S. LAZARE
LAzare ctoit un Saint solitaire qui s'occupoît dans son désert à peindre de saintes Images pour décorer les églises et les maisons des Chrétiens, et leur rappeler le souvenir de Jesus-Christ^ de la Sainte Vierge et des Saints. L'Empereur Théophile, grand fauteur des Iconoclastes, iit ce qu'il put pour le séduire; mais n'ayant rien gagné par la douceur, il le fit tourmenter craellement^ on lui bruIa les mains avec des lames de feu ardentes: il fut ensuite enfermé dans une étroite prison. Mais enfin on le î^elaclia, se? plaies se guérirent, et s'etant cache dans une église de Saint Jean, il y fit une image du S. Precars'?ur. Mi- .chel III ayant succédé a Théophile, rétablit le culte des Saintes Images. S. Lazare s'occupa comme auparavant à représenter les {saints. On peut dire qu'il les representoit encore mieux par se« actions que parle pinceau. Ses vertus le firent tellement considérer du nouvel Empereur que ce p- ince voulant envoyer un Ambassadeiu- vers le Pape^ fit choix de S. Lazare. Le S. s'acquitta d-j cette fonction au contentement de l'Eurpere u- et du Pape, îl mourut dans un second voyage qu'il fit à Rome l'an 870»
REFLEXIONS
I. Loin de nos maisom, ces peintures indécentes^ c'est un poison qui enire par les yeux. 2. FJIe se-^ raient bien mieux décores pas des Images de la Vieyge et des Saints. 3. En les regardant , nous nous souviendrions que ce sont nos modales et nos pa^ irons*
24 Février.
S. MATHL^S, Apôtre,
ÎAthias étoit de la Tribit de Juda. Il nacjuic a Bethlceai. Des qao Jesiis-Christ coîTi aença à prêcher, Matlîias le suivit en qua^ ïitb de Disciple. x\.p:*è; (jue le S-a'-iveiir lut monte a ix C'e.iK, les ap'Hres se retirèrent avec les disciples dcim une r:iai:^on ou ils faisoient leari as^ernbi .^s. îls y attendirent la venue du S. Esprit (jui Imi' avoit été protnis. Judas, un des 12 ap'îtres av^oii trahi son maître, et nour mettre ie c')'n-)]e à sou aoostasïe, ii s'étoit pend;^ par VU] cr'.ninel deHcspo'r: l3s apôtre;^ songèrent à le remplacer. Tous le.^ sulFi* iges étoient pouF Matl.ias Juieph, ivitrernent Bar^^abas, surnoinm-^ le Jj^te. Aui^s àv^-Ir invoqué le noai da î)'eii, oii iU tiier^au fiort, et ie sort to^nba sur ivlaihiin. Le^ apArei s'étant dispersés en differens pay., Mcilliias i'ut destiné pour la Jaùce,, ]i en pdccourui les dirierentes contr '^es avec un r-.^:e Sin"!)rjîKr^t. » Mais emin les Juifs qu'iléon» for>d'^it t'j j^ ic:s jours ipar le témoignage des ècr?tureo condaînnèrenc à la. mort. Ils con)men» c :'ent pur le 'apidcr; ensuite comme il étoit prêl; d expier, on kû trancha la tète,
1. Mathias élu, Judas réprouve^ 6 prnfoYtdeur^ 6 ahjj.ne! 2, Notre .sort c:d entre les mtiitis de Dieu^ il est rnts'<i entre les nôtres, ?>. Nous serons sanvjs si nouA le voido)is. et damnés parce que nom l'aiit^ rons vûîdiî.
±î Févriet,
S. TA RAIS E, Evèque.
y^'^Araise naquit à Constant inople ver? le mi- ^ lieu du 8"i«^. 9!è(:]e. 11 cîoit de fhnulle Fatncienrie. Dans la suite vertu et sa bci.a'es- {^e le firent élever ini Coiisulat. L'EîDporeur Constantin et Jreae sa mère le firent pi-ciiiitr secrétaire d'Etat. Fixu], Patriarclie de Coi^^staïUiïiople, vou'aÀît faire pei"îiience d'avoir approuvé î'hért'r^ie (Ils Iconociciotes, se démit du l'atriarchat, et représenta à n'^aipeit ur que l'araise étoit le seul qui put repaier îcs fiiiaes. l'araise lut donc choisi avec l'apirrobation uiuvcrj^elle. Ses prenuers soins furent dé faire condannu r les ennemis des saintes îsr.ages. On tint pour cela un Concile de ]£:0, évêques eu le S. parla avec beaucoup de zele et d'éloquence. L'En^pocur voulut répudier Tiruporat-'ice Marie pour en épouser uîie autre, jamais S. laraise ne voulut y consentir, queîque^j a-enaces qu'on lui fit. L'Empereur ))asba outre: c\i.n> une occasion si délicate le ^B. Patriarche sut accorder ce qu'il devoit à ce Prince avec ce qu'exigeoit de lui son zele. Après avoir été pendant 22 aiis le modèle des plus Sainti Prélats, il mourut Tan 806,
REFLEXIONS
1, La simplicité CL retienne n exclue point Im prudence, mais le deguiberneni . 2. Le zélé fait p:.us de r.ial que dut bien quand il n'est pas prv.dmt, S Faute de cette vertu vn irrite le pêcheur et on ne le convertit point.
26 Kviicf.
S. PORPHYRE, Evêque.
POrpbyre naquit à Tlies.saIoni(]ue vers l'an 11 eut une grande horreur du péclu' et conser^'a toute sa vie son innocence. Dégoûté du monde, il embrassa la vie Religieuse dans le Monastère de Sot té. Au bout de einq ans il alla visiter les saints lieux, et se retira dans une caverne proche le Jordain, où il contracta de grandes infirniit^^s. Le dérangement de sa santé n'interrompit pointées pénitences. Le Patriarche de Jérusaieni charmé de sa pieté et de son érudition, le fit Evêqae de Ga^e. Les Payens en furent allarmés. En effet il déclara une guerfe ouverte à ridoLHrie; il fit même le voyage de Constantinople pour obtenir de !' Empereur un ordre de démolir tous les Temples des Idoles; il l'obtint et se remit en cheir.in dans le dessein de ie faire exécuter, quelque danger qu'il y eût de la part des Idolâtres. Les Chrétiens vinrent au-devant de lui, et dès qu'il parut, une statue de Vénus écrasa par sa chute deux iînfideles qui se moquoient de lui. Tous les Temples furent abattus: il fit aussi la guerre aux Manichéens. Une fethme de cette Secte, voulant disputer contre lui, devint muette. Il mourut au milieu de son troupeau l'an 420, laissant la Ville de Gaze presque toute Chrétienne.
REFLEXIONS
1 . Rien n arrête le vrai zele, les obstacles ne le rend c^ft pas pins Jbrt, 2. L'indifferevce enmaiiere de Beligion approche Lien de l' impiété, 3. Est-il diffèrent pour un vrai Chrétien de voir Dieu hono* ré ou blasphémé P
27 Février.
I S. LEANDRE, Evêquc.
LEandre fut Faine de cinq eniaiis qu*eut Seve» rîeu, Duc de Carthagène, et dont quatre hor^iores comme Sts. Il se distingua dès sa Jeunesse et par son éloquence et ,par la force de son génie. Il prit riiabit Religieux dans «n Monastère d^ Séville. Le siège de cette Eglise étant venu à vaquer, Leandre fut élu pour le remplir. Leuvalgidct lloi des Gotiis, son beau-frère^ professoit ouvertement rAriani3n:>e. Le Evèque ne laissa pas de travailler à la destruction de cette hérésie. Il fut envoyé pour quelques aiFaires à Constantinople. Il y fit connoissance avec S. Orégoire le Grande Etant «nsuite revenu à Séville, il combattit plus fortement «jue jamais les Ariens. Il eut le bonheur de convertir Hermenegilde son neveu ^ui dans la suite «ut le bonheur de répandre son sang pour la cause ^e Jesus-Christ. Alors Leuvigilde ne gardant plus I 'de mesure avec Lé>andre, 1 exila. Mais l'année suij vante, se voyant au lit de la mort, le rappella et lui confia l'éducation de son Jfils Recarede. Le jeune Roi consulta toujours depuis le St. dans les affaiî Tes importantes, et de vint enfiii Catholique. 8. Lét andre, après avoir converti toute la Nation en con • vertissant son Roi, alla recevoir dans le Ciel 1^ Couronne due à ses travaux l'an 603.
