TRAITÉ I. DE LA RELIGION
54. Le mot religion vient d'un mot latin qui signifie relier ; elle est, en effet, un lien moral qui relie les hommes à Dieu, tandis que les êtres sans raison sont eux-mêmes liés à leur Créateur par un lien nécessaire.
Considérée en elle-même ou objectivement, la religion est l'ensemble des doctrines et des devoirs de l'homme par rapport à Dieu. Considérée subjectivement, c'est-cà-dire dans l'homme, c'est une vertu par laquelle riiomme, connaissant Dieu, met en pratique ses devoirs envers lui ; et l'acte par lequel l'homme rend à Dieu ses devoirs s'appelle culte. Le culte est intérieur ou extérieur ; et l'extérieur est privé ou public. Gela étant posé, disons : L Que la religion est nécessaire, contre les panthéistes et les athées, si toutefois il existe des athées spéculatifs, car un grand nombre de théologiens en doutent, bien que tous conviennent que
les athées pratiques ne manquent pas ; II. Disons contre le tolérantisme, que toutes les religions ne sont pas également agréables à Dieu ; III. Contre l'indifférentisme que c'est un devoir pour l'homme de rechercher quelle religion est plus agréable à Dieu.