‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 133 sur 459 · I I.De l'étendue de la · texte numérisé non relu

I I.De l'étendue de la

DISTRIBUTION DE LA GRACE. — Dieu

veut que tous les hoiYiines soient sauvés; et, comme ils ne peuvent rèlre sans la grâce, il doit donc étendre à tous sa providence surnaturelle.

692. 1. Des Justes. — Avec la grâce actuelle, le juste petite au moins d'unpouvoir éloigné^ éviter tous les péchés mortels., de (elle sorte que s'il n'a pas, au moment même, le pouvoir prochain d'éviter le péché, il a au moins la grâce de la prière, par laquelle il peut acquérir le pouvoir prochain qui lui manque. Et cette

grâce de la prière s'appelle d'ordinaire la grâce suffisante d'une manière éloignée. Celte doctrine appartient à la foi, comme il résulte de la proposition suivante de Jansénius, condamnée comme hérétique : « Quelques préceptes deDieu sont impossibles aux justes qui veulent les observer, et s'y appliquent, selon les forces qu'ils ont pour le moment; et la grâce par laquelle ces préceptes seraient possibles leur fait défaut. » Mais l'homme juste, nous l'avons dit n» 677, ne peut éviter tous les péchés véniels, sans un privilège spécial.

603. II. Des Pécheurs {a) Les pécheurs^ arec la grâce actuelle^ peuvent et doivent faire des actes surnaturels pour se préparer à la justification. Cette vérilé appartient à la foi. « Si quelqu'un dit que pour obtenir la grâce de la justification, il n'est nullement nécessaire que l'impie s'y prépare et s'y dispose, par le mouvement de sa volonté, qu'il soit analh. » Tr. Ses. 6, can. 9. Les pécheurs peuvent donc avoir la foi ([ui est le commencement du salut, comme le dit le Concile du Vatican, qui ajoute : « L'acte de cette foi est une œuvre qui appartient au salut. » Le Concil* de Trente en dit autant de l'espérance, de la crainte de Dieu, du commencement d'amour de Dieu, de la haine du péché, du propos de mener une vie nouvelle, du désir du baptême, etc.

Ses. 6, cap. G. Il est donc de foi que ces dispositions sont nécessaires à la justification et y préparent au moins d'une manière éloignée.

094. {b). Les pécheurs arec la grâce actuelle suffisante, que Bien donne à tous, peiirent se préserrer du péché et se concert ir, lors même qu'ils seraient endurcis.

La proposition appartient à la foi,

LA GRACE ACTLELLE

pour ceux qui ne sont pas endurcis: et elle est certaine et d'enseignement commun pour les endurcis eux-mêmes. Pr. 1) Dieu agit paliemment, ne roulant pas que quelques-uns périssent ; mais que tous se convertissent à la pénitence. II. Pet. III. 9. 2)Le(iuatriènio Concile de Latran dit chap. I. : « Après la réception du baptême, quiconque est tombé dans le péché peut toujours réparer sa faute, par une vraie pénitence. » Cependant que le pécheur ne tarde pas de se convertir au Seigneur, car par la dureté de son cœur, il amasse des trésors de colère. S. '220.

695. III. Des Iinfidèles. — Ceux d'entre eux, qui n'ont pas la toi, mais qui en ont été instruits etl'ont repoussée, se nommeulpositifs ; ceux qui ignorent entièrement les vérités de la foi, s'appellent négatifs-, et chez ces derniers l'inlidélilé n'est point un péché.

Or, la grâce qui suffit, au moins d'une manière éloignée, pour la foi et le salut, n'est pas relusée aux infidèles adultes. C'est certain. 1) Pr. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. 2) Jésus-Christ est mort pour tous, donc il leur donne la grâce suffisante, au moins d'une manière éloignée. 3) Alexandre VIII a condamné la proposition suivante : « Les païens, les juifs, les hérétiques, et les autres de ce genre ne reçoivent aucune influence de J.-C. D'où l'on peut conclure (ju'en eux la volonté est sans aucune grâce suffisante. »

V. n" 062. Dieu leur donne un secours surnaturel quoud niodum, afin qu'ils ne mettent pas d'obstacle à la giâce; et (juand l'homme fait ce qui est en .«on pouvoir, Dieu ne lui refuse pas la grâce, bien (jue l'homme ne la mérite pas positivement. Que si

les infidèles positifs repoussent la foi, et si les négatifs n'éloignent pas les obstacles, c'est leur faute et non celle de Dieu s'ils se perdent. V. 230 et suiv.

&.)(). IV. Des Enfants morts SANS BAPTÊME. — Bien qu'il y ail controverse entre les théologiens sur cette queslion: Dieu at-il préparé à ces enfants des secours suffisants pour les sauver?

il est certain que Dieu a établi pour tous le bapîême, qu'il n'en exclut positivement personne, et qu'un pourvoyeur universel, n'est pas obligé d'empêcher tous les obstacles, qui proviennent des causes secondes. Si donc ces enfants, par la faute de leurs parents, ou l'effet d'autres causes secondes, ne sont pas baptisés, il ne faut pas en accuser la Providence. Celui qui donne à un serviteur le prix de la rançon d'un prisonnier, pour qu'il le lui porte, veut bien délivrer le prisonnier, quand même le serviteur perd ou dépense le prix en chemin. Dieu, du reste, n'est pas tenu de faire arriver tour- les êtres àleurfin surnaturelle. V. n° 059.

Sed neipiidem impossibile est. ut Deus instituerit médium nobis ignotum, ut taies infantes regenerentur, v. g. per ministerium angelorum. K. § 325. Cajetamis docuit infantes fidelium, qui baplismum recipere nequiverunt^ posse justificari per desiderium et preces purentum. Has tamen sententias ne prœdices ad prœcavenda infanticidia. Cœlerum Pius V liane Cajetani opinionem ex ejus opcribus e.rpunxit. Au reste, on enseigne plus communément que ces enfants sont plus heureux que s'ils n'avaient pas existé. V. n»

697. La grâce est donc donnée à tous ; et elle est donnée avec abondance, surtout à quelques-uns. Ellagràce.dansrhom-

DIEU SANCTIFICATEUR

nie déchu, est plus jurande que dans Adam innocent. Dansbeaucouj) d'honiines, en eiïel, elle est eflicace depuis la chute; et avant la chute, elle ne Fa pas été pour nos premiers parents. Si vous demandez pourquoi elle n'est pas efficace chez tous, nous répondrons que Dieu veut par là l'aire voir que l'homme est libre et (|u'il a besoin en même temps de s'humilier sous la main puissante de son Créateur, et d'opérer son salut avec crainte et tremblement. Du resie Dieu a fait tout ce (ju'il a voulu, et il l'a fait avec une sagesse infinie.

Adorons ses desseins, même quand nous ne les comprenons pas. V.S.91.

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