Février
Ste. APOLLINE, Vierge et Mart^Te.
VErs la fin du second sîecîe naquit Sainte Apolline a Alexandrie. Elle étoit déjà fort âgée,Iorsque les payens animés de fureur contre les chrctlent, ies cherchoient par-tout pour les mettre àmort. Ils entrèrent dans la maison de la Sainte, se saisirent d'elle, l'ayant outragée en mille manières, ils lui cassèrent toutes les dents avec des cailloux. Voyant que ces mauvais traitements etoient inutiles et que sa joie augmentoit avec les supplices, ils allumèrent' un grand feu, et la menacèrent de l'y jetter si elle ne bîa^phémoit contre Jésus-Christ. Cette seute proposition lui fit horreur, elle demanda qu'on la laissât libre jun mo* ment comme pour délibérer. Elle demeura quelque tems dans un profond recueillement, et ayant offert sa vie en sacrifice, poussée sans doute par \\n mouvement de l'Esprit Saint, eiïe s'élança elle-même au milieu des flammes qui la consumèrent aussitôt. Un tel courage étonna les payens; ils ne pouvoit comprendre comment une fJîe pouvoit porter jusques-la Tintrépidité, et montrer plus d'empressement à souffrir qu'ils n'en avoienè â la condamner. Sainte Apolline a toujours été invoquée pour le mal de dent».
REFLEXIOISTS.
î . (y est notre insensibilits pour Dieu qui nmrs af'^ fâche si fort à cette me, 2. Faut-^il que pour une vie sd courte nous oublions un bonheur éternel f 3. Re^ gardons-nous comme exilés ^ des^ors cette vie nom ^aroîtra trop long^ti^
10 Février»
Ste. SCHOLASTIQUE, Vierge.
SAîn|e Scholastique naquit en Ombiîe ver^ Fan 483. Sa mere, la comtesse de Norcie> î 'éleva dans de grands sentimens de reîigion, et ses soins ne furent pas infructueux. Les avantages que possédoit Scholastique la firent rechercher par de jeunes seigneurs de la l^e. qualité; mais elle ne voulut jamais entendre parler de mariage. Ses parens étant morts elle mena une vie plus retirée que jamais. Environ ce tems-là Saint Benoit son frère ayant quitté le désert du Sublac avoit fondé le fameux monastère du Mont Cassin. Sainte Scholastique l'ayant sa, alla le trouver: eile s'entretint avec lui des choses de Dieu» Pendant cet entretien il parut sur leurs têtes une lumière éclatante. La Sainte résolut de passer ses jours dans la solitude. Son frère lui donna des règles de conduite. Dans la suite beaucoup de filles se joignirent à elle, et de-Li vint cet ordre si célèbre qui a compté en occident 14,000 monastères de fîlies. Eile alloit voir Saint Benoit tous les ans. Comme elle prev^oyoit sa mort elle prolongea sa dernière visite, et s'etant retirée elle njourut vers Fan 543. Saint Benoit \it son ame monter au ciel sous la forme d'une colombe.
REFLEXIONS
î . Esi-il rien de plus digne d'un Chrétien^ çtw ile s'entretenir avec Dieu? 2. On parle de ce gu*on aime; on ne parle pas de Dieu parcequop ne V aime pas. 3. Fuyons du moins ces couver satiom contraires à la charité ou â la pudeur >
S. SE VERIN, Abbé,
VErs le milieu du 5©. siècle naquit Sstmt !?evérin en Bourgogn-e. II renonça au moncfe pour entrer dans le monastère de S. Maurice dont il fut ensuite abbé. Sa patience, sa modestie, son zMe pour le salut de ses frères le rendoient digne de cette place qu'il occupa 30 ans.. Clovis, roî des Françoisj ctoit malade depuis 2 ans; les médecins les plus habiles n'avoient pu lui donner îe moindre soulagement. Un d'eux avoua l'impuissance où il étoit de le guérir, et lui dit que Se vérin poarroit par ses prières le retirer de cet état de langueur. Le roi fit partir un de ses officierspour aller chercher le Saint, à q ii un ange avoit dej^ revelè ce qui devoit arriver. Il partit apures avoir dit le dernier adieu à ses religieux. Eu passant par Nevers il rendit la santé à Eulole^ evêque de cette ville. II trouva aux portes de Paris un lépreux qu'il guéiit après l'avoir baisé sans témoigner- d'horreur. Dès qu'il eut salué le roi, il lui mit sa robe sur le corps, et îe prince &e porta parfaitement bien. S Severia î&e retira ensuite sur la montagne de Château.-^ Laadon oû il mourut Tan 506.
