La grâce est-elle leSt Esprit
Pierre Lombard l'a pensé, mais c'est une erreur, aussi tous les autres théologiens le nient. Le concile de Trente en effet.distingue la gràcede la charité, et du St Espnt. V. ses. 6, can. II.
705. § II. De l'excellexce de LA GRACE. I. La (jrdce est une purlicipdliou à lu nalnre divine, or Dieu fait des œuvres surnaturelles ; et l'homme par la grâce peut aussi (aire des œuvres surnaturelles, sans doute d'une manière imparfaite par rapport à Dieu, car la créature n'est pas capable d'une perfection infinie; mais déjà dès ce monde, elle connaît parles mystères quelque chose de l'essence divine, et elle aime Dieu en tant qu'elle le connaît surnaturellemeni; et elle se prépare par cette connaissance el cet amour surnaturels, à voir l'essence divine et à aimer Dieu, comme il s'aime luimême. Aussi St Thomas dit que le bien de la grâce est plus grand que tous les biens naturels de l'univers. Pourquoi le comprendon si peu? T. 1.2, q. 113, a. 9.
ad. 3.
706. II. Dès lors il est clair que lu y race élève l' homme à une dignité^ à des honneurs divins. Elle nous rend agréables â Dieu, nous constitue ses amis, de telle sorle que nous devenons par elle, les enfants de Dieu, non seulement de nom, mais en vérité (Jean III. 1). Par elle, nous participons à la nature divine, par une cerlaine ressemblance avec Dieu, et parce que le St- Esprit habite en nous.
707. III. Elle nous enrichit de trésors incomparubles. La grâce habituelle est suivie de la justification, dont nous allons parler bientôt, de la charité envers Dieu, qui est répandue dans l'âme en même temps que la grâce, avec toutes les vertus théologales. Suarez regarde celte' doctrine comme étant de foi (v.
Tr.ses, 6, chap. 7.) D'après l'opinion commune, en même temps que la grâce sont répandus dans l'âme tous les dons du St- Esprif, et toutes les verlus- morales qui ont cependant besoin d'être exercées, pour être pratiquées avec plus de facilité. De plus, comme l'enseigne l'opinion cerlaine et commune des théologiens, par la grâce, le St Esprit habite dans l'âme substantiellement et non pas seulement par ses dons. 11 s'unit à cette âme non pas assurément comme dans l'Incarnation, par une union hypostatique ou personnelle ; mais d'une union plus parfaite et plus infime que l'union morale. (L'union morale consiste dans l'accord des volontés ; et elle aurait pu exister dans l'état de nature.)
Avec le St Esprit, la Trinité tout entière habite dans l'âme juste. V. no 375 et S. 172 de Trinilute.