REFLEXIONS
ï. Que d'ames perdîtes si S. Lénndre se fût rfe* €ouragê pour quelques obstacles. 2. Lxeuvre de lOieu demandée de la constwnce et du courage. 3. Au reste moins nous nous épargneroîis, plus îiotrc rkompense sera abondante.
25 Févrîéf.
S. ROMAIN, Abbé.
ROmain naquit en Bourgogne vers Tâti S9(T* A peine eut-il connu la vanité du monde qu'il le quitta pour aller apprendre d'un S. Abbé de Lyon les voies du salut. Il se retira ensuite dans les forêts du Mont Jura. îî trouva dans un vallon ap» pellé Condatun sapin d'une grosseur énorme, dont les branches touffues lui servirent de to't: une sour" ce d'eau vive et les fruits aigres de quelques sauva» geons firent sa nourriture. Une nuit il apparut à son frère Lupicin, et lui dit de venir le trouver, ce que celui-ci fit; ils vécurent dans une grande union. Comme le Démon^faisoit souvent pleuvoir sur eux des cailloux pendant leurs prières, ils quittèrent leur solitude; mais ayant eu honte de leur lâcheté, ils y retournèrent. Leur sainteté leur attira tant de Disciples qu'ils furent obliges de bâtir deux Monastères. S. Romain ayant été lait Prêtre par S. Hilaire, Archevêque d'Arles, voulut aller visiter le Tombeau de S, Maar: il se retira en chemin dans une grotte où demeuroient deux Lépreux qui pour lors en étoient sortis. Les Lépreux furent surpris en entrant de trouver le S. qui les embrassa et les guérit. Etant revenu à son Monastère il y mourut l'an 180.
REFLEXIONS
1. Toute V affaire du saint dépend de la perséve^ rance. 2. C'est peu de bien commencer si on ne Jinit bien, 3 Cest dan$ la tentation quon 'verra si vous êtes fidèle*
29' Février
S, ALEXANDRE, Evêque.
âLexandre étoit d' Alexandrie. Il fut fait Prêtre de cette Eglise, et dr>s lors il eut beaucoup à souffrir des Méleciens qu'il cornmbattoit ouvcrtenierit. S. AcIiîîIhs, Patriarche d'Alexandrie, étant mort, il fut élu en sa piace malgré les intrigues de jp^es ennemis. Arius, Prêtre d'Alexandrie, etoit celui (jue la cabale portoit: cet hypocrite piqué de se voir déchu de ses espérancf^s, commença des-lors à semer ses erreurs. Il sut gag.ier par son air dévot et reformé Eusebede Nicomédie; celui de Césarée et d'autres grands personnages. S. Alexandre assembla un Concile de cent Evèuues où Arius fut condamné; mais Arius y opposa deux Conciliabules qui le déclarèrent absous. Le grand Constantin envoya Osius, qui dans une assemblée des Ev^qiîo d'Egypte frappa d'Anathème la doctrine de î'h' réaiarque. Enfin on assembla le S. Concile de Nicée. S. Alexandrie y assista malgré son grand âge. Les Pères l'honorèrent des éloges dus à son zélé et ratiri>rent tout ce qu'il a voit fait contre les A riens. Le S . Patriarche avant que de monrir assura comme par un esprit prophétique que S. Athanase lui succèderoit. 11 mourut l'an 366.
REFLEXIONS
1 . Le pêcheur s'élève contre Dieu, mais Dieu tôt on tard sait bien Vhioyiîlier, 2. Et gti est-ce que rim^ pie sinon un vil insecte que Dieu peut anéantir. 3, Qui n aime pas Dieu comme son pcre, doit lecrain^ dre comme son juge.
S. AUBIN, Evêque.
AUbln naquît en Basse-Bretagne; vers fa^ Stt du 5«^. siècle. Les grands biens qu*il posse* doit dans le xnonde ne purent l'y retenir: il em» brassa de bonne heure la vie religieuse sous la règles de S. Augustin. Les rares exeni<p!es de vertus qu'il donna le firent élire abbé: il le fût 25 ans, au bout desqueïs il fut placé sur le siège épiscopal d'Angerst. II fit de^ grands fruits dans cette ville». Ses fréquentes prédications et ses exeniples étoient: soutenus par des miracles, éclatarns. Une dame d'Angers ayant été nîise en prison, il alla pour l'en délivrer: un soldat insotent qui la gardoit l'ayant charge d'înjure&, le & ne fit que souffler sur lui, et ce malheureux tamba. mort. Il ressuscita^ un jeune enfant et rendit îa vue à cinq aveugles». Il obtint du Roi Childebert la tenue du 3^^. Con-. cile d'Orléans; il s'y fit plusieurs canons, et il er^ snaintint l'observation avec vigueur. Croyant em avoir usé trop mollement avec un seigneur dut pays, il alla consulter S. Césaire d'Arles. Ladouleur qu'il eut de cette légère faute, et les fati-. gues du voyage, avancèrent sa moi*t Elle a^riva^ vers le milieu du 6^. siècle.
REFLEXIONS
1 . Uomdre même du pechê faisoît tremhl'er Im Saints. 2. Ils étoient continuellement pénétrés dela crainte des jugements de Dieu. 3. Ne devrions^ nous pas mourir mille /bis de douleur après tant de* crimes que nous avons commis et que mm d'a^^m^ peut'-etre jamais expih'^
2 Mars/-
S. SÎMPLICE, Pape.
Sïnnplice naquit à Tivoli dans îa campogne de Home. Son .>enchant pour la vertu et son ardeur pour les sciences furent les fruits de l'éducation chrétienne qu'on lui donna, en firent l'or- DeinefU du clerg-? de Home, dès qu'il- y eut été admis. S. Hilaire Pape étant naort, Simplice fut élevé à cette suprême dignité. Jamais l'Eglise n'eut un Pasteur p'us vigilant et plus zélé: aussi en avoit-eîîe besoin dans ces tems malheureux où l'hérésie cl les guerres mettoient tout en combustioa L'empereur Autheme soutenoit ouvertement les Macédoniens; Odoacre qui s'étoit rendu maître de ritaUe^ prutegeoit les Ariens; Acace, patriarche de Constantinopîçî, favorisé par l'empereur Zenon, voulut élever son siège sur celui d'Alexandrie; Pierre le Foulon et Pierre le Bègue, soutenus par la cabale hérétique, usurpèrent l'un le siège d'Antîache, et 1 autre celui dMlexandrie: mais le S. Pontife Simplice usa de toute sa prudence & de toate sa ferineté pour résister à de si puissans ennemis. Enfin après 12 ans d'un pontificat glorieux par tant de victoires et de services rendus k i'égiise, il mourut Tan 483.
REFLEXIONS
j 1. Quelle foule cT ennemis! Un seul hormive peut-» il résister à de si forraidables adversaires? 2. 0?2 est bien fort quand on met le ciel de son côté, et quon combat pour la gloire de Dien, 3. U enfer entier se déchaîne? oit contre moi, que je ne crain» droia ricii; sachant que Dieu tue praiege.
Ste. CUNEGONDE, Impératrice.
(^Unégonde naquît vers la fin du IQe siècle d*a*^ y ne famille très-illustre. Ses belles qualitér brillèrent dès le berceau, et la firentre chercher dans la suite par les plus puissans Seigneurs. Elle fut accordée à S. Hâiri duc de Bavière, qui fut depuis Empereur. Le jour même des noces, ils convinrent de garder une virginité pei^pétaelle. Ils vécurent dans une union toute sainte, se portant mutuellement à la perfection. Sainte Cuupgonde étoit la mère des pauvres; et comme elle s'étoit interdit les vains amusements de la cour, elle trouvoit toujours de quoi les soulager, fondant outre cela des monastères et enrichissant des églises. Dieu permit pour l'éprouver, que S. Henri son époux, ajoutant trop aisément foi à la calomnie, soupçonnât sa vertu. Elle prouva son innocence en mardiant nuds pieds sur des socs de charrue rougis au feu sans recevoir aucun mal. L'empereur se punit rigoureusement lui-même de sa crédulité. Après qu'il fut mort, Cunégonde quitta la pourpre, se fit couper les cheveux, et se retira dans un monastère où elle mourut l'an 1040, après y avoir donné l'exemple des plus sublimes vertus.