IlE FLEXIONS*
î. Plus la vertu se cachet plus Dieu a soin de^ la faire connoitre, 2. Que sommes-nous, comparés ù tant de Saints'? et cependant nous nous estimons*. 3. Horame de rien, qiiavez-vous que vous tiage^reç.L de Dieu ?
12 Février.
Ste. EULALÎE, Vierge et Mart.
EUlalie naquit à Barcelone sur la fin du Se. ^ siècle. Ses parens voyant qu'elle lîiinoit la retiuite, fixèrent leur séjour à là campagne. Ce fut là que la jeune Eulalie s'occupa à servir Dieu avec quelques compagnes qu'elle s' "toit associé es. Elle apprit que Dacien, officier de Tempereirr Dioclétien cherchoit îe* chrétiens de Barcelone pour Jes mettre à tnort. Malgré la foibicase de sa complexion, elle se met en clîer?u*n, arrive dans la ville, va trouver Dacien, et lui reproche son impieté. Le préfet frappé de son intrepiditc: el de la hardiesse de ses réponses, la fliit dépouiller et fouetter avec la dernière cruauté. La jeune Vierge rioit au milieu des tourrnens. On lui disloque les membres, on lui ap[)Uque aux côtes de^ tordues ardentes; niais U-^ ilanies se l'>urnent contre les bourreaux. Alors Eulalie '-levé les yeux au ciel, invoque à haute voix Jesus-Chri.^t. A î'instant les torches s'eteiguent. Les inirîistres de Dacien tombent par terre tout trruiblaîjs; la Ste. expire et l'on voit son ame s'envo-er au Ciel, sous la rbrme d'une colombe. Son corps Ait exposé aux bêtei^ mais un nuage éclat:>i'ii:, qui l'environna^ donna le terns aux chrétiens de Teniever,
L Dlen ne peut habiter dans un cœur qui n'est pas pur. 2. La pv.retd est incompatible avec F<iffec^ tinn aux plal irs du monde, 3. Heureux lliamme mi caii: asuneîlir la chair à resprit.
13 Févrief.
S. MARTINIEN.
MArtinien naquit à Césarée en Palestine vsrî. le milieu du siede. Sa beauté,, son esprit, ses biens, tout lui promettoit une vie douce, et il cominençoit deja a en goûter le plaisir, lorsque touché de Dieu il se relira âgé de 18 ans driUo ua déserté vivoient un grand nombre d'hennites- Il se distingua bientôt par sa vertu et son ausièritc'». Il y avoit 2ô ans qu'il menoient une vie si fervente^ lorsqu'un jour Zoé, femme courdsanne, s'étant deguîs^je, se présenta à lui sur le soir, et le pria de la retirer chez lui pendant la naît pour la garantir, disoit-elie, des hêtes féroces. Le Saint le lui accorda par cltaiilé. Le ieudemain voulant voir si elle etoit partie, il la trouva raagninquemeixL parée. Elle sut le toucher par. ses discours, et d 'jx il eto/t sur le point de succomber, îorsru(^ rerstrant en ku-ïnènîô il a(ume un grand feu, et se jette dedans en se demandant s'il pourroit souffrir cel.'.i de renfcr. Ce spectacle effraya qui se cor.vertit, et qui après une vie pénitente rnourut'saintement. Le Saint fut sept mois sangp{)uvoir se guérir. Ayant ensuite changé de soii* tiKÎe, après avoir errtî quelque tems avec des peines incroyabieSj il vint a Athènes ou il mourut,
R E FL E X I O N Sa
] . Si Voyi jy^nsoit aux suites du péché on ne peche'^ roit pas si aisémerd. ^2. Brider. un éternité pour un plalyir d^uii mo^nent, que cela est terrible! 3. La plupart se perdent fauie défaire de sérieuses rejlcsians.
