‹ Abrégé de l'origine de tous les cultes [microform]Chapitre 20 sur 70 · PREMIÈRE SAISON CD LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SAISON CD LE PRINTEMPS

Le combat, dit Nonnus, finit avec l'hiver; le Taureau et Orion se lèvent et brillent sur un ciel pur ; le Massagète ne roule plus sa cabane ambulante sur les glaces du Danube; déjà l'hirondelle, de retour, chante l'arrivée du printemps, et interrompt le matin le sommeil du labou-

reur SOUS son toit hospitalier : le calice des fleurs naissantes s'ouvre aux sucs nourriciers de la rosée que répand l'heureuse saison des zéphyrs. Voilà en substance ce que contiennent les quinze premiers vers du cbynt qui suit immédiatement la défaite du chef des ténèbres et de l'hiver.

Cependant Cadrans s'embarque et va au palais d'Electre, une des Pléiades ou des astres qui se lèvent devant le Soleil, à l'entrée du printemps ; c'est là qu'était élevée la jeune Harmonie que Jupiter lui destinait pour épouse. Émathion, ou le Jour, fils d'Electre, jeune prince d'une charmante figure, venait de se rendre chez sa mère. La déesse de la persuasion, la première des femmes d'Harmonie, introduit Gadmus au palais d'Electre, sous les auspices de la déesse du printemps, ou de Vénus. Electre accueille favorablement Gadmus, lui fait servir un magnifique repas, et l'interroge sur le sujet de son voyage. L'étranger satisfait à ces questions. Cependant Jupiter avait dépêché Mercure vers Electre pour lui notifier ses volontés sur le mariage de Cadmus avec Harmonie, fille de Mars et de Vénus, dont l'éducation lui avait été confiée par les Heures et les Saisons. Le salut que Mercure adresse à la mère du prince Jour, ou d'Émathion, ressemble fort à celui que Gabriel, dans la fable solaire des chrétiens, adresse à la mère du Dieu de la lumière.

Voici à quoi se réduit le fonds astronomique sur lequel porte tout ce troisième chant. L'hiver finit, et, le matin, le Soleil se lève, porté sur le Taureau, précédé des Pléiades et suivi d'Orion. Au couchant, le Serpentaire, ou Cadmus, descend au sein des flots, après avoir parcouru toute la nuit l'espace du ciel qui sépare le bord oriental du bord occidental. Il se trouve alors en regard avec les Pléiades et avec Electre, qui montent à l'orient avec le jour désigné ici sous l'emblème d'un charmant jeune homme, élevé avec Harmonie, à l'époque de la révolution annuelle, où l'harmonie des saisons se rétablit dans nos climats. Tel est h fond de la fiction du poète.

Mû ABRÉGÉ

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