‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 249 sur 459 · LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

LA SAINTE VIERGE

péché, c'est-à-dire de l'ignorance, du (oyer du péché et qu'elle a été impeccable. Remarquez , comme nous avons dit au n» 677, qu'il est de foi, que Marie n'a jamais péché, pas même véniellement (L. Œ. A. t.

8, p. 103 et suiv.) ; et il est certain qu'elle a été exempte du foyer de la concupiscence, qui a été en elle au moins lié, s'il n'a pas été éteint, comme le veulent quelques-uns avec plus de probabilité. Selon d'autres, contrairement à St Thomas, elle n'a jamais éprouvé la tentation du démon. (Lig. Œ. A. t. 8, p. 103 et suiv.). St Liguori ajoute, selon plusieurs graves théologiens , qu'un acte méritoire double la grâce habituelle, dans celui qui le fait avec toute la ferveur dont il est capable. D'après cette doctrine, Marie a doublé sa grâce dans tous les instants de sa vie, depuis sa conception immaculée.

Car, d'après Suarez, elle a passé presque toute sa vie en contemplation ; et St Liguori dit que par un privilège spécial, Marie n'a jamais cessé de faire des actes de charité, pas môme pendant son sommeil, selon cette parole : Je dors et mon cœur veille. » (L. Œ. A. t. 8, p. 104.) 1786. D'où l'on peut conclure avec les théologiens : {(i.) que Marie a mérité de congruo, mais non de condigno, la Maternité divine, et l'Incarnation ; elle est pour tous les hommes une Médiatrice de grâce, ou d'impétration, et non de justice, ou de mérite. Du reste, c'est par elle qu'est venu aux hommes le seul et vrai Médiateur de justice de Dieu et des hommes et de Marie elle-même, Jésus-Christ. Et même, selon ceux qui soutiennent que la grâce a été accordée aux anges, en vue des mérites de Jésus-Christ, elle a été la Média-

trice de grâce, dans le même sens, même pour les anges.

D'après tous, elle a mérité pour les anges, de congruo, la gloire accidentelle, qui leur revient de rincarnation et des fruits de l'Incarnation, c'est â-dire du salut des saints. (Lig. Œ. A. t. 7, p.

1787. De là, (b) il est facile de comprendre comment l'archange Gabriel dit à Marie : Je imis salue pleine de grâce. Car Marie a eu une sorte de plénitude de grâce, non qu'elle ait eu, comme le Clirist, le suprême degré de grâce, ni qu'elle ait pu produire tous les effets de la grâce ; carie Christ seul a pu être la cause méritoire de la grâce de sa Mère et de tous les aulres ; mais Marie a eu la plénitude de la grâce, selon sa condition et le ministère que Dieu lui a confié. Donc, elle a eu toute la grâce suffisante pour l'état auquel elle a été choisie par Dieu, c'est-à-dire pour devenir la Mère de son Fils unique. (T. III, q. 7, a. 10, ad.

1.) Elle a eu toutes les grâces nécessaires, pour qu'elle puisse les répandre sur tous les hommes, après l'Incarnation, non comme la tête, mais comme le cou sur les membres, et cela par la vertu de Jésus-Christ Chef. St Liguori dit, après St Thomas :

La bienheureuse Vierge est appelée pleine de grâce, en tant qu'elle peut répandre la grâce sur tous les hommes. C'est une grande chose dans chaque saint, d'avoir autant de grâces qu'il en faut pour le salut de plusieurs ; mais quand on en a assez pour suffire au salut de tous les hommes, c'est ce qu'il y a de plus grand ; et cela ne se rencontre qu'en Jésus-tjhrist et en la Sainte Vierge Marie. (Lit;. (E. A. t. 7, p. 6.) 1788. J'ai d'i\, après l Incarna-

DIEU CONSOMMATEUR

lion, car si J.-C. comme homme n'a pas été l'instrumenl qui a répandu la grâce physiquement, sur les saints de l'ancien Testament, comme tous l'avouent (voir n° 598), à plus forte raison, la Bienheureuse Vierge ne l'a pas été non plus. Ce que nous exposons ici, ressortira encore mieux de ce que nous dirons au no 1792. Nous voyons par là que la Bienheureuse Vierge a eu d'une manière très excellente, toutes les vertus qui découlent de la charité et qui sont dans une âme, en proportion de sa charité. Or, en Marie la charité a été très parfaite et continuelle, d'après ce que nous avons dit au n° 1785. De là la virginité pariaquelle elle plut à Dieu, et dont elle avait fait le vœu avant son mariage, sachant par révélation que le Bienheureux Joseph, n'userait pas du droit du mariage, ou après le mariage, comme le veut St Thomas. De là, l'humilité par laquelle elle conçut ; de là toutes les vertus don! elle a donné l'exemple, dans le temple, où elle fut présentée vers sa troisième année ; et où elle demeura jusqu'à son mariage, qu'elle contracta vers sa quatorzième année. C'est pendant cette quatorzième année aussi, qu'elle conçut le Verbe. (/toCorwW. in c.

24, V. 14, Eccli.)

1 789. La conception de J.-C. a donné à la grâce et aux vertus de la Bienheureuse Vierge Marieune augmentation merveilleuse, car dit St Thomas: « Plus quelque chose approche de son principe, plus il participe aux effets de ce principe ; or la Bienheureuse Vierge Marie a été très proche de Dieu, parce que c'est d'elle qu'il a reçu sa nature humaine ; c'est pourquoi elle a dû obtenir de J.-C. une plus grande plénitude de grâce. (III, q. 27, a. 5.)

Ajoutons les exemples et les paroles de J.-C, les consolations pieuses qu'il donna à sa Mère, st)n sang répandu sur la croix, surtout pour Marie ; ajoutons les mérites accumulés par Marie ellemême à la fin de sa vie, durant laquelle elle fut la consolation des apôtres jusqu'à la septante-deuxième année de son âge, comme l'enseigne Cornélius ; et il sera facile de comprendre combien grande a été la grâce de la Bienheureuse Vierge, et que sa mort a été plutôt le résultat de son amour que d'une infirmité.

1790. Nous venons de parler de la grâce sanctifiante de Marie:

sur sa grâce gratis data, écoutons St Thomas : « On ne peut douter que la Vierge Marie n'ait reçu d'une manière excellente le don de sagesse, la grâce des miracles, et le don de prophétie. » (T. Ill.q. 27, a. 5, ad. 3.)

1791. (c) De la gloire et du 2:>ouvoir de la Bienheureuse Vierae. [a) La gloire suit la grâce et les mérites et leur est proportionnée ; donc Marie surpasse en gloire tous les anges et tous les saints, et c'est rfe/oi d'après leVI" Concile Général: ce Si quelqu'un ne confesse pas que Marie est plus élevée que toute créature visible et invisible, qu'il soit anathème. » L. Œ. D. t. 7, p.

407. {b) De là, ressort le pouvoir àe Marie, i. Par là-même qu'elle est Mère de Dieu et élevée en gloire au-dessus de toutes les créatures, elle est la reine des Anges, la reine de tous les saints, la très digne reine du monde et même des enfers, car c'est elle qui a brisé la tête du serpent infernal. (L. Œ. A. t. 7, p. 138.) C'est pourquoi les théologiens enseignent communément, avec St Liguori, que les prières de la Bienheureuse Marie ont une plus grande vertu que

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