DU LEGISLATEUR
1007. Le législateur est celui, qui a la charge d'i] ne communauté parfaite. Or Dieu gouverne tout par sa Providence, et il est des hommes qui régnent par lui. De là deux articles.
Art. I. — De Dieu, législateur suprême.
1908 . Qu'on relise ce que nous avons dit n*^ 401 et suivant.
La loi éternelle de Dieu régit toutes choses, par la Providence.
La Providence appliquée aux êtres privés de raison, constitue les lois, ou l'ofl^re du monde; appliquée par la raison aux êtres intelligents, elle constitue la Winaliirelle. La loi naturelle étant londée sur la nature des choses est immuable, d'après ce que nous avons dit n° -405 et 1849 ; et l'homme ne peut s'y soustraire, autrement il se soustrairait àsaraison elle-même, et à la Providence de Dieu. Cette loi, qui ordonne tout ce qui convient naturellement à l'homme, et défend tout ce qui répugne à sa nature, a pour premier principe, qu'il faut éviter le mal el faire le bien. Les conclusions de ce principe sont contenues dans le Décalogue, qui n'est révélé que formellement. — Peut-on ignorer la loi naturelle ? Voir la réponse no 1880.
1909. La loi naturelle est manifestement divine; car Dieu est l'auleurdelanature elde laraison humaines ; mais il y a une autre loi divine positive, que Dieu lui-même a donnée à l'homme par révélation. Qu'une loi divine positive soit possible et utile, c'est manifeste par ce que nous avons dit de la révélation ellemême. Et qui oserait refuser à Dieule droit que personne nere-
luse aux princes, et que quelques-uns vont même jusqu'à reconnaîlre au peuple ?
1910. La loi positive divinese divise en ancienne et en nouvelle. L'ancienne appelée loi de crainte, a été donnée par Dieu, par le ministère des anges. Elle comprend les préceptes moraux, ou le Décalogue, sur lequel le Concile de Trente a porté cette définition : Si quelqu'un dit que les dix préceptes ne regardent nullement les chréliens, qu'il soil anal. (Ses. 6. cap. 19.) Elle contient aussi des préceptes /?*diciaires et cérémoniaux, qui ont été abolis. V. n° 85.
1911. La \oi nouvelle est appelée loi d'amour et de grâce, parce que J.-C, qui en est l'auteur, dans son infinie charité pour nous, nous a accordé la grâce par laquelle il nous est facile d'observer sa loi. Cette loi contient des préceptes moraux concernant la pratique des vertus surtout théologales, et les sacrements. Aux préceptes elle ajoute les conseils évangéliques, qui sont destinés à préserver l'homme de la violation des préceptes. Les conseils constituent l'essence de la vie religieuse ; ils sont dans l'Eglise de droit divin ; et aucune autorité humaine ne les peut abroger. Nous en parlerons au n° 33oi.
Art. II. — Des législateurs humains.
191:2. // n'y a point de pouvoir qui ne vienne de Dieu. Les pouvoirs qui existent ont été ordonnés par Dieu. Celui qui résiste au pouvoir., résiste à l'ordre de Dieu. Rom. XIII. 1. 2. Or Dieu a établi deux pouvoirs, le pouvoir ecclésiastique el le pouvoir civil ; le premier surnalurellement, le second naturellement.