Ï4 Février
S. VALENTIN, Prêtre et Martyr.
"^'y Orne vit naître Saint Valentin vers lu mij|[^\.l!cu du 3e. t:ie(ie, sous Yemplre de Chcde IL Les payens et ies chrriiens le respcctoieiit e^'i'einent et sa douceur lui g-an-iioit tous les cœurs. Comme il etoit prêtre, !l vxcrçolr niîiiistere avec zele et avec feiicc<'s. L'empereur le iit'dl^iir, et charmé de son air il le qee.-niouDa avee a?stz de bonté sjr Ui religion chroîieone, S>^int \'aier;i;in lui repondît avec une sr-^.-e(>re ei une bonté qui lui plurent; peu s'en fallut cj'.ie ce Prince convaincu de }a vérité de notre ieligio!!, ne Tembrassat. Le respect humain l'emporta: Valeiiîin lut livré aux lîîagi^trats pour être jn^é selon k t lois de ] en^pcrear. Le ^ iU recdu la vue à ia fille du
JugCj il le t :.vee toute sa fainiiîe (jui eiGit
coinpos^^e de 44 personnes. LVn>pereur syfint Éippris cet événenHUt auroit bien voulu délivrer rit Valentin; mais crai^^nant faielque révolte, il l'a bai. donna au prtfet cjui le fit cîiar<<cr de chaînes, enduire fustiger, et cniin décapiter lu^rs de la ville, l'an i'7'0. Les cljretiens enlevèrent son corps et 1 eaterrerent proche de la porte de Fiannnius qui depaù^^ s'est appelce la porte Saint Vaientin^ et qu'on nomme aujcurd'liui Dcl Popolo,
\. Nous n'avons rien de plus firecieiix qtfe Jo foi^ eonser von.'j—Ia arec .soin, 2. Les lihertins et les no^ valeurs 'cnerchcnt à nous la ravir^ osons Iciir rhis' ter. 3. Souvent de peur de passer pour crédule^ on vierU â ne rieii croire.
Î5 Février.
S, FAUSTIN et S. JOVÎTE, Martyrs.
FAustin et Jovite frères iiaqnirent en î.ombardie d'une iiiustre faînillo. Leurs par eus n'epargiièrent rien pour leur donner une éducation chrétienne. Appoliinius, èveque de Bresse, voyant awc quelle ardeur ils travailloient à eneourager^ill chrétiens pendar.t la persécution, les éleva aux Ordres .sacrés. Fausthi fat fait Prêtre, et Jo'i e Diacre. Rien alors ne put résister à leur zèle. Le comte italique, grand ennemi des clrretiens alla trouver l'Empereur et lui représenta que c'en ctoit fait de la religion de fEnipereur, si on n'arr toit prornptemcnt les deux frères. L'empereur (tant arrivé à Bresse, les fit venir avec lui dans le temple du soleil. Des qu'il parurent, la statue qui étoit d'or devint toute noire; on voulut la laver, elle tomba en pt'ussière. L'Empereur les condamna à être exposés aux bêîes. Les lions, les ours, les léopars qu'on lâcha contr'eux les caressèrent et dévorèrent ceux qui les in itoient. L'Empereur ies mena à Milan, où ils eurent les os brises^ delà a Naples, ensuite à ilome; eniin remenés à Bresse où ils eurent la tcte tranchée vers î an 122,
REFLEXIONS
1. La religion doit nous unir encore pJv fi étroitement qu.s le sano, 2,. Tous les Chrcliens de^ vruîent se traiter en frères, FéroM en effet. S. Mais k^^'!5l les Jreres mêmes sont divisés pat Vambition ou l'intérêt.
16 Février, >1I ■Sle. JULIENNE, Vierge et Mart»
Julienne naquit à Nico^édie, d'une famiîle distinguée, vers l'an 290. *on père étoit enneiiii déclaré des Chrétiens. Il l'accorda en ma* riage à Eiuse, Sénateur. Julienne qti l'ignoroit fut fort surprise de la l^*©. visite («Hlpi ren« dit Eiuse. Peur s'en défaire, ^elie îu^Bt qu'elle ne fépousereit que lorsqu'il seroit Pvéfet. Il iit tant qu'il obtint cette charge. Mais Julienne mit alors pour -condition qu'il se fcroit Chrétien. Le père averti du refus que faisoit sa fille -d'un parti si avantageux, mit tout en usage pour le îui faire accepter; mais tout fut inutile. Transporté de colère, il la mené au Préfet qui n'ayant pas mieux réussi, la condamna au fouet; on la prend ensuite par les cheveux, puis on la détache et on lui fait distiler sur tout le corps de r airain fondu, on la met ensuit^e dans un affreux cachot. Le Démon sous îa forme d'un ange, se nsontre à elle pour -la séduire, mais elle découvre l'artifice et se sert de sa ceinture pour l'enchaîner. Enfin après avoir souffert la torture et le feu, elle fut décapitée avec 130 soldats qu'elle a voit convertis par jon exemple et par ses discours. Ce fut environ l'an 308.