REFLEX IONS.
1. attendons pas que Dieu fasse des miracle.^ pour confondre ceux qui nous calomnient. 2. S'il y a quelque scandale à craindre, nous devons nous ,jusfijier devant les hommes, S. Que si la calomnie prévaut, humilions-nous sous la main de Dieu qui pour éprouver les bons^ suscite souvent contre eux les méchans*
4 Maré.
S. CASIMIR, Confesseur.
SAuit Casimir, fils de Casimir lîl. roî de Pologne, natjuit à Cracovie l'an 1158. Comme il avoît un heureux naturel, un esprit vif et pénétrant, il fit de grands progî'ès dans la vertu et dans les sciences. Il fit vœu de chasteté dès qu'il put connoitre le prix de cette vertu. Il sut toute sa vie garder son innocence au milieu même des plaisirs de la cour, en menant une vie très-mortifiée. On lui disoit souvent qu'il avoit besoin de divertissement; il repondoit à cela qu'il trouvoit son plaisir dans les églises et aux piçds des autels, Uladislas son frère ajant été élu roi de Bohême, il fut lui-même proclamé roi de Hongrie, mais Dieu n'ayant pas permis qu'il montât sur le trône qu'on lui destinoit, il se consola aisément de la perte d'une couronne qu'il n'avoit acceptée qu'avec peine. Sa dévotion pour la Ste. Vierge lui fit composer une prose en son honneur: on trouva cette pièce sous la tête du S. 120 ans après sa ïDort, îorsqu'en présence de plusieurs témoins on ouvrît son tombeau. Son corps s'etoit conservé jusques-là sans aucune corruption. Cette sainte mort arriva Tan 1184.
RE FLEXIONS
J . Marie ne recon^ioit pour ses favoris que ceux qui ont le cœur pur, 2. Im vraie dévotion envers la Ste. Viercre consiste à imiter ses vertus^ et sur-tout celle (juelle eut le plus à cœiir^ la chasteté* 3. Il est cl^Jncile de la conserver au milieu du monde; la crairiLe de Dien est zm préservatif contre toutes les tentaticiis*
5 Mars.
S. PHOCAS, Martyr.
PHocas, Syrien de nation demcuroit prh d'Antioche. îl étoit jardinier de profession, et quoiqu'il fût pauvre, sa maison ne laissoit pas d'être Fa-jle des pauvres. Sa charité sur-tout le partoit à loger chez lui les passants. La persécution ctoit alors allarnpe contre les chrétiens. Phocas. fut un de ceux qu^on défera aux juges- lis envoyèrent chez lui des soldats pour lui ôter la vie. Le 8, les reçut de son najeux. Les soldats voyant qu'il les îraitoit si bien, crurent s être mépris: ils lui demandèrent s'il ne pouvoit pas leur apprendre des nouvelles de Phocas, Le S. leur repondit qu'il le leur feroit voir le lendemain, qu'il lesprioit seulement de souper et de coucher chez lui; ce qu'ils acceptèrent. Le lendemaint il les alla trouver, leur dit qu'il étoit le Phocas qu'ils cherchoient^ et les conjura de vouloir exécuter Tordre qu'ils avoient reçu. Les soldats eurent de la peine à, s'}'' rovsoudre; mais enfin craignant la fureur des juges, et de l'autre côté voyant Fempressement c^u'avoit le S. de sacrifier sa vie pour la religion, ils le conduisis rent devant le président, qui le condamna à avoir îa l^te tranchée.
RE FLEXION S
1. Aimer ceux qui no?is haïssent, rendre le bien pour le mal, tels furent Ic.^ sentlmens qu inspira la reJi^non à un homme sans éducation^ 2. Grands du monde, voilà vos modèles, la ^^raie grandeur consis' te à penser et à agir comme eux. S. Ces hommes ^ue vous daignez à peine regarder deviendront %jos raaiùres et vos juges.
Mars.
Ste. COLETTE, Vierge.
Colette naquît à Corbie Tan 1S81. Elle fut ainsi appeMée au baptême a cause de la devotron que sa mere avoît pour S. Nicolas. Ella reçut dès sa jeunesse des marques visibles de la protection de Dieu sur elle. Après la mort de ses parens, elle chercha quelque maison religieuse pour s y consacrer au Seigneur, mais n'en trouvant au» tune où la règle fût dans sa vigueur, elle prit l'habit du tiers ordre de S. François, et se retira dans une solitude où elle passa 4 ans dar;s les pratiques de la plus parfaite mortification. Jesus-Christ lui apparut, et lui dit d'entreprendre la reforme de l'ordre de Sainte Claire. Elle alla trouver Pierre de Lune ou Benoît Xîll. qu'ion reconnoissoit er> France pour pape. Elle en fut bien reçue, et obtint les pouvoirs qu'elle demandoit. Malgié les contradictions qu'elle eut à essuyer» elle refœma un grand nombre de couvens, et en ftablit de iiouveaux. Avant que de mourir, elle voulut en faire elle-même la vkite générale. Elle prit en passant possession des couvens du Poy en Yelai, de Mou-^ lins en Bourbonnois,, de Dezise en Nivernois, d' A« ïïîiens, de Hesdin et de Gand. Ce fut dtms œ dernier qu'elle mourut l'an 1447.
REFLEXIONS
î. Bien n^appelle pas to^fs les honrmes wêrn& état. 2. Avant que d^en choisir un, iw?/ons ce qu'il demnride de nous, S. Si nous venor?s â co?7)io?fre sa mlontê^ suivons-Ia malgré taus hs ohsiudes g^i fmrvmni se vemonbm^
*7 Mars.
S. THOMAS D'AQUiN, Docteur.
rîomas d'Aqain naquit au cîiâteau de Roc* ca-Sicca proche la. ville d'Aquin, l'an ]i'25, cVaiie des plus nobles familles du royaume de Napies, îi fut mis de banne heure au monastère du mont Cassin pour y ^"^tre élevé dans la pieté, il fiît ensuite appliqué a l'efcude des Belîes-I^ettres et de la Philosophie, et y ût des progrès considérables. Le désir de conserver son innocence lui fit chercher un asy]e contre la corruption du siècle, dans l'Ordre des Frères Prèche'urs. Ses parens le firenè enlever et garder étroitement dans un château; où ]u\ envoya même une courtisane pour le corrom^ pre; le Saint ne pouvant s'échapper, prit uu tison aUunié et la mit en fuite. Dieu recompensa son courage par le ministère de deux anges qui en lui cei,^nant les reins le délivrèrent pour toujours des tentations de la chair. Ayant été rendu à Tordra de S. Dominique, il étudia la Théologie sous Albert le grand. Ce fut sous ce maître qu'il devint l'oracle du monde chretieii et fange de l'école* Son humilité et son austérité égalèrent sa science. Il eut aussi une tendre dévotion pour le S. Sacre^» ment dont il a composé l'office. Il mourut laa
REFLEXIONS
1. Etudiez pour vous rendre capable desempfozs auxquels dous êtes destine. 2. Pour être en Hat d'instruire ceux que Dieu confiera â vos soins. 3, La science loin de vous perdre j vous dévie ndr a uti^ h et méritoire pour le CieL
8 Mar*,
S. JlSsAV DE DIEU, Confesseur.
'^Eati de Dieu naquit en Portugal Tan H 95. Ses patens étoier.t fort p-auvres; il les quitta de bonne heure sans savoir ce qu'il deviendroit. Il s'c dressa à un paysan qui le prit pour valet; il ernb) assa ensfute îe parti des arnies. Ce fut alors qu'il s'abandonua ;V êc grands desordres: mais quelques dangers qu'il courut, et dont la Ste. Vierge le délivra, le firent rentrer en îui-n.ême. Ajar t résolu de se convertir sérieusement, il fit une confession générale avec une sérieuse contrition. Etant pas* sé en Afrique pour y trouver le rrartyre, il reconnut que ce n'étoit pas la volonté de Dieu, et revint en Espagne. L'Enfant Jésus lui apparut, et lui dit: Jf:a7i de Dieu, tu auras à saiiffrir en Grenade. Il garda toujours ce nom. Pétant donc allé à Grenade, son air contrit le fit passer pour un fou et il tut très-maltraité. Il se retira dans un hôpital où il rendoit toutes sortes de services aux pauvres. Il joua ensuite une maison où il en retiroit un grand nombre. Telle fut la naissance de l'Ordre de la charité. Ayant un jour lavé les pieds à un pauvre, il reconnut que c'étoit Jesus-Christ lui-môme. Une autre fois il marcha à travers des flammes sans recevoir aucun mal. Il mourut l'an 1550.
