ST JOSEPH
n'a élé qu'un simple ouvrier. Il a élé un homme d'une dignité très éminenle, d'une vertu très parfaite, et il jouit au ciel d'une puissance et d'une sublimité excellente. (Cornel. à Lapide.
Malt. I. 16.)
1779. [k) De la dionilé de St Joseph, (a) Il a été de la maison de David et des aînés de cette maison, de telle sorte qu'il était héritier du royaume ; et c'est par lui et non par la Bienheureuse Vierge que Jésus-Christ a hérité du sceptre de Juda. Ibid.
(b) Il a été l'époux de Marie. 0 dignité incomparable, s'écriait Gerson, la Mère de Dieu, la souveraine du monde n'a pas dédaigné de vous appeler son maîlre!
(c) 11 a été le père de Jésus-Christ, non son père selon la nature, mais par le droit du mariage. On appelle père celui qui adopte quelqu'un et que le mariage dénote. Non seulement Joseph a adoptéJésus-Christ pour son Fils, mais encore en vertu du mariage il a été son père, comme il aurait élé le maîlre des fruits de son champ, si Dieu l'avait miraculeusement ensemencé. C'est pourquoi le Christ lui a été soumis. St Joseph a été le gardien elle nourricier de son Dieu; par conséquent son ministère a été très noble. Il est des ministères, dit Suarez, qui appartiennent à Voràredeh'^rèLcejjralumfaclen- Us ; et en cela les apùires tiennent le plus haut rang ; il y a aussi d'autres ministères qui apparliennentàl'ordre de l'union hypostatique, qui en son genre est plus parfaite, comme cela se voit clairement en la Maternité divine, dans la bienheureuse Vierge Marie ; le ministère de St Joseph se trouve dans cet ordre ; il surpasse donc le premier.
(Corn, ibid.)
•1780. (d) Des vertus de St Jo-
seph. Or Dieu dispose ceux qu'il choisitpourquelque ministère de telle sorte qu'ils s'y Iroovent aptes. T. III, q. 27, a. 4. Donc Dieu a donné à St Joseph; les dons de sagesse et de sainteté qui convenaient i son ministère.
C'est pourquoi, dès son mariage, Josepn était juste, d'après l'Evangile ; donc il avait toutes les vertus ; mais quel accroissement de grâce n'a-t-il pas reçu de la compagnie et des exemples de la bienheureuse Vierge-Marie et de Jésus-Christ ! Aussi les SS. Pères pensent-ils qu'il a élé vierge; quelques-uns enseignent qu'il avait fait vœu de virginité. Gerson va même jusqu'à dire qu'il a élé sanciifié, dès le sein de sa mère, confirmé en grâce et affranchi des mouvementsde la concupiscence. « Je crois, dit Si Bernard, que Joseph a élé très pur en virginité, très profond en humilité, très ardent en charité, très sublime en contemplation.
(Cornel. à Lapid. 36 Eccli. 26)
1781. (c) Delà gloire et de la puissance de St Joseph, (a) La gloire résulte de ce que nous avons dit de la grâce. Suarez pense que Joseph, mort avant la passion de Jésus-Christ, a été ressuscité par lui, et qu'il surpasse en gloire les apôtres et St Jean-Baptiste. C'est ce qui résulte de ce que nous avons dit; il mérite donc le culte de Dulie le plus élevé. (Corn, ibid.)
(b) Sa puissance décou]e de sa gloire. « Il n'est pas douteux que Jésus-Christ dans le ciel, non seulement ne lui apas refusé, mais même a plutôt augmenté la familiarité, le respect et la dignité très sublimes, dont il l'a entouré comme un fils son père, pendant qu'il vivaitsur la terre. »
(Si Bernardin de Sienne, dans l'Office du Patronage, G« leçon).
Et St Bernard dit : « Il a élé
DIEU CONSOMMATEUR
donné à quelques saints de servir de patron dans quelques circonstances particulières ; mais St Joseph a reçu le pouvoir de noussecourirdanstoute nécessité et de défendre tous ceux qui recourent à lui. » Aussi Pie IX, d'heureuse mémoire, l'a-t-il déclaré patron de l'Eglise universelle.
Léon XIII nous donne les raisons qui justifient ce titre glorieux. Ecoutons sa grande voix qui instruit le monde et les siècles. « La divine maison que Joseph gouvernait avec la dignité de père, contenait les prémices de l'Eglise naissante. De même que la Sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, elle est la Mère de tous les chrétiens qu'elle a enfantés au Calvaire. Jésus- Christ est comme le premier des chrétiens, qui, par l'adoption et la rédemption sont ses frères. Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux patriarche regarde, comme lui étant particulièrement confiée, la multitude des chrétiens qui composent l'Eglise, c'est-à-dire cette immense famille répandue par toute la terre, sur laquelle, parce qu'il est l'époux de Marie et le père de Jésus-Christ, il possède comme une autorité paternelle. Il est donc naturel et très digne du B. Joseph, que de même qu'il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth, et l'entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l'Eglise de J.-C. »
■1782. St Liguori dit qu'il y a principalement trois choses, que peut nous obtenir le patronage de St Joseph : d la rémission des péchés qu'il aurait certainement obtenue de son vivant de J.-C. pour un pécheur qui la lui aurait demandée ; 2 l'amour de J.-C. qu'il a a tant aimé ; 3 la mort précieuse qu'il a méritée, lui qui a expiré entre les mains de Jésus et de Marie. Lig. OE.
1783. 2) Du CULTE DE LA BIEN- HEUREUSE Vierge Marie.
Marie ne mérite pas le culte de Latrie, comme l'ont voulu les hérétiques Collyridiens, mais le culte d'IIyperdulie à cause de son incomparable dignité, de la plénitude de sa grâce, de sa gloire et de sa puissance suréminentes.(Voir no607,)
1784. (a) La dignité de Marie est incomparable. Il est de foi que Marie est la Mère de Dieu, voir n" 606; et par là-même qu'elleestlaMèredeDieu «elle a une certaine dignité infinie, parce que Dieu est un bien infini; et par ce côté, rien ne peut être meilleur. » T. I. q. 25. a. 6. ad 4. Par sa maternité, Marie est la parente de Dieu, comme la mère l'est de son fils. De cette dignité suivent tous les dons divins « car la grâce a été donnée à chacun selon le ministère auquel il a été élu. » T. III, q. 27, a. 5, ad. 1.) Aussi tous les saints ont exalté à l'envie la divine Vierge ; et on a recueilli 7600 titres élogieux, que les docteurs et les saints lui ont appliqués.
1785. (b) De la grâce de la Bienheureuse Vierge Marie. Il est de foi, que la Vierge Marie a été immaculée dans sa conception. Voir n° 534. Mais quelle a été en ce moment cette grâce ?
Saint Liguori enseigne que la grâce de la bienheureuse Vierge Marie' a été supérieure à toutes les grâces de tous les anges et des hommes ensemble ; et il est très probable que cette grâce a été telle dans sa conception. Lig.
Œ, A. t. 7, p. 340 et suiv. Et on enseigne communément que Marie a eu tous les dons qui ne répugnent pas â une pure créature; car il n'est pas croyable que Dieu, qui est riche en miséricorde envers tous, ait été avare envers celle qu'il a élevée à une telle dignité. Tous soutiennent que la bienheureuse Marie a eu l'usage du libre arbitre, dès qu'elle a été sanctifiée dans le sein de sa mère, (Lig. Œ. A. t.
7. pag. 351) ; et comme il est de foi, qu'elle a été sanctifiée dans sa conception, il faut en conclure que dès sa conception, elle a été affranchie des conséquences du