‹ Abrégé de la propriété des eaux de PlombièresChapitre 5 sur 14 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

POUR te faire comme un catalogue et nomenclature des maladies qui guérissent , je t’en diray pour l avoir veu par le temps de vingt ans et plus, et aux saisons que je t’ay dict. Qui docet mentiri , non debet dici Aristoleles. Que s il en y a aucun qui s’en retourne sans y avoir trouvé guérison, ou il <y est venu qu il n y lalloit

pas venir et sont gens qui y vont sans advis de Mcdecin , et cncores qu’ils en ayent, ils vont voir les Bains et ne les pas prendre, et veulent que les Bains facent en plus bref temps toute chose qu’une diete estroicte, ce qui ne se peult faire ; qui est cause qu’il en y a beaucoup d’abusez. Premièrement les dicts Bains guérissent tous ulcérés de reins tant inveterees que récentes. Et de la vessie, du mesentere et d’autres parties intérieures du corps. Ils font tomber les gravelles desdictes parties d’incroyable grosseur et longueur, et semble n’avoir peu estre tirees que par operation manuelle et section (la pierre formée en la vessie Qui aliquando vagus , aliquando fixus, aliquando inter duas tunicas innatus et concretus ne se peut guérir que par chirurgie, non les deux autres especes qui font mourir nécessairement, et n’y peut rien la sonde). Mais pour la gravelle, sont dignes d’estre cherchez de cent ou trois cens lieues et plus. Ils ostent l’intemperature, levain, empiresme et male disposition desdicts reins , pour ne plus

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engendrer iadicte gravelle et sable, et cicalrizent les ulcérés en yceux entièrement, mais non pas pour la première fois, expérience que j’ay veu en tous aages et sexes. La fievre Ethicque, l’Hæmitritæus, vieilles quartes incurables comme autres gens, erratiques et par trop portées s’y guérissent, et dirois, à voir mettre des Ethicques et porter les Atrophiés de Phtysie ou autre cause, quel'on ne les en retirera jamais que trespassez et morts ; au contraire, on les ' voit dans douze ou quinze jours commenccer à reprendre sang et chair. Les duretez ( et schirres de foye et de rate, de la mere, de i la vescie et d’autres parties en folastrant reççoy vent curation Juxtapoetœtetrastiehon :

IPublica tnorborum requies , commune medentum

Auxilium,pre$ens numen inempta salus.

‘Amùmm réparant lymphis impune vi~ gorem

Pacaturque ægro luxuriante do lor.

Joinct que si la maladie n’est cognuc ny îux malades ny aux médecins, les Bains la

feront cognoistre, et obtiendra cela des Bains. Les Hcmorrhoïdes viennent et fluent à soubhait, soit qu’elles ne fluent, ou fluent par trop, ou s’y soit engendré fistule et ulcéré, ou autre pire accidenl. Les suffocations de la mere s’y guérissent (combien que les Bains ne peuvent servir de mary, sinon par aceidens) doublement. Les fleurs blanches, le rhous gynccius s’y tairissent merveilleusement lost et rendront cesdicts bains, par ce moyen et autres, femmes stériles fécondés et fertiles ; qui est un remede qui surpasse en celà tous les remedes tt est un bien inestimable. Mais nous obvirons à l’objection qui se pourroit faire icy. Qui est que si les Bains guérissent et epuisent les menstrues blanches , comme pourront-ils provoquer les menstrues naturelles et les hemorrhoïdes aussi ; qui semble estre chose contraire et impossible, veu que tous médicaments et régime de vivre y sont en arrest pour l’un et pour l’autre, tant s’en faut qu’ils puissent faire aux deux. La response est: les superfluitez cxcrementcuscs, piluitcu-

sc* et serositez dissipées en tout et par t ouft le corps , de nécessité cessent les roses blanches, et en d’autres ou en icelles mesrae raison : nature fortifiée s’aide à s’évertuer et par là peulx dire que le Mepliitis de l'Inde aveugle oslc, la Lune reprend son cours ordinaire sans eclypse ni bissexte. J’en ay veu de divers pays qui estoienl brehaines, lesquelles pour certain ont eu contentement. Je les te nommeroi9 par nom et surnom, mais je ne doibs ny ne veux transgresser le deu de cecompendion de mon estât. L’hypocondriaque passion fs’oste du tout. La triple icterisie soit à jjecore soit à liene et selon Hippocrates,

