et la sphère barbare, au premier décan du scorpion, oii il place le milieu de la balance. Croirons-nous que ces diftVrens peuples aient emprunté leur astrologie des Grecs, qui, de l'aveu de Strabon, l'empruntèrent des Egyptiens?

Dans la classification des douze grands dieux qui sont d'une hauteantiquitécliezles Piomains et chez les Grecs , ou affecta k chacun un signe céleste (2), et on lit:

Sptcifer» eEl Tirgo Cercris fabricilaque liber» Vulcani.

Il est évident que le seul signe dans lequel se trouvait un instrument de métal, devait être affecté au dieu forgeron, ou plutôt que ce signe du zodiaque n'ciît pas été affecté au dieu forgeron , s'il n'y eût pas eu , dès la plus haute antiquité parmi les douze signes, un ouvragedel'arlauquelpr. sidaitVulcain.

L'astrologie avait conservé dansses archives antiques une hction sur l'origine du monde et sur la

(i) Orig. det cuU. T. SvP'rt. a, iiS, Édit in-4. (a, MtniU T. 1, V. Oix

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position des planètes clnns les signes du zodiaque , au momenl oî! Tiil forme' l'^uiivers; et l'oudi' que Yénus était dans 1» h.il.iucc (1). Los astrologues de la l'erse y ploÇiiicni 1. !ieudeS;ilurno à celle même époque; et ks uns et les auires nomment par sounom la bahmce. Or, l'on sait que les astrologues n'auraient pas changé légèrement les anciennes dénominations, ni les anciennes images, puisqu'elles éiaientle fondement de leur art conjectural.

Macrobe dit : « Librnm, id est , Scorpii chelas. » Ce qui fait voir, comme nous l'a vous déjà observé, qu'on se servait in'lifféremmenî de ces deux noms. Ailleurs (2) il dislingue dans le signe de la balance deux parties; l'une, les serres du scorpion, consacrée à Mars , et l'autre ou la première, consacrée à Vénus. «P«r/e9, ajoufe-t-il , ciii Sntos r/pud Grce- « cos noiufii cit, nos Librnm vocnmus.n Et plus loin (3) : « scorpiu'- totus in qiio Libra est. » Voilà l'origine de cette double dénomination.

Les Grecs, il est vrai , se servent quelquefois du motchelœ, serres , parce que les serres du scorpion occupent une partie de cette division , et que, dans la spUère d'Eudqxe , dont Artus a conservé les dénominations , le colure passait près des serres du scorpion : c'est-à-dire que chez les Romains et les Grecs on a quelquefois employé indifféremment l'une ou l'autre dénomination. Airisi Varron, Cicéron , Manilius, Virgile, disent tantôt les serres et tantôt la balance. Mais jamais jugum n'a signifié des serres.

Ptolémée a dit l'un et l'autre. Achille Tartius dit : les chèles ou serres , que ks Egyptiens appel-

j) Maciob.Som. Script L. i, eh. si.

fa) SoUmet. L. itcL. 13.

I3)lt>d. ch. 2 1

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knt balance. Hipparque (1) se sert du mot Sugos, balance. On trouve dans iia oiivrape attribué à Eratost henics ces motsic/jtZt'.r, c'est-à-dire bttlnncc. G^mmius, qui écrivait du (eraps de Sylla, donna aussi à cesii;iie la dénoiainatioudo balunce.

Les sectaires juifs, connus sous le nom de Pharisiens, étaient livrés aux folles spéculations de i'as- Irolofjie, et ils avaient traduit dans leurlangueles Jioms quclesGrecs donnaient au signe duzodiaque et aux planètes. Us traduisirent le nom du signe qui se trouve entre la vierge et le scorpion , par le mot balance, comme on peut le voir dans sainte Épiphanc (2).

Les disciples de Zoroastre, dont la doctrine remonte à une haute antiquité , parlent de la balance comme du signe sous lequel le mal s'introduisait dans l'univers.

L'astrologie, qui est unedesplusanciennesmaladies de l'esprit humain , faisait naître sous l'ascendant de cette partie du ciel les bons juges , les magistrats équitables, ^'est-il pas évident que les astrologues n'eussent pas tiré cette induction s'il n'y eût eu que le scorpion qui occupât ce signe. ^ Firmicus , qui nous a conservé ledépôt de l'astrologie, et qui tire de semblables conjectures, avait écrit d'après d'anciens ouvrages égyptiens attribués à Petosciris et à Necepso. Donc ces images et ces dénominations s'y trouvaient.

Oùa-t-on entin appris que la balance n'était pas dans les anciens zodiaques de l'.^sie, quand partout nous trouvons son image; quand toutes les nomenclatures renferment son nom, tandis que souvent elljes ne désignent d'autres signes que par une partie des attributs de la constellation ? C'est ainsi que

(i)L. 3, p. i34. XJranslog. Petar. T. i, (a) Epiph. Ccntr. btrtcs. I., j,C. |6,

iiS

pour désigner ia vierge on dit l'épi , l'arc pour le sagittaire, le vase pour le verseau, le monstre marin pour le capricorne à queue de poisson, etc.

La balaiiceesl peut-être l'emblème nsironomique qui ait éprouvé le moins d'altération dans ses imageseldans sa dénomination, eî c'est précisément celui-là dont on conteste avec plus d'opiniâtreté l'antiquité On en devine aisément la raison. Maisquund bien même on réussirait à nous ôler celte preuve, ce que je crois impossible , il faudrait nous ôter encore celles que nous tirons de la vierge ou de la moissonneuse, du taureau ou du symbole du labourage , du verseau qui peint le débordement , etc. ; quand même il ne nous resterait qu'un seul de ces emblèmes , dès lors qu'il ne resterait pas en barmonieavec les saisons, seul il suftiraitpourfner incontestablement la position primitive du zodiaque. Au reste, la conduite que nous tenons dans l'explication que nous donnonsduzodiaque de Dendra, convaincra le lecteur impartial que nous n'avons pas cberclié à donner à nos preuves plus de valeur qu'elles n'en ont réellement.

Si nous ne nous fussions pas fait une loi de sacrifier toute considération personnelle, même les calculs de l'amour-propre, à la vérité , il ne nous eût pas été difficile de profiter de la ressemblance qu'il y a entre la position des signe| de ce zodiaque et celle que nous avons dit, dans noire Mémoire sur l'origine des constellations, avoir été celle comme un monument parlant de notre hypothèse. Mais outre que nous n'avons pas besoin de celte preuve, nous ne chercherions pas à en tirer parti , quand mêinenotre système ne pourrait se soutenir sans cet appui. Telle a toujours été notre marche, la bonne foi, qui doit servir de guide daas l'étude des scien-

BB DBNBUA. Sit

ces comme dans la conduite de toutes les affaires de la vie. Il est permis de se laire, mais jamais de combattre ni d'altérer la vérité.

CVsl cet amour de la Vi'rité qui me fait attaquer icil'opinio!! de savansquej'tsîimeet qneje révère, parce que si les erreurs d'Iiommcs ordinaires sont sans coiiséq uence, celles des grands iiommesont une autorilé impo.«anlequi écarte pour long-temps des routes de la vérité ceux qui les prennent pour guides. Amiens Plato, sed magis arnica veritas.

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