‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 145 sur 459 · LA GRACE. LE MÉRITE · texte numérisé non relu

LA GRACE. LE MÉRITE

mas, le libre arbitre ne peut atteindre la vie éternelle ; il le peut en tant qu'il procède de la grâce du St-Esprit. Un étranger ne peut acquérir des droits à l'héritage paternel, qu'autant qu'il est adopté ; et l'adoption divine se fait par la grâce. T. 1,2, q.

736. (b) Il faut que celui qui mérite le fasse pour lui-même.

Le Christ seul, ditHurter, a mérité de condigno, pour les autres, (c) Il faut la promesse de la part de Dieu. Cette condition est exigée communément parles auteurs, contrairement à Vasquez.

Le mérite, en effet, ne dépend pas de l'honnme seul, mais de Dieu qui donne la puissance de mériter ; et c'est pour cela que l'homme ne peut avoir de mérite devant Dieu, qu'en présupposant une disposition divine, qui nous est connue par la révélation. T.

1. 2, q. lU, a. 1. Entre la substance de l'acte méritoire en luimême et la vie éternelle, il n'y a pas d'égalité absolue, aussi St Paul dit-il : Les souffrances de ce temps ne sont /his dignes de la gloire future. Kom. Vllf. 18.

Aussi l'Eglise a-t-elle condamné celle proposition de Baïus :

« Ils ne recevront pas une récompense plus abondante qu'ils ne la mériteront. »

Sans doute, Dieu rendra à chacun selon ses œuvres ; mais tonte la proportion, qu'il y a entre l'œuvre et la gloire du ciel, vient de la grâce qui déifie en quelque sorte nos œuvres ; et cependant entre ces œuvres ainsi déifiées et la gloire, il n'y a pas d'égalité proprement dite, comme dans une vente ; mais une simple proportion, comme entre la graine et la plante. Nos tribulations légères et momentanées opèrent (produisent) un poids éternel de <//o/mII.Cor. IV. n.Ilfautdonc

une disposition et une promesse divine quiacceptent nos œuvres, avec un tel profit pour nous. S.

371 et 359.

737. {d) Comme nous l'avons prouvé, pour qu'un acte soit méritoire, il faut qu'il soit surnaturel dans sa fin et par conséquent rapporté à Dieu, comme auteur de l'ordre surnaturel. Tout le monde le tient pour certain, dit Péronne ; mais quel est ce rapport à Dieu; en quoi consiste-t-il ? Un rapport implicite, tel qu'il se trouve en tout acte bon par là même qu'il est bon, suffit-il'^ Vasquez dit que oui, si celui qui fait cet acte est dans la grâce de Dieu ; mais, ditSuarez, Topinion commune de tous les théologiens le nie, si cet acte n'est pas produit, ou du moins commandé, par une vertu surnaturelle. G. 1,35.

Mais pur quelle vertu surnaturelle doit être produit ou commandé un acte bon, pour qu'if soit méritoire ? S'il s'agit du mérite de convenance, il est clair que la cnarilé n'est pas requise pour mériter de congruo la justification, autrement les pécheurs seraient incapables de la mériter; mais quand il s'agit du mérite de condigno les théologiens ne s'accordent pas ; les uns disent, avec probabilité, que les ad es de foi et d'espérance, ainsi que les actes commandés par ces vertus sont méritoires, quand de tels actes sont faits en Dieu : les autres, tout en convenant qu'il n'v a pas que les actes de charité qui soient méritoires, puis(|ue l'Eglise a condamné cette proposition de Quesnel: « Dieu ne récompense que la charité, » soutiennent néanmoins qu'il faut que les actes soient commandés^ par la charité pour être méritoires de condigno de la récompense essentielle du ciel ou de lu vision béatifique. Ils se fondenl

DIEU SANCTIFICATEUR

sur ce texle : La couronne de gloire que Dieu a promise à ceux qui l'niment. V.ï. 1,2, q. lU, a. A, ad. 3. Mais la plupart des théologiens disent que les actes des vertus, faits dans la grâce de Dieu, lors même qu'ils ne sont pas commandés par la chanté, méritent, (sinon la gloire essentielle du ciel) du moins la gloire accidentelle et les auréoles. \ .

Dequelle manière faut-il qu un acte soit commandé par la charité ? D'abord il n'est pas nécessaire que cela se fasse actuellement, au moment où on accomplit l'acte : les plus exigeants reconnaissent qu'il suffit que cela soit fait virtuellement, c'est-àdire que l'acte de charité, qui a commandé l'autre acte de vertu, persévère dans les actes subséquents, et ne soit pas rétracté.

11 y en a même beaucoup qui pensent qu'il suffit que le juste fasse des actes d'amour de Dieu, quand le précepte de la chanté oblige, pour que tous ses actes, qui ne sont ni mortellement, ni véniellemenl coupables, soient méritoires.

Que conseiller dans ce conflit d'opinions, sinon ce qui est le plus sûr ? car Dieu ne récompense pas selon les idées des hommes, mais selon la disposition de sa justice. Il faut donc conseiller aux fidèles d'offrir leurs actions à Dieu, par un motif de chanté parfaite, surtout le matin ; et cela d'autant plus que, d'après St Thomas, le mérite de la vie éternelle réside surtout dans la charité. T. 1, 2, q. 114,

à la jouissance de Dieu. La valeur de l'œuvre donne droit à la

738. La grandeur du mérite se mesure à" la charité, ou à la grâce, et à la valeur de l'œuvre.

C'est la charité qui donne à l'œuvre méritoire son droit à la récompense essentielle, c'est-à-dire

récompense accidentelle du ciel, c'est-à-dire à la joie qu'apporte le bien créé aux âmes bienheureuses. Une œuvre moindre, faite avec une plus grande charité, est donc plus méritoire qu'une œuvre plus grande faite, avec une moindre charité ; mais si la charité est égale, il y a plus de mérite à faire une grande œuvre qu'une petite. La valeur de l'œuvre vient d'abord de sa perfection, et ensuite de sa difficulté.

(T. 1, q. 95, a. 4.) La perfection de l'œuvre contribue plus à la rendre méritoire, que la difficulté. Ce qui constitue le mérite dans l'acte, c'est la bonté. Le plus difficile n'est pas toujours le plus méritoire, car il n'est pas toujours le meilleur. (T. 2, 2, q.

Toutefois la difficulté dont l'àme triomphe, pour faire le bien est un signe de la générosité de la volonlé, qui a sa source dans la charité ; mais il peut arriver que cette générosité de la volonlé soit aussi grande dans une àme qui opère un. bien facile, que dans une œuvre difficile ; néanmoins, toutes choses ésales d'ailleurs, la difficulté, en tant qu'elle est pénible, est salisfactoire pour le péché. 1, q. 95, a. 4, ad. 2 ; et elle donne droit à une récompense accidentelle, à moins qu'elle ne vienne d'une lâcheté volontaire. V. n° 1871.

7o9. (b; Qu'est-ce que l'homme juste jieut mériter de condigno? C'est de foi, que le juste par les bonnes œuvres peut mériter l'augmentation de la grâce et de la ifloire et la vie éternelle.

V. no 7f2 et 726. Et il est certain qu'il peut mériter tout cela de condigno. L'augmentation de la grâce s'accorde, selon (luelques auteurs, aussitôt apn

Page 1