REFLEXIONS
' 1. Accontumons^nous à reconnoitre dans la per« soûne des pauvres celle de Je su s "Christ. ^. Des-^ lors leur misère n'aura rien de rebutant pour 7ioi^s, 3. Nous les traiterions comme nous traiterions Je^ siis-Chrisi lui-mime f s il avait recours â nous.
s Mars,
Ste, FRANÇOISE.
rRançoise naquit à Rome Tan 1384-. Dèsî^iitance elle aima la prière et la solitude^ Ses parens sans -consulter ses inclinations la marièrent â l'âge de 12 ans. Elle songea uniquement à se sanctifier dans cet état par son application à tous les devoirs d'une mère Chrétienne. Quoique jeune et riche, elle s'interdît pour toujours le jeu et les spectacles. Son exemple fut pouv les dames Romaines uae le<^on utile et efficace. Quelque goût qu'eut Françoise pour la prière, elle la quittoit des que les affaires domestiques l'appeîloient ailleurs; aussi trouva— t-elle un jour écrit en lettre d'or un verset de son oiîice qu'on l'avoit obligé plusieurs fois d'interrompre. Elle souiFrit avec une patience héroïque le banissement de son époux, la confiscation de ses biens et la mort prématurée de ses enfans. Après la mort de son nmri, elle se retira dans un monast re de filles qu'elle avoit fondé sous le î\om d'Qblates: elle y passa le reste de ses jours dans l'exercice de la pénitence. On voit encore avec frayeur les instruments dont elle se servoit pour mortifier sa chair. Son ange gardien s'entre* tenoit quelquefois avec elle sous une forme visible* Eiie mourut en léiO»
REFLEXIONS
1 , Etre a ï Eglise y s'occuper de la lecture et cfe
la méditation, lorsqu'il faudroit veiller sur ses en* Jans et sur ses domestiques. 2. CW une illusion bien ordinaire aux personnes dont la dévotion n^est pas réglée p - r la prudence. 3. Servons Dieu delà manière dont il veut être servi.
10 Mars.
Les 40 MARTYRS de Sébaste.
S Ans le tems que l 'Empereur Licinias persecutoJt les Chrétiens, 40 jeunes soldats de nison de Sébaste declarèiejit qu'ils adoroient •Jesus-Clirist. Sur le champ on leur ôta le baudrier, on les chargea de fers, on les déchira à coups de fouet, et on les mit à la torture. Ces tourmens étant inutiles, ils furent condamnés a la mort. Il y avoit proche la ville un étang glacé sur lequel on les exposoit tout nuds Rien n etoit plus affreux que de voir leurs corpâ se fendre par la rigueur du froid. Il étoit déjà nuit lorsque le Geo^ lier vit une lumière brillante et 39 anges qui portoient chacun une couronne: il comprit que c'ctoit le Dieu des Chrétiens qui vouloit couronner ses serviteurs; mais il s'etonnoit de ne voir que 39 couronnes, lorsqu'il aperçut un des 10 Chrétiens qui vaincu par la douleur, se traînoit a demi-mort vers un bain chaud préparé pour ceux nui renonceroient à Jésus-Christ. Le malheureux Apostat expira presque sur le champ, et le geôlier convert! prit sa place et consomma son martyre avec tous les autres, dans les flammes où on les fit jetter»
REFLEXIONS
1. Opérons notre salut avec crainte, ef ne cessons de demander â Dieu quil nous soutienne jusq7i\i la dernière heure. 2. Quelquefois après avoir re* sistê courageusement aux plus violentes tempêtes, 3. On vient à Jàire naujy^oge dans ée port.
il Mars.
S. EULOGE, Martyr.
EUloge étoit de Cordoue en Espagne. De sorî tems les Sarrasins étoient maîtres de ce pays, et y exerçoient toutes sortes de cruautés. S. Euïoge, que sa vertu autant que sa noblesse rendoit respectable même à ces barbares, etoit a la Cour de Mahomet, leur Rot et y occupôit un rang distingué. Le respect humain ne Tempêchoit pas de pratiquer au milieu de cette Cour infidèle toutes les vertus propres du Christianisme. Il ne perdoit aucune occasion de parler aux Sarrasins de notre sainte Religion; il en convertissoit un grand nombre. Afin même d'être plus en état de rendre service à la Religion en administrant les sacrements aux Néophites, il reçut la prêtrise. Mahomet l'ayant su entra en fureur, et le fit mettre en prison. Le S. au milieu des fers composa la vie des Martyrs et d'autres ouvrages de pieté. Un jour un soldat lui ayant donné un soufflet, il pratiqua à la lettre le conseil de J. C. et présenta l'autre joiie. Enfin le roi infidMe voyânt que la constance d'Euloge étoit invincible, après l'avoir fâit fouetter lui fit trancher la tête.
R E FLE XIONS .
1. C* est en vain gne pour nous engager à par" donnèr â nos ennemis^ on nous met devant les yeux l'exemple de J, C. et des Saints. 2. Notis voulons â quelque prix que ce soit nous^ venger, S. comment^ après cela, osons-nous di?'e à Dieu quil nous par^ donne comme nous pardonnons à ceux qui nous ont (penses.
12 Mars.
S. GREGOIRE le Grand, Pape et Docteur.
("^ Règoire, surnommé le Grand, naquit à Ro- Jfrne environ l'an 544-., Sonpere Gordien étoit «enateur; sa mere sainte Sylvie joignoit à la naissance une vertu éminente. Grégoire fut élevé avec un grand soin. Il fut fait Préfet de Rome étant très-jeune; ses belles qualités le rendoient digne dès-lors des premières charges. Cependant son pere étant mort, il renonça (lux dignités du siècle, vendit tous ses biens, en donna le prix aux pauvres, et se retira dans un monastère d*où il ne sortit que par ordre du Pape qui l'envoya à Constantinople pour des affaires importantes. Dès qu'elles furent terminées il revint dans sa solitude. Après la mort du Pape Geîase, il fut comme forcé d'en sortir pour monter sur le siège pontifical. Elevé à cette suprême dignité, il rendit d'importants services à l'église. Il arrêta les courses des Lombards, confondit les Donatistes, avança la destruction de l'Arianisme et procura la conversion des Anglois. Son humilité lui fit prendre la qualité de serviteur des serviteurs de Dieu. Il reforma le chant de l'église. Eofm il termina par une sainte mort un si glorieux Pontificat l'an 604?»
REFLEXIONS
1 . Saint Grégoire sçut allier les talens les plus subliînes et les qualités les plus éminentes, avec la plus pr(yfonde humilité. 2. Pour nous, nous avons un talent tout contraire, S. Nous joignons sou* 'vent aux irioes les plus honteux un orgueil insoute " nable.
13 Mars,
Ste. EUPHRi^SIE, Vierge.
