De la nature de l'ame de N. s. L'âme de N. S
a été plus parfaite que toute âme humaine, comme il était convenable à sa dignité. C'est l'enseignement commun. Etait-elle plus parfaite par nature que les anges ? On peut l'affirmer, mais c'est cependant controversé entre les théologiens. (B. n*' 110.)
571. I. De l'intelligence de l'ame de J.-C. — J.-C. cornme Dieu a eu la toute science divine; et puisqu'il avait deux natures distinctes, il a eu aussi, et dès l'instant de sa conception une science humaine. Quelle a été cette science ?
572. 1" Il est certain que le Christ a eu dans sa vie mortelle et dès l'instant de sa conception la science bienheureuse, c'està-dire qu'il a joui de la vision intuitive de l'essence divine. Pr.
En lui sont tous les trésors de la scAence et de la sagesse. (Col. II- 3) Or, celui qui ne voit pas l'essence divine ne connaît les choses qu'incomplètement ex parte, comme dit St Paul, T. 3, q. î), a, 2.
Toutefois, l'âme de N. S. étant créée, et par conséquent finie, ne peut comprendre pleinement la divine e.ssence qui est infinie.
DIKU REDEMPTEUR
T. 3, q. 10, a. 1 ; mais elle connaîl proprement dans le Verbe tout ce qui, de quelque manière que ce soit, a été, est ou sera, tout ce que les créatures peuvent taire. L'âme de N. S. ne sait pas tout ce que Dieu peut faire, autrement elle comprendrait l'essence divine.
T. 3, q. 10, a. 1 et 4. Cependant comme elle est très parfaitement unie au Verbe, elle voit l'essence divine plus clairement et plus parfaitement que les autres créatures ; elle voit l'unité et la Trinité de Dieu. Aussi le sixième concile ifénéral a-l-il lancé l'anathènie contre Thémistius qui soutenait que le Christ comme homme n'avait pas connu le jour du jugement.
573. Cette science bienheureuse n'a pas empêché N. S. d'être, comme dit l'école, à la fois viateur et compréhenseur. C'est certain. On appelle compréhenseur celui dont l'àme jouit déjà de la béatitude. Or, le Christ avait la science bienheureuse ; donc, il était compréhenseur. On appelle viateur celai qui tend à la béatitude ; or, Jésus-Christ, en tant que son âme était passible et son corps mortel tendail vers la béatitude ; il fallait de plus qu'il méritât pour nous : donc, il était viateur. Il n'y a pas de contradiction entre ces deux conclusions, car, comme le dit St Thomas, un homme peut être savant par rapport à ce qu'il connaîl, et ayant besoin d'apprendre par rapport à ce qu'il ne connaît pas. (S, q. -lo, a. dO.)
574. 2° Outre la science bienheureuse J. G. a eu la science INFUSE par des idées innées dans son intellect possible, comme dans rintelligencedes iVnges.
C'est l'opinion commune qui n'a que peu de contradicteurs.
L'Ecriture nous l'enseigne : V Esprit de sagesse et (T intelligence, de science et de conseil reposera sur lui. (Is. II. 2). Par cette science N. S. a connu tout ce qui était du domaine de la science humaine, et tout ce qui poLfs a été révélé, et cela plus
pleinement que tous les autres ; sans se tourner vers les représentations de l'imagination, il a connu les anges et les âmes. Ce n'est cependant que par la science bienheureuse, et non par la science infuse, qu'il a connu l'essence divine. T. 3, q.
57.5. 3» L'àme de N". S. a eu la science acquise ou expérimentale, lia appris l'obéissance par ce gail a souffert. Rien n'a manqué à la nature humaine, prise par le Verbe, dit St Thomas : or, dans l'homme, il a l'intellect agent, comme l'intellect possible ; donc, il a été en J. C. Par cette science N. S. a connu tout ce que l'homme peut connaître, en faisant agir l'intellect agent, mais il n'a pas pu connaître l'essence des anges, ni toutes les choses singulières passées, présentes et futures, qu'il a cependant connues par la science infuse.
Comme les actions de l'intellect agent sont successives, iN. S. par cette science n'a pas tout connu dans le commencement; mais il a tout connu peu à peu et après quelque temps d'expérience, c'est à dire après que son enfance a été passée ; aussi l'évangéliste dil-il qu'il avançait en science et en âge. Mais îs'. S. ii'a pu faire aucun progrès dans la science bienheureuse, ni dans la la science infuse, qui étaient en lui l'ctl'et d'une vertu infinie; il les a eues parfaites dès le commencement, bien qu'en avançant en âge il fit paraître des eflfets plus grands d'une science qui était parfaite dès le principe. Tout ce que nous disons ici est de Si Thomas ;j, q. 9, a. 4, q. il, a. 6, q. 12, a. ±
576.EnsortequeN.S. 1) a connu commeDieu dans l'essence divine, par la science bienheureuse ; comme les anges, dans les idées innées, par la science infuse ; et comme les hommes par la science expérimentale.
!2) Il n'a rien appris des hommes celui que son père avait donné pour précepteur aux nations. Is.
JESUS-CHRIST. SON AME
LV. 4, ni des anges, lui qui dès sa conception savait tout par la science infuse. 3j J. C. n'a point eu d'ignorance. (T. 3 q. 12 a. 3 et 4 et q. 15. a. 3). Il est donc la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde.
Approchons-nous de lui et nous serons éclairés.
577. II. Delà volonté del'ame UE N.-S. — J.-C. a eu deux volontés, l'une divine, l'autre humaine, avec les opérations propres à la nature de chacune d'elles. C'est de foi contre les iMonolhèlites. Pr. 1) Que votre volonté se fasse et non la mienne. Luc XXII, 42. 2) Par la raison, J. -Christ a pris une nature humaine parfaite ; et une volonté humaine fait partie nécessairementde la nature humaine. Aussi le sixième concile général dit-il : « Nous enseignons qu'il y a en lui (J.-C) deux volontés naturelles et doux opérations naturelles. » T. 3 q.
Ayant traité de la volonté divine au n"^ 329 et suiv. nous ne parlerons ici que de la volonté humaine,
578. 1° La volonté de J.-C. a été libre : C'est de foi. Je livre ma vie et j'ai le pouvoir de la livrer et de la reprendre. (Jean X, 17). 2)11 a élé homme parfait d'après le symbole de St Alhanase ; donc, il était libre. 3j II devait mériter, ce qu'il ne pouvait faire sans liberté.
Comment concilier la liberté de J. C. avec la l'ision béatifique ? Sur ce sujet, les auteurs ne s'accordent pas. Les uns distinguent entre l'amour de Dieu en lui-même, qui est nécessaire el l'amour des créatures à cause de Dieu qui n'enlève pas la liberté. Les autres disent que l'amour de Dieu ne découle pas nécessairement de la vision béatifique et qu'il peut être libre, lors môme que l'intelligence voit Dieu. B.