DANS CHACUNE DE SES PHASES
— I. — D'abord dans la religion primitive. — Par les livres de Moïse, qui sont tout à fait dignes de loi, il est clair que Dieu a parlé à nos premiers parents, qu'il s'est fait connaître à eux comme le Créateur et le Maître de toutes choses, qu'il leur a donné une loi positive, les menaçant de les punir s'ils la transgressaient, et promettant d'être loi-même la récompense de leur fidélité, qu'il a prédit la mort, la punition après la chute, le Rédempteur futur, par qui l'hunianilé pourrait être sauvée.
le déluge, la ruine de Sodome, et qu'il a prouvé par des miracles la foi que les Patriarches avaient en celle doctrine. C'est certainement à la révélation primilive, qu'il faut attribuer soit la pureté de la doctrine q'.;e les patriarches conservèrent, au milieu des nations infidèles, soit l'usage des sacrifices et le souvenir, que tous les peuples ont gardé, de l'âge d'or, de la sainteté du septième jour, de la chute originelle, du déluge, etc., souvenir qui confirme la véracité de Moïse .
82. Aussi les philosophes païens eux-mêmes vénéraient-ils l'autorité des anciens, comme étant plus proches de ladivinilé.
Et, en effet, ou Dieu a placé l'homme dès lo commencement |)ar la révélalion, dans un élat surnaturel, d'où l'homme est
tombé; ou bien il ne l'y a pas p'acé. Dans le premier cas, la révélation est admise; dans le second, bien que Dieu pût créer l'homme tel qu'il est aujourd'hui, il semble qu'il élait bien à propos qu'il dotât l'homme d'une raison capable de connaître facilement la religion ; et si Dieu avait doté l'homme d'une telle capacité, nous l'aurions encore, puisque, dans celle hypothèse, il n'y aurait point eu de chute originelle. Or, d'après ce que nous avons dit, notre raison a les plus grandes difficultés à découvrir les vérités morales et religieuses. Jamais une religion purement naturelle n'a existé, et partout où l'homme a oublié la révélation, il est tombé dans l'idolâtrie.
83. II. — De la religion mosaïque. — 1" Elle a été révélée de Dieu ; 2'^ elle devait être abrogée ; 3° elle a été abrogée.
P Elle a élé rérélée de Dieu, c'est certain. Vour l'établir, rien n'a manqué, ni les miracles ni les prophéties. Les miracles abondent : le passage de la mer Rouge, la manne du désert, la terre qui s'entr'ouvre pour engloutir les rebelles, le soleil qui s'arrête. Dieu obéissant à la voix d'un homme, enfin tous les prodiges opérés par les prophètes pour confirmer la loi de Moïse.
Les prophéties ne sont pas moins éclatantes : Jacob prédit que le sceptre demeurera dans la maison de Juda, jusqu'à ce qu'arrive celui qui doit être envoyé ; Moïse, que tous les Israélites mourront dans le désert ; Isaïe annonce Cyrus et le désigne par son nom, plusieurs prophètes annoncent la captivité de Babyione et celle d'Assyrie, etc. C'en est assez, car tous connaissent la pureté de la doctrine niosaniue <|ui est résumée dans le décalogue. Dieu
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voulul en donnant cette révélation nonvelle congerveret répandre parmi les antres peuples la révélation primitive, dont les nations, dispersées dans l'univers, perdaient peu à peu le souvenir, en attendant que vint le rèi^ne universel du Christ. Dieu a atteint son but, il est vraisemblable que c'est par la révélation mosaïque que les philosophes païens ont connu les belles choses (ju'ils ont dites sur Dieu ; et il est certain que les grands empires des Assyriens, des Mèdes et des Perses ont connu le vrai Dieu par les Juifs. Au reste, Dieu en se révélant à son peuple, n'abandonna pas les Gentils, parmi lesquels il suscita des hommes saints comme Job, ou même des prophètes, comme Balaam ; et quelques auteurs pensent que les Sybillesont lait de vraies prophéties. Saint Thomas enseigne que la venue de Jésus-Christ a été révélée à un grand nombre de Gentils. (2.2 q.'2. a. 7 ad. 3).
84. 2" La religion mosaïque devait ètredbrogée: elle comprenait les dogmes, la loi morale de la religion primitive, et de plus des lois civiles et cérémonielles. Il ne peut être question de l'abrogation des dogmes, car la vérité du Seigneur demeure éternellement, ni de l'abrogation de la loi naturelle, car elle est londéesur la nature et l'essence de l'homme qui ne peut changer. Seules donc les lois civiles et céréinoHielles comportaient l'abrogation. Or, ces lois devaient être abrogées. C'est certain de par la révélation rtiosaïque ellemême, dont nous avons prouvé la divinité. La loi mosaïque, en effet, prédit une nouvelle alliance et par conséquent l'abrogation de l'ancienne, la conversion des Gentils et par conséquent l'impossibilité du culte juif, (jui ne
pouvait s'exercer que dans un seul temple, un nouveau sacerdoce et par conséquent la fin du sacerdoce Lévitique, un nouveau sacrifice, donc la cessation des anciens, la destruction du temple,donc la ruine du culte. La loi ancienne n'était qu'une préparation à la venue du Messie qui devait donner aux hommes une loi nouvelle.