REFLEXION S
1. Il est aise souvent de confondre V esprit de têiiQbre avec l'esprit de lumière* 2. Cependant une âme éclairée de Dieu les distingue aisément, 3* L'un repa?id dans le cœur la joie et la paix^ ci Vautre Le trouble et la confusion.
Î7 Février.
. SYLVAIN, Evêque.
Ylvain naquît a Toulouse vers la fin du ^^siècie. Sa^^an-iille étoit une des plus distinguées du J^anguedoc. Il passa ses 1 ^es. années à la Cou^gies Rois Childeric IL et Thierry IlL tot!jou^B|ns une grande innocence. Ayant été fiancé iBRré lui à une jeune Mlle des plus accouiplies delà province. Comme on se preparoiï à célébrer le niariage, il parla en particulier à celle qu'on lui destinoit peur épousie, la détermina à renoncer pour toujours au mariage, et avec la pernnsïion de son Ev; que il prit la tonsure cléricale, et peu de tenus après les Ordres sacrés. Après avoir travaillé utilement dans le l^anguedoc il entreprit de longs pèlerinages: par-tout il lai>csoit des marques de son zèle et de sa pieté. Eu revenant de la Terre Ste, ii passa par Rome; le Pape le fit Fveque. ïl vint prêcher dans r Aquitaine et de-là dans les Pays-Bas. Tant de travaux ne l'empechoient pas de jt iiner tous les joursc 11 ne vivoit que de racines et dlierbages: il portoit sur sa chair des cercles de fer garnis de pointes; enCn con.bîé de n ente^^ et consume per tant d'aus t ités, ii finit sa vie à Au • chi en Artois prts de Hesdin, l'an 718*
REFLEX I ON S.
1. Quelque bien i^ue vous ayez Jh.it , regardez-^ vous cGiume un serritetrr inHiile, 2. Vcnjs croyez avoir beaucoup fait; mais il vous reste encore plus à faire, 3. Doit— on craittdre d'en iropjaire pour un Dieu qui a tant fait pour nous.
Î8 Février.
S. SÎMEON, Evêque et Mart.
Sîmêon étoit frère de S. jQ|£ph époux de îa Ste. Vierge. Après la sep^^pon des Apôtres, il resta dans la Judée pour travaiHer à la conversion des juifs. Le respect qu'on avoit pour sa vertu le faisoit écouter favorab]eriie|j||jî. Jacques son pi^rent, premier évkyae de «HTsaleia, ayarït été massacré par les juifs, les Fideies s'asgeuiblerent et élurent tous d'une voix S. Siniéon. Sous la conduite d'un si S. pasteur, la reîidon fit de merveilleux progrès. Avant que Vespasien entrât dans la Jud e, les chrétiens s'étoient retirés pour n'être pas envelopp 'S d ms le malheur qui menaçoit les j îifs. Après la ruine de Jérusalem ils revinrent, et cette i-glise devint très-fîorissante par les soins de son evêque. Trajan a} ant f vit recherclier t'ous ceux qui étoient de la race de David, S. Siméon fui déféré comoie issu du sang royal, et comme l'appui du christianisme. Le gouverneur fut touché en voyant ce S. vieillard, qui pour-lors avoit six vingts ans. Mais n'ayant pu l'engager à saciniier aux dieux, apros lui avoir fait souffrir d'aifreux supplices, il ie condamna à mourrir en croix l'an 107o
REFLEXIONS
L Qiiand Dieu peyny^et que nous so?/ons f'fffllges^ voila notre croix, 2.. Pour noii^ la rendre plus le» gère portons-la avec Jesus-Christ. 3. On nest pas Chrétien des quon ne vent rien souffrir^
19 Février.
S, GABIN, Prêtre à Martyr.
