‹ Abrégé de la propriété des eaux de PlombièresChapitre 4 sur 14 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

171 Stant enhorté des Médecins de j la cour, et prié des plus célébrés de ceux de Paris, de grands seigneurs, de gentils-hommes et autres infinis, de descrire la propriété des Bains de IPloinmieres, à quelles maladies ils estoyent ibons, et à quelles ils estoyent contraires, où ils sont, et le chemin, et la commodité qu’on a là, et le temps qu’on y doibt aller, comme il les faut prendre, et s’y gouwerner, combien de jours et heures il y faut eslre et demeurer et ce qu’on do t i faire en les prenant, et avant que les prendre, comme il se faut préparer et comme il se faut garder en retournant , et autres ; belles choses ; ce que je feray volontiers le plus brièvement que faire se pourra pour - estre la brièveté amye de science et de mémoire.

Plommieres ou Plombières est en Lor-

raine sis en Vosgc (Vosge est un pays non pas une raontaigne comme dit Cœsar) distant de Remiremont, villcltc fort célébré et congncue par le nombre, beauté, richesse et sanclimonie des dames, à cinq lieues d’Espinal, de Leseulen Bourgoine, de Fontenay en Vosge, à vingt lieues de Chaumont en Bassigni et de Borbonne les Bains de unze lieues. Là y a pour loger commodément gens de tout estât, la cour mesme et comme l’on veut, tant pour gens de cheval que gens de pied et à prix raisonnable , et ainsi qu’il plaist aux personnes. Le peuple y est si soigneux et amy de leurs hostes qu’on en tire du service incroyable, et n’est une gent inhospita, comme escrit Joachin Camerarius en ses Hendecasyllabcs qu’il a composé des Bains, mais comme poëte, non pas comme Médecin. La saison de les prendre est tout le Printemps, qui faut commencer en May; outre ledit temps, le Juin, l’Aoust, Septembre et quelque fois my Octobre. La région est fort sauvage et froide et n’y croist point de for-

nient, et selon la région il se faut gouverner, qui n’a que deux saisons l’an.

Les eaux des Bains demeurent de mesrae vertu et de mesme qualité le long de l’année. Mais le temps de les pouvoir : porter est celuy que dit est, et le Prin- : temps plus salubre que l’Automne. Ceux qui disent que l’an de bissexte les empire, errent et sont fols, car le jour intercalaire n’en porte rien ; que, s’il estoit pernitieux,

' y auroit tous les ans six heures de bissexte i et ledict bissexte n’y auroit que six heures : s songe de vieilles. La raison les prenant à : la primevere, leurs effects se continuent t tout le long de l’Esté et l’Automne, cora-r- L bien que le proverbe y est qui est, qu’un mois ne fait rien sans Tautre, c’est à dire, à IBorbonne et en Vosge, que le Printemps ' commence bien la curation et que l’Automne la parachevé, qui a la commodité 1 de les reprendre encons sur l’Aoust et autres raoys consecutifs, et selon l’exigence de la maladie. Et partant faut bien considérer comme il les faut prendre et en les prenant user de bon conseil. Là ne se

trouvent médecins au lieu ny Apothecaires , ny aux villes voisines , d’autant que l’IIyver ne feroient rien totalement : Joint aussi que les Belges n'usent gueres d’autre medecine que du Barot. Parquoy ne se faut acheminer sans se pourvoir de la chasse de choses necessaires, qui est le Médecin et l’Apoticaire. Si, en faisant la diete, il le faut avoir la chasse de saincte medecine, par plus forte raison les te fautil avoir là. Les grands seigneurs n’y vont point sons celà ; qui fait qu’on en y trouve souvent. Quant aux linges, n’est de besoin sinon pour les grands qui ne veulent que leurs licts et couches. Le vin de la Belgique, que sottement nous appelons >in d’Almaigne, qui y est admené , est bon; celuy de Bourgongne et autres lieux y arrivent.

Le gibier, le poisson, comme l’ombre et façon qui n’est qu’un, la truite, escrevisse à foyson, satroules, et autres infinis que deserit Ausonius se trouver en la Moselle, laquelle n’est qu’à deux licuts de là, qui les voudrait rechercher trouvera qu’il a

pris leurs appellations des noms des contrées adjacentes à la Moselle (toutes les langues esloyent pour lors latines), combien que le dit Ausonius a transcrit des livres d’Ovide des poissons, en sa Moselle, qui ne furent ny ne seront jamais. Ainsi ne faut par nécessité de vivre qu’on craigne à s’y acheminer. Les herbages y sont deurs; n’y a point de cichoree. Quant aux simples, en y a tant qu’il se peut faire un autre Dioseoridcs, et toutes incogneues.

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