CHAPITRE III
DE l'union des deux NATURES EN J.-C.
Et d'abord de l'union ellemême et ensuite des conséquences de cette union.
Art . l«^ — De runion ellemême.
601. I l<'^ Cette umon in 'est PAS accidentelle, comme celle de plusieurs pierres unies dans le même tas, ni comme celle de deux amis, ainsi que l'a voulu Nestorius, qui a supposé qu'il y avait en J.-C. deux personnes distinctes.
P. // n'y a en J.-C. qu'une 'personne, c'est de foi. Pr. 1).
Comme il nvail la nature de Dieu, il s'est anéanti lui-même, lirenanl la forme de l'esclave, et il a été reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui.
Phil. II. 6. 2). S'il y avait eu deux personnes en J.-C, la personne du Verbe n'aurait pas pu soufTrir ; etla personne humaine n'aurait pas pu satisfaire à la justice de Dieu. 3) Le symbole de St Athanase dit: « (^omme l'àme raisonnable et le corps ne font qu'un homme, ainsi Dieu et l'homme ne tont qu'un seul J.-C. » Il n'y a donc dans le Christ qu'une personne.
Cette personne est celle du Verbe, qui, étant immuable, ne jjeut perdre sa personnalité, ni subir un changement en prenant la nature humaine. En la prenant, le Verbe n'a rien reçu de nouveau, qui puisse le perl'eclionner. ou lui enlever quelque chose. L'iiumanité n'informe pas le Verbe ; elle n'est pas infor-
mée par lui, mais par sa propre forme qui est l'àme humaine de i\.-S. La nature humaine est seulement terminée parle Verbe, qui la perfectionne, en la faisant subsister sans sa propre personnalité. La personnalité de J.-C.
n'est donc point composée à proprement parler, puisqu'il n'y a en lui que la seule personne du Fils de Dieu ; on ne peut donc l'appeler composée, qu'en tant qu'elle termine la nature humaine.
Il serait, en effet hérétique de dire que la nature humaine a en J.-C. sa propre personnalité, sa propre subsistance, son propre suppôt, car ces mots différents ont le même sens théologique.
J.-C. a cependa))t la nature humaine complète, bien qu'il n'ait pas de personnalité humaine ; car la personnalité se distingue de la nature qui peut exister sans elle, et être appelée à subsister dans une personnalité plus parfaite. V. n. 344; elle Verbe supplée éminemment la personnalité humaine.
Le Verbe n'a donc pas pris une humanité abstraite, qui n'est qu'un être logique, et par conséquent n'existe que dans l'intelligence ; mais une nalure humaine réelle et individuelle, bien qu'on ne puisse pas l'appeler concrète, car ce mot suppose la personnalité. T. III, q. 4, a.
4, ad. 3.