LA GRACE. LE MERITE
qu'elle est mérilée ; et selon St Thomas non pas aussitôt, mais en son temps, c'esl-à-dire, quand l'homme est suffisamment disposé, à cette augmentation. T. 1, :2, q. 114, a. 8, ad. 3. Il est très probable que le pécheur par un acte de contrition parfaite mérite (le coiifligno, le premier degré de gloire, ou au premier instant de son acte, ou au moins au second ; et en effet, qui doute du salut de celui qui produit cet acte et meurt tout aussitôt? S. 377. L'homme juste ne peut mériter (le cuncligno que ce que nous venons de dire.
740. Le juste peut-il par ses mérites augmenter sans limites sa grâce ? La grâce est accordée selon la mesure de la donation de J.-C. Elle a par conséquent des limites ; et assurément personne n'atteindra la grâce de la B. V.
Marie. Mais ces limites sont très éloignées, et par conséquent en cette vie, l'homme peut toujours avancer en perfection. Donc, croissez en tout, en J. C. qui est notre chef. S. n" 391. Les mérites perdus peuvent revivre. V.
741. 2" Du mérite de Convenance. Nous avons dit les conditions qu'il exige au n» 729. Il n'est pas requis pour cette sorte de mérite d'être en état de grâce, il suffit d'avoir la grâce actuelle.
1) Il y a un mérite de convenance qui est infaillible, c'esl-àdire, qu'en vertu de la promesse divine, il atteint certainement son objet. C'est ainsi que le pécheur, aidé de la grâce actuelle, mérite (?fr/fl/»('W('«nagrâce sanctifiante, par les dispositions requises pour l'obtenir. Et il n'y a que cette grâce que l'on mérite ainsi infailliblement.
742. 2) Il y a un mérite de convenance qui est faillible, par-
ce que la promesse divine fait défaut. Nous de/ons dire cependant son objet, soit pour le juste, soit pour le pécheur, soit pour l'infidèle, si toutefois l'infidèle peut mériter; mais nous devons auparavant rappeler que personne ne peut mériter même de congruola première grâce. V. no(i74.
743. (a) Le juste mérite d'un mérite de convenance faillible :
(a) pour lui. 1, les grâces efficaces et les biens temporels, en tantseulement que ces derniers peuvent aider au salut; car en euxmêmes ils ne tombent pas sous le mérite, n'étant pas des biens absolus ; 2, la grâce de la conversion, s'il venait â tomber, comme plusieurs l'enseignent contrairement à St Thomas. 1, 2, q. 114, a. 7; 3, le don de la persévérance, qu'on peut mériter en suppliant, comme parle St Augustin, (b) Pour les autres, il peut de congruo, obtenir tout ce qu'il peut mériter pour lui.
« Nous obtenons par la prière, dit St Thomas, ce que nous ne méritons pas (de condigno). Un homme obtient en le demandant pour soi,oupourlesautresledon delà persévérance. T. ibid. a. 9^ ad. 1. Il en faut dire autant et pour la même raison, des biens temporels, de la conversion, de la première grâce d'un autre. G.
744. (b) Le pécheur peut, par des actes surnaturels, mériter de congruo pour lui-même, le secours de la grâce, pour éviter le péché, et arriver à la justification, (T. ibid. ), ainsi queladiminution, ou le délai des peines temporelles, qu'il a méritées, V. n» 639, 6i0, 693, 694. Voir aussi ce que nous disons de la prière au n»
745. (c) Quant aux infidèles, il est de foi, d'après ce que nous avons dit n"670 et suiv. et 674,
DIEU SANCTIFICATEUR
que leurs œuvres nalurellement bonnes ne méritent pas la grâce, ni ne les préparent pas posiliveiiieiità la grâce; elles ne peuvent mériter que des récompenses temporelles. Avant le commencement de la foi, qui est assurément une œuvre surnaturelle demandant le secours d'une grâce surnaturelle quant à la substance, y a-l-il dans un infidèle une œu- ^re salutaire, c'est-à dire tendant d'une manière prochaine ou éloignée au salut? Quelques-uns l'affirment, les autres plus communément et plus probablement le nient, car la foi est requise pour toute œuvre salutaire. Sans .'a foi, ilesl impossible de plaire à Dieu, Toutefois, s'il y avait chez les infidèles, avant le commencement delà foi des actes de ce genre, une grâce médicinale ou surnaturelle quoad modum suffirait pour les accomplir, car ils seraient en eux-mêmes naturels. V. n" 662.
746. Mais, avant le commeneement de la foi, Dieu accordet-il quelquefois aux infidèles une ijrâce vraiment surnaturelle quant à la substance? Quelquesuns le pensent et disent que cette grâce consiste en de pieuses pensées et en de bons mouvements ; mais cela ne semble pas pouvoir s'admettre, dit Schouppe, à moins que ces grâces ne soient déjà le commencement de la foi.
Ce sont donc des secours surnaturels quoad modum, que J.-C.
leur a cependant mérités.
Des œuvres faites par les infidèles avec ce secours surnaturel ^juoad modunh peuvent-elles leur mériter de congruo le commencement de la foi? Non, d'après l'opinion commune ; mais l'opinion de Vasquez qui l'affirme n'est pas condamnée. S. 208 et ;384.