EUphrasie naquit à Constantinople vers l'an )80 Ses parens, encore plus distiîîg:iîès par îear pieté que par ieur noblesse, i'élevèrent dans îa crainîe de Dieu. Sa mère n*avoît encore que 2^ ans, iars(]u*e]je se vit veuve. L'Empereur lui conseilla de s'unir par de nouveaux liens à quelque époux digne d'elle; mais elle s'en excusa. Eile alla en Egypte avec sa fille pour y visiter les plus ss. Monastères de Vierges. La jeune Eupnrasie qui ij'avoit que sept ans, voulut rester dans une de ces maisons. li fallut lui accorder îe voile, et le tems ne fit que la confirmer dans sa vocation. Le démon lui offroit sans cesse a l'esprit les avantages dont elle s'étoit privée: à de si violentes attaques elle opposa les artnes de la pénitence. A l'âge de 12 ans elle ne mangeoit qu'une fois îe jour: elle eu vint jusqu'à ne prendre de nourriture qu'une fois la j;emaine. Dieu pour récompenser sa vertu dès cet*» te vie, lui accorda le don des miracles. Elle chassa le démon du corps d'rme possédée. Elle prédit ss mort qui arriva vers Tan idO.
REFLEXIONS
1 . Ne forçons point la vocation de nos ejifans, 2. 8i Dieu les appelle à un ètai^ sa grac,' saura bierb les y conduire et les y conserver, 3. Mais si par des venes toutes mondaines^ nous leur faisons prendre un parti qui ne leur convienne point, nous les per dons et nous nous perdors avec eux^
14? Mars.
S. LUBIN, Evêque.
IUbln naquit a Potiers vers la fin du 4^. sie- ^cle. Coinrne ses parens étoient pauvres, il passa sa jeunesse à garder les oioutons. Dès qu'il eut appris à lire, il voulut s'instruire à fond des mystères de la religion. Il entra pour cela dans une communauté, et s'y rendit recommandabîe par sa ferveur. Quelques années après, il alla trouver 8. Avi pour aprendre les voies de la haute perfection. Ce S. liermite lui conseilla de passer encore quelqueteras dans un monastère. Il se retira dans celui de î'Isle-Barbe. Cette fameuse abbaye ayant éîé pllfce, les soldats n'y trouvèrent que S. Lubin qu'ils accablèrent de coups. 11 alla retrouver S. Avi, et demeura auprès de lui, jusqu'à ce qu'ay^ ant été fait abbé et ensuite prêtre par S. Eucher, évêque de Chartres, il fut tiré de son monastère pour être mis a la place de ce S. prélat qui vint à mourir. S. Lubin s'acquitta avec une grande édification des devoirs de l'episcopat. Dans le tems qu'il faisoit la visite de son Diocèse, il ressuscita la fille d'un homme charitable qui avoit prié le S. de loger chez lui. Saint Lubin mourut Tan M7.
REFLEXIONS
1 . Les Maints sont toujours reconnaissans des services quon leur a rendus, 2. La vraie fActé per^ Jkctionne en nous les sentimens de Vhumanité, 3. Loin de nous rendre inutiles et peu propres au commerce de la vie^ elle nous apprend à en prati^ ^uer exactement les devoirs»
15 Mars.
Ste. LUCRECE, Vierge et Mart*
TT Ûcréce naquit à Cordoue vers Tan 850, dans JLjÏ6 tems que les Maures occupoient une partie de l'Espalgne. Ayant été instruite des principes? du christianisme par S. Euloge, elle reçut le baptême à rinsçu de ses parens, qui Tayant appris^ devinrent ses premiers bourreaux. Ils la déchirèrent à coups de fouet, et la menacèrent de la faire mourir, si elle n'embrassoit le mahometisme. La sainte fille demeura ferme et se retira chez S, Euloge, Ses parens la cherchèrent et la trouvèrent dans une église avec ce S. prêtre. On les conduisit aux juges. S. Euloge, après avoir été battu de verges, fut décapité. Lucrèce fut jnise à de plus rudes épreuves; mais elle fit pa« roitre un courage au-dessus de son sexe. On eut beau la tourmenter, elle protesta qu'elle vivroit et mourroit dans la foi de Jesus-Christ. Elle eut enfin la tête tranchée; san corps fut jette dans le Guadalquivir pour y être dévore THes poissons; mais jamais elle ne put aller au fond. Les Chrétiens le retirèrent et lui donnèrent une sépulture honorable.
BEFLEXIONS.
î . Nos propres parens sont souvent les ptus grands ennemis et les plus dangereux séducteurs que nous myons à craindre. 2. Nous leur devons ^ il est vrai y une obéissance entière^ mais cependant subordonnée à celle que Dieu exige de nous. 3. S'ils nous (fommandent quelque chose contre sa loi, ce nest, flus Dieuy mais Satan quils nous représentent^
16 Mars.
S. ABRAHAM, Solitaire.
ABraîiam naquit aux environs d'Edesse. Ses parens pour l'attacher au monde, le fiancèrent fort jeune; mais le jour destiné aux noces étant venu, il alla se cacher dans une grotte a trois quarts de lieue de la WHe, On Vy trouva après bien des recherches; jamais iî n'en voulut sortir, et dès-lors il en mura l'entrée, résolu d'y passer toute sa vie. Cependant l'évêque d'Edesse î'en tira pour le faire prêtre et l'envoyer aux habitans d'un bourg voisin qui étoit tout païen. Le Saint eut beaucoup à souffrir de ces idolâtres, qui l'assommèrent plusieurs fois et le laissèrent pour mort: mais Dieu lui rendant ses forces, il vint à bout de les convertir, et se ritira ensuite dans sa cellule. Il avoit une nièce nommée Marie qui se donna à Dieu; il lui bâtit une cellule semblable â îa sienne. Après 20 ans d'une vie très-austère, elle se laissa séduire par un libertin, et retourna dans le monde; elle y passa 2 ans. Il en coûta à son oncle bien des larmes et des fatigues. Enfin il la trouva, et la ramena dans sa solitude. Ils moururent l'un et Tau» tre de la mort des Saints.
REFLEXIONS
1 . Toute la ferre est corner te dejîlets et de pièges» 2. On vous offense, ô mon Dieu, dans le monde i On vous offense aussi dans la solitude, 3. Ah ! cest que rhomme, quelque part quil aille, se porte lui^ mêmCf et il est lui-^incme son plus dangereux ennemù
17 Mars.
S. PATRICE, Evêque.
PAtrîce, l'Apôtre d'Irlande, naquit en Ecosse vers Tan 377- Ses parens lai inspirèrent une tendre pieté dès l'enfance. Sa jeunesse fut tra/ersée par un grand nombre d'accidens qu'il SQUïFrit avec une patience héroïque, Il fut pris et vendu 3 fois. Eniin ayant recouvré sa liberté, il se consacra a Dieu dans le monastère de Marmoutier. Trois ans après, il alla en Italie pour y vi-^lter les saints lieux. Brûlant du désir de convertir l'Irlande à la foi, il alla se jetter aux pieds du pape qui l'ordonna évèque de ce pays. Le nouvel apôtre passa en Irlande, et y étendit tellement le royaume de Jesus-Christ qu'il eut besoin de nouveaux ouvriers pour donner des Pasteurs aux principales villes qui avoient embrassé la foi. Il n'avoit qu'à se montrer, et chacun s'empressoit d'abattre les temples des idoles et d'en élever au vrai Dieu. Sa vie sainte et niortiiiée, les prodiges étonnans qu'il operoit, contribuoient à tant de succès. Il mourut vers l'an 4^61, après avoir ordonné environ 3 mille prê* très pendant les 30 années de son apostolat.
REFLEXIONS
1. La vraie charité s'étend aux soins de rame comme à ceux du corps. 2. Q,aelle glorieuse fonction que de coopérer avec Jesus-^Christ au salut des amesl 3. Qjtand 7ious nen sauverions quune en notre vie dévrions^nous plaindre nos peines ?
