‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 25 sur 459 · Quand a cessé la loi ancienne · texte numérisé non relu

Quand a cessé la loi ancienne

D'après tous les auteurs, elle n'a pas cessé avant la mort de J.-C, qui s'est fait un devoir de l'observer. Les uns disent avec S. Thomas, qu'elle a cessé d'obliger à la mort de J.-C. ; d'autres, au jour de la Pentecôte; mais elle' n'a él'' condamnée sous peine de péché qu'après la promulgation de l'Evangile, c'est-à-dire, d'après plusieurs, après la ruine de Jérusalem.

01. III. La religion chrétienne est vraiment révélée de Dieu. C'est cerlain, c'est de foi\ et cela résulte clairement de ce que nous avons dit. La loi

LE CHRISTIANISME

mosaïque, qui élait divine, a prédit la venue du Messie; or, le Messie est venu, et c'est J.-C.

Donc, d'après la révélation mosaïque elle-même, la révélation chrétienne est divine. Mais, pour plus de développements, nous allons prouver notre proposition par les signes divins, tant intrinsèques qu'extrinsèques, que possède la révélation chrétienne, et d'abord :

i" La Religion chrétienne est divine, car elle a tous les signes intrinsèques de divinité, qui sont la sainteté de la doctrine, et celle de ceux qui la prêchent.

1) La doctrine est sainte {a) dans ce qu'elle nous fait croire de vrai, d'admirable de Dieu et de ses attributs, de sa Providence, de sa bonté, de sa justice, de l'homme, de son origine, de sa noblesse, de son immortalité ; du monde, de sa création et de sa fin; {b) dans ce qu'elle ordonne de faire. Elle trace avec clarté, fermeté et sûreté, tous les devoirs de l'homme envers Dieu, envers les autres, soit supérieurs, soit égaux, soit inférieurs, et à l'égard de soi-même. Si celte doctrine était mise en pratique, l'homme s'élèverait presque au niveau des anges. De là, on peut tirer ce raisonnement : jamais la raison humaine n'a pu découvrir une telle doctrine, cette doctrine est donc divine.

92. C'est donc en vain que les partisans du progrès continu soutiennent, que la raison humaine a successivement perfectionné ses connaissances sur Dieu, passant de l'idolâtrie au monothéisme, du monothéisme au Christianisme, Pour s'en convaincre, qu'on se souvienne de ce que nous avons dit de l'infirmité de la raison, au n" 64.

D'ailleurs, le monothéisme n'est pas une perfection du polythé-

isme, il en est le changement.

Qui dira qu'un chêne, mis à la place d'un roseau, est un roseau perfectionné. L'erreurdu progrès continu, est en contradiction avec toute l'histoire, qui nous apprend que tous les premiers hommes ont été monothéistes au moins jusqu'au déluge. Les idolâtres et les polythéistes n'ont pas passé par le judaïsme pour se faire chrétiens, voir ce que nous dirons au n'' 126 et suiv.

de l'indéfectibilité de l'Eglise.

93. 2) La vie de J.-C. et des apôtres a élé sainte, (a) Seul J.-C. apu dire : Qui me convaincra dépêché? Dans sa vie et dans sa mort, il fait éclater, envers Dieu une grande piété ; envers les infirmes, les pauvres, les enfants, envers ses ennemis euxmêmes, une humilité, une modestie, une pureté incomparables, de telle sorte que Pilate lui-même fui obligé de le déclarer innocent; elles bourreaux eux-mêmes en descendant du Calvaire disaient: Cet homme était vraiment le Fils de Dieu.

94. (b) La sainteté de la vie des apôtres s'est manifestée par les travaux qu'ils ont entrepris, pour la sainte doctrine qu'ils prêchaient, par les mépris qu'ils ont eus pour les choses du monde, par la vénération qu'ils ont inspirée, par les écrits qu'ils nous ont laissés, et par la mort qu'ils ont subie pour la vérité.

Oui ne sait ce que l'histoire rapporte de leurs disciples, les premiers chrétiens, dont la vie était un sujet d'admiration pour les infidèles? La religion chrétienne a donc tous les signes intrinsèques de divinité.

95. 2» La vérité et la divinité de la révélation chrétienne se prouvent aussi par les mir<wles et les prophéties, c'est certain, c'est même de foi, d'après le

LE CHRISTIANISME

Concile du Vatican. Si quelquun (Ut que les récils de ces {miracles), même ceux qui sont contenus dans la sainte Ecriture, doivent être relégués, parmi les fables et les mythes, et qu'ils ne prourent pas à' une manière convaincante que la religion chrétienne est divine, qu'il soit anat.

1) Il y a les miracles dans l'ordre physique. Hes prodiges vraiment divins, ont accompagné la naissance de J.-C. comme l'apparition des anges et d'une étoile merveilleuse. Les Evangiles sont remplis de guérisons d'infirmes. Les aveuiïles voient, les sourds entendent, les muets parlent, les lépreu.x sont guéris, les morts ressuscitent. A la mort de J.-C. le soleil s'obscurcit (et ce fait est raconté même par des écrivains païens) ; les rochers se fendirent. Les juifs eux-mêmes reconnurent la mort du Sauveur, qui se fit voir plus tard vivant, à plus de 500 témoins, et remonta au ciel, en présence de ses disciples. Les Apôtres, selon la prédiction de leur Maître, firent de plus grands miracles que lui. La seule ombre de saint Pierre et les mouchoirs de saint Paul guérissaient les malades. Nous ne disons rien du don des langues dont les Apôtres usèrent en présence de tout le peuple juit.

