DU SACERDOCE DE JÉSUS-CHRIST
Il s'agit ici du sacrifice proprement dit, qui se définit: l'oblation d'une cliose sensible faite à Dieu, par un ministre légitime, avec une sorte de destruction, ou de changement de cette chose, en vue de reconnaître le souverain domaine de Dieu sur nous.
Le sacrifice proprement dit demande donc un ponlile légitime et une sorte de destruction de la victime. Le sacrifice, s'il a pour tin de reconnaître le souverain domaine de Dieu, s'apjtelle la-
JÉSUS-CHRIST. SON SACERDOCE
treulique ou holocauste; s'il a pour fin de rendre grâces à Dieu, il s'appelle eucharistique; s'il est offert afin d'obtenir des laveurs, il prend le nom d'impétratoire ; et il se nomme expiatoire, s'il est offert en expiation du péché.
634. Le sacrifice improprement dit, dont il n'est pas question ici, est un acte intérieur de religion, ou de contrition, qui peut être l'ait par tout homme ; ou bien c'est un acte extérieur de religion, mais privé, parce qu'il n'est pas fait au nom de la société. Il est manifeste que J.-C. a lait des actes de ce sacrifice, tout le cours de sa vie mortelle; et il en fera éternellement, adorant son Père, lui rendant grâce, priant pour nous, non seulement d'une manière interprétative, en ce sens seulement que ses mérites sont toujours présents à son Père, comme quelquesuns le prétendent, mais encore par une l)rière proprement dite, comme d'autres l'enseignent avec plus de vérité. B. ;!W; et cette prière durera jusqu'à la fin du monde ; car après le jugement général, tout sera consommé, et il n'y aura rien à demander ni à expier. Mais, après que tout ce qui est mortel aura été absorbé par la vie, il restera éternellement dans le ciel, l'adoradon, la louange, l'action de grâces dans le cœur de tous les élus et dans celui du Christ, à (jui ils devront tous leur gloire, et par lequel les anges louent et les Dominations adorent la Majesté divine. El toujours le Christ lui-même rendra à son Père un culte infini et digne de sa Majesté.
635. Mais n'oublions pas que nous avons à parler du sacrifice proprement dit. J. -Christ s'est offert lui même en sacrifice, surlotit dans sa passion. Vt. 1). Le Christ nous a aimés et s'est livré pour nous à Dieu, comme oblation et ticlime, en odeur de suavité. Epliès. c. V. 2). 2) « L'homme, dit le docteur ani,^élique, a besoin de sacrifice pour trois raisons: (a) pour la rémission du péché, (b) pour être conservé dans la grâce, (c) pour être uni plus parfaitement à Dieu surtout par la gloire; et tous ces effets de sacrifice lui viennent par l'humanité de J. -Christ ; et c'esl
pour cela que N. Seigneur comme homme, a été non seulement prêtre, mais encore victime parfaite, car il a été en même temps hostie pour le péché, hostie pacifique, (c'est-à-dire, d'action de grâces et d'impétration), et holocauste. » Le St docteur ajoute :
« Bien que la nature humaine ait été dès le commencement offerte à Dieu en J. -Christ, rien n'empêche que, lorsqu'elle a été offerte dans la passion, elle n'ait été sacrifiée alors, d'une nouvelle manière, comme une hostie actuellement immolée.. . . Il est manifeste que Ja passion de J. -Christ a été un vrai sacrifice, dont les sacrifices de l'ancienne loi n'étaient que la figure. » T.
III, q. 22, a. 2, ad. 3. Comme l'insinue St Thomas, il est certain que dès son entrée dans le monde, N. Seigneur s'offrit à son Père pour satisfaire et mériter pour nous ; car il dit dès lors : Les holocaustes cl les victimes pour le péché, ne vous ont pas été agréables, vous m'avez donné un corps, voici que je viens pour faire voire volonté.
Ileb. X, 6.
Dès le commencement de sa vie mortelle, N. Seigneur a donc été une hostie offerte, qui devait consommer son sacrifice sur la croix, et c'est pour cela que nous avons dit plus haut : surtout dans sa passion. 3). Le Concile de Trente dit que le sacrifice de la messe représente le sacrifice sanglant qui s'est accompli une fois sur la croix.
Sess. 22, chap. I.
636. >^ III. Des effets du sacrifice DE JÉsus-ciiRiT. I. Par RAPPORT A DIEU. Il est Certain que Notre Seigneur par son sacrifice a offert à la Majesté divine des actions de grâces et des adorations dignes d'elle. Si tout sacrifice, en effet, reconnaît le
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DIEU REDEMPTEUR
souverain domaine de Dieu, à plus lorte raison l'oblation de l'Agneau immaculé, qui est la seule digne louange du Père, atteint-elle co résultat. Il n'y a que les actions de grâces et les adorations de N. Seigneur, qui aient un prix infini à cause de sa personnalité divine.
637. II. Par rapport aux no.M.Mi:s. Il y a deux choses dans le péché, dit Saint Thomas, la tache de la faute, renlua culpœ, et l'obligation de subir la peine, reahispœnœ. La souillure est enlevée par la grâce ; et l'obligation de subir la peine l'est par la satisfaction oHerte à Dieu. Or, le sacerdoce de J. -Christ opère ce double elîet. J. -Christ nous a mérité la grâce, et il a satisfait pour nos péchés ; traitons donc de ses mérites et de ses satisfactions. T. m, q. 22, a. 3.
638. 1" Des mérites de jésus- CHRisT. V. n. 735 et suiv. (a) J.
Christ a mérité; c'est iJc foi, d'après le Concile de Trente, qui nous enseigne que la cause méritoire de lajustifi cation, c'est la passion de Jésus Christ, v. no 711.
Pr. \)Ils'esl Jtumilié lui-même et cest pour cela que Dieu !'a exalté.
(Phil. II. 8.). 2j J. -Christ, a pu mériter, d'après ce que nous avons dit n^ 580. Il était viafeur, il était libre ; il était plein de grâces; il avait la promesse divine : S'il livre sa vie pour . le péché, il verra sa race durer longtemps. (Is. LUI. 10). Donc il a mérité, et de condigno â cause de la promesse divine.