85. 3° Elle est abrogée réellement. C'est certain, si le temps divinement fixé pour son abrogation dans la loi mosaique ellemême est écoulé, et si le Messie est venu promulguer la loi nouvelle ; or, ces deux conditions sont certainement accomplies.
]) Le temps est écoulé, (a) D'après la prophétie de Jacob, Le sceptre ne sera pas enlevé de Juda jusqu'à ce qu'arrive celui quidoit et reenvoyé. Gen. XLIX,8.
Or, Hérode Tiduméen s'empara de toute autorité sur le peuple juif, (b) D'après la prophétie de Daniel, depuis le décret de la réédification de Jérusalem jusqu'au Cnrist roi, il y aura sept semaines et soi.rante-deux semaines, (il s'agitde semaines d'années, selon la manière de compter des Héhvexw), et... le Christ sera mis à mort, et le peuple qui doit le renier ne sera plus son peuple.
Dan., IX, 22. Il y a eu trois décrets permettant de réédifier Jérusalem, l'un de Cyrus, l'autre de Darius, fils d'Hystaspe, le troisième d'Artaxercès Longuemain. Duquel s'agit-il ? on ne" le sait, mais il n'est pas douteux que les semaines n'aient été écoulées, vers le moment de la venue du Christ, (c). Au chapitre second d'Aggée est prédite la gloire du second temple, où viendra le désiré de toutes les nations.
Dans son 3" chapitre, Malachie dit aux Juils : // viendra it son temple, le dominateur que vous
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cherchez. Or le temple a été détruit sous Titus bientôt après Jésus-Christ, le Messie a donc dû venir avant.
86. 2) // esl en cffelrcnu, car c'est N.-S. Jésus-Christ; (a) et en elîet si ce n'était pas lui, quel serait-il? Que les Juifs nous le disent, eux qui l'attendaient à cette époque. Au reste, ils n'étaient pas les seuls à l'attendre.
Les païens eux-mêmes soupiraient alors après sa venue, comme l'attestent leurs historiens, Tacite et Suétone en particulier, (b) Jésus-Christ est le Messie, si toutes les prophéties concernant le Messie se sont accomplies en lui. Or, il en esl ainsi. D'après l'Ancien Testament, le Messie doit venir à un temps déterminé, comme il vient d'être dit; il doit liaître de la race de David, d'une vierge, à Bethléem, passer sa vie dès sa jeunesse dans les labeurs, avoir un précurseur qui lui prépare la voie, prêcher à son i)euple les préceptes du Seiifueur, l'aire des miracles, conclure une alliance nouvelle avec les hommes, être prêtre selon l'ordre de Mblchisédech, roi des rois, et cependant pauvre, assis sur un ànon, homme de douleur, et connaissant l'infirmité.
H doit être trahi par l'un des siens pour 80 deniers, et abandonné par les autres; il doit subir les crachats, les soufflets, le crucifiement en compagnie de scélérats, il doit être abreuvé de fiel et de vinaii,Te ; mais ses os ne seront pas rompus, il ressuscitera, et ensuite, assis à ladroite de Dieu, il doit régner sur les nations. Or, toutesces prophéties se sont accomplies dans le Christ. Donc le Christ esl le Messie, doncle Messie est venu.
87. Parle fait, de|tui.s -19 siècles les .liiifs n'ont ni temple, ni gouvernement, ni distinction de tribus, et cependant
ils honorent Dieu qui leur a promis la' prospérité' s'ils étaient lidôles. Donc la loi judaïiiue a été abolie. C'en est assez contre les Juifs qui depuis N.-S. se sont partagés en quatre sectes principales. La premièi'c est celle des Karaïtes qui n'admettent que l'Ecriture. La seconde est celle des Talmudistes ou Rabbinistes qui suivent les absurdes traditions contenues dans !e Talmud, livre qui a deux parties : la première appelée Mischna ou seconde loi, a été recueillie parmi les traditions par Judas Ilakadoscb, vers l'an ^50 de l'ère ciirétienne. La seconde, appelée Gémare, comprend outre la Mischna, des commentaires ajoutés au texte primitif. La troisième .secte juive est celle des Réchabites qui vivent en Arahie ; la quatrième est celle des Samaritains qui habitent JalTa et Naplouse. Toutes ces sectes conservent l'Ecriture Sainte, comme un témoin de leur infidélité, et elles sont comme les bibliothécaires de l'Eglise chrétienne.
88. Parmi les Juifs, ont acquis une certaine célébrité, d'abord les Masxorèlcs qui, au Vl» siècle, ont ajouté les points voyelles à la Sainte Ecriture qui n'avait que des consonnes. Ils ont ainsi aidé ù garder l'intégrité du texte sacré; ensuite les Cabalistes, qui, au X^ siècle, ont imaginé la cabale, ou les explications énigmatiques de la Sainte Ecriture.
89. Parmi ces sectes, quelques-unes attendent un Messie puissant, qui ramènera les juifs en Palesline ; quelques autres en attendent deux, l'un riche, l'autre pauvre; d'autres rejettent la croyance au Messie ; et d'autres qui sont mieux dans la vérité, avouent que le Messie est venu, mais que son peuple à cause de ses crimes n'a pu le connaître. Prions donc pour ces perfides Juifs, afin que Dieu enlève le bandeau qui couvre les yeux de leur cœur; car leur religion n'a plus aucun signe de divinité, ni miracles, ni prophéties.