Abïh étoit originaire de Dalmatie et parent '^Jl'de Dioci«fa. Il naijuit vers le milieu du S^. siècle., Onreleva avec soin dans les sciences^ ï>our lesQj|ËHes il avoit de grandes dispositions. Il fut nn^dlB^t n'eut de son mariage, qu'une ÛU^ BomiB^^BIusanne. Son épouse étant morte, il se vit cWœgé de l'éducation: de Susanne, et s'y ap* pliqua avec autant de z,èle que de succès. Cependant iJ eBtra dtins îe clergé, et fut honoré dt* Sacerdoce. Saint Ca'ùis son frère ayant succédé au pape Eutîiichien, Gabin lui fut d'un grand se* cours dans le gouvernement de l'Eglise. Il parcouroit les bois, pénètroit dans les cavernes où la persécution obligeoit les Chrétiens de fee renfermer, il passoit des nuits souvent dans le creux des^ rocbers> et pour fortifier ces généreux athlètes, il y afÏToit le divin sacrifice. Maxknin Galère, gendre de Diocletien, voulut ap^ès la mort de Vale» rie épouser Susanne, qui passoit pour un prodige d'esprit et de beauté. Cette Sainte Vierge protesta que jamais elle n'auroit pour époux un homme mortel. Saint Gabin l'affermit dans cette ste,; résolution. Le courage de la fille et le zèle du perer furent recompensés du martyre. Saint Gabin eul; ia tète tranchée six. mois apr^s Sainte Susanne*
RE FLEXION S
î . Qiul est importayit pour vos enjans et pour vons^mhne que vous les éleviez bien, 2. Que leur serviroif. d'avoir reçu la vie s'ils se perdaient faute fïêduca-» tion, 3. Et que vous servir oit -il d'avoir des eiisQ^M si vous ne travaillez à les sauver?
20 Févriei'.
S. EUCHER, Evéquc.
TTlUcher naquit à Orléans vers Tan 690. Sa mêj^re revenant une nuit de Téglfee et s*etant retirée cliez elle, vit en songe un ange qui lui dit que lenfant dont elle étoit enceinte seroit évêque. Elle prit grand soin de son, enfance. Dèsjon bas âge Eucher n'avoit de goût que pour les cnoses de Dieu. A ràge de 17 ans il passoit pour un prodige de science. Il entra dans le cierge, et ensuite renonçant tout-à-fait au monde, il choisit pour sa retraite l'Abbaye de Jumeîges oii sa vertu le fit re. garder comme un ange. Son oncle Severe, évêque d'Orléans étant mort, on obtint de Charl,es Martel, maire du palais, qu'il apuyât de son autorité l'élection qu'on avoit faite d'Eucher. On l'arracha à sa chcTe solitude; mais quelque répugnance qu'il sentit pour cette dignité, il en remplit les devoirs avec un zèle dont le fruit fut le changement des mœurs. Dans la suite on lui fit un crime auprès du prince, de ce qu'il s'opposoit aux laïcs qui usurpoient les biens de l'église. II fut exilé à Cologne, et ensuite dans la contrée de Hasbain, où on lui permit de ciioisir pour sa demeure l'Abbaye de S* Tron. 11 y mourut en 743 dans la pratique des plus excel lentes vertus.
REFLEXIONS
1. Il est difficile de remplir les devoirs d*un etab auquel on nest pas appelé, 2. C'est sur-tout pour Veiat Ecclésiastique quil faut une vocation mar^ nuée, 3. Souvent on s'ij insère par le seul motif df 'aiiijition.