' d’taue et serosiié, et la cacochymie pareili leraent sont enlevces soudain, choses approuvées ces ans passez en médecins et iprestres. La paralysie s’y pert, la colique, i la phtysic avec bonne diligence, les ulcérés de verole , les chancres; pour exemple, un notable personnage print pour rompre la pierre une quinte essence neuf jours durant, laquelle luy perça le perinœon, la l'uierre lui demeurant entière, où s’engen-

dra un cancer; lequel , par l’eau des bain» et à se baigner continuellement, rendi l son cancer en une espece de guérison. Molliora et debiliora sunt nostra corpora quam ut ferant sive foris, sive inlus ccsle quinte essence , maxime. Et la lèpre : pour abbreger, n’y a que de se faire oster les deux genitoires, raison tu voys quel est le taureau et le bœuf, quel est le different du coq et du chapon, et comme le sang bruslé est ramené en sa température; tous chastrez sont mis au rang du sexe féminin. Pour la gale, scabie et exiture du corps, les bains y sont tres-certains; l’Àsraa s’y diminue fort, les spasmes. Voylà les maladies les plus communes qu’ils guérissent. Au contraire , les goûtes et gouteux y empirent, et la schiatique, nodus de vérole, si lesdictes goûtes ne viennent de cause et matière et de fluxion chaude; qui n’avient gueres souvent. Car pour goûtes froides ils ne valent rien du tout; l’hydropisie y empire, ou fait mourir son homme bien tost, ralione humectalionis ; l’epilepsie ne fait que s’em-

pircr, l’apoplexie de mesme; le colus ou porus des os s’y remolist si fort et s’y ratendrist tant pour legere occasion qui se rompt. Qui veut user de refringendis os sibus , la pratique se doibt apprendre et faire là pour la seureté. Le batement de cueur qui ne Tient jamais que des moys ou heraorrhoïdes retenues par l’évacuation s’y guérit comme fait la couperose et autres macules de visage, lesquels deux maux et vices travaillent fort les médecins , et en vain; nous ne parlons du palme et jactitation de cueur qui survient en fievres malignes et pernicieuses, infection qui advient et le batement aussi par la rétention de l’un et de l’autre ou de tous les deux ensemble, et n’en faut chercher autre cause, ny de la lepre mesme. Parquoy les peres et meres subjets aux hemorrhoïdes doivent advertir leurs enfants, et les enfants quand ils sont malades les médecins pour ne point encourir meselerie ny le visage à pompcle. Toutes les especes des hernies y empirent fort, pour les grandes humectations qui s’en font. Toutes tumeurs froides en

l’intcrieur du corps comme ædemc et autres intemperatures froides y sont bien mal venues. Ceux qui ont pierre en la vessie et rendent force boüe et pus se rendent là à la section et operation sans danger, raison que ce qui pourra causer fievre et mauvais simptome en est dehors. Voylà que tu sçauras de nos expériences et à veue d’œil, et n’entreprendras le voyage que bien à point, et pour les maladies qui sont incurables aux médecins, que je t’ay icy surnommées et déclarées par tout le discours de ce chapitre. Ceux qui dient n’estre bons à ceux qui ont sué la verole sont fols et ignorants, car ils gucrissent les chaudes pises invétérées, retirent le vif argent du corps et les unguents et tout ce que le mal y avoit laissé, et en y ai sollicité qui avoyent la verole, et en estoyent si près à guérir, qu’ils estoyent jà comme demy guéris. J’ay veu faire faire dicte à une damoiselle d’honneur pour un mal incogneu , par un an entier à diverses fois, qui se baignant endura prou de maux; estant appelle , je cogneu force nodus, et la

renvoyay suer ; son mary Iuy avoit donnee pour n’en avoir esté bien guéri en pays estrange. Outre, ils empeschent de venir poulains, en faisant phlébotomie de la saphene directement de la partie mesme, ce que j’ay bien pratiqué sans les bains et sans y survenir aucun accident, qui est une roture et pratique des cortisanes de Madric et de Tolede , et en Italie. Dient quelques-uns que les bains requièrent et que, qui s’y accoustume, il faut les continuer. Si une maladie est guerie, pourquoy tascherez-vous à faire ce qui est fait? Ce sont propos de hibou. Quant aux coups, bras estropiez , jambes et autres parties qui ont esté blecees de coup de harquebuses, bâtons, pierres, et autres machines, et qui sont jà cicatricez ou non, les bains de Borbonne, les bains y font trop plus grande corroboration et p'us brevement ; si ce n’estoit que les parties fussent trop venues en merasme et atrophie, lors les faudra prendre par bon conseil , car la fange de Borbone vous fait le jeu , plus qu’eu bain de l’Europe.

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