18 Mars,
S. EDOUARD, Roi d'Angleterre Mart.
EDouard naquît vers Tan 961. Son père, le iroi Edgard, le tit élever d'une manière di- «>ne de sa religion et de b-d naissanee. Son esprit, son caractère et ses manières le firent respecter de la cour, et admirer de toute l'Eus cpe. Sa niere étant ujorte, le roi*se reniaria à Alfride et en eut un fils. Les manières dures de cette belle-mère pour Edouard anroient pu aliéner d'elle le cœur de ce jeane prince; mais il eut toujours pour elle loalc ^;Ji■îe tl gards. Le roi éumt njort^ toute la nat:on recoruuît Edoui ard pour son successeur. Alfn'de rut la seule (jui en conçut du cliagrin. li n'avoiî alors que 12 ans; mais la sagesse et la vertu qui avoienî en lui prévenu l'âge, ' n firent un des plus grands princes qu'eut eu l'Angleterre. Il ïit régner da!:îs ses états la justice, le religion, et '"j saricl.ifia lui-mPine par les rigueurs de ja pénitence, par une dévotion tendre et par son an)our pour les pauvres. Le cours d'une vie si cliere et si précieuse fut interrompu par l'aajbirJun d'Aîfride, (jui pour mettre son fils sur le trône, fit iiihuînaincnient poignarder le saint roi.
REFLEXIONS
1 . On se sanctifie dans la g7'and{'Ur\ nvand oïi lui ■préfère les biens du eïel, 2. Ce qui perd les Grands^ cesi que véclnl dé leur fortune les éblouit, 3. Esii" iï}ons la vertu ce quelle vaiU^ ei le reste ne sera riei^ à nos ueuj;.
19 Mars.
S. JOSEPH, Epoux de Marîe.
TOseph étoitde la famille royale de David, qui pour lors avoit perdu tout soa éclat. Il étoit charpentier de profession. C'étoit un homme juste et selon le cœur de Dieu. Le verbe voulant se faire chair, Marie fut choisie pour être sa mere^ et S. Joseph pour être l'époux de Marie. Ce grand mystère ne fut d'abord révélé qu'a la Sainte Vierge: c'est pour cela que S. Joseph persuadé de la pjreté de son épouse, fut fort incertain du parti qu'il devoit prendre, lorsqu'il s'apperçut qu'elle etoit enceinte; mais un ange le tira d'inquiétude. Josepli accompagna Marie à Bethléem et y fut témoin de la naissance du Sauveur des hommes. Il reçut ordre du ciel de porter l'enfant en ég^pte pour le soustraire à la fureur d'Herode qui voulait le faire mourir. Etant revenu de~là à Nazareth, il y passa le reste de ses jours avec Jésus et Marie. Jésus leur etoit soumis en tout, et Joseph de son coté profitoit des exemples et des entretiens du divin enfant. Oii peut juger combien une si sainte compagnie lui attira de grâces et de benédic* tions.
REFLEXIONS
1. L'état du mariage pourra xwus sanctifier^ si vous y apportez un cœur par. 2. Malheur à ceux qui ne s\// engagent que par passion ou par intérêts S. La dirxorde est Iv fruit ces mariages ou Dim 71 a aucune part.
20 Mars.
S. JOACHIM, pere de la Ste, Vikrge.
SAint Joacliîm étoit du sang royal, descendant de David aussi bien (jue S. Joseph dont il étoit parent. Il étoit né en Judt e; mais sa pauvreté l'avoit obligé de clian^cr de pays et d'aller demeurer à Nazareth, petite ville de Galilée. Voici en quels termes le célèbre André de Candie parle de Saint Joacliim. On ne vit jamais un homme plus humble, plus doux, plus religieux observateur de la loi, plus patient, plus recueilli, plus charitable. Son épouse Anne l'égaloit en probité et en pieté: jamais mariage ne fut mieux assorti. Ils n'avoient point denfans et ïi'étoient plus d'un âge à en avoir sans miracle. Dieu le fit ce miracle, en accordant à leurs prières une fille qui devoit faire le honneur de l'univers. Des que la Vierge eût atteint lïige de trois ans ils la consacrèrent k Dieu, comme étant un fruit de sa bonté après une longue stérilité. L'Evangile ne parlant point de saint Joachim, il est probable qu'il étoit mort entre les bras de sainte Anne et de la très-sainte Vierge avant que Marie eût épousé Saint Joseph.
REFLEXIONS
1 . Ne perdons jamais Dieu de vue, et jamais fie s'éloignera de yious. 2. Heureuse Famé qui fait ses délices d'être avec Dieu. 3. Les creatu^ res ne sont rien pou?' celui dont le cœur est plein de Dieu*
9G 21 Mars.
S. BENOIST, Abbé.
BEnoist, cet illustre patriarche des inoînes crOccident, nacjiiit vers l'an 4<80 dans îe duché de Spoletle. On î envoya à l'âge de 7 ans à Rome pour y être élevé sous les yeux du pape, il n'avoit que 15 ans lorsqu'il se retira dans le désert de Sublac pour y trouver parmi les roc/iers un asyîe à son innocence. Le Démon ne cessa point de le persécuter. Un jour qu'il éîoit atta(jué par une tentation d'impureté, il la surmonta en se roulant tout nud sur des épines. Les religieux d'un monastère voisin ayant découvert sa retraite, l'obligèrent à venir les conduire en qualité d'abbe; niais comme il voulut les reformer, pour se défaire de lui ils lui servirent un breuvage empoissonné; le saint fit le signe de la croix, et le vase se rompit. Il retourna à Sublàc, et n'en sortit que pour donner des règles à un nombre infini de personnes qui vinrent se ranger sous sa conduite. 11 fit ensuite bâtir le monastère de Mont-Cas^ sin, et ce fut comme le centre de cet ordre si célèbre qui à donné à Féglise plus de trois mille saints canonisés, deux cents cardinaux et quarante papes. Saint Benoist mourut l'an 5éS.
REFLEXIONS
i. Imitons les Saints comme ils ont imité Jes?!/^-^ Christ. 2. Heureux les Ordres qui conscrx e^it V esprit de leurs. saints fondateurs, S. En vain portons-nons^, leur nom et leur habit, si nous ne suii'ons pas leur exemple.
"SS Mars.
Bte. CATHERINE, de Suéde.
CAtherine, filfe de samte Brigitte et d'un prince de Norvège, naquit en Suéde. Le cbagrin qu'elle fit paroître un join* de se voir entre les bras d'une nourice de mauvaise vie fut en présage de son amour pour la chasteté. Cependant on la maria, des qu'elle fut en âge de Fétre. Il fallut obéir; mais elle parla avec tant de force à son époux, qu'il fit vœu comme elle de chasteté. Après la mort de son pere, elle alla avec sainte Brigitte visiter les saints lieux de Rome et de la Palestine. Un jeune seigneur, à qui elle àvoit plu par sa beauté, aj^ant voulu l'enlever, perdit la vue par une punition du ciel; mais Catherine la lui rendit. Après vingtcinq ans de pèlerinage tant dans l'Italie que dans la Terre Sainte, elle revint en Suéde avec le corps de sa sainte mere qui étoit morte en chemin. Elle alla encore à Rome pour y poursuivre la canonisation de sainte Brigitte. Enfin elle se retira dans un monastère ou s'e tant perfectionnée de plus en plus par toute sorte d'exercices de charité et d'humilité, elle mourut aussi saintement qu'elle avoit vécu l'an 1481,
REFLEXIONS
1, Ne pas avancer dans le chemin de la perfeC" tion, c'est recider, 2. Aimez Dieu^ et cet amour vous donnera des ailes pour vous élever â lui, 3. La mort seule doit terminer les travaux d'un Chrétien^
23 Mar«.
S. VICTORIEN et ses comp. Martyr.
HUneric, roi Arien, voulant exterminer les catholiques de ses états, porta contre eux Tan 4^84? les plus cruels edits. Il crut que Victorien, gouverneur de Carthage, se rendroit plus facilement que les autres; mais il le trouva inflexible et prêt à tout souffrir plutôt que de trahir sa religion. On employa pour le vaincre, lès plus affreuk supplices. Ce héros chrétien après avoir lassé ses bourreaux termina son glorieux martyre. li fut suivi de celui de quatre autres chrétiens qui confessèrent avec la même confiance la divinité dia verbe. Les catholiques animés par l'exemple de Victorien, chantoient partout les louanges de Jesus-Christ. Hunéric envoya ses officiers à Typese avec ordre de faire couper la langue à ceu'x. qui ne voudroiënt pas se faire Ariens. L'ordre fut exécuté sur tous ceux qui se présentèrent; on leur coupa la langue jusqu'à la racine: mais par un prodige inoui, ils publioiënt plus distinctement qu'adparavant que JesuS-Christ est vrai Dieu. Ces illustres Confesseurs s'étânt répandus en diôerens pays, etoient des preuves vivantes d'un miracle qui dura jusqu'à leur mort.