21 Février.
S. PEPIN, Confesseur,
PEpîn, Duc de Brabant, étoît fils de Carlomant et d Ernengarde. Il fat maire du patîais sous les rois de France Clotaire ÎI, Dagobert I, et Sigebert III. Cette charge lui don- Doit une grande autorité; mais il nen usa jamais que pour le service de son prince et le l)onheur des peuples. Jamais rainistre ne mérita mieux la confiance d'un roi; aussi l'eut-il toute entière. Clotaire qui vouloit s'associer son fili^ Dagobert, chargea S. Pépin de l'éducation da jeune prince, et ce fut sous un tel maître nue Dagobert apprit à gouverner se-: Etats en po» re plutôt qu'en Souverain. Cependant il eut le malheur de se livrer à de folles passions, et pour les contenter il surchargea ses sujets d'impôts. .S. Pépin l'en reprit: cette liberté pensa lui coûter la vie, mais le roi rentrant en lui-mômC; laima et l'estima plus que jamais: il lui mit entre les mains son fils Sigebert pour qu'il le formât de bonne heure à la sagesse. S. Pépin eut toujours beaucoup de respect pour les éveques. Il con- Buîtoit dans toutes les aftaircs importantes, S. Arlîaud; et après la mort de ce S. Pr^hit Cunibert évêque de Cologne. II mourut laa 616.,
I. Cest un dcfaut commun aux granxh d'aimer a flatter et a être Jîattês, 2. Un Chrétien à la Cour comme dans le Cloître aime la sincérité. S* L^esprii de Dieu est un esprit de vérité et ennemi des deguisemens.
22 Février.
ta Chaire de S. PIERRE à An^che,
Ntioche ctoit comme la capitajy^ "ï^e l'Orient, Ce fut ti^-ns cette ville que les Discifiies de Jesus-Christ furent appelés du no;T] de Chrétien. Les apôtres ajmit appris les p^'ogrè^ <me i'évangile y faisoit, y envoyèrent S. Barrioh '', qui s'étanl joint à Tapotre des Cjentila, y opera. des Iruits merveilleux. Alors S. Pierre, cRie Jesus-Christ avoit établi le chef de son cgiise, arriva aussi dans cette ville, et y établit son siège. Ce fat environ sept oa huit ans a^^rès la passion du Sauveur. 11 gouverna cette église pend.^nt 7 ans. La lumière de îa foi ayant pénétré en Occident, il s'y transporta et fixa son sieii^e à Rome: ainsi cette maîtresse du monde entier devint le centre de 1 Unité et de îa religion. L'F^glise, pour en conî3erver la menîoiie, a établi deux fêtes, l'uiie sous le p>om de la Chaire S. Pierre à Rome, qui se célèbre le 18 Janvier, et l'autre sous celui de la Ciï:iire S. Pierre à A ntioche qu'on célèbre en ce jour. Ces 2 fêtes sont anciennes; elles étoient déjà insh'tuées vers le milieu du ivne^ siècle. Ce sont d'illustres nioîiumens de rattachement et du respect qifoiit toujours €u les vrais catholiques pour le S. Siège*
EEFLEXIONS.
1 . C'est le respect pour le S. Siège gui distinfrite le Catholique du novateur. 2. Un membre ne peut avoir d'^ "uie que par son unité avec le chef, ?>, I/he-^ resi(' ins;pire tortjours l'esprit de révolte et d'indé^ pendance.
23 Février.
S. Heure de damien, EvCquc-
Pierre de Damien naquît ii Ravennes Tan 988, d'une famille très-pauvre. Ses paréos étant ïTJorts, un de ses frères le prit cliezlui |K>ur lui faire garder les troupeaux. II vécut ainsi jusqu'à î'age de 18 ans. Un autre frerè qu*il avoit le retira de cet état, lui apprit à lire et lui fit faire ses autres études. Ses progrès furent si rapides qu'il fut bientôt en état d'enseigner les autres. Il donna des leçons sur l'Ecriture Sainte qui le mirent en grande réputation: mais degofité du monde, il se retira dans le monastère de Fontavelle. Les rares taîens qu'il possedoit portèrent le Pape Etienne X. à le faire évêque d'Ostie et cardinal. Son zèle parut dans ses ouvrages, dans la reformation des mœurs qu'il entreprit et dans la conduite qu'il tint à l'égard des deux antipapes Benoît et Honorius. Il fut envoyé Légat à Milan, en Fran* ce et en Allemagne. Ces distinctions ne diminuèrent rien de son humilité ni de ses austérités. Ayant demandé permision de se retirer dans sa chère solitude, il l'obtint; mais il fut eucore contraint d en sortir pour les affaires du S. siège. Il tomba malade à JPaenza Ou il mourut l'an 1072.
REFLEXIONS
1 . Que d'en fans dont les talens testent inutiles faute de culture. 2. Pour ï amour de Jesus-Ckrist^ soulageons ces petits malheureux^ et servonS'leur de père. 3* Ce que vous employez â votre luxe serait bim mieux emploie à les élever.
2S Février»