9(). 2) Il y a les miracles de l'ordre moral. Telle est la conversionde 8,000 hommes au jour de la Pentecôte, telle est celle du monde qui a passé des hontes et des erreurs monstrueuses du paganisme , à la pureté et à la vérité du Christianisme. Saint Augustin à propos de cette conversion fait ce raisonnement :

Ou le monde s'est converti par les miracles, et la religion que des miracles lui ont fait embrasser est divine ; ou il s'est converti sans niiracle, et pour lors,

cette conversion même est un miracle si éclatant qu'il suffit à lui seul pour prouver lu divinité du Christianisme. A ce genre de prodige, se rattache la conservation perpétuelle de la religion chrétienne qui , sans armes , triomphe des ennemis les plus acharnés, des passions, des préjugés, des sophismes, des haines, des persécutions, ne promettant pour tout bien en ce monde que la paix de la conscience et l'espérance de la vie éternelle. Là, a sa place aussi, la constance des martyrs, de tout âge et de tout sexe, qui, au nombre de 16 millions ont subi, avec un courage intrépide, des tourments dont souvent le seul souvenir épouvante. Parmi eux, il y avait de jeunes filles délicates, de faibles enfants. Comment expliquer tout cela sans une assistance surhumaine, divine même?

Que dire des admirables effets de la religion chrétienne ? Elle a banni l'idolâtrie qui s'était répandue partout, excepté chez les Juifs, cependant plusieurs fois entraînés au culte des idoles; mais, depuis le Christianisme, les faux prophètes n'ont plus osé prêcher l'idolâtrie ; Mahomet lui-même ne l'a pas tenté, lui, dont le paradis semble réclamer le culte de Vénus. Le Christianisme a aboli les ignobles mystères des païens, il a réhabilité le pauvre et l'infirme, il a anobli la femme, affranchi l'esclave. A la vue de telles œuvres qui, s'il n'est insensé , n'est forcé de s'écrier ; Le doigt de Dieu est là.

97.3) Dans l'ordre intellectuel, il y a les prophéties. Or, les prophéties prouvent la vérité de la révélation chrétienne. C'est certain et c'est de foi définie par le concile du Vatican. J.-C. a prédit sa mort avec ses circonstances, la trahison de Judas, le

LE CHRISTIANISME

reniement de Si Pierre , sa propre résurrection , etc., les miracles que devaient opérer ceux qui croiraient en lui, les persécutions qu'ils devaient subir, la ruine de Jérusalem, le triomphe de son Eglise ; et toutes ces prophéties ont été justifiées par l'événement. Donc la religion chrétienne a lous les signes extrinsèques de divinité.

Son divin fondateur a prophétisé, afin que lorsque l'évèremcnt se serait accompli , on crût : t/i cum factum fueril credads ; il a fait des miracles pour qu'ils prouvassent sa doctrine. Operibuh crédite. D'ailleurs, nous avons vu que le Christianisme a les signes intrinsèques de divinité, donc il est vraiment divin, donc la religion prmiitive et la religion mosaïque sont divines, puisque J.-G. les a regardées comme telles. La vraie révélation divine depuis le commencement du monde illumine donc l'humanité, à travers le désert de la vie, jusqu'à ce qu'elle la conduise à la terre promise du Ciel, et ceux qui la repoussent marchent dans les ténèbres, ne sachant pas où ils vont tomber, comme nous allons le voir.

Art. II. — La religion chrétienne est seule divine.

C'est ccrUiin, et c'est prouvé par la fausseté de tous les autres cultes. Nous avons déjà parlé au n'^ 84 et suivant du Judaïsme; et toutes les autres religions en dehors du Judaïsme et du Christianisme se réduisent au paganisme et au mahométisme, dont nous devons dire un mot.

Du Paganisme.

il comprend tous ceux qui ne reconnaissent pas un seul vrai Dieu , Créateur du momie, et qui adorent de fausses divinités.

A lui se rapportent par conséquent le Magisme ou la religion de Zoroastre, qui, dans la Perse, honore deux principes, et révère le feu ; le Sabéisme qui , en Arabie, rend un culte aux corps célestes ; le Brahnuuilsjne qui professe dans l'Inde le Polythéisme et la Mélempsychose ; la religion de Confucius qui règne en Chine (c'est un mélange de Panthéisme et de matérialisme) ; le Bouddhisme ou le Lamaïsme au Thibet et en Corée, et ailleurs, c'est un composé de Polythéisme et de Métempsychose, le Sintisme au Japon, c'est le culte des Génies ; le Fétichisme en Afrique et eu Océanie , c'est l'adoration de divers corps. Comme il est manifeste, toutes ces religions se résument en deux erreurs absurdes, celles des deux principes et le Polythéisme, erreurs qui sont tout à fait contre la raison, comme nous le dirons en parlant de l'unité de Dieu. Elles n'ont donc aucun signe intrinsèque de divinité ; et elles ne peuvent par conséquent point en avoir d'extrinsèques, ou de positifs, car Dieu ne peut faire ni miracles, ni prophéties pour accréditer des erreurs contrôla raison.

Toutes ces religions doiventdonc être rejelées. Il reste encore le mahométisme.

Page 1