REFLEXIONS
î . Heureux ceux qui se font honneur dè leur Religion, 2. On nest pas vrai Chrétien ^ quand on fi ose le paraître, 3. Dieu veut ^quC nous Ihono- Hms et de bouche et de cœur
2é Mars,
S. SIMEON, Martyr, l lméon naquit à Trente, ville fameuse par le
^^Conciîe qui s'y e^t tenu. Il n'avoit encore que deux ans et quelques mois, lorsque les Juifs l'enlev »rent pour exercer sur lui toutes sortes de cruaut^'s en haine de Jesus-Cl^'i^t» Ils le mt^n^^rent le soir du Jeudi Saint dans leur synagogue. L'ayant entièrement depouill.*', ils lui serrèrent le roi avec wi liage, de peur que ses cris ne les fissent découvrir: ensuite, camnie a l'envi, les uns lui deliguroient le visage, en lui coupant sur les joues des morceaux de chair, les autres recueilloient son s jng et le buvoient avidement. î!s ne s'en tinrent pas 1 l'un d'eux le tenant étendu parterre les bras en croix^ ils le percèrent avec des aiguilles, tellen^ent que tout son corps n'étoii qu'une plaie. Enfin, après une heure de tourmens, ce saint enfant rendit son esprit à celui pour la gloire duquel il mouroit. Ses meurtriers ne furent pas longtems sans être découverts. Ils portèrent la peine due à une cruauté si inouïe. Le tombeau du sîint martyr devint célèbre par les miracles qui s'y firent.
1. Les sottffrapces demennent des douceurs à qui souffre pour Jesus-^Christ, 2. Le disciple doit^il craindre d'être traite comme Je Maître f 3. N'en coût e'4'^il rien pour servir le monde? Jesus—Ckrist est bien un autre Maître»
REFLEXI ONSo
L'ANNONCIATION de la Ste. Vierge.
19 Ange Gabriel qui avoit prédit au Proplî^-- ^ te Daniel l'avènement du Messie, fut aussi envoya à Nazareth pour annoncer à Marie qu'elle étoit choisie de Dieu pour être la Mere du Verbe incarné. La vue de l'Ange sous la forme d'un homme, lui causa quelque frayeur; mais Gabriel la rassura en lui expliquant comment s'accoinpliroît en elle ce grand'Mystère. îl.lui confirma les promesses de Dieu par l'exemple tout récent d'Elisabeth sa cousine. Marie comprit ces merveilles, et s'aoeantissant devant Dieu, Voici^ ditelle, la Servante du Seigneu7'; que tout ce au& vous venez de manvoncer s'accomplis^^e selon sa divine volonté. Alors TAnge disparut. Le S. Esprit forma du plus pur sang de la Ste. Vierge îe corps du Fils de Dieu, le Verbe se fit chair, et le sein de Marie devint la sanctuaire de la Uivinit \ A ce moment s'accomplirent tant de Prophéties qui annonçoient la venue du Messie. Alors enfin furent exaucés les vœux de tant de saints Patriarches qui dans les ténèbres de la ïîiort soupiroient après cet heureux tems où d^voit se lever l'étoile de Jacob.
REFLEXÎO NS*
L Marie en devenant mere de Dieu, devient aussi mere des hommes. 2. Prions-la de nous où" tenir une portion de cette grâce dont elle J ut remplie. 3. La confiance qv.p nous aurons en elle ict peut qu'être agréable à son Fih,
26 Mar?.
S. LUDGER, Evêque.
TUdger naquit environ Tan 713. II était ^adglnaire de Frise. On l'envoya de bonne heure à Unrecht pour y f tre éleyé dans la science des Sts. et dans letude des Belles-Lettres par St. Gr»'goire, Apôtre de ce pays. Il avoit environ vingt trois ans lorsqu'il alla à York: il étudia sous le célèbre Aicuin avec tant de siiecî'\s, que ce grand homme en parîoit comnjc d'un génie rare et singulier. Ludger retourna à Utrecht où il fut fait Prêtre. II exerça son zèle parmi les Saxons avec des travaux infinis. Il surmonta courageusement les obstacles, et hihVtt la religion dans ces vastes Pays, Ayant été fait, comme maigre lui, Evêque de Munster, il partagea ses revenus avec les pauvres; et sa table fut toujours la leur. Il fut accusé auprès de Charlemagne par des personnes qui ne pouvoient souffrir l'austérité du St ni l'intégrité de ses mxurs. Ce Prince lui rendit une parfiite justice, et le renvoya comblé d'honneur. S. Ludger mourut au milieu de ses travaux Apostoliques vers fan 780. Il fut porté au tom.beau par son Clerg'» qui ne pou voit se consoler de la perte d'un tel Pasteur.
REFLEXIONS
1. Trichons de rcparer par notre exemple lé mal ^ue font tant de pécheurs scandaleux. 2. Le mal g ne nous avons fait nous-yncmes exige que nous me^ nions une me exemplaire. S. Cest beaucoup d'être ^eréueuxj mais il faut encore le paraître.
27 Mars.
S. JEAN, Hermite.
JEan naquit a Lycople dans la Tliebaide^ vers l'an 303. Ses parens étoient fort pauvres. Il apprit le métier de Charpentier pour subsister; niais à l'âge de 25 ans il quitta tout pour suivre la voix de Dieu qui l'appeiloit au désert II se mit sous la conduite d'un St. Vieillard qui mit à de fortes épreuves son obéissance. Un jour il lui commanda d'arroser un bacon sec, ce que Jean fit exactement deux fois le jour pendant deux ans quoiqu'il lui fallut aller chercher feau à une demi-lieue de-là^ Après la mort de son Directeur, il visita plusieurs Monastères et se retira enfin dans une grotte obscure, où il vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingtdix ans, plutôt comme un Ange que comme un lîomme. Comme Dieu l'avoit honoré du don de Prophétie, les premiers Officiers de l'Empire et les Empereurs même le consultoient lorsqu'il s'agissoit de quelque guerre importante. Il prédit à Théodore qu'il remporteroit la victoire sur Maxime et sur Eugène. Après une vie si sainte et si austère, il mourut comblé de mérites et visité par un Ange le jour même qu'il l'avoit prédit, l'an 394.
REFLEXIONS
1 . Plus on aime à comerser avec les hommes^ plus mi perd le goût des choses de Dieu, 2. A^^ voyons tes hommes que pour Dieu, et nous les 'verrons sans danger. 3w Ne les voir que pour s'amuser^ cest montrer que Dieu nest pas le maître de notre cœur.
28 Mars.
S. CONTRAN, Roi.
Ontran, fils de Clotaîre, premier Roi de ]]f France, naquit vers l'an 52.5. 11 sut conserver sa première innocence, malgré la corruption et le dérèglement de la Cour où li fut èleve. près la mort de son pere, il eut pour sa part les Royaumes d'OrL''ans et de Bourgogne. Ses frères lui lirent une guerre presque continuelle; il les vainquit souvent; mais il ne profitoit de sa victoire que pour leur pardonner et les combler de ses bienfaits. II aimoit naturellement la paix, et c'est pour cela qu'il se faisoit l'arbitre des différends qui naissoient dans la Famille Royale, il ne pouvoit souffrir qu'on fît le moindre tort à ses Sujets; mais il pardonnoit aisément les injures qui s'adressoient à lui. Il trouva dans ses frères et dans ses belles-sœurs Fredegonde et Brunehaut, des ennemis irréconciliables qui attentèrent rnème à sa vie; m.ais il ne s'en vengea qu'en leur faisant du bien. Il fonda avec une libéralité toute Roj^ale p]u.§ieurs Eglises. Il uiourut l'an 593, regrette de ses sujets dont il étoit le père, des Pauvres qu'il aimoit tendrement, et du Clergé dont il étoit le protecteur.
