‹ Abrégé de l'origine de tous les cultes [microform]Chapitre 2 sur 70 · II NOTICE · texte numérisé non relu

II NOTICE

de porter l'habit ecclésiastique, qu'il quitta alors pour se marier (1775). En 4777, il obtint au Collège de France la chaire d'éloquence. Un discours latin qu'il prononça en présence du Parlement à une distribution de prix dans un collège de l'Université fit connaître son nom, qui devint presque célèbre le jour qu'il prononça (1780), au nom de TUniversité, l'oraison funèbre, en latin, de Marie-Thérèse d'Autriche.

Son penchant le portant vers l'étude des mathématiques et de l'astronomie, il se lia bientôt avec Lalande, dontil suivit longtemps les cours.

Le désir de correspondre par signes avec un de ses amis qui demeurait à Bagneux lui avait fait construire un télégraphe dans son logement de Belleville. Ainsi les frères Chappe n'auraient pas inventé le télégraphe et l'auraient seulement perfectionné. Dupuis lui-même n'aurait que mis en pratique l'idée de Guillaume Amontons, dont parle Fontenelle. Au commencement de la Révolution, craignant que cette correspondance aérienne avec son ami ne le rendît suspect, il jugea prudent de détruire sa machine. Ses études de prédilection, ses relations avec Lalande, l'abbé Barthélémy, l'abbé Leblond, lui inspirèrent l'idée de réunir des matériauxpour son ouvrage de l'Origine de tous les Cultes, dont il publia d'abord plusieurs fragments dans le Journal des Savants, Il fit imprimer ensuite ces matériaux dans VAstroiiomie de Lalande et, en 478'!, il les réunit en un volume qu'il publia sous ce titre : Mémoires sur l'origine des Constellations et sur l'explication de la Fable par l'Astronomie. « Le système de Dupuis, fruit d'un esprit supérieur et d'une immense érudition, dit la Biographie des Contemporains, était nouveau et devait piquer la curiosité des savants et des gens du monde. 11 ouvrait d'ailleurs une route nouvelle aux méditations des personnes instruites, et il obtint tous les genres de succès ; il fut loué avec enthousiasme et critiqué avec amertume. »

En 4788, Dupuis fut reçu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en remplacement de Rochefort, le traducteur de l'Iliade.

Bailly voulut réfuter le système de Dupuis dans son Histoire de l'Astronomie, ce qui n'empêcha pas celui-ci de continuer à le perfectionner et de faire paraître son grand ouvrage (3 vol. in-40, avec atlas), en 4794, sous ce titre : De l'Origine de tous les Cultes, ou la Religion universelle, dont l'impression fut

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surveillée par l'abbé Leblond, sur l'invitation du club des Cordeliers. L'ouvrage avait dû d'abord paraître en Prusse, selonle désir du grand Frédéric, et, sans la mort de ce prince, Dupuis aurait obtenu une chaire de littérature et aurait été reçu à l'Académie de Berlin. Cette publication, faite en pleine terreur révolutionnaire, ne pouvait manquer d'avoir un grand retentissement et de produire une profonde sensation. Cependant quelques biographies, comme nous le verrons plus loin, ont tendu à rabattre beaucoup de ce grand mérite et de ce grand succès.

L'auteur de ce singulier ouvrage, ayant trouvé moins de lecteurs qu'il ne l'avait espéré, prit la résolution de le mettre à la portée d'un plus grand nombre, en en faisant un Abrégé débarrassé d'une grande partie de ses détails scientifiques. C'est cet abrégé, mieux ordonné et plus clair, que nous publions et qui fut bien accueilli du public à son apparition en 4798. « Cet abrégé devenu malheureusement populaire, et dans lequel Dupuis a donné carrière à tous les préjugés antireligieux, a dit un biographe irrité, est une insulte perpétuelle au christianisme et au bon sens. «

A l'approche des excès de la Révolution, Dupuis s'était retiré à Evreux, d'où le département de Seine-et-Oise le fit revenirmembre de laConvention. Dans le procèsde LouisXVI, il se fit remarquer autant par son courage que par sa modération. Ne voulant pas la mort du roi, il vota pour la détention comme mesure de sûreté générale ; ensuite, le roi ayant été condamné à mort, il se déclara pour le sursis, en prononçant ces mémorables paroles : « Je souhaite que l'opinion qui obtiendra la majorité fasse le bonheur de mes concitoyens, et elle le fera si elle peut soutenir le sévère examen de l'Europe et de la postérité. « Nous ne croyons pas, comme la BiograpJde des Contemporains, que Dupuis « ne dut qu'au peu de confiance que ses collègues avaient dans ses lumières l'impunité d'un discours aussi hardi ». A cette époque sanglante, les tigres de la Convention ne se distinguaient pas par de pareilles indulgences : il fut oublié au milieu de ceux qui, moins en vue que lui , avaient voté dans le même sens. Dans la vie privée, Dupuis nous apparaît comme un beau caractère ; et sous la Terreur, lorsqu'il y avait danger de mort de montrer de tels dévouements, on le vit arracher quelques victimes au bourreau.

L'auteur de VOrigine de tous les Cidtes fut nommé, malgré

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