P. I. J.-C. est véritablement homme, ou : Le Verbe a
DIEU RÉDEMPTEUR
l)ris la nature humaine de même substance que la nôtre. D'après le Concile de Constantinople, c'est de foi contre les Docètes qui niaient la réalité du corps de J.-C. et contre les Eutychiens qui niaient qu'il y eût deux natures en J.-C.. attendu que d'après eux, la nature humaine avait été absorbée dans la nature divine. Pr. Vous cherchez à me lue/', moi homme ciui vous ai (lit la vérité. Jean YIII, iO. L'Evangile nous fait voir jX. S., mangeant, buvant, étant fatigué delà roule, etc. S'il n'avait pas été homme, il n'aurait pu, ni souffrir, ni satisfaire pour nous.
Aussi le Symbole de St Athanase dit-il de lui : Cesl un homme parfait dont la substance est formée d'une dme raisonnable et d'un corps humain.
565. P. II. Il a été conçu du Si- Esprit dans le sein de la Vierge Marie . C'est de foi de par le Symbole. Pr. Ce qui est né en elle est du St-Esprit. Mat. 1.20.
Cependant la conception étant une œuvre ad extra., est commune aux trois Personnes ; elle est attribuée au St-Esprit, dit le catéchisme romain , parce que c'est une œuvre de charité ; le sens de la proposition est donc que N. S. n'a point eu d'autre père que Dieu lui-même. On ne peut pas dire qu'il est Fils du Sl-Esprif, parce que,ditSt Thomas, la filiation suppose la génération en ressemblance dénature. 3. q. 32, a. 3.
566. P. III. Marie a été Vierge soit avant, soit pendant, soit après son enfantement divin.
C'est de foi contre Jovinien,Helvidius. etc. Pr. I). Voici qu'une Vierge concerra et enfantera.
h. VII. 14. Je ne connais point d'homme. Luc. I. 34, c'està-dire, j'ai fait vœu de virginité.
2) Par la raison. Si Dieu devait
avoir une mère, dit St Bernard, elle ne pouvait être qu'une Vierge, et si une vierge devait devenir mère, ce devait être d'un Dieu. 3) Le Concile de Latran, sous Martin I, l'a ainsi défini en 649 : « Si quelqu'un ne confesse pas que Marie a conçu absque semine du St-Esprit, qu'elle a enfanté J.-C. d'une manière incorruptible, sa virginité demeurant entière même après son enfantement, qu'il soit condamné. » S. 1(>2. « Le corps de N. S., dit le catéchisme romain, est sorti du sein de Marie, comme il est sorti du tombeau après sa résurrection , et comme les rayons du soleil traversent le cristal. »
Il appartient donc à la foi que iS. S. a eu un corps humain et une âme raisonnable; il faut parler de l'un et de l'autre.
Article I. — Du Corps de Jésus-Christ
567. Le corps de N. S. d'après ce que nous avons dit au n** 564, a été réel et vrai, non pas céleste ou aérien, comme l'ont prétendu Valentin, Appelle et leurs sectateurs, mais terrestre et composé de chair comme le nôtre, par conséquent sensible et mortel. Tout cela appartient à la foi, d'après le Concile de Chalcédoine qui définit que J.-C.
a été en tout semblable à nous, excepté le péché, et par le Symbole qui nous dit qu'il a soufîert sous Ponce-Pilate. Pr. 1) Touchez et voyez qu'un esprit n'a pas chair et os comme vous voyez , que je les ai. (Luc XXIV. 39.) 2). ( 11 a fallu que N. S. souffrît pour ' nous racheter.
Il est donc de fui que le corps de N. S. a été passible ; mais ra-l-il été par miracle ou connatureilemcnl. Quelques-uns ont pensé qu'il ne l'était (|ue par miracle, à cause de la vision béatilique ; mais le sentiment certain et commun que Péronne appelle roixin de
JÉSUS-CHRIST. SON HUMANITE
Ul
la foi, enseigne que le corps de N. S. élail passible par la condition incmc de sa nature. Cependant ce défaut à été volontaire dans le Christ ([ui, s'il l'avait voulu aurait pu absolument prendre un corps impassible, ou empêcher qu'il ne souffrît, mais en lui la souffrance n'était point une dette à payer pour le péché dont N. S. était absolument exempt.
Toutefois le Christ n'a pas pris les défauts accidentels du corps, comme ïes maladies, car cela ne convenait pas à son corps formé par le S(-Esprit ; et il n'a pas pris non plus les défauts qui réi)ugnaient à la grâce et à la science de so^i âme divine, comme l'ignorance, l'inclination au mal, la difficulté à faire le bien : c'est certain et tous les théologiens l'enseignent après St Thomas. 3, q. XIV, a. 2, a. a, a. 4.
568. Le corps de A. S. a-t-il été beau ? Les auteurs l'affirment plus communément d'après ces paroles :
Vous êtes le plus beau des enfants des hommes. Ps. XLIV. ;-!. Mais il n'est pas certain que ces paroles s'appliquent à son corps. On enseigne plus probablement que le corps de N. S. n'a pas été joli, mais doué d'une beauté grave. Quoi qu'il en soit, on ne chante rien avec plus de plaisir, on n'entend rien de plus doux que Jésus, le Fils de Dieu.
569. Le corps de N. S. dans l'Incarnation a-t-iiété pris avant l'âme ? Il est certain que l'Incarnation a été laite en un instant par conséquent, ni le corps ni l'âme n'ont été pris avant ni après. Le corps n'est pas humain sans l'âme, et l'âme n'existe pas avant d'être unie à un corps.
T. 3, q. 6, a. 4. Cette vérité est même de foi, d'après le concile de Conslantinople, le sixième général : « Le Verbe divin s'incarne, n'étant pas uni à un corps préexistant ni à une âme préexistante ; mais l'une et l'autre venant à l'existence, quand le Verbe divin leur est uni. »
L'âme de X. S. a été unie à son corps; ce serait UrrrliqucAe penser le contraire, dit 8t Thomas ; ce serait ruiner la vérité de l'humanité de J. C. (3, q. 2, a. 5.)
Le SI Docteur enseigne cependant avec les autres théologiens, que le Verbe a été uni au corps par le moyen de l'âme, mais sans priorité de temps, et avec priorité de nature seulement.
L'âme tient en ellet le milieu entre Dieu et le corps ; et par là même qu'elle est la forme du corps, elle est la cause formelle qui le constitue ; et la cause a la priorité sur l'effet. (3, q. 6, a. 1.)
C'est dans le même sens qu on enseigne que les parties de la nature ont été prises par le moyen de la nature.
La nature, dans l'inlention du Verbe qui la prenait, était avant ses '.parties, bien que celles-ci aient été prises en même temps.
Art. II. — De l'âme.
Et d'abord de sa nature, et ensuite de sa grâce.