REFLEXIONS
1 . Notre dig7îité sera respectée, si nous la soide-" nous 7)ar la vertu, 2. L'estime et V affection ne s'ar^ rnchent pas, mais elles se méritent. S. Imitons no-' tre Dieu qui aime mieux se faire aimer que se Jai^ re craindre.
Mars,
S. EUSTASE, Abbé.
TJ1TJstsi<5e étoit d'une des plus nobles hrnïlles ]jde Bourgogne. Il connut de bonne heure les dangers du monde, et il résolut de s'en séparer. S. Colomban, Religieux Irlandois, s'eîant retiré en France, y avoit fondé le célèbre Monastère de Luxeu en Franche-Comté. S. Eustase fut im de ceux qui se rangèrent sous sa discipline. Il fat dans la suite Abbé, et s'appliqua à faire fleurir la vie Monastique que S. Colomban avoit établie à Luxeu. De tout coté on accouroit pour se mettre sous sa conduite. li gouverna jusqu'à six cens Religieux, dont la plupart sont honorés comme Saints. Son zélé ne demeura pas renfer» mé dans ce Monastère. Il alla prêcher la foi jusques chez les Bavarois, et y fit de grandes conversions. Le Démon suscita un faux Moine qui voulut faire condamner la règle de S. Colomban. S. Eustase tâcha en vain de le ramener; il mourut dans son péchc. Le St. Abbé finit peu de tems après ses jours dans l'exercice de la peniteiice^ vers l'an 625.
REFLEXIONS
l. Un homme parfait travaille efficacement à perfectionner les autres, 2. Si parmi nos inférieurs il s'en trouve de rebelles ^ ramenons -les par notre patience. 3. Mais que jamais notre patience ne de* génère en lâcheté •
SO Mars.
Le Bienheureux AMEDÉE.
IE Bienlieiireux Amédee IX du nom. Duc de ^Savoie, naquit ù llionon l'an îl-35. Dès ?on enfance ii fit paro tre une tendre dévotion; la prie.;? re faisoit des lors ses délices. A l'âge de dixsept ans, il tilt marié avec Yolande de France, Princesse d'une pieté singulière. C'étoit assez pour encourir la disgrâce d'Amedee, que de passer pour être peu réglé dans sa conduite, tant ce Prince étoit zélé pour l'honneur de Dieu. Sa grande passion étoit de faire du bien aux pauvres, et les plus dégoutans étoient ceux qu'il chérissoit da^llntage, Ayant entendu un pauvre artisan se plaindre d'un nouvel impôt qu'on venoit d'établir, il l'en tiî décharger: et comme on lui dit que ses aumônes épuisoient ses finances, Voici le eollier de tnon Ordre^ di-il en Totant, (ju'on en fuùse de V argent ci qnon soulage won peyple, A tant de vertus dignes d*un Chrétien, il joignit la valeur, et ses ennemis l'éprouvèrent plus d'une fois: mais il usoit généreasement de la victoire. Ce Prince mourut saintement Fan 146*2, égale» ijoent regretté de ses sujets et de ses vois^ins,
REFLEXIONS
1. La vertu toujours estimable par eUe^-mcme^ brille encore davantage sur le Trône. 2. Plus il vous est difficile d'être vertueux^ plus vous msritêz si vous Têtes, 3. Il ny a qxià vouloir cire SaipJ pour Pctre; nul état nest exclu du CieL
SO Mars,
S. JEAN CLIMAQUE, Abbé.
S Aint Jean Climaque naquit en Palestine vers i'an 52^. îl acquit une réputation par sou rare savoir; mais dès i'âge de 16 ans il renan» ça aux vaines espérances du siàclej et se retira sur le mont Sina, Dès (ju'il se fut consacre à Dieu, il fit paroître tant d'humilité, qu*on eut dit (ju'il n'avoit jamais rien sçu. lî ai la se renfer ner da.is un lier nitage où il passa 4^0 ans dans Texercice d'une pénitence très-austère. Dieu le tira cependant de cette obscurité: il devint Su» perieur de tou^ les Solitaires du mont^ina. L'éclat de sa saiDteté lui attiroit de fréquentes visites. Les Peuples de la Palestine vinrent la supplier de leur obtenir de la pluie: il adressa sa prière à Dieu, et elle fut exaucée. Ce fut alors qu'il composa le fameux Livre intitulé, r£chelle du Ciel, qui lui à fair doniier le surnora de Chmaque, il y avait quatre ans q j'ii gouvernoit avec une sagesse admirable les Religieux du vnont Sina, lorsqu'il voulut se retirer dans sa première solitude. Il eut bien de la peine à l'obtenir: il y passa les dernières années de sa vie dans une union intime avec Dieu. Vl mourut l'an 606.
REFLEXIONS
1. La mort ne surproid jamais celui qtiî y pense souvent^ 2. Eh ! pourquoi ne pas penser à la mort^ puisguon peut mourir à tout moment? 3. Cette pen* sée si triste pour un pécheur est çojisolmt^ pour k Juste ^
Si Mar«.
S. GUI, Abbé.
jT^i Uî naquît près de Ravennes sur la fin du dixième siècle. Son père voulant qu'il se mariât, il s'enfuit à Ravennes, où ayant donné Ses habits a un pauvre, il prit le chemin de Rome, et y reçut la tonsure cléricale. Il se preparoit au voyage de la Terre-Sainte, Jorscju'il se sentit inspiré du Ciel de se mettre sous la Condriite d'un S. Hermite nommé Martin. Il fit sons ce S. MaUre des progrès merveilleux. Le Pape ayant chargé Martin de la conduite du Monastère de Pompose, son Disciple l'y suivit, et en fut Abbé quelques années après;. Il se rendit ceh bre par les grands miracles qu'il operoit à chaque instant. L'eau dont il s'etoit lavé les mains guerissoit les malades. Celle qu'oa lui servoit a table se changeoit quelquefois ea vin. Son Monastère manquant de vivres, il ttoit en chemin pour en chercher, lorsqu'il rencontra deux bateaux chargés de bled et de vin que la Providence lui envoyoit. L'Empereur Henri III l'ayant mandé pour le consulter, d-s qu'il fut arrivé à Parme il mourut Tan 1046.
REFLEX IONS*
1 . Qjtiand on ne cherche que le nécessaire, Dieu ne nous, en laisse pas manquer. 2. La cupidité des hommes produit milk besoins auxquels Dieu n'est ^fas obligé de subvenir 3. Ne cherchez que Dieii^ i^t le reste vous sera donné par surcroU»
î Avril
S, HUGUES, Evêque.
SAint Hugues naquit en Dauplilné, Tan 105^. II eut dès 8(is premiereâ années une grande inclination pour îa vertu et pour la science, aussi fit-il de grands progrès dans l'une et Tactre. Il fut d'abord chanoine de Valence. Ayant été fait prêtre, il réforma par son seul exemple tout le clergé de cette ville. L'évêque de Grenoble étant mort, les habitans voulurent avoir Hugues pour Pasteur. Le Légat du Pape eut besoin de toute SDH autorité pour lui faire accepter cette dignité. Il trouva son rglîse dans un état pitoyable. Il travailla avec zèle et avec succès à en reformer les abus et à y rétablir l'usage de la Confession. S» Bruno étant venu le trouver avec ses compagnons; il lui accorda le désert de îa Chartreuse pour y jeter i'e fondement d'un nouvel Ordre. C'ctoit là qu'il alloit passer le peu de tems que lui iaissoit îa sollicitude pastorale. Il jeûnoit continuellenunt, et donnoit tout son bien aux pauvres. Pendant 50 ans dVpiscopat, il ne vit jamais une femme en face. 11 fut éprouvé par de grandes maladies, et des tentations continuelles. Enfin usé de pénitence et d'infirmités, il mourut à Grenoble ea 1132. .
1 . Après cinquante-deux ans d*une vie morîijîêe hs Saints tremhloiejit encore fonr leur salaû 2^ Veillez^ priez et craigne^, vous qui n'eies que nowi'^ ce dan^, la vertu, 3. C'est vouloir périr que de 'vouloir s'exposer au danger sans nécessité* '
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